05 juillet 2008
Eau potable et assainissement en RDC: la France débloque 12,5 M USD

Une convention de 12,5 millions de dollars a été signée vendredi entre le gouvernement de République démocratique du Congo (RDC) et la France pour financer un projet d'alimentation en eau potable et d'assainissement à Kinshasa et dans ses environs.
Cette convention, qui a été signée par le ministre congolais des Finances Athanase Matenda et le directeur de l'Agence française de développement (AFD) à Kinshasa Patrick Salles, s'inscrit dans un programme sectoriel impliquant d'autres coopérations européennes, indique un communiqué de l'ambassade de France.
Ce projet vise à réaliser des "infrastructures de captage, de transport et de distribution publique d'eau potable", à accompagner les bénéficiaires en mettant en place des "structures de gestion" et prévoit des campagnes de sensibilisation sur l'hygiène et l'assainissement.
Il va contribuer "à l'amélioration des conditions sanitaires et de vie de plus de 410.000 personnes" et permettra, notamment, de "réduire les maladies hydriques et d'alléger la corvée d'eau des femmes et des enfants" des quartiers concernés à Kinshasa et dans les zones rurales du Bas-Congo (ouest).
Ce projet s'inscrit dans le cadre d'un "programme pilote" de développement de l'assainissement et de l'accès à l'eau potable en RDC, initié en 2006 par la coopération belge et auquel participent aussi la coopération britannique et l'Union européenne.
Les travaux, qui débuteront dans les prochaines semaines, vont durer près de 18 mois.
En RDC, environ 25% des 60 millions d'habitants ont accès à l'eau potable et l'ONU estime que 1.200 personnes meurent chaque jour faute d'accès à des soins de base.
RDC: Gizenga nettoie sa cour
Du gâchis! Pas un autre mot. Ils ont abusé de la confiance du patriarche et l’ont roulé dans la farine. Tel un bébé. Où sont passés les fonds de la Primature? Le Premier Ministre est rouge de colère. Il a décidé de donner un coup de pied à la termitière. Audits et poursuites judiciaires sont au programme.
Nul ne fait plus mystère. Dans le pré carré d’Antoine Gizenga Fundji, ce n’est plus le malaise, c’est la colère. L’affaire Mayobo - du nom du ministre près le Premier ministre - désormais réglée par la base qui a hurlé sa joie à la confirmation de l’exclusion de l’ex-icône du Parti lumumbiste unifié, n’a été que l’arbre qui cachait la forêt.
«On s’est moqué du Vieux», pleurniche un proche. Qui ajoute: «Le Vieux était traité tel un enfant. Il n’avait jamais vu les comptes. Et il a été roulé, c’est l’horreur».
Le débat: la gestion des fonds de la Primature décaissés par le Budget, égarés en chemin. Où? «Le Soft International» est aujourd’hui en mesure de dire qu’au Palu, c’est la veillée d’armes, on crie vengeance. La série se poursuit...
Au Palu c’est la veillée d’armes. Antoine Gizenga Funji, la «personnalité morale» du Parti lumumbiste unifié, séjournait encore lundi 30 juin à Kananga, capitale du Kasaï Occidental.
UNE BIEN SINGULIERE ALLURE.
Une réunion interinstitutionnele était prévue en marge du Conseil des ministres que le Premier ministre a réuni, samedi, en l’absence du Chef de l’Etat, qui fut contraint de revenir à Kinshasa le samedi - pour raison d’agenda, a-t-on expliqué en haut lieu - avant de repartir le lendemain dimanche. Et d’assister aux manifestations commémoratives de la fête de l’Indépendance à la place de... l’Indépendance. Manifestations éclatées au niveau des provinces, districts, territoires, etc., mais fête de l’Indépendance célébrée cette année exceptionnellement avec grand faste.
Une réunion interinstitutionnelle (Président de la République, Président du Sénat, Président de l’Assemblée Nationale, Premier ministre, Chef d’état major général de l’Armée, tous présents à Kananga) qui avait cette fois une bien singulière allure.
A en croire certaines rumeurs - pas toujours insensées - qui font rage dans la ville haute, le pays serait à un tournant.
Tant de rendez-vous annoncés et toujours remis «à plus tard». Sans explication...
Qu’allait donc donner cette fois, cette interinstitutionnelle?
Si le Parlement a été convoqué en session extraordinaire par les Présidents des deux Chambres Législatives Léon Kengo wa Dondo et Vital Kamerhe eux-mêmes, il s’est peu réuni. C’est le cas en tout cas de la plus importante Chambre - celle basse. C’est d’elle - et d’elle seule - que dépend le sort de l’Exécutif...
