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Une bonne nouvelle pour la République démocratique du Congo. En effet, dans le cadre de la lutte contre la flambée des prix des denrées alimentaires, la FAO a décidé de lui apporter un important appui financier.

L’on se rappellera que lors du dernier sommet de la FAO qui s’est tenue à Rome sur la crise alimentaire, la délégation de la République démocratique du Congo, conduite par le ministre d’Etat à l’Agriculture, Mobutu Nzanga, avait présenté « un Plan d’Action », élaboré par le ministère de l’Agriculture et approuvé par le Gouvernement.

Ce « Plan d’Action », qualifié de « concret » dans les milieux de la FAO, avec un budget de 1.855.000.000 USD pour 2008, a été approuvé par l’organisation internationale. Elle s’est engagée à mobiliser les fonds nécessaires. Le mérite revient donc au ministre d’Etat à l’Agriculture qui a défendu valablement ce projet lors du sommet de la FAO.

VOIES DE COMMUNICATION ET OR BLANC : LES PRIORITES

Mais quels sont les objectifs de ce « Plan d’Action » ? Il nous revient qu’il vise d’abord à relancer la culture vivrière pour parvenir à l’autosuffisance alimentaire. Ensuite, à donner un coup de pouce à la culture d’exportation autour des produits ci-après : le cacao, le caoutchouc, le café.

Toutefois, de concert avec la FAO, le Directeur général de cette institution a approuvé le projet TCP/DRC/3201(E) pour un montant de 500.000 USD. L’objectif est d’augmenter rapidement la fourniture d’intrants aux petits agriculteurs en vue d’améliorer la production des denrées alimentaires.

Ainsi, dans un premier temps, l’option de la culture du riz a été retenue pour approvisionner la ville de Kinshasa. Le riz, «or blanc », est la denrée alimentaire la plus importée en République démocratique du Congo avec une plus forte demande à Kinshasa où la flambée des prix est enregistrée en raison de la surpopulation. Ajouter à cela l’augmentation du prix du pétrole qui influe sur le transport des produits.

Les résultats attendus sont notamment le développement des capacités de 10.000 ménages bénéficiaires, l’emblavement de 2.500 hectares de riz de bas-fond dans l’hinterland de la Ville de Kinshasa. Notamment au niveau des marais du Pool Malebo dans les communes de Limete, Masina et N’sele pour une production de 6.250 tonnes de Paddy, soit 3.750 tonnes de riz blanc.

Comme on le souligne dans les couloirs de la FAO, ce projet a pour but de fournir urgemment les intrants agricoles aux petits exploitants et d’atténuer l’impact de la flambée des prix sur les groupes vulnérables en zones urbaines et dans la périphérie des cités urbaines par la stimulation de la production dans les zones urbaines et périurbaines.

Dans les milieux proches du gouvernement, l’objectif prioritaire est de relancer la production nationale en s’appuyant sur les grandes lignes du programme agricole. Aussi, cet appui de la FAO permettra-t-il la réhabilitation des voies de communication et de desserte agricole afin d’amener les produits vers les grands centres de consommation.

LA BALLE DANS LE CAMP CONGOLAIS

Cet appui de la FAO est effectivement une première en faveur de la République démocratique du Congo. Aussi, le plus difficile consiste à bien le gérer pour donner une nouvelle impulsion à l’agriculture. Car, il est important de souligner que toutes les grandes nations du monde doivent leur prospérité au bon comportement de leur agriculture qui est le soubassement de toute économie.

Pour ne parler que du riz qui est devenu « l’or blanc », de nombreux pays producteurs ont pris des mesures strictes pour freiner leurs exportations. C’est le cas de la Malaisie, de la Thaïlande, du Vietnam, pour ne citer que ces grands producteurs. La Chine de son côté, pour continuer à assurer la sécurité alimentaire à sa population, a décidé d’étendre la culture du riz en Afrique, une bonne partie de la récolte sera transférée en Chine pour constituer des réserves.

Si le programme agricole est bien suivi, et que les fonds sont bien affectés, les zones de production du riz, Bumba dans la province de l’ Equateur, Kindu au Maniema et le grand Kivu sont à même d’améliorer leur production et satisfaire la demande nationale. On peut saluer l’initiative du ministre d’Etat à l’Agriculture qui a commencé à sillonner toutes les provinces pour insister sur l’importance de l’Agriculture.

La balle se trouve donc dans le camp du gouvernement en vue d’accompagner la disponibilité de la FAO, au-delà des autres partenaires extérieurs ; dans le but de protéger les populations contre les effets néfastes de la crise alimentaire.