assassins

Le procès qui oppose le ministère public et la partie civile aux meurtriers présumés du député provincial Daniel Botethi Loleke a connu une avancée. A l’audience d’hier mardi 8 juillet, les deux principaux acteurs du drame ont fait des aveux contradictoires. Devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, les prévenus Patrick Mwewa et Inoki Lesene se sont chargés mutuellement. La prochaine audience se tiendra le 17 juillet 2008. Le président Patty Sangwa, capitaine magistrat, en a donné la raison : il faudra d’abord attendre les rapports de l’expert en balistique et du médecin légiste.

Mardi 8 juillet 2008. Malgré la fraîcheur de la saison sèche, l’ambiance était chaude à l’audience du tribunal militaire sur le procès des meurtriers présumés du regretté Daniel Botethi, député et vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Cette fois, le prévenu Patrick Mwewa - le membre de la bande touché par le garde du corps du député abattu – a pu parler, bien que souffrant.

Kibwe Mwewa Patrick – alias Kabutshingu – raconte : « J’habite la Terre jaune, vers le quartier Mikonga. J’étais en route pour Binza-Delvaux où j’allais rendre visite à mon grand frère. J’ai rencontré mes quatre amis de la Garde républicaine à Kintambo-Magasins vers 22h00’’. Ils étaient en uniforme. Ils m’ont dit qu’ils étaient de faction au Palais de Marbre. Mais qu’avant tout, ils avaient une mission privée à remplir (Ndlr : Shida dans le langage des voyous). Ces derniers sont allés prendre du chanvre au camp Luano. Pour ma part, j’ai foncé chez ma grande sœur pour me restaurer. A mon retour, je me suis embarqué dans un taxi avec l’un deux pour Okapi, les trois autres ayant déjà précédé ».

Ce prévenu affirme qu’ils sont descendus à l’arrêt baptisé Ambassade. Là, ils lui ont ordonné de passer devant pour assurer le rôle d’éclaireur. C’est Kady et Fidèle – sur ordre de Inoki - qui ont placé la grosse pierre à travers la voie. Mais lui n’y comprenait rien, il a jugé bon de retourner en arrière. Patrick Mwewa a soutenu qu’arrivé au niveau de l’Ambassade, il a entendu les balles crépiter. Revenu sur ses pas, il a remarqué une voiture immobilisée. Sa première réaction a été de faire des reproches à ses camarades : « Pourquoi avez-vous fait cela ? ». En guise de réponse, a-t-il dit, l’un de ses camarades a tiré sur lui. Touché, il s’est mis à ramper jusqu’au moment où il a été recueilli par une patrouille de la police. Sur le meurtre du député Botethi, il a dit ne rien comprendre sur ce qui s’est réellement passé.

Cette fois, Inoki Lesene qui avait tout nié la veille, s’est résolu à dire sa vérité aux juges : « Je suis militaire effectif. Les quatre autres sont des déserteurs. Kady m’a présenté chez eux comme agent des renseignements (Bureau 2). C’est ainsi que je les fais marcher lorsqu’ils font leurs coups. Cette nuit-là, c’est moi qui ai offert le sachet des tenues de la Garde républicaine à mon confident Kady au niveau de Kintambo. Ensuite, ils sont allés faire leur opération. Mais personnellement, je n’y ai pas participé. Ceci, du fait que je me contente toujours à les attendre après coup, pour leur ravir le butin ».

Toujours selon ce prévenu, cette bande est constituée de deux groupes de malfaiteurs. Le premier est composé de Eric, Patrick Mwewa et son beau-frère. Dans le deuxième groupe se retrouvent Ngoy Kasongo (Moto ya Katanga), Manseba et Kady. Le prévenu Inoki a révélé au tribunal que ces deux groupes lui ramènent leurs butins, du fait que dans sa ruse, il fait semblant de les arrêter. Et cela, quand ils sont déjà ivres. C’est dans ces conditions qu’il leur avait ravi la montre de Shabani Nonda qu’ils se disputaient.

Il faudrait noter qu’au cours de cette journée, le ministère public a présenté quelques témoins qui ont été entendus comme renseignants. Le garde du corps Kankonde a donné sa version des faits. Il a affirmé que c’est lui qui a tiré sur le malfaiteur Patrick Mwewa, dans l’espoir de sauver son chef. Le directeur Dido Kitungwa du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK) a confirmé que ces quatre prévenus ont déjà été condamnés pour le même genre de faits et incarcérés à la prison. Excepté les lieutenants Kalonji wa Kalonji et Mundungu Matondo cités par Inoki comme étant ses pourvoyeurs en armes. A ce propos, ce dernier s’est rétracté, en affirmant qu’il les avait chargés devant l’Opj par esprit de vengeance.

L’autre témoin intéressant s’appelle Otshudi Omanga. Ami du défunt député, il est le dernier à avoir reçu son coup de fil. Quelques instants avant l’instant fatidique, il roulait derrière lui. Selon ce témoin, ce meurtre n’est pas la conséquence q’un coup monté. Il a dit au tribunal que si le député Botethi s’était senti menacé, il n’aurait jamais répondu à cette fête de mariage de l’enfant de Mokolo wa Mpombo. S’il avait changé d’itinéraire, c’était simplement par mesure de prudence. Ceci, du fait que les balles crépitaient déjà sur la route qu’il voulait préalablement emprunter.

Source : Le Potentiel /kinshasa