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Les violons ne s’accordent pas, depuis quelque temps, entre les autorités de la ville de Kinshasa et celles de la province du Bas-Congo, même si, apparemment, elles ne le manifestent pas. Pomme de discorde : la localité de Mitendi. Comme les autorités de la ville de Kinshasa, celles du Bas-Congo soutiennent que cette localité est dans leur juridiction. Qui dit vrai ? Difficile de trancher à l’heure actuelle.

Depuis l’accession du Congo-Belge (actuellement République démocratique du Congo : NDLR) à l’indépendance en 1960, rappelle-t-on, un tel problème n’a jamais été soulevé. Tous les habitants de Kinshasa et ceux du Bas-Congo confondus savent que Mitendi figure sur la carte géographique de la ville de Kinshasa. Pourquoi la querelle surgit-elle aujourd’hui, quarante-huit ans après l’indépendance nationale, se demande-t-on ? Quelque chose se cacherait derrière cette revendication, estiment certaines langues.

Selon les observateurs avertis, des membres de l’exécutif provincial du Bas-Congo remuent ciel et terre pour arracher la localité de Mitendi de la ville-province de Kinshasa. Pour des intérêts inavoués, sans doute. Il est question, relèvent les mêmes observateurs, non seulement du paiement de futures taxes par l’usine de traitement des déchets et ordures ménagères à implanter à Mitendi par l’Hôtel de ville de Kinshasa mais aussi de la création d’emplois que cette usine va engendrer.

Sans oublier l’impôt à prélever sur les logements sociaux à construire sur le site de Mitendi et la ruée de plusieurs opérateurs économiques. Ce qui justifierait, croit-on savoir, le remue-ménage entretenu par les ministres provinciaux du Bas-Congo.

Le problème étant soulevé, les deux parties en conflit ont convenu de se retrouver sur terrain, accompagnés de leurs experts.

La délégation de la ville de Kinshasa était conduite par le ministre provincial en charge de la Population, Sécurité et Décentralisation, Godard Motemona. Ce dernier s’est fait accompagner de son collègue des Affaires foncières, Urbanisme et Habitat, Antoine Bidingi. Côté Bas-Congo, c’est le ministre provincial de l’Intérieur, Me Mabeka, qui était à la tête de la délégation.

La visite du site, qui a eu lieu dans la deuxième quinzaine du mois de juin 2008, visait à rétablir les limites frontalières entre la ville de Kinshasa et la province du Bas-Congo. Un travail que seuls sont en mesure de mener les experts de deux côtés. Et ce, de manière scientifique.

Les parties en conflit ont décidé de mettre sur pied une commission paritaire présidée côté kinois par le ministre Motemona et celui du Bas-Congo par Me Mabeka. Toutefois, il y a lieu de reconnaître qu’il y a trois points qui confortent les autorités de la ville de Kinshasa dans leur position, selon une source qui a requis l’anonymat. .

D’abord, la reconnaissance par le chef coutumier du groupement de Kimfula, dans le village Dibulu, où se trouve la borne séparant la ville de Kinshasa de la province du Bas-Congo, de la localité querellée se trouve dans la ville de Kinshasa. Ensuite, le plan cadastral de la République démocratique du Congo détenu par le ministère du gouvernement central en charge des Affaires foncières peut en témoigner. Enfin, les experts du gouvernement central, c’est-à-dire ceux de l’Institut géographique du Congo (IGC) peuvent l’affirmer, sous réserve de quelques études pour déterminer les limites frontalières.

Actuellement, les experts de deux parties travaillent séparément. A moins d’un imprévu, les deux parties vont se retrouver au courant de ce mois pour la suite des travaux.