19 juin 2008
J.P. Bemba reste en prison
Alors que la Cour de cassation belge a annulé mercredi le premier mandat d’arrêt international lancé par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du sénateur Jean-Pierre Bemba, la chambre de mises en accusation a confirmé hier jeudi la procédure d’exécution engagée concernant le second mandat délivré le 10 juin dernier par la même Cour. Par conséquent, le président national du Mouvement de libération du Congo (MLC) garde la prison en Belgique et les chances de sa mise en liberté provisoire s’aménuisent. Cela aux dires de ses avocats.
La Cour pénale internationale (CPI) semble déterminée à amener le sénateur Jean-Pierre Bemba à La Haye afin qu’il réponde des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par ses troupes en 2002 et 2003 en République Centrafricaine. Le 23 mai 2008, elle a levé les scellés sur un premier mandat d’arrêt international lancé à l’encontre du président national du MLC. Le 24 mai, la Belgique a exécuté ce mandat en interpellant et jetant aussitôt dans la prison de Saint-Gilles à Bruxelles l’opposant congolais. Par ses avocats interposés, Jean-Pierre Bemba a attaqué la procédure utilisée par la CPI devant les juridictions belges jusqu’à obtenir gain de cause au niveau de la Cour de cassation. Cette première manche gagnée a accordé un sursis à l’inculpé. Celui-ci a été d’une courte durée, juste 24 heures qui ont suscité beaucoup d’espoir dans le chef des cadres et militants du MLC tant au pays qu’à l’étranger.
La procédure a été reprise à la case départ. Jean-Pierre Bemba s’est retrouvé à nouveau devant la chambre de mises en accusation de Bruxelles, car un nouveau mandat d’arrêt international a été lancé contre lui le 10 juin 2008. Ce deuxième mandat le surcharge et exige des autorités belges son transfert au siège de la CPI, situé dans la ville hollandaise de La Haye.
Qu’est-ce à dire ? Que la CPI a tôt fait de pressentir les faiblesses de la procédure ayant entouré son premier mandat. Elle a fait les bouchées doubles pendant que la défense de Jean-Pierre Bemba allait d’appel en appel pour obtenir la mise en liberté de son client. Elle a délivré un second mandat pour remplacer le premier apparemment mis en difficulté d’application.
Hier jeudi 19 juin, la chambre belge de mises en accusation a statué et confirmé la procédure d’exécution du second mandat délivré le 10 juin 2008 par la Cour. Selon elle, la procédure engagée relativement au second mandat est valide. Ce qui remet en selle la décision prise quelques jours plus tôt par la Chambre de conseil. Comme il fallait s’y attendre, les avocats de Jean-Pierre Bemba n’ont pas croisé les bras, ils ont déclaré illico qu’il allaient se pourvoir, une nouvelle fois, en cassation contre cette décision de la chambre des mises en accusation. Ils sont d’avis que leur client a le droit d’être entendu par un juge d’instruction bruxellois sur les crimes mis à charge du président national du MLC et d’en conférer avec ses conseils.
Toutefois, la défense ne se montre plus très enthousiaste ni optimiste, non plus. Ses réticences apparaissent à travers ses déclarations faites à l’agence Belga que cite notre confrère Le Soir dans son édition en ligne de jeudi. Les avocats du sénateur Jean-Pierre Bemba estiment que le second mandat d’arrêt international lancé par la CPI n’offrirait plus à leur client les mêmes garanties que le premier dont l’annulation a été obtenue devant la Cour de cassation.
Contacté en fin de soirée par notre rédaction, le secrétaire exécutif du MLC, le député national Thomas Luhaka, a réagi à chaud en trois temps. Selon lui, le MLC déplore l’acharnement du procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo contre Jean-Pierre Bemba. De deux, son parti espère que la Cour de cassation belge va maintenir sa jurisprudence et statuer en faveur de ce dernier. De trois, le MLC nourrit l’espoir que son président national ira, à la suite de l’arrêt que rendra la Cour de cassation belge, à La Haye en homme libre.
Non payés, les fonctionnaires réclament la tête de Kimbuta Yango
Les agents et fonctionnaires de l’Etat oeuvrant à l’Hôtel de ville de Kinshasa ont organisé hier mercredi 18 juin un Sit-in pour réclamer le paiement de leurs salaires, primes et autres avantages. Visiblement en colère, ils ont réclamé le départ du gouverneur de la ville, André Kimbuta Yango. De son côté, l’exécutif provincial rejette la balle au gouvernement central.
Les agents et fonctionnaires de l’Hôtel de ville de Kinshasa ont manifesté bruyamment hier 18 juin devant le bureau du gouverneur André Kimbuta pour réclamer le paiement des arriérés de deux mois de salaires, primes et autres avantages.
