29 mai 2008
Arrestation de JP Bemba : les services belges accusés
Les Congolais se sont perdus en conjectures pour dénicher le fil ayant conduit à l’arrestation « précipitée », le 24 mai 20008 à Bruxelles, du sénateur Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo. En exécution d’un mandat d’arrêt international lancé par la Cour pénale internationale (CPI) huit jours plus tôt. Il a fallu une déclaration, mercredi, d’un porte-parole du tribunal belge ayant décidé du maintien en détention de l’ancien vice-président de la République démocratique du Congo pour que soit divulgué le pot aux roses. « Jean-Pierre Bemba ne sera pas mis en liberté parce que les services de renseignements belges détiennent des informations selon lesquelles le leader du Mouvement pour la libération du Congo, en venant à Bruxelles après avoir quitté Faro au Portugal, avait l’intention de regagner son pays », a-t-il dévoilé. Dès lors, l’on s’interroge sur les vrais mobiles de cette implication des services secrets du royaume de Belgique dans une affaire purement interne à la RDC ?
La Chambre du Conseil de Bruxelles, qui a examiné mercredi la légalité du mandat d’arrêt international délivré par la Cour pénale internationale, a décidé de garder en détention le président du MLC arrêté le 24 mai 2008. Il est suspecté de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis par ses hommes en Centrafrique.
Répondant par l’affirmative à la question de savoir si « les règles de droit qui permettent à la CPI de demander l’arrestation d’un suspect ont été respectées », les juges belges ont par ailleurs rejeté la demande de « libération conditionnelle » formulée par les avocats de Jean-Pierre Bemba.
Pourtant, Jean-Pierre Bemba a demandé d’être « remis en liberté et de comparaître en tant que prévenu libre, s’engageant de coopérer avec la justice », rapporte la presse bruxelloise. Les juges belges ont même refusé de prendre en compte les griefs relevés par les avocats de la défense, dont le non respect de la légalité de la procédure de l’arrestation de leur client.
« M. Bemba aurait dû être assisté par son conseil lors de son interrogatoire. Il a communiqué le nom de ses avocats lorsqu’il a été interrogé par le juge d’instruction et nous étions pourtant tous disponibles à ce moment-là », a déploré Me Kilolo Musamba. Pour lui, sa détention préventive n’est « pas justifiée, car celui-ci n’a pas l’intention de se soustraire à la justice ».
LE JEU DES SERVICES SECRETS BELGES
Le pot aux roses est aujourd’hui découvert grâce à la révélation faite mercredi par un porte-parole du tribunal de Bruxelles, cité par la presse belge. « Jean-Pierre Bemba ne sera pas mis en liberté parce que les services de renseignements belges détiennent des informations selon lesquelles le leader du Mouvement pour la libération du Congo, en venant à Bruxelles après avoir quitté Faro au Portugal, avait l’intention de regagner son pays », a-t-il dévoilé.
« Ayant eu vent de ces informations, la CPI a précipité son arrestation, craignant qu’au Congo, l’ancien chef rebelle ne se rende dans une zone qui n’est pas sous contrôle du gouvernement de Kinshasa, ce qui rendrait son arrestation impossible », a-t-il précisé.
Les Congolais sont aujourd’hui en droit de s’interroger sur la face cachée de la démarche des responsables des services secrets belges. Leur implication dans la précipitation qui a caractérisé l’arrestation du président national du MLC ouvre la voie à ce qu’une certaine opinion congolaise considère comme une sorte de politisation des procédures de la CPI. D’autant que, le sénateur Jean-Pierre Bemba n’était pas encore déclaré «persona non grata» en RD Congo. Aucune disposition légale ne lui interdisait de rentrer dans son pays où ses pairs l’attendaient pour occuper son siège à la Chambre haute du parlement et prendre part à la désignation du porte-parole de l’opposition politique.
