28 mai 2008
Bemba : liberté rejetée, le Mlc marche ce samedi à Kinshasa
Le week-end s’annonce chaud, en RD. Congo. François Muamba qui invite les fédérations Provinciales du Mlc à se mobiliser précise, toutefois, que chacune d’elles, a l’initiative de rassemblements. A Kinshasa, la capitale, le rendez-vous est fixé pour ce samedi. « Nous continuons à demander sa liberté provisoire. Bemba n’est pas un bandit de grand chemin. Le détenir au motif qu’il pourrait fuir n’a pas de sens », déclare-t-il, en réaction à la décision de la chambre du conseil de Bruxelles rendue hier, après-midi.
Bemba reste détenu à la prison de Saint-Gilles, dans une des agglomérations bruxelloises. Il y passera autant de jours que nécessitera la procédure de son extradition. Selon les estimations les plus optimistes du parquet fédéral belge, il en a pour un à deux mois. La procédure est longue et complexe. Elle est entourée de multiples préalables. D’abord, pour qu’elle soit vidée, la CPI doit transmettre à la justice belge le mandat d’arrêt définitif. Le premier mandat émis le 23 mai dernier, n’aura servi qu’à son arrestation. Une fois cette étape achevée, la justice belge statuera de nouveau pour lever la dernière option en vue de son extradition à la Haye, au Pays-Bas, siège de la Cour Pénale Internationale.
La chambre du conseil de Bruxelles, juridiction devant laquelle Jean-Pierre Bemba Gombo a comparu hier, dans la matinée, a, après délibérations, rejeté sa demande de liberté provisoire. La décision est intervenue à l’issue d’une audience qui s’est déroulée à huis clos.
Les efforts de la défense
Les avocats de Bemba se sont divisés en mille morceaux pour démontrer des irrégularités dans la procédure. Lors du premier interrogatoire, par exemple, ils ont relevé que M. Bemba n’avait pas été assisté par un avocat. Ils ont expliqué, par ailleurs, que Bemba avait des attaches solides en Belgique si bien qu’il fallait écarter toute hypothèse de fuite. Il a une maison à Bruxelles et ses enfants étudient en Belgique. Là aussi, la Chambre est restée sceptique.
Et après ?
Pour la suite, ils promettent de poursuivre la procédure. Me Kilolo Musamba, l’un de ses avocats, a laissé entendre que ce n’est qu’une partie remise. Il a avancé l’idée de rechercher cette liberté provisoire moyennant quelques garanties. Dans ce cadre, le paiement d’une caution n’est pas exclu, pour atteindre cet objectif. Normalement, cette chambre du Conseil de Bruxelles est limitée dans son entreprise. Sa mission, à cette phase, est de vérifier la conformité de la procédure. Le fond de l’affaire relève plutôt du ressort exclusif de la Cour Pénale Internationale. Pour Me Kilolo, Bemba aurait dû être entendu sans subir la privation de liberté. « Il se dit prêt à donner des éléments nouveaux au Procureur de la CPI », sur ce dossier. Mais les avocats ne sont pas au bout de l’imagination. Ils disposent également d’une ultime issue ; celle d’interjeter un appel pour faire casser cette décision. Le droit belge permet
au parquet fédéral d’user, à son tour, du même droit. Un fait à signaler. Hier, la police belge postée au palais de justice de Bruxelles, n’a pas laissé entrer les fidèles de Bemba au sous-sol où est située la salle d’audience. Ils ne l’ont pas même pas vu.
François Muamba mobilise les fédérations du Mlc
C’est une réaction musclée. François Muamba Tshishimbi, le Secrétaire Général, a encore foi en l’avenir de Bemba. Il râle et promet des manifestations. Déjà, il mobilise toutes les fédérations du parti à travers le pays. A Kinshasa, le rendez-vous est fixé pour ce samedi 31 mai. A l’Equateur, José Makila, craignant d’éventuels dérapages, interdit les marches de soutien. Il reste qu’ailleurs, ce mot d’ordre soit entendu. Le week-end s’annonce, en effet, chaud, voire très chaud. La décision de la chambre du conseil de Bruxelles servira de prétexte à tout.