Alors que la session extraordinaire va droit vers sa fin (le 15 juillet, déjà!) - il ne lui reste plus que deux courtes petites semaines - aucun gros dossier n’a encore été abordé. Et tout est fait semble-t-il pour que rien de «gros» ne soit traité... Même l’interpellation-motion de défiance du ministre Lambert Mende Omalanga en charge des Hydrocarbures... depuis le week-end déjà en mission à l’étranger. Certes qu’il s’agit du pétrole et les prix n’attendent pas le débat congolo-congolais...
Reste que les nerfs sont à vif. «Pourquoi n’avoir pas laissé les Députés aller savourer des vacances bien que les mains vides, et le ventre affamé?», fulmine l’un d’eux.
On s’imaginait que la Chambre basse avait été ainsi «mise en attente» en vue de procéder à une éventuelle intronisation de la nouvelle équipe gouvernementale toujours attendue. Mais alors que les jours avancent, on a comme l’impression qu’on s’approche peu à peu de quelque chose. Quoi donc? Une échéance... Laquelle?
Modus et bouche cousue...
AU MOINS UN A REMPLACER.
Tout pourtant paraît lourd.
Le plus grand partenaire du Gouvernement - le Parti lumumbiste unifié - dont est issu le Premier ministre est en crise. Godefroid Mayobo Mpwene Ngantient - le ministre près le Premier ministre - a été radié du parti, «définitivement exclu du PALU» - décision prise, confirmée, reconfirmée, notifiée à l’intéressé et au Premier ministre et Chef du Parti afin que nul n’en ignore rien («sanction n°PL/CNDJ/001/06/2008 du 21 juin 2008 relative à votre exclusion définitive du Parti lumumbiste unifié» notifiée à la même date par Rémy Mayele Mijiba, secrétaire permanent, représentant le Secrétaire Général, Chef du Parti.
Les griefs paraissent particulièrement lourds: «haute trahison, tribalisme, insubordination, paroles déplacées tel que nous renseignent les plaintes déposées contre lui, obstruction à la visibilité du parti; démoralisation et démobilisation des militants du Parti, méconnaissance de l’autorité du parti, exposition du Premier Ministre à l’inconstitutionnalité»
Outre cela, l’ex-icône du Palu est accusée d’avoir «gardé secrète - et cela de mauvaise foi - une information susceptible de nuire au parti, à ses responsables ou aux militants» et de s’être rendue coupable d’«usurpation de pouvoir d’une instance du parti», etc.
Dans le détail, le Palu fait part des faits troublants.
«Par la correspondance ouverte des Secrétaires provinciaux du Bandundu, il a été porté à la connaissance du CNDJ ce qui suit: «les amis de Mayobo ont proféré des injures aux militants du Palu et ont hué sur eux lors de leur passage à l’aéroport en date du 1 juin 2008»;
si réellement Mayobo est militant du Palu et que ces associations de groupes d’hommes et de femmes n’étaient pas à l’encontre de la moralité lumumbiste et à l’idéologie du parti, le camarade Godefroid Mayobo informerait le Secrétaire Provincial de Kikwit de leur existence pour que celui-ci s’aperçoive de leur attachement à la ligne de conduite du parti. Il ne l’a pas fait (Quod non!);
ce que veut dire que ces associations constituent le bien privé du camarade Godefroid Mayobo;
Qu’en tant que tel, leur existence, leur développement en terme de croissance, leur moralité sont exclusivement voulus par lui-même le fondateur;
qu’en plus, leur combinaison conjugale avec la FRANAKI dont le Palu connaît la «figure» et le «ventre» attestent que leur fondateur, en la personne du camarade Godefroid Mayobo est une volte-face, une palinodie, c’est-à-dire qu’il a déjà opté pour un changement brusque et total d’opinion et d’attitude. Mais hélas! Il reste en train de siéger avec le Palu dans ses réunions et même dans ses institutions»;
«Qu’il s’agit de la haute trahison en ce qu’il a gardé longtemps secrète et cela de mauvaise foi, sa jonction avec une structure hautement hostile au Parti;
les T-shirts et les photos en possession du CNDI parlent avec forte conviction;
Que, donc, ces fautes mises à charge du camarade Godefroid Mayobo, sont réellement établies et qu’il faille, en toute urgence, tirer les conséquences prévues à l’article 107 point CA du Règlement intérieur du Parti».
