10 juin 2008
Séquestration des députés : Katumba Mwanke cité dans la libération du sujet libanais !
Du jamais vu dans un pays indépendant. Intouchable par le fait qu'il est protégé par certains dignitaires, un Libanais a séquestré les députés congolais (nationaux et provinciaux) dans la concession dite Renapi, dans la commune de la Gombe.
Que s'est-il passé exactement pour que les élus du peuple subissent une telle humiliation? Pourquoi un sujet libanais peut-il se comporter comme dans un pays conquis? En fait, les habitants des environs de la RENAPI se plaignent, depuis un certain temps, de la pollution de la rivière Gombe dont ils sont victimes de la part d'un sujet libanais. Informée de la situation, l'Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa a diligenté une mission d'enquête en vue de se rendre effectivement compte de cette pollution. Arrivé sur place, le député provincial Gérard Mulumba, alias Gecoco, a vu la porte de la parcelle fermée derrière lui, à travers un emprisonnement inattendu, sur ordre dudit Libanais.
Surpris par cette séquestration, Gérard Mulumba informera, par téléphone à l'intérieur de sa jeep, le député national Francis Kalombo qui, lui aussi, une fois sur place, est pris en otage par ce même Libanais. Même sort pour le député national Denis Kambayi venu à la rescousse de son collègue Francis Kalombo. C'était alors la désolation. Les coups de fil ont retenti dans tous les sens afin de chercher à contraindre ''le preneur d'otages'' à libérer les députés. Mais sans succès. Voilà qui a mobilisé l'Assemblée nationale et la police. Cette dernière dont les éléments ont pu escalader les murs, aurait réussi à embarquer tout le monde (députés et libanais) à destination du quartier général de la Police d'intervention rapide dans la commune de Kasa-Vubu. C'est là que députés et libanais seront finalement libérés. Mais, comment expliquer donc que ce Libanais ait bénéficié d'une libération aussi rapide après l'humiliation qu'il a fait subir aux députés congolais?
Roger Lumbala: ''C'est Katumba MWANKE qui a donné l'ordre de libérer le Libanais''
La désolation était totale hier à l'Assemblée nationale. L'annonce, par le député national Roger Lumbala, de la séquestration des élus du peuple congolais par un sujet libanais, a suscité la colère dans le chef des députés. Pour Roger Lumbala, le Libanais qui terrorise les Congolais est protégé par le député Katumba Mwanke. ''C'est lui qui a donné l'ordre de libérer ce Libanais que la police voulait mettre aux arrêts'', a-t-il déclaré. Si ce que Roger Lumbala dit est vrai, c'est que les pratiques rétrogrades de la deuxième République de triste mémoire ont bel et bien refait surface en RDC après les élections et donc après l'entrée de la RDC dans la troisième République. Mais, de l'avis de bon nombre d'observateurs congolais, le président Joseph Kabila, qui a été élu au suffrage universel direct par les Congolais, n'a en tout cas pas besoin, dans son entourage, des collaborateurs qui déshonorent son régime en cette période de reconstruction et de respect des principes démocratiques.
Si les affirmations du député Roger Lumbala s'avéreraient vraies, il y avait lieu que le Président de la République, qui prône la bonne gouvernance, la fin de la récréation et qui tient à faire de la RDC un Etat de droit, puisse tire toutes les conséquences.
5 chantiers : le doute peut être maintenant levé
Vous nous jugerez selon nos actes et votre satisfaction fera notre fierté ». Tel fut une déclaration du Prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance du Burundi, le jour de sa prise de fonction de Premier Ministre en 1961. Aujourd’hui, le Gouvernement congolais peut adresser les mêmes paroles au peuple congolais impatient de voir démarrer effectivement les 5 chantiers du Chef de l’Etat Joseph Kabila.