Les cadres dirigeants du Mlc devraient veiller à ce que les manifestations annoncées ne les éclaboussent pas davantage. Il s’agit là, d’un nouveau pari pour le parti de JP Bemba. L’épreuve est âpre. Autant qu’elle ressuscite le spectre d’une guerre de succession au sein du parti, autant qu’elle extériorise ses capacités mobilisatrices, en cette période douloureuse. Les responsabilités des uns et autres, dans les faits reprochés à Bemba, seront-elles oubliées ou partagées ? Luis Moreno-Ocampo a ouvert, décidément, une boite à pandore. Le mandat contre Bemba n’est, apparemment, qu’un petit arbre qui cache la forêt.
L’ambassade de Belgique ceinturée par la police
Mardi 27 mai 2008. Il est 11h30’.La place marchande située devant l’ambassade de Belgique est vide. Vide de ses occupants habituels : les mamans vendeuses des pains, des sucrées, des pains, les opérateurs d’appels téléphoniques, les vendeurs des journaux, les cambistes, les cireurs.
Il n’y avait pas l’ombre d’un seul manifestant, pacifique soit-il. Il semble qu’un sit-in était projeté par une structure qui ne s’est pas manifestée mais que l’on a ttribuée au MLC de Jean-Pierre Bemba. Il n’y avait pas un seul calicot ni une quelconque affiche sur les lieux.
Selon quelques personnes travaillant aux alentours de l’ambassade, la police est arrivée sur les lieux très tôt matin. Le dispositif sécuritaire était assez dissuasif pour avoir le courage d’oser lancer une quelconque manifestation. Venus le matin, quelques personnes se réclamant du MLC, auxquelles s’étaient mêlés des enfants de la rue, ont certainement renoncé à faire leur sit-in et ont disparu incognito dans la nature.
Des piétons étaient filtrés par des policiers placés aux différentes voies d’ccès menant à l’ambassade de Belgique.
A la question de savoir pourquoi ce déploiement, un policier nous a déclaré que la « police faisait son travail habituel, celui d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens.»
Magouille dans la distribution des quotas du ciment gris
C’est depuis le début de l’année en cours que le marché kinois n’est pas régulièrement fourni en ciment gris. Les constructeurs connaissent un retard dans l’achèvement de leurs édifices tandis que les dépositaires et autres détaillants de ce produit font une mauvaise affaire.
Les dépositaires ne cessent de dénoncer la magouille dans l’attribution des quotas de ce produit, rapporte l’Agence congolaise de presse (ACP). Ils s’insurgent contre l’octroi de quotas aux non commerçants. Ces derniers sont pointés du doigt comme étant à la base de spéculation des prix de ce produit devenu cher et rare. Certains d’entre eux détiennent des tonnages importants du ciment, qu’ils préfèrent envoyer hors de la République démocratique du Congo, où ils estiment faire des bénéfices importants. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces personnes qui ne sont pas commerçants détiennent des autorisations d’exportation du ciment gris, pendant que l’on constate la pénurie de ce produit au pays.
Pour les dépositaires de ce produit, il faut que les véritables commerçants puissent voir leurs quotas augmenter et que des mesures draconiennes soient prises contre ces spéculateurs.
Pour rappel, un sac de ciment gris se vend au-delà de 20 dollars américains et ce, selon les quartiers. Dans certains quartiers, il existe déjà des commissionnaires qui exigent un pourboire aux acheteurs. Ces manœuvres sont donc à la base de la surenchère de ce produit dans la ville de Kinshasa.
J. Kabila consulte, le pays retient son souffle
Quelque chose se prépare dans le « laboratoire politique ». L’emballement politique est de plus en plus manifeste. Le dernier signal fort demeure sans conteste les prochaines audiences que le président de la République, Joseph Kabila, accordera incessamment aux parlementaires, en commençant par les députés, province par province. Que le Chef de l’Etat décide de consulter certains corps de la Nation en marge des dispositions constitutionnelles, il y a fort à parier qu’un événement politique se pointe à l’horizon. L’heure de grandes décisions a peut-être sonné avec la nouvelle vague de consultations politiques.
Au terme de la dernière réunion en date de la Conférence des présidents de Commissions de l’Assemblée nationale, il a été porté à la connaissance du public que le président de la République s’entretiendrait avec les députés nationaux. Des dispositions pratiques ont été arrêtées pour ce faire afin que les députés soient reçus, province par province.