PERTE DE MANDAT POLITIQUE.
Les organes de base du Palu vont loin, très loin, très loin encore.
«Attendu qu’en ce qui concerne l’obstruction à la visibilité du parti, il est à relever les faits suivants:
1. interdiction de déployer les insignes du parti lors du Conseil du Gouvernement tenu à Matadi, ordre donné par la Primature;
2. Multiples manœuvres pour cloisonner le Président de la République et le Premier Ministre dans la Ville de Kikwit en vue d’empêcher ces deux autorités de se rendre compte de la véritable dimension du Palu dans le Bandundu;
3. Interdiction aux membres du Directoire du Palu restés à Kinshasa à accéder au tarmac de l’aéroport de N’djili accueillir le Premier Ministre et le Secrétaire Permanent Représentant le Secrétaire Général Chef du Parti de leur retour de Kikwit;
4. Récupération et appropriation de certaines activités du parti, notamment, Forum sur la jeunesse organisée à la Fikin par le Chef de Cellule Pili-Pili et le cas de la Conférence de Madaïla sur la mise en œuvre de Cinq Chantiers du Gouvernement présentée dans les médias comme étant une initiative personnelle;
Qu’au regard de ce fait, et en vertu de l’article 102 Pt 10 du Règlement intérieur, il s’agit d’un cas d’usurpation de pouvoir, et de ce fait, constitutif de faute grave;
Que, parlant de la démoralisation, démotivation et démobilisation des membres du parti, il est à retenir les faits suivants:
1. Langage peu courtois, peu respectueux dénoté aux assises de la conférence sur les 5 chantiers tenue à l’Ecole Madaïla à Kingasani le 07 juin 2008; il y en a qui, démoralisés, sont sortis de la salle;
2. Propos démobilisateurs (cas de l’entretien tenu avec les Membres du Palu dernièrement à Bukavu au cours duquel le camarade Godefroid Mayobo déclarait solliciter le soutien de la base de Bukavu parce qu’il sait que le Parti risque de l’exclure du fait qu’il n’est pas aimé par les membres de la tribu Pende alors qu’il est, selon lui, le seul Ministre véritablement nationaliste, non tribaliste;
Partant, ces faits tombent sous le coup des articles 33, 38, 45 et 102 Pt 4 du Règlement intérieur;
Qu’il faille réprimer ces fautes graves conformément au Règlement intérieur;
Qu’en est-il de la méconnaissance de l’autorité du Parti et de l’exposition du Premier ministre à l’inconstitutionnalité? Le camarade Godefroid Mayobo refuse de reconnaître l’autorité du Secrétaire permanent représentant le Secrétaire Général Chef du Parti, empêché; les faits se trouvent être recherchés dans sa propre correspondance adressée au Secrétaire Permanent en date du 17 juin 2008:
- Omission volontaire de l’épithète «Représentant le Secrétaire Général Chef du Parti»;
- Leçon sur la légitimité du pouvoir du Secrétaire Général Chef du Parti issue du congrès; ce qui revient alors à dire que, d’après lui, le Premier Ministre continue à être d’une manière opérationnelle le Secrétaire Général Chef du Parti;
Que dans cette perspective, et au regard de ce fait, il est juste de penser qu’il s’agit, d’une part, de la méconnaissance de l’autorité établie du Parti, ce qui entraîne comme conséquence la violation de l’article 46 du Règlement intérieur du Parti, qui dispose: «Tout militant doit respecter la hiérarchie au sein du Parti»;
et d’autre part, de l’exposition du Premier Ministre à l’inconstitutionnalité dont la conséquence est évidemment la violation de l’article 97 al. 2 de la Constitution de la République qui dispose: «Les fonctions de membre du Gouvernement (...) sont également incompatibles avec toute responsabilité au sein d’un parti politique»;
Que, eu égard à ce qui précède, le camarade Godefroid Mayobo, sans atermoiement, reconnaît avoir par ces différentes violations des textes légaux, trahi la moralité du militant lumumbiste, considérant l’article 29 du Règlement intérieur qui dispose: «La moralité lumumbiste consiste, pour les membres du Palu, à agir en conformité avec les textes fondamentaux c’est-à-dire les statuts, la réforme des structures politiques, les déclarations, le règlement intérieur du parti, les résolutions et la politique générale du parti, définie à travers les prises de position et les déclarations politiques. C’est en cela que réside le respect du principe de légalité. Tout militant doit s’en inspirer dans son comportement politique et social»;
Attendu que l’examen d’autres griefs retenus à charge du Camarade s’avère être superfétatoire;
Par ces motifs, il plaira au Conseil National de Discipline et de Jurisprudence (CNDJ) siégeant comme une juridiction disciplinaire:
- Déclarer ce réquisitoire recevable et le dire totalement fondé;
Condamner à l’exclusion définitive du parti et, par ricochet, la perte de son mandat politique, Monsieur Godefroid Mayobo et ce, conformément à l’article 107 point CA du Règlement Intérieur du Parti;
Et ce sera justice».