En effet, si le Gouvernement de Kinshasa peut se prêter désormais au jugement de la population congolaise à partir des actes qu’il va poser, c’est parce que le chantier de base, celui des infrastructures, est bel et bien lancé. Il est arrivé à la phase du démarrage effectif des travaux, après une première phase invisible pour le public celui des études techniques et des accords financiers et juridiques avec leurs partenaires chinois. Pour aboutir à ce niveau déterminant dont dépend la suite des travaux, il a fallu consentir tout le temps qu’exigeaient les différents préalables pour bien baliser le terrain. Il a fallu que soient jetées les bases d’une action d’envergure qui veut conséquente, à la mesure des enjeux économiques et sociale d’un immense pays aux multiples visages qui est la RDCongo.
Au cours de cette période, les experts congolais et leurs collègues chinois ont pu peaufinent de nombreux dossiers techniques et procéder à des montages financiers efficients. Toutes les précautions devaient et continueront à être prises pour parer à toute éventualité de nature à compromettre la réussite des projets à réaliser.
Cette période s’est étendue sur plus d’une année. Dans l’entre-temps, submergée par des déclarations de bonnes intentions du Gouvernement, la population congolaise en général et celle de Kinshasa en particulier, ne voyant rien de consistant se réaliser sur le terrain. Une telle situation a fait que, tout légitimement, les gens pouvaient se poser des questions sur le sérieux du discours officiel relatif aux 5 chantiers. Somme toute, pour les Kinois particulièrement, le démarrage économique et social tant claironné n’était encore que virtuel. Même si, dans les provinces, quelques travaux qui avaient déjà débuté au Katanga et dans la Province Orientale avec les partenaires chinois, ils n’avaient pas encore une visibilité suffisante pour rassurer la population. On peut ainsi comprendre qu’une fébrilité et un certain malaise collectif se soient manifestés dans plusieurs milieux à travers le pays. Particulièrement à Kinshasa, siège des institutions, où l’impatience était exacerbée par une opposition politique très critique face à ce qu’elle interprète comme un immobilisme du Gouvernement en place.
Mais, aujourd’hui, l’arrivée du matériel des travaux publics en provenance de la Chine est un fait concret de nature à dissiper les inquiétudes des uns et des autres sur la réalisation effective des 5 chantiers du Chef de l’Etat. Depuis que le jeudi 6 juin 2008, une procession du premier lot de 78 engins sur les 136 attendus s’est ébranlée dans des artères de la capitale, le doute sur la poursuite des objectifs que le Gouvernement congolais s’est fixé peut être levé. Les gens ont bien vu défiler des bennes, chargeurs, grues, niveleuses, compacteurs, citernes, concasseurs et j’en passe dans les artères de la capitale. Le tonnage total du matériel pour la partie Ouest du pays se chiffre à 14.000 tonnes. A ce stade, les promesses sont en train de s’accomplir, la parole est en train de devenir un début prometteur de réalité. La suite, c'est-à-dire la réalisation effective des travaux de réhabilitation, modernisation et construction des routes, chemins de fer, ports, aéroports etc. va se faire. Il y a lieu d’y croire sérieusement maintenant.
Cela étant, d’aucuns pourraient dire : « Oui, c’est bien bon tout ça, où en est-on avec les autres chantiers ? ». A mon sens, un tel questionnement souffrirait d’un déficit de vision globale sur les 5 chantiers et partant sur le développement que le Gouvernement congolais est en train d’impulser dans le pays. Si le point de départ est marqué par les travaux d’infrastructures, c’est parce que ce sont celles là qui vont permettre aux 4 autres chantiers d’être réalisés. Et, au-delà de ceux-ci, ce sont tous les autres secteurs économiques et sociaux qui vont disposer des bases pour leurs envols.