Apparemment, l’on pourrait se permettre d’affirmer qu’il n’y a rien d’extraordinaire en cela. Le président de la République peut consulter n’importe quelle personnalité politique, où et quand il veut. Mais dès lors qu’il s’agisse de tous les députés ou parlementaires, il y a bel et bien quelque chose qui se trame dans les couloirs politiques pour que ces audiences soient discrètes et sélectives. Comme si le président de la République voulait s’entretenir avec les parlementaires sans tenir compte de leur appartenance politique. Y aurait-il quelque chose de spécial qui aurait nécessité la programmation de ces audiences ?
Selon l’article 77 de la Constitution, le président de la République adresse des messages à travers le Parlement. L’article sus-mentionné est ainsi libellé : « Le Président de la République adresse des messages à la Nation. Il communique avec les chambres du Parlement par des messages qu’il lit ou fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat. Il prononce une fois l’an devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès un discours sur l’état de la Nation ». Sauf mauvaise interprétation, le Parlement n’est pas convoqué en congrès et ne le sera point au courant de cette année pour autant que le président de la République a déjà fait l’état de la Nation. Il s’agit donc des «audiences spécifiques ».Comme pour étayer ces propos, à Bukavu dernièrement, le président de la République s’est entretenu avec les forces vives de la province du Sud Kivu.
CHANGEMENTS EN VUE ?
Ce qui frappe toutefois, c’est que ces audiences sont programmées au lendemain de quelques événements importants qui ont émaillé cette session parlementaire ordinaire du mois de mars. Allusion faite à la séance d’information du gouvernement sur la Convention sino-congolaise. Cette séance plénière d’information sur les contrats chinois a suscité un débat houleux à l’Assemblée nationale, allant jusqu’à insinuer la signature d’un contrat léonin et le bradage de la souveraineté nationale par le gouvernement, tout en spoliant les ressources naturelles. D’où des propositions soutenues par des recommandations en vue de renégocier ces contrats, selon certains parlementaires, améliorer, soutiennent les autres, les termes de ce contrat.
Outre la Convention sino-chinoise, il y a eu bien sûr cet autre contrat accusant les mêmes caractéristiques d’aliénation des droits de l’ Etat congolais. Il s’agit du contrat SNEL/ MagEnergy qui a également fait l’objet d’un débat tout aussi intéressant à l’Assemblée nationale. A la première étape de l’audition du rapport de la Commission, il a été décidé d’envoyer ce dossier à la Commission économico-financière de l’Assemblée nationale.
Mais entre ces deux dossiers, l’on retient un autre, aussi sensible que les deux premiers ; celui de la Commission d’enquête sur les terrains et maisons spoliés de l’Etat. La particularité de ce dernier dossier réside en l’implication de plusieurs hautes personnalités politiques citées dans des cas suspects de magouille, jetant ainsi l’opprobre sur la classe politique.
Comme il fallait s’y attendre, cette classe politique s’est emballée, s’adonnant ainsi à une certaine agitation qui prend chaque jour de l’ampleur avec ces rumeurs de plus en plus concordantes sur un éventuel réajustement technique ou remaniement du gouvernement.
Certes, on ne peut exclure l’arrestation à Bruxelles du sénateur Jean-Pierre Bemba, président national du Mlc, à la suite d’un mandat d’arrêt international de la Cour pénale internationale, CPI.
En fait, cette arrestation relance les tractations liées à la désignation du Porte-parole de l’Opposition. Bien avant que le sénateur Bemba ne soit arrêté, quelques personnalités politiques sont montées au créneau pour exprimer publiquement leurs ambitions politiques légitimes à convoiter ce poste. Il se fait justement que la gestion de cette question s’effectuera au parlement pour être plus près des réalités politiques.
UN MOMENT CRUCIAL
Evidemment, tous ces événements ont un impact sur la situation générale politique de notre pays. Surtout qu’un pas important vient d’être accompli sur le plan de la Décentralisation avec l’adoption des lois sur les Entités territoriales décentralisées. Car en toile de fond, il y a la viabilité des entités provinciales au regard de la mise en application de la disposition constitutionnelle sur la retenue des 40% de recettes à caractère national.