Par ailleurs le commissaire européen Louis Michel avait déjà salué « l’intention » de l’ancien vice-président de retourner en RDC. Avocat de Jean-Pierre Bemba, Me Aimé Kilolo Musamba, exclut cette intention de fuite prêtée à son client. Il a déclaré à la presse belge que « M.Bemba a échangé dès 2003 des courriers avec les Nations unies en leur demandant l’envoi d’enquêteurs et pour apporter des éléments d’information. Il faut préciser que nous sommes actuellement en 2008 et que les faits soulevés par la Cour pénal internationale datent eux de 2002». Il a ajouté que M. Bemba vivait au Portugal et en Belgique depuis plus d’un an et était au courant depuis plus d’un an également qu’une enquête avait été officiellement ouverte à sa charge. Son avis est qu’il est difficile d’évoquer dans ce cas l’urgence car, Jean Pierre Bemba avait eu tout le temps de prendre la fuite, si c’était réellement son intention.
Des sources concordantes ont même laissé entendre que le président du MLC était attendu à Kinshasa à la « fin du mois de mai ». Dès lors, les milieux proches du MLC se demandent : «de quoi se mêle la Belgique ?». Ne serait-ce pas ce paternalisme que l’on déplore depuis des siècles dans le chef des autorités belges et qui a mis en froid ces jours-ci Bruxelles et Kinshasa ?
En attendant la prochaine audience devant se tenir d’ici à deux semaines au maximum, les avocats de la défense ont interjeté appel jeudi contre la décision prise par la Chambre du Conseil de Bruxelles de maintenir leur client en détention.
Nationale 1 Matadi-Kinshasa :10 morts et 14 blessés graves dans un accident de circulation
L’accident s’est produit mercredi sur la nationale numéro 1 Matadi –Kinshasa, à 200 kilomètres de la bifurcation de Kolo Fuma. Selon le commandant de la police de circulation routière sur place, une panne technique est à la base de cet accident. La barre de direction aurait bloqué le volant
Selon le commandant de la police de circulation routière de Mbanza Ngungu, un camion transportait des commerçants et leur marchandise en provenance de Kiendi, dans le secteur de Gombe Sud. A la sortie de la nationale n°1 Matadi-Kinshasa, à 200 mètres de la bifurcation de Kolofuma, ce véhicule a connu une panne technique. Le volant a bloqué, dirigeant le véhicule dans un ravin.
10 personnes, dont 4 femmes, on trouvé la mort. Les 14 blessés graves sont hospitalisés à l’hôpital général de référence de Sonankulu à Mbanza-Ngungu, où ils sont pris en charge par l’hôpital, selon le médecin directeur de ce centre hospitalier. Les morts sont gardés à la morgue du même hôpital.
La Belgique a-t-elle définitivement perdu la main au Congo?
Le premier ministre Yves Leterme n'avait pas encore eu de contact avec le président congolais Joseph Kabila jeudi midi, près d'une semaine après le déclenchement d'une crise diplomatique entre la Belgique et la République démocratique du Congo (RDC).
Le président Joseph Kabila se trouvait en début de semaine à Bukavu, où les communications téléphoniques sont difficiles. Il est rentré mercredi à Kinshasa, a indiqué Kudura Kasongo, porte-parole du chef de l'Etat. "A ma connaissance, il n'y a pas eu de contact" avec le premier ministre Yves Leterme, a ajouté le porte-parole de M. Kabila, interrogé jeudi peu avant midi.
Au cabinet du premier ministre belge, on se veut discret, laissant entendre que M. Leterme ne s'était pas entretenu à ce stade avec le président congolais et qu'il ne serait pas certain qu'il en communique la teneur si contact il devait y avoir.
Vendredi, la crise belgo-congolaise devrait revenir à l'ordre du jour du Conseil des ministres à Bruxelles mais aussi en RDC. "Le gouvernement se réunit demain dans la province du Bandundu", a indiqué jeudi Kudura Kasongo. Le gouvernement congolais tient régulièrement des réunions décentralisées dans un souci de proximité.