«TOURNER LA PAGE MAYOBO».
En clair, au moins à la suite de cette exclusion menée selon les règles de l’art, comme seul ce parti sait le faire - il y a eu dans le passé Marie Thérèse Pakasa, Godefroid Gifuza, Jean-Claude Biebie, Kianza et autres personnalités emblématiques et fondatrices du Palu - et de sa perte d’office de ses fonctions au sein du gouvernement - quelque chose de grand - de peut-être très grand - devrait pouvoir arrivé.
Lié par un accord politique de gouvernement auquel il attachait - cela va de soi - tant d’importance, le Chef de l’État attendait très certainement de son partenaire - le Palu - qu’il lui envoie un signal pour aller de l’avant. Cela n’aurait pas de sens qu’il ait pu organiser un passage en force.
La majorité présidentielle a toujours - et encore toujours - besoin du Palu, de ses forces combattantes, dans le Bandundu-Kwilu, à Kinshasa - cela paraissait clair...
Mais trop d’enjeux attendent le pays, qu’il faut adresser sans délai: crise avec la Belgique, gouvernance des cinq chantiers, qui pourraient fondre comme neige au soleil si rien n’est expliqué au bon peuple – le même qui porte en triomphe, le même qui conspue -, reprise en mains de la majorité parlementaire tentée par la fronde, coup d’arrêt contre un sentiment général - l’immobilisme - que le pays n’est pas tenu par une capacité d’invention ou de réinvention d’un discours politique novateur grâce à une approche adéquate du Citoyen, etc.
A en croire le pré carré du Premier ministre joint en exclusivité le week-end par «le Soft International», «l’exclusion de Mayobo n’est rien d’autre qu’un verrou important qui a sauté».
Rien, semble-t-il, ne sera plus jamais comme avant. Touchons du bois. Le Palu est désormais convaincu que l’heure est venue de mettre fin au gâchis. En tournant définitivement la page Mayobo.
Si l’évêque Mununu de Kikwit a forcé la porte du Premier Ministre, le vénérable Mgr Monsengwo n'a jamais réussi à rencontrer Gizenga
MISE EN LIGNE 4 JUILLET | LE SOFT INTERNATIONAL N°954 DATÉ 1ER JUILLET 2008.
Ni, ni... D’ordre du puissant Mayobo. L’archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, n’a jamais réussi à ce jour à rencontrer Dieu-Sur-terre». Il a fini par croire que le vieux Patriarche le Premier ministre Antoine Gizenga Fundji lui portait une dent... Le Prince d’Eglise est pourtant, par dessus le marché, fils du Bandundu. Le père Ekwa - une vraie icône Ambun, du Bandundu - a cherché à serrer la main du Premier ministre. Aucune visite de courtoise n’a été possible. «Impossible», a-t-on répondu.
L’évêque Edouard Mununu de Kikwit - personnalité emblématique de la province - n’a longtemps eu que ses yeux pour pleurer. Il recherchait une audience chez Antoine Gizenga Fundji. La réponse avait toujours été un refus catégorique. Puis, un jour, miracle: il a organisé un passage en force. Deux heures d’entretien avec le PM. Il n’en est jamais revenu...
LES FONDS DE LA PRIMATURE.
Parmi les griefs retenus contre Mayobo, il y a cette appropriation du PM. Mais il y a plus: les fonds de la Primature. Décaissés par le ministre Palu du Budget - Adolphe Muzitu. Jamais arrivés à destination. Partis où? «La machine a été mise en route. Plus personne ne va échapper. Le feu va aller partout», nous explique, sûr de lui, un proche du serail.Muzitu inquiété?
Les «petits» militants du Palu durs à cuire - qui ont interrogé quatre heures durant l’ex-homme fort de la Primature - Godefroid Mayobo - se frottent les mains. Sûrs de sentir l’odeur d’une nouvelle proie. «Alors qu’il se trouvait en mission à Lubumbashi, nous avons été surpris que le ministre Muzito ait arrêté sa mission, et ait monté une défense pour sauver Mayobo».