Parallèlement, le gouvernement s’apprête à déposer un Collectif budgétaire au Bureau de l’Assemblée nationale pour se doter des éléments juridiques ayant trait à la bonne exécution de son programme 2008. En effet, le gouvernement étant à bout de ressources devant l’absence d’appuis budgétaires, la compréhension de toutes les personnalités politiques est requise. Or, dans 17 jours exactement, les parlementaires devront partir en vacances parlementaires. Mais auparavant, ils ont promis de tenir une réunion spéciale pour faire l’état des lieux de la non prise en compte des observations et recommandations adoptées par l’Assemblée nationale, laissant suspendre le spectre d’une motion de censure sur la tête du gouvernement.
Tous ces faits se lient. Si l’on retient le dossier de l’état des relations tendues entre la République démocratique du Congo et la Belgique, une nouvelle donne vient de s’ajouter pour mieux souligner le caractère crucial de la situation politique en République démocratique du Congo. Car, les faiblesses constatées dans l’ amélioration de la situation sécuritaire au Kivu avec la présence encore active des forces négatives, les mouvements répétés de grève dans certains secteurs vitaux de la vie nationale, la guerre du pétrole en Ituri sous pression ougandaise, l’exploitation unilatérale du gaz méthane du lac Kivu par le Rwanda sans la contribution de la RDC, le dérapage monétaire au regard des incidences négatives internes et la hausse du coût du pétrole sur le marché mondial, la crise alimentaire qui menace tous les pays, surtout ceux en voie de développement, sont là autant d’ autres éléments qui vont incontestablement provoquer un bouleversement politique. Qu’on le veuille ou pas.
L’on comprendrait que l’on chuchotte déjà sur la mise en place probable d’un gouvernement d’union nationale ; des sanctions à l’endroit des personnalités politiques qui ont trahi leur serment d’investiture, de loyauté et de fidélité.
Kabila poursuit certainement un objectif en entamant cette nouvelle série de consultations. Ou qu’il s’engage à donner une nouvelle impulsion à l’action nationale. Ce qui serait positif. Dans le cas contraire, il aura versé dans la diversion. Donc, le statu quo. De quoi retenir son souffle.
source : le Potentiel/kinshasa
BEMBA maintenu en détention
La chambre du conseil de Bruxelles a ordonné ce mercredi le maintien en détention de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, a-t-on appris auprès de ses avocats.
M. Bemba, placé dimanche sous mandat d'arrêt, a comparu ce mercredi matin devant la chambre du conseil. Un important dispositif policier avait été mis en place. Les avocats de M. Bemba avaient demandé la remise en liberté provisoire de leur client. Interpellé samedi soir en région bruxelloise sur mandat de la Cour pénale internationale de La Haye (CPI), Jean-Pierre Bemba est soupçonné de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, dont des viols et actes de torture commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003.
Un proche de Bemba calme le jeu : ‘les Belges n’ont fait que leur travail’
Le gouverneur de la province de l'Equateur, fief de Jean-Pierre Bemba dans le nord-ouest de République démocratique du Congo (RDC), a souligné mercredi que les autorités belges n'avaient fait "que respecter leur engagement vis-à-vis de la CPI en procédant à l'arrestation" du chef du MLC.
"Nous devons laisser la justice faire son travail, et nous savons que la justice occidentale est impartiale", a poursuivi ce proche de M. Bemba. "Nous ne voulons que la libération provisoire de Jean-Pierre Bemba, qui s'est dit prêt à répondre aux questions de la CPI. Mais il doit pouvoir préparer sa défense dans de bonnes conditions", a-t-il ajouté.
La justice belge devrait se prononcer en fin d'après-midi sur cette demande de remise en liberté.
Les manifestations au Congo suspendues
José Makila a également annoncé la suspension de toute manifestation de soutien à l'ex-chef rebelle, après des dérapages xénophobes en début de semaine. "J'ai demandé à ce que toutes les manifestations soient suspendues jusqu'à nouvel ordre, sur tout le territoire de l'Equateur, parce que les manifestants s'attaquent aux expatriés", a déclaré le gouverneur, cadre du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba.