Yves Leterme a dit mercredi son espoir que l'objectif visant à normaliser les relations entre la Belgique et le Congo pourra être atteint dans les plus brefs délais. Le premier ministre belge s'est entretenu mardi avec son homologue congolais Antoine Gizenga.
Une révision de la demande de fermeture des consulats belges à Bukavu et Lubumbashi nécessiterait une nouvelle décision du gouvernement congolais qui ne pourrait être prise sans "changement notable d'attitude" de la Belgique, avait indiqué mardi Marcellin Chishambo, conseiller du président Joseph Kabila.
Yves Leterme a indiqué mercredi que le gouvernement belge "reste sur son point de vue" concernant plusieurs éléments exprimés récemment. Après le rappel pour consultation de son ambassadeur à Bruxelles et la fermeture de son consulat à Anvers, Kinshasa a demandé à la Belgique qu'elle ferme ses représentations diplomatiques à Bukavu et Lubumbashi.
Les autorités congolaises reprochent au ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, le ton "paternaliste" de ses déclarations. Le chef de la diplomatie belge a notamment jugé qu'il revenait à Bruxelles d'user d'un droit moral sur son ancienne colonie.
Source : Le Vif/Belgique
Kinshasa : Onatra, le nouveau comité de gestion entre en fonction
L’équipe nommée il y a 3 semaines par décret présidentielle est composée de dirigeants congolais et expatriés. L'administrateur Délégué Général ainsi que l'Administrateur Directeur technique ont été proposés par Progosa, groupe espagnol spécialisé en gestion portuaire. Le gouvernement l'a sélectionné par appel d'offre international en début 2008
Ce processus de stabilisation concerne les entreprises de transport. Comme la SNCC (Société Nationale des Chemins de Fer du Congo), l’Onatra est canard boiteux, admettent ses dirigeants. Le tiers des agents sont en âge de retraite, les machines défectueuses et l’entreprise consomme plus qu’elle ne donne à l’Etat. Il faut donc deux ans à Progosa pour préparer la restructuration générale de l’Onatra.
Durant ces 24 mois, les dirigeants de Progosa vont gérer toutes ces activités à coté des responsables congolais. Le Copirep, organe chargé de reformer les entreprises en RDC, loue l’expertise de Progosa. Le groupe espagnol doit déceler le mal de l’entreprise dans les 2 mois qui suivent. Mais la prise de fonction intervient dans un climat de suspicion. Le syndicat de l’Onatra estime que Progosa n’a aucune connaissance de son entreprise. Il dénonce également les salaires 5 fois plus élevées des expatriés par rapport à ceux de leurs homologues congolais. Certains travailleurs ont même parlé de contrat léonin.
Copirep et Progosa expliquent et rassurent
Le chef du Copirep (comité de pilotage pour la reforme des entreprises publiques), Ilunga Ilunkamba, déclare qu'il y a manque de bonne gouvernance à Onatra : « Une entreprise comme l’Onatra, malgré les ressources dont elle dispose, n’arrivait pas à payer les salaires. Devrions-nous attendre que nous arrivions à la cessation d’activités pour que nous puissions commencer à imaginer des solutions ? Le gouvernement a dit non, et c’est comme ça que nous essayons d’affronter la situation avec les moyens qui sont les nôtres, stabiliser ; c’est-à-dire arrêter l’hémorragie. L’argent n’arrive pas à la caisse. On ne va pas redresse l’Onatra. On va stabiliser la situation, les ressources entrent, et on a une meilleure vue de la situation de l’entreprise ».
Le groupe Progosa, quant à lui, rassure que son objectif n'est pas de privatiser l’Onatra ni de réduire le personnel. Et en ce qui concerne les salaires élevés de ses directeurs, son président, Jacques Dupuy Dauby, a répondu tout simplement : « Nous nous faisons payer, mais nos honoraires ne nous permettront pas de faire fortune ».


