25 mai 2008
J.P. Bemba, avenir politique compromis
Jean-Pierre Bemba vient d’être rattrapé par le dossier « Bangui ». Arrêté à Bruxelles, il sera transféré dans les prochaines semaines devant la Cour pénale internationale, CPI. Du coup, son avenir politique vient d’être compromis, tant sur le plan de son parti politique, de son mandat de parlementaire, de ses ambitions d’être porte-parole de l’Opposition qu’en ce qui concerne les prochaines élections de 2011.
Le sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo, président du Mouvement de libération du Congo, MLC, a été arrêté, le samedi 24 mai à Bruxelles, en Belgique. Arrestation qui survient à la suite d’un mandat d’arrêt international lancé par la Cour pénale internationale, CPI, accusant Bemba de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. « Il serait pénalement responsable de quatre chefs de crimes de guerre et de deux chefs de crimes contre l’humanité commis sur le territoire de la République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003 », précise la CPI. Bemba est le premier suspect faisant l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI dans le cadre de l’enquête sur les événements survenus en République centrafricaine ouverte en mai 2007 par le procureur Luis Moreno-Ocampo. La CPI poursuit ses investigations sur ce qu’elle qualifie « d’attaques systématiques ou généralisées contre la population civile » au cours de laquelle ont été commis « des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne et des pillages ». Jean-Pierre Bemba devra donc répondre de tous ces faits devant la Cour pénale internationale. Mais d’ores et déjà, il nie tout en bloc.
Selon la conseillère près la CPI, la filature de Bemba a été tenue secrète et plusieurs pays ont collaboré à son arrestation. Parti de Kinshasa pour le Portugal pour des raisons de santé, il y a de cela une année, le sénateur Bemba a été arrêté en sa résidence à Bruxelles. Il devrait être déféré devant un juge belge hier dimanche avant d’être transféré à La Haye, devant la Cour pénale internationale pour y être entendu et jugé.
AVENIR POLITIQUE COMPROMIS
L’arrestation de Bemba aura des conséquences sur son avenir politique. D’abord au niveau de son parti politique, le MLC, quand on sait que sa personnalité se confond avec son parti. Il est le leader incontesté du MLC et incarne tout. Avec son arrestation, c’est le MLC qui est décapité. Pour preuve, le député François Muamba, secrétaire général du MLC s’est dit « consterné » en apprenant cette arrestation. « On ne s’y attendait pas. C’est une mauvaise surprise, c’est la consternation. Il y a la présomption d’innocence. Nous avons confiance en la justice internationale pour respecter ce principe. Nous allons réunir le bureau politique et nous ferons ensuite une déclaration », a-t-il déclaré.
La deuxième conséquence concerne son mandat de sénateur. La question a déjà fait l’objet de plusieurs commentaires. Parti au Portugal pour des raisons de santé, Jean-Pierre Bemba devrait rentrer à Kinshasa. Mais seulement, il conditionnait son retour par des assurances sur sa sécurité.
Cependant, selon le règlement intérieur du Sénat, des absences pendant deux sessions ordinaires doivent faire l’objet d’un débat pour décider, oui ou non, de la levée de l’immunité parlementaire. Bemba n’ayant assisté à aucune session parlementaire depuis son élection en qualité de sénateur, il ne fait l’objet d’aucun doute que le Bureau du Sénat sera bien obligé de se pencher sur son cas qui vient de prendre une autre tournure. Lorsque l’on connaît la « vitesse » avec laquelle la CPI traite ses dossiers, le procès de Bemba ne pourra pas débuter avant une année. Au stade préliminaire, il faut prendre deux mois au maximum avant que Bemba soit livré à la CPI. C’est sûr que le Sénat sera bien obligé de lever son immunité parlementaire.
Troisième conséquence. Il est d’ores et déjà exclu que Bemba soit le Porte-parole de l’Opposition. Fonction qu’il ne pourra pas exercer tant qu’il sera détenu. Partant, et c’est la quatrième conséquence, il aura difficile à se porter candidat à n’importe quel niveau lors des prochaines élections de 2011, l’instruction pouvant prendre plus de deux ans. L’avenir politique de Jean-Pierre Bemba est bel et bien compromis.