L'ancien vice-président de RDC a été arrêté samedi à Bruxelles sur mandat de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, dont des viols et actes de tortures, commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003. Lundi à Mbandaka, capitale de l'Equateur, des partisans de l'ex-chef rebelle avaient lancé des pierres contre les installations de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc). Mardi à Gemena, ancien bastion de Bemba à environ 500 km au nord de Mbandaka, les bureaux d'ONG notamment financées par la Belgique ont été saccagés par des manifestants. "Ces manifestations étaient destinées à exprimer notre sympathie au sénateur Bemba, pas à permettre des actes de vandalisme. Nous devons préserver la paix et la sécurité en RDC", a affirmé M. Makila.
Mbandaka : José Makila suspend les marches de soutien à Jean Pierre Bemba
Cette décision fait suite aux dérapages que ces manifestations ont connus ; notamment à Mbandaka où certains manifestants se sont illustrés lundi 26 mai 2008 par des jets de pierres contre les installations de la Monuc et de la société de transfert d’argent Soficom, brisant au passage quelques vitres. Le mardi 27 mai 2008 à Gemena, les bureaux de représentation des Ongs Centre de Développement Intégré (CDI) et Memisa, financées par la Belgique ont été saccagés par des manifestants
Le mardi 27 mai 2008 à Gemena, les bureaux de représentation des Ongs Centre de Développement Intégré (CDI) et Memisa, financées par la Belgique ont été saccagés par des manifestants. Face à ces dérapages, le gouverneur de province, José Makila, à partir de Kinshasa où il se trouve, invite la population de l’Equateur au calme : « Je voudrais demander à toute la population de garder le calme absolu et de ne s’attaquer à personne ni aux installations de qui que ce soit. Je voudrais dire à la population de l’Equateur ceci ; cette situation dépend de la justice internationale. Nous avons montré aux yeux de l’opinion tant nationale qu’internationale que Jean Pierre Bemba a une base solide. Je demande qu’aucune manifestation, en ce moment, ne puisse se faire car les ennemis de la République sont là pour nous infiltrer et commencer à casser le peu d’infrastructures que nous avons. A dater de maintenant, il n y a plus question de manifestation jusqu’à nouvel ordre
Bemba en Chambre du Conseil
L'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, placé depuis dimanche sous mandat d'arrêt, a comparu ce matin devant la chambre du conseil. Ses avocats ont demandé sa remise en liberté. Ils estiment que la légalité de la procédure d'arrestation n'a pas été entièrement respectée. Et selon eux, M. Bemba aurait dû être assisté lors de son interrogatoire.
Toujours selon eux la détention préventive du sénateur congolais n'était pas justifiée car celui-ci n'a pas l'intention de se soustraire à la justice. M. Bemba, qui garde le moral, souhaite au contraire s'expliquer devant la Cour Pénale Internationale de La Haye (CPI), ont déclaré ses avocats.
Le ministère public a demandé le maintien en détention de l'opposant congolais. La chambre du conseil devrait rendre son ordonnance dans le courant de l'après-midi.
LETERME renoue avec la RDC
Le premier ministre Yves Leterme a indiqué mercredi avoir le sentiment que les gouvernements belge et congolais réalisent chacun des "efforts" en vue de "normaliser" les relations entre les deux pays.
M. Leterme s'est entretenu mardi par téléphone avec son homologue congolais, Antoine Gizenga, et a entrepris un contact avec le président Joseph Kabila. Il n'y a pas eu à ce stade de "contact direct" avec le chef de l'Etat congolais, a indiqué le premier ministre belge au cours d'un bref point de presse à l'issue du Conseil des ministres restreint. Yves Leterme espère s'entretenir prochainement avec M. Kabila.
Le Conseil des ministres restreint s'est penché une nouvelle fois mercredi sur la crise congolaise. "J'ai fait rapport au kern des contacts que j'ai eus hier et même cette nuit jusque 1H30. Nous sommes en position d'attendre une réaction du côté congolais. Je me tiens informé de minute en minute, d'heure en heure", a indiqué Yves Leterme.
Outre le premier ministre Gizenga, M. Leterme a également eu des contacts avec des "responsables importants du gouvernement à Kinshasa". Le premier ministre belge a évoqué devant la presse l'espoir d'une fin de crise prochaine. "J'espère que l'objectif visant à normaliser les relations entre la Belgique et le Congo pourra être atteint dans les plus brefs délais", a-t-il indiqué.
