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L’équipe nommée il y a 3 semaines par décret présidentielle est composée de dirigeants congolais et expatriés. L'administrateur Délégué Général ainsi que l'Administrateur Directeur technique ont été proposés par Progosa, groupe espagnol spécialisé en gestion portuaire. Le gouvernement l'a sélectionné par appel d'offre international en début 2008

Ce processus de stabilisation concerne les entreprises de transport. Comme la SNCC (Société Nationale des Chemins de Fer du Congo), l’Onatra est canard boiteux, admettent ses dirigeants. Le tiers des agents sont en âge de retraite, les machines défectueuses et l’entreprise consomme plus qu’elle ne donne à l’Etat. Il faut donc deux ans à Progosa pour préparer la restructuration générale de l’Onatra.

Durant ces 24 mois, les dirigeants de Progosa vont gérer toutes ces activités à coté des responsables congolais. Le Copirep, organe chargé de reformer les entreprises en RDC, loue l’expertise de Progosa. Le groupe espagnol doit déceler le mal de l’entreprise dans les 2 mois qui suivent. Mais la prise de fonction intervient dans un climat de suspicion. Le syndicat de l’Onatra estime que Progosa n’a aucune connaissance de son entreprise. Il dénonce également les salaires 5 fois plus élevées des expatriés par rapport à ceux de leurs homologues congolais. Certains travailleurs ont même parlé de contrat léonin.

Copirep et Progosa expliquent et rassurent

Le chef du Copirep (comité de pilotage pour la reforme des entreprises publiques), Ilunga Ilunkamba, déclare qu'il y a manque de bonne gouvernance à Onatra : « Une entreprise comme l’Onatra, malgré les ressources dont elle dispose, n’arrivait pas à payer les salaires. Devrions-nous attendre que nous arrivions à la cessation d’activités pour que nous puissions commencer à imaginer des solutions ? Le gouvernement a dit non, et c’est comme ça que nous essayons d’affronter la situation avec les moyens qui sont les nôtres, stabiliser ; c’est-à-dire arrêter l’hémorragie. L’argent n’arrive pas à la caisse. On ne va pas redresse l’Onatra. On va stabiliser la situation, les ressources entrent, et on a une meilleure vue de la situation de l’entreprise ».

Le groupe Progosa, quant à lui, rassure que son objectif n'est pas de privatiser l’Onatra ni de réduire le personnel. Et en ce qui concerne les salaires élevés de ses directeurs, son président, Jacques Dupuy Dauby, a répondu tout simplement : « Nous nous faisons payer, mais nos honoraires ne nous permettront pas de faire fortune ».