DES INTERROGATIONS
Evidemment, cette arrestation soulève toute une série d’interrogations. Pourquoi arrêter Bemba maintenant, en Belgique et non au Portugal ? Il est difficile de répondre à cette interrogation. Toutefois, le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo donne une partie de réponse à cette interrogation : « C’est le fruit d’une opération complexe et bien planifiée. M. Bemba avait déjà commis des crimes de guerre et contre l’humanité en RCA ; il avait déjà commis de tels crimes en RDC ; il fallait l’arrêter. Nous avons la preuve que M. Bemba a commis des crimes. L’arrestation de M. Bemba est un avertissement sérieux à tous ceux qui commettent, encouragent ou tolèrent les crimes sexuels. Il n’y a pas d’excuses pour des centaines de viols, il n’y a pas d’excuses pour le viol d’une petite fille sous les yeux de ses parents, il n’y a pas d’excuses pour un chef qui ordonne, autorise ou tolère que ses troupes commettent des viols et de pillages ».
Il convient cependant de noter que Bemba a été arrêté à Bruxelles au moment où la tension est montée d’un cran entre Kinshasa et Bruxelles. Cette coïncidence suscite d’autres interrogations. Serait-ce un signal fort à l’endroit d’autres congolais qui sont dans le collimateur de la justice internationale ? Car, en ce qui concerne Bemba, outre la plainte de la CPI, on relève qu’en mai 2003, Bemba avait été condamné par contumace par le tribunal correctionnel de Bruxelles à un an de prison ferme pour « traite d’êtres humains ».
D’autre part, l’arrestation de Bemba risque d’avoir des effets d’entraînement sur le processus de réconciliation nationale. Il n’est pas exclu de voir certaines personnalités qui sont en ligne de mire de la CPI se montrer récaciltrantes et réfractaires à ce processus, convaincues qu’elles pourraient un jour rejoindre Thomas Lubanga, Katanga, Ngudjolo, et bientôt Bemba à La Haye.
Mais que dire d’autres dirigeants des pays de la région qui ont agressé la République démocratique du Congo ? Ils ont également commis des « crimes de guerre et contre l’humanité ». Ils ont commis des exactions, des violences contre les populations civiles congolaises. Le peuple congolais invite également la CPI à leur réserver le même traitement que Bemba. Il n’y a pas d’excuses qu’ils ne soient pas poursuivis par la justice internationale. Donc, point de politique de deux poids, deux mesures.
Source : le Potentiel/Kinshasa
RDC: le MLC dénonce "la politisation" de la CPI et veut voir Bemba libéré
e Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, arrêté samedi à Bruxelles sur mandat de la Cour pénale internationale, a dénoncé dimanche à Kinshasa "la politisation" de la CPI et exigé la libération immédiate de son chef.
Les membres du bureau politique du MLC, une ex-rébellion devenue le premier parti d'opposition en République démocratique du Congo (RDC), "constatent, avec regret, la politisation de la procédure judiciaire initiée par le procureur de la CPI", dans une déclaration lue par François Muamba, secrétaire général du parti.
"En effet, l'arrestation du sénateur Jean-Pierre Bemba, à quelques jours de son élection en qualité de porte-parole de l'opposition en RDC, ne saurait être innocente, d'autant plus que ni (l'ex-président centrafricain) Ange-Félix Patassé, ni le chef de son armée, qui ont bénéficié de l'appui des troupes du MLC, n'ont fait l'objet d'une quelconque procédure", selon le MLC.
"Notre candidat au poste de porte-parole de l'opposition reste Jean-Pierre Bemba", a affirmé M. Muamba, alors que des désaccords profonds subsistent au sein de l'opposition qui ne parvient pas à adopter un règlement intérieur, préalable à la désignation de son chef de file.
Jean-Pierre Bemba est poursuivi par le procureur de la CPI pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, notamment des viols, commis par ses troupes en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003. Le MLC était intervenu à l'appel de M. Patassé pour écraser une tentative de coup d'Etat du général François Bozizé, qui parviendrait plus tard à s'emparer du pouvoir.
Persuadés de la "totale innocence" de leur chef, les cadres du MLC demandent aux autorités belges "de considérer la démarche du procureur de la CPI comme strictement politique et par conséquent de relaxer purement et simplement" Jean-Pierre Bemba.