M. Leterme a cependant précisé que le gouvernement belge "reste sur son point de vue" concernant plusieurs élements exprimés récemment. Des déclarations du ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht sur le droit moral de la Belgique d'exprimer une position sur ce qui se passe au Congo ont entraîné une réaction courroucée des autorités congolaises qui ont demandé à la Belgique de fermer ses consulats de Lubumbashi et Bukavu, l'ambassadeur de la RDC à Bruxelles ayant été rappelé en consultation et le consulat d'Anvers fermé.
M. Leterme a énoncé mercredi devant la presse avoir indiqué à M. Gizenga que la demande de fermeture des consulats de Bukavu et Lubumbashi constituait une "mesure qui pèse". Le chef de gouvernement belge aurait également signifié à son homologue congolais qu'il regrettait cette "étape" dans l'évolution de la crise, plaçant l'espoir que les deux pays pourraient tendre vers la normalisation.
Certains ont fait état durant les derniers jours de points de vue communautaires intra-belges concernant la crise au Congo. Joëlle Milquet (cdH) a rejeté cette analyse au sortir de la réunion du kern, estimant que le CD&V était proche des partis francophones dans ce dossier.
Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, est resté peu disert mercredi à la sortie du Conseil restreint. "Lundi, nous avions déjà arrété une position au kern. Nous l'avons, depuis lors, transmise aux autorités congolaises. Nous attendons désormais leur réponse", a-t-il indiqué. Le conseil des ministres restreint avait convenu lundi soir que le premier ministre Yves Leterme prendrait contact rapidement avec le président congolais Joseph Kabila afin de normaliser les relations avec la République démocratique du Congo (RDC)
L’économie congolaise au bord de l’asphyxie
Comme partout ailleurs à travers le monde, la République démocratique du Congo fait les frais de la grande flambée des cours du pétrole sur le marché mondial, combinée à la crise alimentaire, née de la hausse exponentielle des produits agricoles. Avec un baril à plus de 130 Usd, le gouvernement congolais a fini par se plier aux exigences des pétroliers distributeurs en revoyant à la hausse les prix du carburant à la pompe. Un litre d’essence à la pompe est désormais fixé à 790 Francs congolais. L’on ne peut que craindre les conséquences dramatiques sur l’ensemble de l’économie congolaise, encore fragile après des années de guerre. Elle est au bord de l’asphyxie.>/B>
C’est à un véritable exercice d’équilibre que se livre aujourd’hui le gouvernement pour que les déséquilibres pouvant naître du renchérissement des prix de carburant ne se propagent, de manière disproportionnée, dans d’autres secteurs de la vie nationale. A observer ces signaux, l’économie congolaise est véritablement au bord de l’asphyxie. Son salut réside inévitablement dans la voie des réformes que le gouvernement est obligé d’initier pour épargner la RDC d’une explosion sociale de forte magnitude.
Le monde est véritablement en ébullition. Les menaces ne viennent nullement d’un groupe terroriste. Mais des indicateurs économiques de grandes économies mondiales. L’on se rend bien compte de la forte récession dans laquelle risquent de se plonger les grandes économies nationales.
Les causes premières de cette surchauffe économique sont à explorer sur les marchés des matières premières. Avec un baril de pétrole qui file à grande vitesse, se situant actuellement à plus de 130 Usd, avec cette projection qu’il sera à 150 dollars le baril avant la fin de l’année, un renchérissement des produits de base à côté d’une forte embellie des cours des métaux, l’économie mondiale est en passe de basculer dans une zone d’incertitude. Les analystes se perdent en conjectures, sans trouver pourtant les moyens d’épargner l’économie mondiale d’une récession généralisée.
Dans ce tableau sombre, c’est naturellement les économies pauvres du tiers-monde qui paient le plus lourd tribut. Désarticulées, désintégrées, monocultures et extraverties la plupart, elles doivent, subir les conséquences d’une crise économique qui se profile au fur et à mesure que se consolide la hausse des prix des matières premières.
Effets d’entraînement imprévisibles
En République démocratique du Congo, l’on ne mesure pas encore le drame qui risque de s’abattre sur l’économie congolaise. C’est plus vers la réalisation de « 5 chantiers » que se tournent le regard de la classe politique, faisant fi du danger qui guette toute l’économie nationale.