Question en sourdine que les «petits» du Palu - qui demandaient, l’interpellation faisant rage, d’aller boire un coca, alors que Mayobo était sur le gril - aimeraient tirer au clair.
«Nous allons lancer les audits, mettre ces gens à la disposition de la justice», rumine l’homme.
Le Palu veut laver blanc.
En attendant, des noms circulent. Notamment venant du secteur privé. Après plus d’un an d’exercice, les faiblesses ont trop fait jour, avec horreur. Les ambitions mises en route. Au Palu, la guerre pour la survie du parti - et de ses intérêts - va être fratricide.
Antoine Gizenga lui-même a été menacé. S’il avait tenté de maintenir Mayobo en place et ne l’avait poussé vers le CNDJ, il aurait laissé sa carte... du Palu. A l’annonce de «l’exclusion définitive», les «petits» militants ont ordonné une marche triomphale vers la Primature. Ils voulaient aller eux-mêmes déloger l’ex. Gizenga a expliqué que cela n’était pas nécessaire. Qu’on le laisse faire... Les «petits» militants rongent leurs freins... Eveillés. Chaque seconde compte...
source : le soft/Kinshasa
Kamerhe pose problème
La lune de miel entre le Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et ses collègues du PPRD se présentant comme proches du Raïs est finie. Les adversaires de Kamerhe l’accusent d’être devenu trop indépendant, incontrôlable, trop conciliant avec la petite opposition ; on le soupçonne sérieusement de travailler pour lui-même, de préparer l’après Kabila. La cour du Président, souligne-t-on, est infiltrée par une congoscopie politique.
La confiance, dit-on, est comme un fil. Lors qu’un fil se coupe et qu’on le renoue, le nœud reste toujours visible. C’est un peu la caricature de la situation que vit Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée nationale, au sein de son parti le PPRD et de sa famille politique l’AMP. Beaucoup de ses camarades ne lui faisaient vraiment plus confiance depuis son interview coupe-gorge accordée, en début d’année 2007, au journal parisien Jeune Afrique. Le service de communication de Kamerhe avait, après l’avalanche de critiques et commentaires désapprobateurs qui avaient suivi cette sortie médiatique inopportune, pris soin de préciser que, ce que François Soudan de Jeune Afrique avait produit, était un portrait et non une interview. Une différence de genre à l’attention particulière des journalistes de formation et de carrière. Mais le grand et le petit publics que pouvaient-ils bien cerner de toutes les définitions académiques ? La timide réaction du service de communication de Kamerhe, composé essentiellement des jouisseurs, n’était pas à la hauteur des faits reprochés au Président de l’Assemblée nationale. « Jusqu’où ira Kamerhe ? », c’est le titre qui barrait la manchette de Jeune Afrique, avait produit l’effet que l’interviewé souhaitait en se soumettant au jeu des questions-réponses. Heureusement pour Kamerhe que Joseph Kabila était monté au front, mi-septembre 2007, pour lui renouveler publiquement sa confiance. « Vous voulez savoir si le Président de l’Assemblée nationale a encore la confiance du Chef ? Je vous rassure qu’il a toujours ma confiance », avait répondu Kabila, d’une voix claire, à un journaliste. Si le Président de la République se met rarement et lentement en colère comme l’affirment ses proches, il n’en est pas le cas avec tous les piliers du pouvoir. Kabila n’est pas suspendu dans l’air pour gouverner, il s’appuie sur ses fidèles et loyaux collaborateurs. Ce sont ceux-là qui ne décolèrent pas et ne pardonnent pas à Vital toutes ses âneries. Quand bien même Kabila ne tolérerait pas les peccadilles de celui qui se faisait appeler autrefois ‘‘l’attaquant de pointe et de base’’, ce qui est presque une certitude d’après certaines indiscrétions, il laisserait ses lieutenants régler le dossier. Apparemment, c’est la stratégie adoptée. Comment ne pas arriver à cette conclusion lorsque l’on voit, avec des lunettes bien sûr, le signe indien qui poursuit le Président de l’Assemblée nationale ? Il y a peu, un député de l’opposition a initié une pétition pour obtenir la réduction à deux ans du mandat du Bureau de l’Assemblée nationale. La pétition fut très favorablement accueillie par les députés de la majorité. Les analystes étaient en droit de se poser des questions. Comment un député de l’opposition, qui ne deviendra jamais membre du Bureau pendant la législature en cours, pouvait-il se lancer dans une telle aventure ? Il est clair que les tireurs des ficelles étaient tapis dans l’ombre. On ne sait pas comment la pétition n’est pas allée plus loin. Ce n’était qu’un premier assaut, question de démoraliser l’adversaire. Après un court moment de répit, la machine est de nouveau activée. ‘‘Jusqu’où ira le train ?’’