Sans lancer formellement un appel à manifester, le MLC demande "aux membres du parti (...) et au peuple congolais tout entier de se mobiliser et de rester vigilant afin de sauver (la) jeune démocratie" congolaise.
Les membres du bureau, qui mettent en garde sur les "conséquences néfastes que cette arrestation, qui frise l'arbitraire, pourraient engendrer", expriment "toute leur solidarité" à leur chef "dans cette épreuve dure et injuste".
La situation est restée très calme dimanche à Kinshasa. La nouvelle de l'arrestation de Jean-Pierre Bemba a surtout circulé dans les milieux politiques sans susciter de réaction populaire dans la capitale, où l'adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006 avait obtenu 70% des suffrages.
"Nous savons que Bemba ne sera pas libéré mais nous devons exprimer notre solidarité et rester unis. Dans un premier temps, c'est le plus important", a déclaré à l'AFP un cadre du MLC sous couvert d'anonymat.
Bruxelles : arrestation de BEMBA (on commence à en savoir un peu plus)
Des magistrats doivent se prononcer dans la semaine à venir sur son transfèrement à la Cour pénale internationale qui siège aux Pays-Bas.
On commence à en savoir davantage sur les circonstances et les motifs de l'arrestation du président du Mouvement de libération du Congo.
Selon la CPI, Jean-Pierre Memba a été arrêté samedi soir à son domicile dans la banlieue de Bruxelles et n'aurait opposé aucune résistance.
Un mandat avait été délivré contre lui le 16 mai par la CPI mais il avait été tenu secret pour empêcher une fuite éventuelle.
Ce mandat fait suite à une plainte introduite par le gouvernement centrafricain, concernant des crimes de guerre et à des crimes contre l'humanité perpétrés dans ce pays par le bras
armé de son parti, l'Armée de Libération du Congo, entre octobre 2002 et mars 2003.
Un millier de combattants étaient intervenus pour repousser à la demande du président de l'époque, Ange-Félix Patassé, une attaque de rebelles fidèles au Général François Bozizé, aujourd'hui chef de l'Etat.
La plainte fait mention de tortures, de viols et de traitements dégradants ainsi que du pillage de plusieurs villages.
Selon le procureur, d'autres crimes ont été commis en République démocratique du Congo.
Un rapport de la Mission des Nations unies au Congo daté de 2003, accuse des combattants du MLC d'avoir perpétré des actes de cannibalisme à l'encontre de Pygmées dans la région de Mambassa, en Ituri.
Cette semaine doit se réunir la chambre du conseil réunissant des magistrats qui vont statuer sur la demande d'extradition introduite par la CPI .
Après quoi, Jean-Pierre Bemba pourra interjeter appel.
Au total, selon le parquet, son transfèrement à la prison de Scheveningen aux Pays-Bas, où sont détenus les personnes inculpés par la CPI pourrait prendre de un à trois mois.
Plusieurs détenus congolais s'y trouvent déjà, dont le chef d'une milice de l'Ituri, Thomas Lubanga et celui d'une milice mai-mai du Katanga.
Louis Michel demande à la Belgique de renouer avec la RDC
Le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, Louis Michel, a appelé le gouvernement belge à normaliser, sans délai, ses relations avec la République Démocratique du Congo (RDC), après le rappel samedi à Kinshasa de l'ambassadeur congolais à Bruxelles.
Le gouvernemnt congolais entend protester contre "les propos méprisants, sans cesse répétés", par le ministre belge desffaires étrangères, Karel de Gucht, à l'endroit des autorités congolaises.
Invité dimanche à la télévision, l'ancien chef de la diplomatie belge a reproché à ceux qui, en Belgique, oublient que la président Kabila a été démocratiquement élu, et que le Parlement congolais fonctionne régulièrement.
Karel De Gucht avait notamment déclaré que ce n'est pas parce que Joseph Kabila a été élu au terme d'élections démocratiques que "je ne peux pas le critiquer".
Louis Michel a été le principal artisan du réchauffement des relations entre Bruxelles et Kinshasa, relations qui étaient gelées pendant 10 ans, de 1990 à 2000, à l'initiative de la Belgique, suite au massacre des étudiants de l'université de Lubumbashi en avril 1990, sous le régime du défunt président Mobutu
RDCongo: Jean-Pierre Bemba arrêté, suspecté de crimes sexuels en Centrafrique
L'ex-vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, a été arrêté samedi près de Bruxelles à la demande de la Cour pénale internationale (CPI), qui le suspecte de crimes sexuels en République centrafricaine, a indiqué la CPI.
