P_troleLa population du Bas-Congo a été effectivement affectée de plusieurs manières, des eaux ont été polluées, l'agriculture affectée et des personnes ont souffert des maladies pulmonaires. Ceci ressort du rapport de la commission d'information et d'enquête sur les événements survenus dans les champs pétroliers de Moanda et sur la problématique des déchets toxiques enfouis à Kai-Tshanga, dans la province du Bas-Congo.

Présenté le mercredi dernier à la plénière de l'Assemblée nationale, le rapport révèle que de tous les éléments des enquêtes menées, des analyses et des observations directes et indirectes effectuées sur les impacts relevés majeurs, la commission a établi qu'il y a eu pollution dans les champs pétrolifères en onshore comme en offshore de la société PERENCO- REP.

Cette pollution manifeste, note le rapport, menace dangereusement les écosystèmes et la santé des populations riveraines de la côte congolaise, bien que PERENCO-REP minimise les effets néfastes de plus de 40 millions de pieds cubes de gaz produits et émis quotidiennement dans l'atmosphère et ses conséquences sur la cité de Moanda (réchauffement de l'atmosphère et changement climatique) et la région.
C'est pourquoi, la commission propose de retenir l'obligation de la société PERENCO-REP d'indemniser les populations affectées par ces catastrophes écologiques. ''Cela est d'autant plus logique qu'après quatre décennies d'exploitation pétrolière, la cité de Moanda ressemble toujours à une bourgade non urbanisée et fait figure d'un gros village par rapport à la ville de Soyo en face, en Angola voisin où l'électricité n'est pas une denrée rare et où l'asphalte sur les artères de la ville témoigne de souci réel de développement des infrastructures sociales des sociétés productrices de pétrole'', souligne le rapport.

Pour sa part, la société CHEVRON a accepté de poursuivre la réalisation des projets sociaux en faveur des populations concernées. Elle se dit consciente de sa responsabilité en tant que détentrice, des produits chimiques périmés mais qui a agi avec l'autorisation et sous la supervision du ministère responsable de l'environnement. ''Aussi, poursuit la commission, s'il est établi que les déchets enfouis et excavés sont toxiques par leur nuisance à la lumière des informations recueillies, des avis des experts, de la faible étendue du lieu d'enfouissement, des précautions prises et de notre propre observation, nous nous devons de dire que le danger brandi de pollution majeure relève plus de la spéculation et de la psychose de l'inconnu''.

Parmi les recommandations, il y a lieu d'épingler celle qui demande au gouvernement d'imposer aux sociétés PERENCO-REP et CHEVRON de faire élaborer des études d'impacts environnementaux assortis de plans de gestion de l'environnement de leurs champs pétrolifères. Il est également demandé au Gouvernement de proposer à la ratification toutes les conventions internationales relatives à l'exploration, l'exploitation et la production pétrolière intéressant la RDC.

A PERENCO-REP, la commission demande l'indemnisation des populations affectées par la pollution en termes d'infrastructures sociales dont le protocole d'accord devra être discuté avec les gouvernements central et provincial. Il est aussi instruit à Chevron - Texaco la poursuite pour les populations de Kai-Tshanga et de Nzadi-Kongo et du territoire de Moanda, de la réalisation des projets de développement par la construction et la réhabilitation des infrastructures sociales de base.
C'est à la suite de la motion incidentielle du député Abdoul Karim Ngoma Kosi, du 11 juin 2007, dénonçant des atteintes graves à l'environnement perpétrées par les sociétés PERENCO-REP et Chevron Texaco que la plénière avait mise en place une commission spéciale d'information et d'enquête sur les attentes environnementales à Kai-Tshanga et à Moanda, au Bas-Congo.

Le travail de la commission a porté sur la problématique de l'enfouissement et du déterrement des déchets toxiques à Kai-Tshanga par Chevron en 1986 et 1991 et le déversement en on et off shore dans les concessions de PERENCO-REP d'une part. D'autre part, la récurrente question de l'explosion des pipelines en on et off shore.