Preuve en a été donnée le week-end dernier avec la révision à la hausse des prix du carburant à la pompe. Malgré son intransigeance à protéger le maigre pouvoir d’achat du Congolais moyen, le ministère de l’Economie et Commerce a fini par se plier aux exigences irréfutables des pétroliers distributeurs.
Désormais, le litre du carburant se négocie dans la partie Ouest de la RDC à 790 francs congolais pour l’essence, et à 785 Fc pour le gasoil. Des sources proches du ministère de l’Economie renseignent que des négociations restent ouvertes pour un nouvel ajustement des prix du carburant à la pompe, tenant compte de la forte mobilité des cours du brut sur le marché mondial.
Les cours du pétrole n’ont rarement été aussi élevés depuis le début de leur cotation, même lors des chocs pétroliers de 1973 et de 1979. Les acteurs économiques doivent s’adapter à la perspective d’une source d’énergie aux prix élevés. Alors que l’augmentation du prix du pétrole représente une chance unique pour bon nombre des pays producteurs du pétrole, y compris les pays africains, cette hausse vertigineuse constitue un véritable défi pour les importateurs nets du pétrole sur le continent, du fait que leurs récents progrès économiques et développement peuvent être anéantis. Il en résultera de sérieuses contraintes financières pour plusieurs pays pauvres très endettés importateurs.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, le surcoût de la facture pétrolière était en 2006 deux fois plus important que l’allègement de la dette des pays pauvres, voté en 2005 au sommet du G8..
En dehors du pétrole, la RDC doit également jouer avec la hausse vertigineuse des produits agricoles. Même si aucune manifestation n’a été organisée jusque-là pour protester contre la hausse des produits alimentaires, la RDC, comme d’autres pays de son statut, n’est pas du tout épargnée du vent de panique, suscité par l’explosion des cours des produits alimentaires.
Les prix intérieurs repartent à la hausse
Le gouvernement peut beau se féliciter de la stabilité relative du cadre macro-économique, avec un taux de change qui s’est stabilité autour de 560 Fc pour le dollar, c’est de l’extérieur que vient le danger. Car, la RDC doit aujourd’hui se faire avec une inflation importée, conséquence de forte dépendance envers l’extérieur et de la très grande fragilité de son économie.
Aujourd’hui, le pays doit payer les erreurs des décisions économiques, parfois irréfléchies et à contre-courant de la dynamique mondiale, prises il y a quelques temps. En détruisant le tissu agricole, bien en place à l’accession du pays à l’indépendance, le pays a été rendu vulnérable des chocs extérieurs sur le marché des produits agricoles. Passive, la RDC assiste les mains liées à une surchauffe, en douceur certes, de son économie nationale.
Les signes de tensions apparaissent déjà du côté des prix intérieurs.
Pour ces cas précis, l’indice hebdomadaire des prix de détail établi par la Banque centrale du Congo renseigne que jusqu’au 18 mai 2008 un taux d’inflation annualisé de 22,70 % contre une prévision de taux d’inflation fin période, selon le cadrage macro-économique du budget 2008, de 8%. Rien ne prouve que cette tendance pourrait se renverser dans les jours à venir. Sur ce point, l’on court droit vers un mur de béton.
Scénario probable
Non seulement que la hausse des prix du pétrole et des produits agricoles ronge les maigres réserves internationales, ils risquent à terme de réduire la capacité d’intervention de la Banque centrale du Congo. Dans ces conditions, pour contenir - dans une certaine proportion les chocs extérieurs - la Banque centrale du Congo doit, pour sa part, réajuster ses instruments de politique monétaire, une augmentation des prix de l’énergie pouvant provoquer une hausse générale des prix. Et, du fait du renchérissement des prix intérieurs, les partenaires sociaux peuvent, quant à eux, réclamer une hausse des salaires qui provoquent des « effets de second tour » difficiles à maîtriser par la suite.
Voilà ce qui pourrait advenir à la RDC si le gouvernement tarde à prendre des mesures appropriées au niveau intérieur des pressions exercées par la forte hausse non seulement du pétrole mais aussi des produits agricoles. A la limite, c’est l’économie congolaise qui se trouve véritablement au bord dune explosion, sans oublier l’effet de contagion qui pourrait s’étendre à d’autres secteurs sociaux.