Il s'agit de la première arrestation dans le cadre de l'enquête sur la République centrafricaine du procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo, mais "l'enquête se poursuit et ce ne sera pas le dernier", dit le bureau du procureur.
"Jean-Pierre Bemba a été arrêté vers 22H00 (locales) dans la banlieue de Bruxelles. Il doit être présenté dans les prochains jours à un juge belge. Nous nous attendons à ce les autorités belges le transfèrent à la CPI dans les prochaines semaines", a déclaré la conseillère du procureur de la CPI Béatrice Le Fraper à l'AFP.
"M. Bemba est le président du Mouvement de Libération du Congo (MLC), un groupe politico-militaire qui est intervenu dans le conflit en République Centrafricaine (RCA) en 2002-2003, poursuivant une stratégie de terreur et de violence contre les populations civiles, marquée en particulier par une campagne de viols massifs et de pillages", dit le procureur dans un communiqué.
"Le nombre élevé de viols commis par les troupes du MLC avec une brutalité sans nom est une caractéristique particulière de cette affaire", dit encore le procureur, ajoutant que M. Bemba avait déjà commis de pareils crimes en RDC.
Le bureau du procureur estime que "les MLC menées par Jean-Pierre Bemba ont commis, dans le cadre d'une attaque systématique généralisée contre la population civile, des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne, des traitements dégradants et des pillages".
Ces crimes ont notamment été commis à Bangui et dans les localités de Bossangoa et Mongoumba.
Emis le 16 mai, le mandat d'arrêt contre Jean-Pierre Bemba a été tenu secret jusqu'à son arrestation, selon la CPI.
"Nous ne pouvons effacer leurs blessures (des victimes, ndlr). Mais nous pouvons leur rendre justice. Les témoignages des victimes seront autant de preuves. Les victimes viendront raconter leur histoire à la Cour", a déclaré M. Moreno-Ocampo, affirmant avoir des "preuves" que le suspect a commis des crimes.
Jean-Pierre Bemba est la quatrième personne arrêtée par la CPI. Les quatre suspects sont tous des Congolais (RDC), mais les trois compatriotes de M. Bemba ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête du procureur sur les crimes commis en RDC.
M. Bemba s'était réfugié au Portugal après sa défaite aux élections présidentielles d'octobre 2006 et est accusé de haute trahison en RDC depuis juin 2007
24 mai 2008
Bientôt de nouvelles directives de certification pour l'importation des bois de la RD Congo vers l'Europe
Le ministre d'Etat français en charge de l'Environnement, de l' Energie, du développement durable et de l'Aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, a annoncé vendredi qu'il présentera dans quelques huit semaines de nouvelles directives de certification pour l'importation des bois de la RD Congo vers l'Europe.
Le responsable français qui n'a pas donné de détails, parlait des projets concernant la gestion des forêts congolaises à l'issue de l'audience lui accordée par le président de la RD Congo Joseph Kabila, avant d'ajouter que « c'est un sujet crucial et essentiel ».
Il a également ajouté dans le même cadre, que la France et la RD Congo sont en train d'étudier les voies et moyens de parvenir à une gestion durable des forêts du bassin du Congo.
M. Borloo a révélé avoir remis au président Kabila, « un message écrit et personnel » de son homologue français Nicolas Sarkozy en rapport avec les bonne relations de coopération existant entre Paris et Kinshasa ainsi qu'avec l'attachement et l'appui de la France vis-à-vis de la RD Congo, des nouvelles institutions et de son peuple.
Il a dit que la France est heureuse de travailler avec la RD Congo dans le cadre de la bonne gestion des forêts du bassin du Congo qui ont des effets bénéfiques sur l'humanité toute entière, en ce qui concerne notamment la lutte contre le réchauffement climatique.
RDC: le parti de Bemba a reçu des garanties sécuritaires pour son retour
Le Mouvement de libération du Congo (MLC, opposition), parti du sénateur et opposant Jean-Pierre Bemba, a déjà reçu des garanties sécuritaires exigées par ce dernier pour son retour en RD Congo.