En effet, la réhabilitation et la construction des écoles et maternités auront comme conséquence la croissance du taux de scolarisation (chantier éducation), tandis que les nouveaux hôpitaux et centres de santé vont contribuer à l’amélioration de la santé (chantier santé). Il en sera de même en ce qui concerne les infrastructures électriques et de fourniture d’eau potable vont améliorer et faciliter les services dans ces deux secteurs (chantier eau et électricité). Et tous ces travaux publics vont occasionner la création des dizaines de milliers d’emplois (chantier emploi). Les revenus substantiels que vont détenir les familles dont les membres seront directement ou indirectement impliqués dans les grands travaux vont augmenter leurs consommations des biens et services. Ce qui va occasionner une croissance économique durable du pays.
Ainsi, le démarrage des chantiers d’infrastructures s’avère un véritable socle du développement national de la RDCongo. A condition que ce qui commence aujourd’hui se poursuive convenablement, que de bonnes mesures d’entretien des ouvrages soient prises et exécutées et que la gestion des infrastructures publiques soit assumée correctement.
Dans ce tournant de l’histoire que la RDC est en train d’amorce, il appartient au peuple congolais de prouver au monde qu’il est aussi capable de réaliser des grandes et bonnes actions. Ce peuple doit désormais, dans son ensemble, au-delà des clivages politiques et autres, saisir cette l’opportunité pour se ressaisir, remonter la pente du développement et occuper la place qu’il mérite dans le concert des nations.
Un complot contre Kamerhe
Une pétition circule pour la révision du Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale. L’initiateur de la pétition, un député de l’Opposition, cherche à réduire à deux ans le mandat du Bureau. Si le projet aboutit, le Bureau Kamerhe serait déchu. Bienvenue Madame l’instabilité institutionnelle ! Si la majorité est complice, la déchéance de Kamerhe constitue-t-elle une priorité par rapport aux grands défis auxquels l’AMP est confrontée ? Le Président Kabila accepterait-il de se faire déstabiliser par cette action ?
A l’Assemblée nationale, la sérénité a cédé la place à la suspicion. Les membres du Bureau ne savent plus quel député est avec eux et qui travaille contre eux. C’est une pétition initiée par le député RCD/N Martin Mukonkole qui mine les relations de confiance au sein de l’hémicycle. L’initiateur de la pétition cherche à obtenir la révision du Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale. Notamment, en ces articles sur le mandat du Bureau. Martin Mukonkole et tous ceux qui ont épousé ses idées veulent limiter à deux ans la durée du Bureau de l’Assemblée nationale. Autrement dit, le Bureau Kamerhe, déjà à sa deuxième année, devrait être remplacé. Les auteurs de la pétition soutiennent que le Bureau Kamerhe ne respecte nullement l’équilibre régional. Comme quoi, des provinces comme le Sud-Kivu, le Kasaï Occidental, le Bandundu ont chacune deux représentants. La pétition, rapporte-t-on, fait du chemin. Des signatures sont recueillies de jour comme de nuit. Dès lors que Mukonkole aura recueilli le nombre de signatures dont il a besoin, question de se conformer aux règles en vigueur, il soumettra son projet de révision à la Cour Suprême de Justice. La même CSJ qui avait déjà déclaré le Règlement de l’Assemblée nationale conforme à la Constitution. Et les juristes disent : ‘‘Non bis in idem’’. Parallèlement, des voix s’élèvent pour s’interroger sur la finalité d’une telle démarche, même si Martin Mukonkole et les siens opèrent en toute légalité. Petit 1, l’intérêt. Quel intérêt aurait Martin Mukonkole, lui qui est de l’opposition, à actionner un mécanisme dont il ne sera pas le principal bénéficiaire. Sauf coup de théâtre, Martin Mukonkole ne deviendra jamais, pour la législature en cours, membre du Bureau de l’Assemblée nationale. A moins que l’AMP ou le PPRD éclate, comme l’affirment certains caciques, avec la prochaine mise en place dans les entreprises mixtes. Imaginer un scénario comme celui-là, c’est désirer ardemment l’instabilité institutionnelle en RDC.