Au cours d’un Sit-in organisé de l’autre côté de l’avenue du Marché, non loin du bâtiment administratif de l’Hôtel de ville de Kinshasa, ces agents de l’administration urbaine scandaient des slogans hostiles au chef de l’exécutif provincial, l’accusant de bloquer leurs primes.
Sans tergiverser, ces derniers ont réclamé son départ de la tête de la ville de Kinshasa pour une gestion qu’ils ont qualifiée de « calamiteuse » et pour des « promesses non tenues ». Se confiant au journal Le Potentiel, les manifestants ont fait remarquer que le budget pour l’exercice 2008 de la ville de Kinshasa qui devait être appliqué dès le mois de mai de l’année en cours ne l’a pas été.
S’agissant de la prime allouée aux agents et fonctionnaires de l’Etat, ils ont fait remarquer que celle-ci a été revue à la baisse depuis le mois de janvier 2008 alors que la mairie continue à générer d’importantes recettes.« Nous avons été désagréablement surpris de constater que la prime a été revue à la baisse. Elle est passée de 10.000 francs congolais en décembre 2007 à 5.000 dès le mois de janvier 2008», se sont-ils plaints.
Ils ont, en outre, déploré le fait qu’ils sont privés de certains avantages, notamment le non paiement des indémnités de soins de santé. « Nous n’avons pas l’accès facile aux soins de santé faute d’argent. Cependant, plusieurs services de l’Administration urbaine génèrent des recettes de plus de 10.000 dollars américains par jour. Ou vont-t-elles ?» se sont-ils interrogés.
UN DIALOGUE DES SOURDS
Les manifestants ont prouvé leur détermination d’aller jusqu’au bout de leurs revendications. Tenaces, ils ont élevé la voix pour se faire entendre au point qu’à certains moments la circulation a été perturbée.
Le gouverneur Kimbuta n’est pas resté indifférent aux revendications des manifestants. Il a dépêché ses collaborateurs au lieu du Sit-in, pour demander aux manifestants de constituer une délégation, à raison de quatre personnes par division urbaine, en vue d’un début de dialogue. Les manifestants n’ont pas rejeté cette offre. Au lieu de la salle de réunions de l’Hôtel de ville proposée par le gouverneur, ils ont plutôt préféré que le Kimbuta de la ville les rejoigne au lieu du Sit-in. Un dialogue des sourds a semblé s’installer car il n’a finalement pas eu lieu.
Par ailleurs, au niveau du ministère provincial en charge de l’Economie et Finances, ce retard s’explique par le fait que le forfait alloué à la ville en lieu et place des 40 % de la rétrocession prévue par la Constitution est non seulement insignifiant mais accuse également un retard préjudiciable dans la libération des salaires dus a ces agents.
Aux dires du ministre provincial de l’Economie et Finances, Robert Luzolana Mavema, la prime des fonctionnaires de la ville de Kinshasa est un droit. André Kimbuta Yango a trouvé cette prime. « Il l’a d’ailleurs doublée en dépit du fait qu’elle n’existe même pas dans les autres provinces qui bénéficient mensuellement d’un forfait estimés à plus d’un milliard de francs congolais alors que Kinshasa reçoit à peine 600 millions de francs congolais ». Or, il faut un peu plus d’un milliard de francs congolais pour que l’Hôtel de ville arrive à résoudre des difficultés auxquelles il est confronté.
L’exécutif urbain « n’a nullement l’intention de bloquer ou de ne pas payer cette prime. Cependant, il est buté à un problème d’ordre financier », précise l’argentier de la ville province de Kinshasa, appelant, du reste, les grévistes au calme. Parce que, dit-il, « André Kimbuta Yango est le père de tout le monde. Il a la bonne fois de satisfaire les besoins de ses administrés. Mais les moyens lui font défaut ».
Robert Luzolana demande, par ailleurs, au pouvoir central de revoir à la hausse ce forfait alloué aux provinces en guise de rétrocession. Cela aidera la ville à faire face aux nombreux besoins.
A 15 heures, les manifestants ont promis de revenir ce jeudi 19 juin pour la suite des actions, devant la façade principale de l’Hôtel de ville de Kinshasa. Les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) dépêchés sur le lieu pour contenir les manifestants se sont acquittés, de manière générale, de leur tâche. Mais un policier zélé a usé de la brutalité à l’endroit d’un confrère en service.