Le député national et secrétaire exécutif du MLC, Thomas Luhaka, l'a révélé vendredi sans donner des précisions, lorsqu'il faisait le point devant la presse sur l'agitation autour de la désignation du porte-parole de l'opposition politique en RD Congo.
"Les garanties sécuritaires nous ont été données et la demande a été faite au gouvernement pour nous présenter des dispositions pratiques devant encadrer son retour", a-t-il souligné.
Pour le MLC, les négociations pour le retour de M. Bemba continuera après l'avoir choisi comme porte-parole de l'opposition congolaise.
En séjour au Portugal avec l'autorisation du Sénat depuis le 11 avril 2007, à la suite des affrontements meurtriers à Kinshasa entre les forces loyalistes et ses gardes rapprochés, M. Bemba a conditionné son retour en RD Congo, à des garanties sécuritaires de la part du chef de l'Etat Joseph Kabila. Pour son parti, son retour doit se faire avec l'accord du président Kabila.
Compte rendu du conseil des Ministres
La réplique du Gouvernement congolais aux propos de Karel De Gucht est tombée hier à l’issue du Conseil des Ministres présidé par le Premier Ministre Antoine Gizenga Funji. Parmi les résolutions, il a été également décidé le réexamen des termes de coopération entre les deux pays, afin d’en évaluer l’ampleur réelle et d’en déterminer la nécessité.
‘‘Mieux vaut tard que jamais’’, dit un adage populaire.
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo vient de réagir vigoureusement aux propos paternalistes tenus par le Ministre Belge des Affaires Etrangères, Karel De Gucht, lors de son dernier séjour en terre congolaise et, à la veille de son voyage en Chine.
Cette réplique est tombée hier à l’issue du Conseil des Ministres présidé par le Premier Ministre Congolais, Antoine Gizenga Funji.
En effet, après avoir suivi religieusement le point sur les relations entre la RDC et la Belgique fait par Son Excellence Antipas Mbusa Nyamwisi à la lumière des déclarations de De Gucht qui reconnaît au Gouvernement Belge un droit moral sur la RDC, l’Exécutif national a adressé une vive protestation au Gouvernement Belge et lui rappelle que la RDC est un pays indépendant, souverain et gouverné par des dirigeants démocratiquement élus par le peuple congolais et quelle ne reconnaît à aucun autre pays un quelconque prétendu droit moral sur elle.
Ce faisant, le Conseil a instruit le Ministre Mbusa Nyamwisi de rappeler en consultation à Kinshasa l’Ambassadeur RD-Congolais accrédité à Bruxelles et de fermer le Consulat de la RDC à Anvers.
Ça ne s’arrête pas là. ‘‘Yandi Ve’’ et ses Ministres ont décidé de réexaminer les termes de la coopération entre les deux pays afin d’évaluer l’ampleur réelle et d’en déterminer la nécessité.
Lisez plutôt l’intégralité du Compte Rendu de la Réunion Ordinaire du Conseil des Ministres de ce vendredi 23 mai 2008 tenue à la Cité de l’Union Africaine.
Compte Rendu de la Réunion Ordinaire du Conseil des Ministres de ce vendredi 23 mai 2008
La réunion du Conseil des Ministres s’est tenue ce vendredi 23 mai 2008 à la Cité de l’Union Africaine, sous la présidence de S.E. Antoine Gizenga, Premier Ministre, Chef du Gouvernement.
L’ordre du jour a comporté les points suivants :
1. Points d’informations
2. Audition d’un Rapport de mission
3. Autorisation de signature
4. Examen et adoption d’un projet d’ordonnance
I. Point d’informations
Le Conseil a suivi en premier lieu le rapport sur l’état du territoire, présenté par le Ministre d’Etat chargé de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, suivi du rapport sécuritaire du pays, présenté par le Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants. Il ressort de ces rapports que la situation est calme sur toute l’étendue de la République, à l’exception de la zone opérationnelle du Nord-Kivu où persistent encore quelques points d’insécurité, notamment à Rutshuru.
Il convient de signaler un mouvement de retour des éléments FDLR dans leur pays d’origine.
Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale a fait le point sur les relations entre la RDC et la Belgique, à la lumière des récentes déclarations du Ministre belge des Affaires Etrangères qui reconnaît au Gouvernement belge un droit moral sur la République Démocratique du Congo et ses dirigeants.
