09 juin 2008
L'ONU va aider à relever les défis en RD Congo
Kinshasa, RD Congo - Le Conseil de sécurité de l'ONU est prêt à aider à relever les défis de la sécurité dans l'est de la RD Congo, a déclaré, dimanche, l'abbé Apollinaire Malu Malu, à l'issue d'un entretien avec les membres d'une mission de l'organe onusien à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Ancien président de la Commission électorale indépendante congolaise (CEI), l'abbé Malu Malu est actuellement coordonnateur du Programme "Amani", un mécanisme créé en janvier dernier par la Conférence de Goma en vue de ramener la paix dans l'est de la RD Congo.
Selon l'abbé Malu Malu, le Programme "Amani" est maintenant dans la phase de grands défis après les travaux préliminaires. Il s'agit de faire le plan de désengagement, les modalités de traçage d'intégration dans l'armée nationale, ainsi que les modalités de réinsertion sociale.
L'abbé dit avoir parlé de tous ces défis avec la délégation du Conseil de sécurité afin de voir quel appui la Mission de l'ONU au Congo (MONUC) et la communauté internationale peuvent apporter.
Le drame humanitaire a été aussi évoqué en ce qui concerne la présence des déplacés dans des camps de fortune. La question des réfugiés, ainsi que celle des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont également été au centre de ses entretiens avec les membres de la délégation onusienne, a encore indiqué l'abbé Malu Malu.
La mission onusienne, qui s'est également entretenue avec les représentants de la Société civile à Goma, a exprimé sa volonté de s'activer pour soutenir le gouvernement congolais en vue du retour de la paix dans cette partie de la RDC et dans la région des Grands Lacs.
Selon le Comité international de la Croix-rouge (CICR), le nombre de civils victimes de l'insécurité persistante dans la province du Nord-Kivu ne cesse d'augmenter, malgré l'engagement de paix pris par les principaux belligérants.
Plusieurs milliers de personnes ont dû fuir les récents affrontements dans le territoire de Lubero, tandis que que la situation humanitaire des déplacés internes et des personnes rentrées dans leur village ne cesse de se détériorer dans les territoires de Masisi et de Rutshuru.
Actuellement, le CICR distribue des vivres (plus de 115 tonnes de farine de maïs, 19.200 litres d'huile d'arachide, 38 tonnes de haricots ainsi que 4.608 kilos de savon) à plus de 9.500 personnes déplacées à Bugu I, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Kabila attendu au GABON
Le président de RDC, Joseph Kabila, est attendu mardi à Libreville pour une visite de travail, indique lundi un communiqué du protocole d'Etat gabonais. Le Communiqué lu sur les antennes de la télévision nationale gabonaise n'a donné aucun détail sur l'objet et la durée de cette visite, la première depuis le début de l'année.
M. Kabila, comme plusieurs dirigeants africains, consulte assez régulièrement le président du Gabon, Omar Bongo Ondimba, doyen des chefs d'Etat d'Afrique.
Mobutu, Bemba: la fin des années Équateur
Mobutu avait fait rêver originaires et habitants de l’Equateur surnommés affectueusement «Code 32». Après trois décennies de pouvoir sans partage où les villes du Nord du pays furent célébrées comme des Mecque, il a été désacralisé par un Kasaïen - Étienne Tshisekedi - et abattu par un Katangais qu’il avait eu le tort de mépriser, le pire ennemi Laurent-Désiré Kabila. Il a néanmoins laissé une Dsp - sa redoutable armée spéciale - dont le chef de pacotille, le neveu Nzimbi a trouvé la mort en Belgique dans la totale déshérence.
Ses hommes servaient de terreau pour un autre fils de l’Équateur, fils Mobutu, le «Chairman» Jean-Pierre Bemba Gombo, qui allia terreur, férocité et mégalomanie mais par qui la province croyait renaître. Son arrestations et sa probable prochaine inculpation par la Cour Pénale Internationale jettent un discrédit sur une province bling-bling et referment une page trop salace.
Code 32 - pour trente-deux de régime Mobutu! Plus de trois décennies... Originaires et habitants de la province de l’Equateur étaient trop fiers du Congo d’après-indépendance. Les Bangala par le jeune journaliste Mobutu avaient su quadriller et manipuler la vie politique.
A l’extrême nord de la province, les Ngbandi (Gbadolite, Mobayi Mbongo) à la frontière de la Centrafrique dont ils partagent la langue généralement peu formés intellectuellement avaient réussi à prendre le dessus sur les Ngbaka (Gemena, au sud) peu formés certes mais portés sur les affaires.
NAISSANCE D’UN PUISSANT.
