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La République démocratique du Congo et la Banque africaine de développement (BAD) viennent de signer un protocole d'accord pour financer l'étude de développement du site hydroélectrique d'inga et des interconnexions électriques associés. Ce protocole d'accord de don, d'un montant de 9,51 millions d'Unités de Compte, soit environ 15,53 millions USD que les deux parties viennent de signer, a été approuvé en avril 2008.

La cérémonie y relative a eu lieu hier jeudi 17 juillet 2008, au siège de la BAD, en présence du vice-ministre des Finances, César Lubamba, de Gharbi, directeur des opérations, région centre de la BAD. Medjemo Coulibaly, représentant-résident de la BAD en Rdc, le secrétaire général au Portefeuille ainsi que des représentants du comité de gestion de la SNEL étaient aussi associés à cette rencontre.

Notons d'abord que ce don de la BAD est la deuxième opération du secteur de l'énergie approuvée en faveur de la République Démocratique du Congo au cours des six derniers mois, après l'approbation par la Banque du don relatif au projet de réhabilitation et d'extension des centrales hydroélectriques d'Inga et du réseau de distribution de Kinshasa en décembre 2007. L'octroi de ces financements témoigne donc de la volonté de la Banque de soutenir le gouvernement dans ses efforts pour améliorer l'accès des populations à l'électricité.

L'objectif de cette étude est d'examiner la faisabilité de la mise en valeur optimale du potentiel hydroélectrique du site d'Inga et de la construction des lignes de transport d'électricité à très haute tension pour satisfaire les besoins en électricité de la République Démocratique du Congo et approvisionner les différentes régions du continent africain.

A terme, le projet de mise en valeur du potentiel d'Inga devrait permettre de constituer un réseau électrique interconnecté et autoriserait donc le développement d'un véritable marché de l'énergie à échelle du continent.

Accord stratégique

Dans son adresse, le vice-ministre des Finances a souligné que cet accord est le couronnement d'un long processus amorcé depuis 2006 par la tenue successive de deux tables rondes nationale et internationale sur le développement du site hydroélectrique d'Inga, avec le concours financier de la BAD.

" L'accord que nous signons ce jour est doublement stratégique au regard de ses enjeux tant nationaux que régionaux.

Sur le plan national, il n'est pas superflu de rappeler que l'électricité, un des cinq chantiers de la République, figure parmi les secteurs porteurs de la croissance sur lesquels la RDC a bâti sa stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté. C'est dire que l'étude qui sera financée par la BAD, permettra d'avoir une visibilité sur la manière dont le grand potentiel d'Inga pourrait contribuer à la matérialisation de cette stratégie ", a dit César Lubamba.

Il a, en outre, ajouté que sur le plan régional, le projet Inga est retenu parmi les dix projets intégrateurs identifiés par le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD). Grâce à l'exportation de l'électricité qui sera produite à Inga, la RDC réalisera des recettes en devises importantes.

Le représentant du gouvernement congolais à la signature de cet accord a précisé enfin que ce financement, sous forme de don, est la meilleure source pour les pays pauvres très endettés comme la RDC, dans la mesure où il évite au pays l'alourdissement du fardeau du service de la dette.

" C'est donc à double titre que nous réitérons nos remerciements à la BAD, à la fois pour la disponibilisation de ce financement et pour son caractère don", a-t-il conclu

Auparavant, M. Gharbi, directeur des opérations, région centre de la BAD, a insisté sur le fait que la mise en place des infrastructures hydro-électriques envisagées sur le site d'Inga et la mise à disposition adjacente d'une énergie propre permettra, non seulement de fournir aux pays africains interconnectés une énergie abondante et bon marché, mais également de se dispenser de mettre en place de grandes infrastructures alternatives de production thermique coûteuses et polluantes.

"Il est important de rappeler que l'étude a été conçue suivant une démarche participative et consultative au travers de deux tables rondes nationale et internationale organisées avec le soutien de la Banque.

Il serait souhaitable que cette concertation avec les différentes parties prenantes soit poursuivie afin de fédérer toutes les initiatives pour la mise en valeur de l'immense potentiel hydroélectrique du site d'Inga en visant la synergie des différentes actions engagées", a souligné le directeur des opérations, région centre de la BAD.

Pour lui, cette étude est l'une des 10 initiatives identifiées comme projets phares par le Comité exécutif des Chefs d'Etats du Nouveau partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD). Sa réalisation constituera donc une étape majeure de l'intégration et de la coopération régionale dans le secteur de l'énergie. Elle implique également la participation de toutes les organisations continentales et régionales œuvrant pour le développement de l'électricité en Afrique.

" Nous sommes convaincus que votre gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour assurer le suivi et la coordination et que vous interviendrez, au besoin, auprès des ces organisations pour obtenir le soutien requis en vue d'une bonne exécution de la présente étude", a ajouté M. Gharbi.

Il a enfin assuré de la volonté de la Banque à apporter tout son appui au développement socio-économique de la RDC, et à travers son potentiel hydroélectrique, lui permettre de jouer pleinement son rôle d'acteur clé du secteur énergétique africain