Justice

Patrick Mwewa Kibue, le prévenu qui a chargé le gouverneur André Kimbuta, est insaisissable. A chaque audience, il crée la confusion en changeant de propos. Ce qui a poussé le ministère public à dire ceci aux juges : « Le prévenu vous embrouille. Il n’hésite pas à dire n’importe quoi ». Mais cet homme soutient que sa première version n’était pas faite en toute lucidité. Ceci, du fait qu’il était encore sous l’effet de l’anesthésie.

Le mardi 22 juillet 2008, l’audience du procès qui oppose le ministère public et les parties civiles aux assassins présumés du député provincial Daniel Botethi Loleke a été essentiellement consacrée à la prévention de meurtre. Et, seul le prévenu Patrick Mwewa a été entendu. A la question du président du tribunal, le capitaine Patty Sangwa, de connaître le meurtrier du député, le prévenu s’est contenté de dire ceci : « Je ne sais pas. J’ai déjà tout dit. Je suis mal à l’aise, du fait que mon épouse ait été enlevée. Aussi, je ne bénéficie pas de soins médicaux adéquats ». Ici, le président lui fait comprendre que le cas de sa femme, de même que celui de ses soins médicaux, relèvent de la compétence du ministère public.

Mais quelle était la provenance des armes ? Là, le prévenu dit ne rien connaître. Pendant qu’aux audiences précédentes, il avait soutenu que c’est le premier sergent Inoki Lesene qui en était le fournisseur. Quant au but de leur mission, il dit cette fois n’avoir pas été mis au parfum. Il reconnaît seulement que c’est une mission du gouverneur. A propos du montant de 1.200 dollars de prime dont il a été gratifié, Patrick dit qu’il n’a pas été en contact avec les hommes du gouverneur. Cet argent lui était remis par son copain Kady. Ensuite, ce dernier est reparti en voiture avec les émissaires du gouverneur.

Pourtant, lui rappelle un juge, vous aviez réclamé à être confronté au gouverneur. Ici, le prévenu déclare que le nom du gouverneur lui a été communiqué par les autres membres de la bande. Un des juges lui demande : « Vous reconnaissez avoir touché 1.200 dollars. Vous a-t-on remis un si gros montant pour aller simplement piller, ou pour autre chose ? ». Là encore, Patrick Mwewa soutient que seul Kady sait pourquoi il lui avait remis cette somme. « Et la nuit du crime, comment vous qui faisiez l’éclaireur en contrebas, êtes-vous vite remonté là où l’on tirait, en entendant le crépitement des armes ?». A cette question, le prévenu a dit que c’était pour se mettre à couvert. Non convaincu, l’un des juges, militaire comme lui, lui a fait voir qu’on se met à couvert pour s’éloigner du champ des coups de feu, mais non en se dirigeant du côté d’où proviennent les tirs.

Insaisissable Patrick. La SIM de son téléphone n’a pas été retrouvée chez lui, mais son téléphone – prétendu volé - et cette SIM ont été découvertes chez son copain de la Garde républicaine affecté à l’aéroport de N’Djili. Et lorsque les juges lui demandent de leur indiquer les noms de deux hommes du gouverneur dont il avait parlé, et dont les noms se trouvent sur la carte SIM. Le prévenu annonce que comme il ne sait pas s’y prendre, c’est son camarade Kady qui avait introduit ces noms à sa place.

Il faudrait noter qu’au cours de cette audience, l’organe de la loi a remis au tribunal, non seulement le relevé des appels de feu le député Botethi, mais aussi ceux des autres personnes concernées par ce dossier. Ceci, grâce aux données fournies par les compagnies de téléphonie cellulaire. Mais la vérification de toutes ces pièces ne sera faite qu’au cours de prochaines audiences.

Source:le Potentiel/kinshasa