Ministres_BelgesLes présidents de la Chambre et du Sénat de Belgique, Herman Van Rompuy et Armand De Decker, ont assisté lundi aux célébrations du 48ème anniversaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo (RDC) et ont eu un entretien "franc et amical" avec le président congolais Joseph Kabila, a indiqué M. De Decker.

Les présidents des deux assemblées ont été invités à assister à ces commémorations qui se sont déroulées à Kananga (ex-Luluabourg), le chef-lieu de la province du Kasaï occidental (centre de la RDC), par leurs homologues congolais Vital Kamerhe et Léon Kengo wa Dondo. Ils y ont répondu favorablement "après concertation avec le gouvernement fédéral", selon la Chambre.

MM. Van Rompuy et De Decker ont notamment assisté à Kananga à un défilé militaire et civil, d'une durée de quatre heures, dans une ambiance "très chaleureuse", a indiqué le président du Sénat - et ancien ministre de la Coopération au développement - à l'agence BELGA alors qu'il s'apprêtait à reprendre l'avion pour Bruxelles. La plupart des membres du gouvernement congolais étaient présents à Kananga.

MM. Van Rompuy et De Decker ont ensuite été reçus en audience par le président Kabila durant près d'une heure. "Cet entretien s'est déroulé dans un esprit franc et cordial", ont souligné les services de M. de Decker dans un communiqué. Le président de la haute assemblée a quant à lui fait état d'une conversation "très franche et amicale" avec M. Kabila, ajoutant qu'il réservait de plus amples détails au gouvernement.

Cette visite officielle s'inscrit dans le cadre des efforts menés par la Belgique pour normaliser les relations belgo-congolaises, plongées dans une crise diplomatique depuis plus d'un mois. Le gouvernement congolais avait en effet décidé le 23 mai dernier de rappeler en consultation son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, de fermer son consulat à Anvers et de demander à la Belgique de faire de même pour ses consulats à Lubumbashi (Katanga, sud-est) et à Bukavu (Sud-Kivu, est), pour protester contre des propos tenus par le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht.

Le chef de la diplomatie belge avait provoqué la colère des dirigeants congolais en affirmant le 18 mai que la Belgique, octroyant tous domaines confondus "environ 200 millions d'euros" par an à la RDC, avait "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui s'y passe.
Depuis lors, le Premier ministre belge Yves Leterme, désireux de "normaliser" les relations avec Kinshasa, s'est entretenu à plusieurs reprises par téléphone avec son homologue congolais, Antoine Gizenga. Mais il n'a apparemment jamais pu entrer en contact direct avec le président Kabila.

Il avait précisé le 12 juin qu'il ne ferait plus d'efforts pour entrer en contact avec M. Kabila. "S'il veut me toucher, il sait où me toucher", avait-il dit à la Chambre, tout en souhaitant la réouverture des consulats dans un délai raisonnable