Kimbuta957Pas de révélations spectaculaires. Sauf des dénégations. Trois faits importants tout de même à retenir : la présence devant la Cour du gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, l’audition du président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa et celle du ministre provincial en charge de la Population et de la sécurité. Mais, c’est de la comparution de l’autre prévenu, arrêté tout récemment, Kady, qu’était attendu le grand tournant de ce procès. Fait inattendu : l’aggravation de l’état de santé du prévenu Patrick Mwewa, lui sur qui repose presque toute l’intelligence de l’assassinant du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Tout se passe comme si les pistes étaient en train de se brouiller et que la vraie vérité s’éloignait

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta s’est présenté hier lundi à la Cour militaire de garnison de Ngaliema, siégeant au Camp Kokolo. Il répondait ainsi à l’invitation de cette instance judiciaire statuant en matière répressive et en flagrance après que le prévenu Patrick Mwewa l’a cité en tant que présumé commanditaire de l’assassinat, le 6 juillet 2008, de l’assassinat de Daniel Botethi, vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

Malheureusement, le gouverneur de la ville de Kinshasa ne sera pas entendu dans la journée de lundi devant l’absence du prévenu Mwewa qui se trouverait dans un état de santé «critique». Face à cette situation, pour autant que la confrontation ne pouvait avoir lieu, la partie civile a sollicité et obtenu une remise. C’est ce mardi, sauf imprévu, que le gouverneur de la ville de Kinshasa pourrait être entendu.

Autres absences relevées par la Cour, celles du garde du corps de Botethi, du policier en fraction dans le périmètre où le crime a été commis. Des absences qui ont contribué au report de l’audience pour ce mardi.

Néanmoins, le président de l’Assemblée provinciale, Roger N’singi, a été appelé à la barre. Il a nié toute implication dans ce crime avant d’affirmer qu’il entretenait de bonnes relations avec l’illustre disparu.

Quant à celui qui passe pour la pièce maîtresse, Kady, il a été entendu. Du moins, il s’est plié à la phase de l’identification. Mais à la question de savoir s’il appartenait à la bande qui serait au service du gouverneur de la ville de Kinshasa, l’intéressé a tout nié en bloc. Il a affirmé qu’il n’avait aucun lien particulier avec le gouverneur urbain, André Kimbuta.

LE FLOU PERSISTE

A cette cinquième audience de la Cour militaire, il est encore prématuré de se faire une idée exacte des conditions qui ont entouré l’assassinat de Botethi.

S’il faudra saluer la disponibilité du gouverneur de la ville de Kinshasa de contribuer à la clarification des faits pour que lumière se fasse autour de l’assassinant du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, aucune avancée significative n’est encore enregistrée dans le procès traitant de ce cas de flagrance.

Déjà l’absence hier lundi au procès de l’une des pions majeurs de ce puzzle judiciaire - le prévenu Patrick Mwewa - suscite des interrogations en sens divers. L’aggravation de son état de santé, selon certaines indiscrétions, pourrait davantage retarder l’éclosion au grand jour de la vérité.

En effet, Mwewa est celui par qui le nom du gouverneur de la ville de Kinshasa a été cité, comme présumé commanditaire de cet odieux assassinat. Il avait même souligné qu’ils n’étaient pas à leur premier forfait. C’est toujours Mwewa qui, après avoir dénoncé tous ses complices, avait déclaré que c’est Kady qui servait de trait d’union entre lui, le reste de la bande et le gouverneur de la ville de Kinshasa.

C’est dire que la confrontation entre le gouverneur Kimbuta et Kady aiderait énormément la Cour à s’engager rapidement sur le chemin de la vérité. D’où des inquiétudes sur cette brusque aggravation de son état de santé alors que dans cette recherche de la vérité, des dispositions utiles devraient être prises pour qu’il soit en mesure de parler et d’aider la Cour à faire triompher la vérité en vue de permettre aux coupables de se soumettre à la rigueur de la loi.

Aussi, son indisponibilité prolongée - ce que personne ne souhaite, à ce stade du procès - rendrait la tâche encore complexe la tâche de la Cour militaire. Au pire, elle ouvrira une boite de Pandore qui risquera de ternir l’image de marque de la jeune démocratie congolaise.

Ceci dit, à ce stade du procès, il faut, une fois de plus, prendre son mal en patience. Le suspense demeure...

Source : le Potentiel/kinshasa