. Jusqu’à ce que les têtes tombent. La question de la méthode est posée. Les uns disent que c’est sera à la Mayobo. Nom de l’homme fort de Gizenga désavoué par la base et les cadres du PALU. Les autres estiment que ça va se faire par auto exclusion. Kamerhe étant soupçonné de créer un parti politique pour voler de ses propres ailes. Sans se donner la peine de savoir où pourrait se positionner Kamerhe, dans la majorité ou dans l’opposition dans cette nouvelle configuration politique qui se dessine, s’il créait effectivement ce parti, la réaction du PPRD sera catégorique. L’exclusion. L’ex SG devrait ainsi perdre à la fois le perchoir et son mandat de député. Tant pis pour Kamerhe. Les diplomates occidentaux et africains qui défilent dans son Bureau iraient lui chercher de l’emploi chez eux. Au PPRD, on ne s’explique pas pourquoi Kamerhe ne convoque pas une plénière pour lever les immunités du député Francis Kalombo tel que décidé par la Commission de discipline du parti. Là encore, on accuse Kamerhe de marcher contre les intérêts du PPRD.
Source : la prosperité/Kinshasa
COOPERATION BELGO/CONGOLAISE / UNIKIN
La Coopération technique belge a procédé, hier vendredi 4 juillet au campus de l’Université de Kinshasa (Unikin), à la remise de huit bus à la première institution universitaire de la République démocratique du Congo. C’est l’ambassadeur de la Belgique en RDC, Johann Swinnen, qui a officiellement remis les clés de contact de ces bus de marque Tata au recteur de l’Unikin, Bernard Lututala Mumpasi, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Recherche scientifique (Esurs), Léonard Masuga Rugamika.
Avec les huit bus, l’Unikin va organiser le transport public pour résoudre le problème d’accessibilité du Rond-point Ngaba (qui constitue le goulot d’étranglement) au campus de Kinshasa. Ceci, afin de contribuer, non seulement à l’amélioration de la qualité de l’enseignement, mais également à celle de la gestion du campus et à la réduction des tensions sociales qui se développent dans ce milieu de grande concentration d’étudiants.
Outre l’achat de huit bus, la CTB a formé des chauffeurs et des mécaniciens pour le nouveau charroi. L’Unikin sera assistée par le VLIR-UOS, le conseil universitaire flamand, dans la gestion et le suivi de ce produit. Le VLIR-UOS, note-t-on, a également contribué à l’installation de pools informatiques dans chaque faculté de l’Unikin avec un total de 300 ordinateurs (25 ordinateurs par faculté) connectés à l’Internet.
Dans son mot de circonstance, le recteur Lututala a indiqué que la réalisation du projet est une grande première dans l’histoire de la coopération entre la Belgique et l’Université de Kinshasa. Il a ensuite insisté sur la bonne gestion des bus et de pools informatiques, appelant les étudiants à la grandeur, à la sagesse, au patriotisme et à l’attachement à l’Unikin pour préserver les nouvelles acquisitions. Bernard Lututala voit, à travers ces bus, le départ d’une société de transport qui pourra à la longue desservir toute la capitale.
Pour sa part, l’ambassadeur belge Johan Swinnen a rappelé que la réalisation de ce projet fait partie de la Déclaration de Paris en 2005 sur l’efficacité de l’aide au développement. La concrétisation du projet est le résultat d’une approche concertée.
A noter que le budget du projet a été de 300.000 euros, incluant les activités de sensibilisation au VIH/SIDA et les violences faites à la femme, associées à la fourniture de huit bus et à la formation des chauffeurs et mécaniciens. L’octroi de ces bus marque la concrétisation du projet initié par la CTB, dans le cadre du programme post-électoral d’urgence confié à l’organisme belge par Armand de Decker, alors ministre de la Coopération au développement. L’achat de bus pour l’Unikin est le huitième volet de ce programme qui prévoit également les voiries et assainissement à Kinshasa, à Lubumbashi et à Mbuji-Mayi ; la réhabilitation de bacs à moteurs, de la route Boma-Tshela et de l’approvisionnement en eau potable dans la périphérie de Kinshasa.