C’est ainsi qu’un Ngbandi, Litho Moboti, alors ministre des Finances à une époque où la Gécamines, état dans l’état, exporte 140.000 tonnes de cuivres et 40.000 tonnes de cobalt/an et pèse des milliards de dollars, décide de prendre partenaire un Ngbaka, Jeannot Bemba Saolona, conducteur de camion de transport en Équateur où, au volant de son truck Mercedes, il ravitaillait des villages de brousses en boîtes de conserve et savonnerie, achetant au passage les produits de la terre. Notamment le café. La petite affaire va - grâce à des ponctions et détournements des deniers publics - à ce point si bien marcher que Jeannot Bemba Saolona estime devoir réclamer quelques égards que lui refuse l’homme fort du régime. Entre les deux hommes existent au moins deux races. L’un a été à l’école, l’autre pas.
Outre cela, Litho Moboti n’est autre que l’oncle propre de Joseph Désiré Mobutu à qui, par dessus le marché, le nouvel homme fort qui a évincé à la fois le président de la République Kasavubu et le Premier ministre Lumumba doit de ne pas être mort de famine lors des classes passées chez les Pères Blancs. Mobutu doit aussi à la famille Endundo, des Mongo de Mbandaka, la grande ville du centre de la province, d’avoir échappé à une autre disette. Il gardera jusqu’à sa mort une amitié sans fin au frère aîné de José Endundo, son ami Lomata Etitingi aujourd’hui député de la nouvelle Assemblée nationale élue. Lomata a souvent eu le mérite de faire éclaffer de rire le Léopard, quand celui-ci en avait besoin.
Mais Lomata fit vite de quitter le bateau fou de son ami alors que la guerre de l’Afdl faisait rage et qu’il sentit son héros certainement irrémédiablement perdu. Avec femme et enfants, l’amuseur du roi Léopard prit la direction de l’Angleterre laissant derrière une entreprise d’exploitation forestière et de peintures tombée en faillite depuis des décennies...
DERNIER PACTOLE FINANCIER.
Dernier ParSec de Mobutu et dernier caissier et banquier, le fils de Bemba Saolana, Jean-Pierre Bemba Gombo garda quelques semaines encore ses positions auprès du Maréchal malade et condamné. Au grand dam de la ribambelle d’enfants Mobutu, l’ancien D-g de la Société Scibe-Zaïre (Société commerciale Bemba) réussit à s’emparer du dernier pactole du Léopard. Dans certains milieux, on le dit «fils caché de Mobutu». Ce n’est pas sûr...
La semaine dernière à Bruxelles, le père Saolona a tonné face aux caméras: «Regardez la couleur de ma peau. Il y a dans mes veines du sang belge qui coule. Les Belges ne peuvent pas faire çà à mon fils». A sa manière, le Sénateur réagissait au bannissement d’un fils à qui il n’a jamais cessé de prodiguer des conseils mais qui délibérément annonça - les rébellions faisant rage - qu’il avait décidé de couper les communications avec un père heureux d’être ministre de l’Économie des Kabila.
«Lui c’est lui, moi c’est moi», expliquait le «Chairman» depuis ses maquis de la jungle de l’Equateur.
C’est avec le dernier pactole de Mobutu que Jean-Pierre lança sa rébellion contre le régime de Kinshasa après avoir échoué de rallier, à la demande de Museveni et de Kagame, de rallier celle de Goma? C’est en tout cas avec l’appui de nombre des membres du «Code 32» qu’il décida de prendre la route de la rébellion, prenant ses nouveaux quartiers à Kisangani, avant d’en être délogé par les forces coalisées du Rcd-G et de l’armée rwandaise alors que l’UPDF, l’armée ougandaise se mettait à ses côtés.
JPBG bénéficia de l’appui de l’ancien chef de la Dsp Nzimbi, un Ngbandi - ou en tout cas de certains de ses hommes défaits par l’Afdl - comme de celui d’un autre général, un autre Ngbaka, Kpama Baramoto toujours en vie et toujours en exil. Après la fin de Mobutu mort en exil à Rabat, Maroc, abandonné de tous, tous les Code 32 rêvaient de rétablir la province «dans sa dignité». L’outil c’était le MLC.
D’où l’incapacité pour l’aile kasaïenne (François Mwamba Tshishimbi, Delly Sessanga, François Luhaka, Jean-Pierre Tshimamga, etc) malgré excès et braillements guignolesques compréhensibles - il faut éviter d’être accusé de mollesse ou de connivence avec l’ennemi - d’espérer émerger dans ce sein. Les Code 32 ont tout ceinturé, investi tout l’or - souvent bien malgré eux - dans ce fils Jean-Pierre. C’est raté. Alors qu’ils pensaient avoir inventé la meilleure machine pour leur retour au pouvoir, la tragique et humiliante fin de Bemba les met à nouveau K.O et referment les années Equateur. Il n’est pas sûr qu’ils sachent se relever. Quand d’autres pôles - à l’Est et à l’Ouest - reprennent l’initiative.
source : le Soft/Kinshasa