A ce sujet, le Gouvernement de la RDC adresse une vive protestation au Gouvernement Belge et lui rappelle que la République Démocratique du Congo est un pays indépendant, souverain et gouverné par des dirigeants démocratiquement élus par le peuple congolais. Elle ne reconnaît donc à aucun autre pays un quelconque prétendu droit moral sur elle.
En conséquence, le Conseil des Ministres a instruit le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale de rappeler en consultation à Kinshasa l’Ambassadeur de la République Démocratique du Congo à Bruxelles et de fermer le Consulat de notre pays à Anvers.
Le Conseil a également décidé de procéder au réexamen des termes de la coopération entre nos deux pays, afin d’en évaluer l’ampleur réelle et d’en déterminer la nécessite.
L’intégralité de la position du Gouvernement de la République Démocratique du Congo sera communiquée au Gouvernement belge par voie diplomatique.
II. Audition d’un rapport
Le Ministre des Finances a fait rapport au Conseil de la mission effectuée par la délégation gouvernementale conduite à Maputo au Mozambique pour participer à l’Assemblée Générale de la Banque Africaine de Développement.
Le Conseil a noté avec satisfaction que la Banque Africaine de Développement, a reconnu à la RDC le droit de s’ouvrir au monde pour sa reconstruction et émis le souhait d’accompagner la RDC dans la réalisation de son programme de développement.
III. Autorisation de signature de deux accords
Le Ministre des Transports et Voies des Communications a soumis au Conseil, pour autorisation de signature, deux accords, à savoir : l’Accord de Transit et de Transport du Corridor Nord et l’Accord sur les Services Aériens entre la RDC et la République du Congo.
Après délibération, le Conseil en a autorisé la signature.
IV. Examen et adoption d’un projet d’Ordonnance
Le Ministre des Finances a soumis au Conseil pour examen et adoption le projet d’Ordonnance portant approbation de l’Accord de financement du Don additionnel n°H345-DRC.
Après débats et délibérations, le Conseil a adopté ledit projet.
Commencée à 12 heures, la réunion s’est terminée à 15 heures.
Je vous remercie.
Emile Bongeli Yeikelo Ya Ato
Ministre de la Communication et des Médias
Porte-Parole du Gouvernement
RDC-Belgique dans le brouillard

conseil le vendredi 23 mai, le gouvernement de la République a décidé de rappeler en consultation l’ambassadeur Mutamba, actuellement en poste dans la capitale belge. Dans la foulée, le consulat d’Anvers est fermé.
C’est la conséquence de l’indignation suscitée à Kinshasa par la énième provocation du ministre belge des Affaires étrangères. Karel de Gucht a déclaré, depuis Pékin, que la Belgique exerçait «un droit moral» sur la RDC.
Le Parlement complice des dérives du Gouvernement
Un titre provocateur ? Non, c’est le résultat d’un constat impitoyable. Paradoxe : bien que les observateurs n’aient, objectivement, aucune raison de méconnaître le dynamisme, fort perceptible, de deux chambres du Parlement congolais, ils redoutent, cependant, l’inefficacité des résolutions et autres recommandations annoncées du haut de la tribune du Palais du peuple. Car le gouvernement, qui devait les exécuter, fait semblant d’avoir d’autres chats à fouetter tandis que le Parlement, paralysé par l’antagonisme Majorité-Opposition, hésite à user de ses prérogatives constitutionnelles pour le sanctionner.
Faut-il, exclusivement, tirer à boulets rouges sur le gouvernement pour «immobilisme et gestion hasardeuse» de la res publica ? Députés et sénateurs ont-ils toujours raison de faire des leçons à l’Exécutif pour ses insuffisances avérées dans la non satisfaction des besoins vitaux des citoyens ?
La tentation est grande, pour le commun des mortels, de focaliser la critique sur le gouvernement, dont la noble mission est de justement réaliser le bonheur du peuple congolais grâce aux ressources mobilisées localement, d’une part, et aux apports fournis par des partenaires, d’autre part. L’expérience recommande, pourtant, d’examiner cette problématique avec un certain recul.