Bemba : une nouvelle chance de mise en liberté provisoire
Selon Me Kilolo, dès la semaine prochaine, le procès Bemba reprend à
zéro à la Cour de cassastion de Bruxelles. Ce qui constitue une grande
victoire vers la mise en liberté provisoire de Jean Pierre Bemba. Me
Kilolo explique le sens de l’arrêt de la Cour de cassation de Bruxelles
: Je peux vous confirmer que ce matin nous sommes passés effectivement
devant la Cour de cassation de Belgique qui est l’équivalent de la Cour
suprême de justice à Kinshasa, Je peux vous dire que nous venons de
prendre connaissance de l’arrêt qui a été rendu par Cour de cassation
qui casse l’arrêt qui avait été rendu par la chambre de mise en
accusations qui avait rejeté notre demande de mise en liberté
provisoire. C’est le tout premier arrêt qui va rester historique du
droit international pénal en Belgique. Ceci fait que cet arrêt qui crée
carrément un précédent en termes de rebondissements judiciaires dans
l’affaire Bemba nous permet en tout cas d’espérer d’avoir de grandes
chances de mise en liberté provisoire de M. Bemba en Belgique
Le gouvernement défie la Monuc
Le ministre de la communication et des médias, Emile Bongeli, a qualifié de machination le rapport de la Monuc relatif aux allégations d’environ 100 morts dans les rangs des adeptes de Bundu dia Kongo. Ce massacre est attribué, selon le même rapport, à la Police Nationale lors de ses interventions de février dernier dans la province du Bas-Congo. Emile Bongeli a démenti le chiffre avancé par la Monuc en présentant celui de 27 tués. A ses yeux, le rapport de la mission onusienne en RD Congo « porte un grave préjudice à la République en entamant le crédit douloureusement et patiemment restauré du gouvernement ».
Pour
le professeur Emile Bongeli qui s’adressait hier à la presse dans son
cabinet, « c’est de manière très légère que le rapport lui-même, tout
en parlant d’insuffisance des preuves, confirme la présence des fosses
communes (…) ». Il a indiqué que le rapport de la Monuc semblait «
dénier au gouvernement son droit de restaurer l’autorité de l’Etat sur
l’étendue de la République ». Point par point, Bongeli a dit avoir lu
un rapport qui « étonne par sa mauvaise foi et qui rappelle le vrai
faux massacre de Lubumbashi ».
Tout en indiquant que l’approche de
la Monuc procède « d’une méthodologie de déstabilisation du
gouvernement », Bongeli a dit que l’exécutif congolais entendait «
protester avec la dernière énergie auprès du secrétaire général de
l’Onu » contre « la légèreté, l’instrumentalisation et la politisation
du dossier ».
« No war no job in DRC », a-t-il lâché en
attribuant la petite phrase à l’opinion publique qui a toujours accusé
la Monuc de créer des «situations» pour se faire des sous. Il a
souligné n’avoir vu nulle part dans le rapport où la Monuc évoquait le
débordement des forces de police par la « milice » de BDK. En revanche,
a-t-il accusé, elle se contente de « s’appuyer sur la thèse de la
disproportion des forces en insistant sur le fait que la Police venue
de Kinshasa a utilisé des armes non appropriées… »
Reste que le
ministre Bongeli s’est gardé d’aller trop loin dans sa charge contre la
mission onusienne en RDC. Mettant la pédale douce, il a admis, en dépit
de ce faux pas, « l’engagement de la Monuc et son rôle déterminant dans
le processus de réconciliation ».
Texte La RDC lance une nouvelle campagne contre la poliomyélite
KINSHASA - Le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC) a lancé mercredi une nouvelle campagne de vaccination contre la poliomyélite, une maladie éradiquée en 2000 mais qui a ressurgi cinq ans plus tard dans l'ex-Zaïre.
"La République démocratique du Congo a connu récemment (la réapparition) du poliovirus sauvage dans certaines zones de santé (...). Cette situation oblige le Congo à continuer une lutte acharnée" contre ce virus, a déclaré devant la presse à Kinshasa le ministre de la Santé Victor Makwenge, encourageant les familles à faire vacciner tous leurs enfants.
Depuis 2006, 56 cas de poliovirus ont été enregistrés dans le pays, dont deux depuis le début 2008, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui prévient qu'un enfant malade peut en "contaminer 200 autres". La transmission se fait par voie orale.
Les provinces congolaises actuellement les plus touchées sont l'Equateur (nord-ouest) et la Province orientale (nord-est).
La campagne de vaccination, prévue du 19 au 26 juin, vise près de sept millions d'enfants, dans ces deux régions mais aussi dans sept autres provinces du pays où des cas de poliovirus sauvage ont aussi été signalés.
Les équipes de vaccination se rendront notamment dans les provinces du Bandundu (centre-ouest) et du Kasaï occidental (centre), où sont arrivés en mai plus de 25.000 Congolais expulsés d'Angola (où ils travaillaient dans des carrières de diamant).
"Certaines équipes seront redéployées particulièrement dans ces zones à haut risque", où le taux d'enfants non vaccinés est en forte hausse en dépit de précédentes campagnes, a expliqué le chargé de communication de l'OMS à Kinshasa, Eugène Kabambi.
Une première campagne, lancée en mai, avait permis de vacciner près de six millions d'enfants, selon le ministère de la Santé.