Pour les cas des entreprises congolaises, l’augmentation des prix du pétrole constitue également un véritable danger, étant donné que les entreprises incapables de faire face aux factures d’énergies astronomiques chercheront à réduire les coûts, et finiront par prendre des mesures, dont le licenciement massif de travailleurs.
Les licenciements dans un secteur de l’économie pourraient avoir de lourdes conséquences sur l’économie entière et la RDC, déjà fragilisée par tant d’années de guerre, se retrouverait dans des situations politico-économiques encore plus complexes à gérer.
Des perspectives d’emplois aléatoires et des taux d’inflation élevés affecteront le pouvoir d’achat des populations démunies, et par ricochet, aura des effets multiplicateurs sur l’économie entière.
Le tableau est quelque peu apocalyptique. Mais, c’est le scénario qui pourrait subvenir en RDC si rien de concret n’est engagé, entre-temps, pour éviter le pire.
En pareilles circonstances, la seule solution pour combler le déficit financier et pour ne pas faire baisser la croissance est de maintenir le rythme de réformes pour rendre le pays moins dépendant de l’extérieur. Plus important encore, il va falloir envisager un plan de financement durable puisque tout porte à croire que les cours du pétrole se maintiendront à la hausse.
Cependant, c’est plus vers l’agriculture que devront se concentrer les efforts du gouvernement. C’est donc tout un soutien à l’agriculture qu’il faut relancer et non pas poursuivre une politique de libéralisation accélérée de ce secteur, lui faisant subir les aléas des marchés internationaux. Le développement agricole doit donc devenir une priorité dans l’agenda national. L’agriculture vivrière commerciale, délaissée depuis une vingtaine d’années des priorités des politiques, revient donc sur le devant de la scène.
Le gouvernement est donc interpellé pour prendre toutes les dispositions pour maintenir les équilibres fondamentaux du cadre macro-économique. La récession qui s’annonce risque de tout emporter avec des conséquences politiques imprévisibles.
source/le Potentiel
Encore aucun contact entre Leterme et Kabila

Aucun contact téléphonique n'avait encore eu lieu mardi soir entre le Premier ministre belge Yves Leterme et le président congolais Joseph Kabila, a indiqué le porte-parole de ce dernier.
"A ma connaissance, il n'y a eu aucun entretien" entre les deux hommes, a en substance indiqué le porte-parole de M. Kabila, Kudura Kasongo, interrogé peu après 21h00 depuis Bukavu (est de la République démocratique du Congo), où il accompagne le chef de l'Etat congolais. M. Kabila séjourne depuis lundi à Bukavu, le chef-lieu du Sud-Kivu, pour lancer les travaux de construction d'une nouvelle route entre la ville et l'aéroport de Kavumu, distant de plus de 30 kilomètres. Ces travaux, d'une durée de dix mois, sont exécutés par des ingénieurs chinois.
Il a notamment rencontré mardi le gouverneur de la province, Louis Léonce Muderhwa, ainsi que les notables du Sud-Kivu, a précisé M. Kasongo. Selon lui et une source informée à Bruxelles, aucun entretien téléphonique n'avait encore eu lieu mardi soir entre MM. Kabila et Leterme. Celui-ci a toutefois eu dans la journée un contact téléphonique avec son homologue congolais, Antoine Gizenga, qui en a fait rapport au président, selon cette source.
Le conseil des ministres restreint avait convenu lundi soir que M. Leterme prenne rapidement contact avec les autorités congolaises - en particulier avec le Premier ministre, mais aussi avec le président - afin de tenter de normaliser les relations - tendues - avec la RDC. En principe, le chef du gouvernement devait faire rapport de ce contact avec les autorités congolaises dès le "kern" prévu mercredi matin. M. Leterme devait ainsi tenter d'apaiser la nouvelle crise avec Kinshasa, causée, selon les autorités congolaises, par des déclarations du ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, qui avait évoqué un "droit moral" de la Belgique sur son ancienne colonie.
Le gouvernement congolais a ainsi décidé vendredi dernier le rappel en consultation de l'ambassadeur congolais en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, et la fermeture de consulat de la RDC à Anvers. Kinshasa a aussi demandé, dans une note verbale reçue lundi à Bruxelles, la fermeture des consulats de Belgique à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu, avec le retour "à bref délai" des diplomates qui l'occupent à l'ambassade à Kinshasa. (belga