Certes, les débats tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, tels que retransmis régulièrement et intégralement par la radiodiffusion télévision publique, sont de très bonne facture. Ils permettent, reconnaissons-le, de comprendre les enjeux de l’heure. Ils renforcent même la dynamique de la jeune démocratie en RDC. Malgré leur pertinence, teintée parfois de rudesse ou de courtisanerie, ces débats enrichissent opportunément les acquits démocratiques du peuple. Ce qui est positif.
LE LAXISME DES PARLEMENTAIRES
Bel exemple : des questions orales posées aux ministres ou aux mandataires publics pour éclairer la religion des élus du peuple constituent, à n’en point douter, un moyen par excellence de suivre en temps réel la gestion de l’Etat et de son patrimoine.
Qu’il s’agisse, notamment, de la spoliation des immeubles et terrains publics ou de l’insécurité dans certaines régions ; qu’il s’agisse de l’anarchie dans les transports aériens ou de la problématique du contrat sino-congolais, les parlementaires sont sur tous les fronts. Ils interpellent le gouvernement. Ils lui suggèrent des solutions, sous forme de résolutions et de recommandations. Le problème – car c’en est un – est que ces belles suggestions ne sont suivies d’aucun effet. Ou, à tout le moins, elles sont accompagnées d’une action on ne peut plus timide, sans impact.
En retour, pour se dédouaner face à leurs électeurs, députés et sénateurs se répandent dans des jérémiades. Une rhétorique qui dénonce à tout bout de champ «l’immobilisme» du gouvernement. Par cette manœuvre, les élus tentent de tirer la couverture de leur côté. Afin d’imputer aux ministres toutes les forfaitures. A voir les choses de près, les députés et les sénateurs méritent d’être placés dans le même sac que les membres du gouvernement. Parce que patent est leur laxisme dans le non suivi de l’exécution des recommandations émises par leurs chambres respectives. De cette manière, ils ne pourraient en aucune façon se dérober de leurs obligations constitutionnelles.
Rappelons que la Constitution confie au Parlement le pouvoir d’interpeller le gouvernement sur sa gestion du pays ; de le sanctionner, notamment en lui retirant sa confiance dès lors qu’il ne prend pas en compte les préoccupations du peuple. Cet arsenal juridique, convenons-en, est un puissant moyen de mettre au pas l’Exécutif. Est-ce que le Législatif s’en sert ? Pas encore.
LE DILEMME DE LA MAJORITE
Dans ces conditions, il serait hors de question que le Parlement se plaigne des pesanteurs observées dans le fonctionnement du gouvernement. Tout ce qu’il a de mieux à faire, c’est d’agir conformément à la Constitution. Certes, appartenir à la Majorité qui gouverne place les élus dans un dilemme cornélien. Mais, pour peu qu’il ait la conscience d’œuvrer pour le bonheur de ses électeurs, donc du peuple, le député ou le sénateur de la Majorité peut et doit se démarquer du suivisme politique et, en conséquence, poser ses actes en âme et conscience. En toute responsabilité. Assuré de rendre compte un jour, sans complexe, à sa base.
Ainsi vu, la Majorité parlementaire peut et doit sanctionner certains de ses ministres incompétents ou indélicats. C’est elle qui, d’ailleurs, va engranger les dividendes de sa courageuse décision auprès de l’opinion publique. Ce faisant, elle aura sauvegardé les intérêts de ses nombreux électeurs. Une façon comme une autre de leur renvoyer proprement l’ascenseur. Une façon surtout d’investir dans le futur. C’est-à-dire pour les prochaines échéances électorales.
Considérant la série des forfaitures imputées au gouvernement, d’un côté, et le peu d’empressement dont fait montre le Parlement pour recadrer l’action de l’Exécutif, de l’autre, l’opinion publique en arrive à la conclusion selon laquelle le Parlement, toutes tendances confondues, est complice des dérives du gouvernement. Tel le dépassement budgétaire.
Que dire des coups de gueule et autres interpellations qui jaillissent du Palais du peuple ? Les observateurs pensent qu’ils ne sont qu’un artifice pour amuser la galerie. Et faire diversion au cours d’un spectacle faussement démocratique. Mais ce jeu de cache-cache, par gesticulations interposées, n’a pas la chance de faire long feu. Le peuple est assez mûr pour démasquer les apprentis sorciers politiques. Il leur fera payer le prix fort aux échéances à venir.
source: le Potentiel/kinshasa