Petit 2, qui en tirerait les ficelles ? L’assurance avec laquelle le député Martin Mukonkole construit son projet laisse penser qu’un homme fort du régime se cache derrière. Cela suppose qu’une frange de la majorité soutient l’initiative. C’est ici que l’affaire devient intéressante. Si la majorité est complice, la déchéance de Kamerhe constitue-t-elle une priorité par rapport aux grands défis auxquels l’AMP est confrontée ? De passage à Goma (Nord-Kivu) puis à Kikwit au Bandundu, le Président de la République, Joseph Kabila, a clairement défini ce qui, à ses yeux et aux yeux des Congolais, est prioritaire. Joseph Kabila a commencé par rappeler à la population, comme si besoin en était, ses trois promesses : la paix, les élections et la reconstruction. Parlant de la paix, le Président a reconnu qu’il s’agit d’un processus. Les élections ont été organisées, les institutions élues mises en place. L’heure est à la reconstruction du pays. Vouloir remettre sur la table la question de la composition du Bureau de l’Assemblée nationale, c’est s’attaquer aux réalisations que Kabila met à son compte. Le Président laissera-t-il faire ? Va-t-il permettre à des malins de cracher sur son œuvre ? Wait end see.
Reproche-t-on à Kamerhe sa recherche de consensus ?
Tout ce qui relève de l’humanoïde n’est pas étranger à Vital Kamerhe. Certes qu’il a ses qualités et ses défauts. L’un de grands principes en matière de gestion des ressources humaines consiste à rendre les défauts inoffensifs. Vital Kamerhe a su sauver l’essentiel à des moments les plus difficiles. On pense à l’épineuse question de double nationalité qui avait failli vider les institutions de la République de ses animateurs. La plupart jouissant d’une double nationalité. Après les événements sanglants de mars 2007 à Kinshasa, il réussit à maintenir le dialogue entre le MLC et la majorité. Ce faisant, il suscita la colère des extrémistes de son camp qui voulaient en découdre une fois pour toutes avec les bembistes. Ç’a aurait donné quoi si le MLC s’était retiré des institutions quelques jours seulement après leur mise en place ? Quel démocrate soutiendrait un régime pour lequel la mise au pas de l’opposition constituerait un mérite ?
On a vu Kamerhe à l’œuvre dans le dossier très brûlant de BDK. Si Denis Kalume a sauvé son fauteuil au ministère de l’Intérieur et Ne Mwanda Nsemi son mandat de député, c’est parce que le Président de l’Assemblé nationale a laissé le débat se dérouler normalement.
On raconte, d’ailleurs, que quand Kamerhe était en déplacement à la Conférence de Goma, son adjoint immédiat, Lutundula Opala, avait manifesté des insuffisances dans la conduite des débats. Kamerhe était obligé de revenir d’urgence à Kinshasa régler une affaire bénigne. Si personne n’est irremplaçable, tout le monde n’est pas remplaçable.
Source : La Prosperité/Kinshasa
Deux députés congolais séquestrés par des Libanais
Le premier à être séquestré était le député provincial Gérard Mulumba. Il était en mission sur la pollution du terrain de Renapi dans la commune de la Gombe. Les faits remontent au jeudi 05 juin dernier. L’élu provincial de la capitale Mulumba Kongolo wa Kongolo s’était rendu dans le quartier Renapi, derrière l’Académie des Beaux Arts, à Gombe, sur demande du président de l’Assemblée provinciale. « J’avais reçu une lettre des habitants de ce quartier signalant qu’une société fabriquait du savon avec des produits chimiques toxiques. Ma mission était juste d’arriver sur place pour me rende compte si ces allégations étaient véridiques », raconte « Gecoco ». Cette descente sur le terrain a été mal perçue par la famille Zaidan, un ressortissant libanais qui a construit dans l’enceinte de l’Athénée de la gare, au centre ville. « Lorsque je suis arrivé là bas, les Libanais m’ont séquestré. Ils m’ont dit que je n’allais pas ressortir. C’était Zaidan lui-même et son fils », affirme le député. Quelques secondes plus tard, poursuit-il, les maîtres du lieu appelleront des inspecteurs judiciaires sous prétexte que leur domicile était violé.
Pour sortir de là, l’infortuné a pensé trouver solution en recourant à Francis Kalombo, député national. A son arrivée sur le lieu, celui-ci subira à son tour le même sort. Il a fallu que la police nationale débarque, trois heures plus tard, pour tirer les deux députés de leur séquestration après avoir escaladé le mur de la parcelle. Les deux députés et les Libanais ont tous été embarqués. « Nous sommes arrivés à la police, l’instruction était déjà en cours lorsque nous avons vu venir un certain Alain Ilunga. Celui-ci a dit à l’OPJ qu’il était venu récupérer le Libanais. Il les a effectivement récupérés et il est parti », déclare Gérard Mulumba. C’est donc sur base de ces informations que Roger Lumbala a justifié sa motion. Une commission d’enquête a été constituée au terme de la plénière. Elle va s’enquérir sur la question et entendre toutes les personnes concernées par la séquestration. Et dans l’entre-temps, les députés séquestrés ont saisi la justice.
Un libanais séquestre trois députés
Une histoire rocambolesque. Le député national, Francis Kalombo, le député provincial de la ville de Kinshasa, Gérard Mulumba, alias « GEKOKO » et le président de l’Assemblée provinciale de la ville Kinshasa, Nsingi, ont été séquestrés par un sujet libanais, répondant au nom de Zaidan, dans l’enceinte des installations de la Régie nationale presse et imprimerie ( Renapi). Appréhendé à son tour par les éléments de la Police, le Libanais a été aussitôt relâché sur simple coup de téléphone. Incroyable mais vrai. Tout Kinshasa est tétanisé. Qui est derrière ce coup indigeste digne de la Camorra et qui porte atteinte à la crédibilité de toutes les institutions nationales ?
Saisi par la population qui se plaint de la pollution de l’environnement à la suite de l’ implantation d’une usine dans les installations de la Régie nationale presse et imprimerie (RENAPI), ex-Magasins généraux, le député provincial, Gérard Mulumba, alias «GEKOKO», s’est rendu sur les lieux pour s’enquérir de la situation. C’était jeudi de la semaine passée. Arrivé sur place, il a été aussitôt séquestré dans l’enceinte de cet établissement public sur ordre du propriétaire déclaré des lieux. C’est un sujet libanais du nom de Zaidan, responsable de l’entreprise incriminée.
Le député pris en otage tente alors d’alerter un de ses amis, le député national Francis Kalombo, élu de la capitale, dans la circonscription de la Lukunga. Dès que ce dernier se pointe sur les lieux, il subit le même sort. Il en sera de même du président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa, l’honorable Nsingi, venu à la rescousse de ses collègues. Et lorsque le ministre provincial de l’Intérieur de la ville de Kinshasa a osé se manifester, l’accès lui a été tout simplement interdit. Mis devant l’aggravation de la situation, ce denier fera appel aux éléments de la Police d’intervention rapide (PIR). L’accès des installations leur sera également interdit. Agents de l’ordre, ils ont forcé l’entrée en escaladant le mur pour libérer les infortunés. Ouf de soulagement de la part des «prisonniers» car, leur bourreau est aussitôt appréhendé et amené au cachot de l’Etat-major de la PIR dans la commune de Kasa-Vubu. Mais, joie de courte durée. La PIR n’a pas été en mesure de garder longtemps dans ses geôles le tout puissant Libanais. L’homme a été aussitôt libéré sur un simple coup de téléphone. L’ordre serait venu, comme toujours, d’ «en haut». Sic !
Scandale. Voilà le mot qui peut décrire cette affaire. Il n’en fallait pas plus pour que le député national Roger Lumbala introduise une motion auprès du Bureau de l’Assemblée nationale. Un premier débat a eu lieu hier lundi en plénière.
L’ETAT DEFIE
Comme il fallait s’y attendre, tout Kinshasa est tétanisé. Estomaqué de voir ceux qui incarnent l’Etat être traités de la manière la plus vulgaire, la plus invraisemblable par un sujet étranger qui n’a eu aucune considération envers eux.
Libanais séquestreur, a défié l’Etat. Il a ignoré superbement les institutions de la République et foulé aux pieds l’hospitalité dont il bénéfice de la part du peuple souverain. C’est grave. Car, l’homme d’affaires libanais semble jouir d’une immunité aux contours non définis.
Plus grave encore, et humiliant pour notre pays, c’est qu’il y a eu de hautes personnalités congolaises pour protéger ce paria qui a osé commettre un crime de lèse-majesté à l’endroit des élus du peuple congolais. C’est à se demander qui détient le vrai pouvoir dans ce pays.
Plaider en faveur d’un tel étranger ou le protéger aux dépens des Congolais, dépasse tout entendement. Incroyable mais vrai. Une histoire rocambolesque digne de la Camorra italienne. La maffia avait élu domicile à Palerme jusqu’à opposer deux clans, la Cosa Nostra et la Cosa Nueva lesquelles avaient fini par avoir le contrôle des autorités politiques et judiciaires de la ville. Et le clou de cette rivalité a été sans conteste l’assassinat en 1992 du juge Giovani Falcone. Serait-ce vers là que tend la République démocratique du Congo ?
Il revient au gouvernement, aux Cours et Tribunaux de répondre à cette interrogation. Pas plus tard que l’année dernière, un ancien ministre a été ridiculisé par un autre sujet libanais. C’est toujours un coup de fil, venu d’un galonné, qui força le pauvre membre du gouvernement à libérer une concession publique illégalement occupée et qu’il cherchait à protéger.
L’Assemblée nationale a été saisie de cette affaire avant de décider de l’expulsion de cet étranger. Il nous revient que jusqu’ à ce jour, cette décision de déclarer ce sujet libanais persona non grata en RDC n’a pas encore été exécutée. Pourquoi ?
Par ailleurs, que dire de ces jeunes libanais qui, chaque week-end et tard la nuit, transforment le Boulevard du 30 juin en une sorte de « formula 1», leurs cylindrées propageant des décibels à casser les tympans. Dans l’ignorance totale d’autres usagers de cette artère qui fait la fierté de Kinshasa.
Si la communauté libanaise peut encore compter des personnes respectables et qui considèrent ce pays comme leur seconde patrie, il est temps de rappeler tous les marginaux à l’ordre et faire respecter les institutions nationales en s’appuyant sur la rigueur de la loi. Ils se comportent comme en territoire conquis. Ou alors, ces sujets qui n’écoutent que la voix de leur argent veulent ramener la RDC 40 ans en arrière et refaire le boulot de Léopold II.
ABUS DU POUVOIR
Les étrangers ne doivent pas, seuls, subir la rigueur de la loi. Toutes les personnalités congolaises, quel que soit leur rang social ou politique, voire militaire, et qui ont trempé dans cette histoire rocambolesque qui porte atteinte à la crédibilité des institutions nationales, doivent être démasquées et traduites devant les instances judiciaires. Il y a là abus du pouvoir qui aliène l’autorité de l’Etat.
Ce genre de comportement d’un autre âge ne peut rester impuni au risque de créer une caste des intouchables prêts à instituer un régime de banditisme et de terreur. En fait, la RENAPI est une institution publique. Son patrimoine appartient à l’Etat. Qui l’a spolié ? Les institutions compétentes doivent répondre à cette deuxième
Source : le Potentiel/Kinshasa


