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VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

24 juillet 2008

Procès Botethi : le prévenu Patrick Mwewa crée la confusion

Justice

Patrick Mwewa Kibue, le prévenu qui a chargé le gouverneur André Kimbuta, est insaisissable. A chaque audience, il crée la confusion en changeant de propos. Ce qui a poussé le ministère public à dire ceci aux juges : « Le prévenu vous embrouille. Il n’hésite pas à dire n’importe quoi ». Mais cet homme soutient que sa première version n’était pas faite en toute lucidité. Ceci, du fait qu’il était encore sous l’effet de l’anesthésie.

Le mardi 22 juillet 2008, l’audience du procès qui oppose le ministère public et les parties civiles aux assassins présumés du député provincial Daniel Botethi Loleke a été essentiellement consacrée à la prévention de meurtre. Et, seul le prévenu Patrick Mwewa a été entendu. A la question du président du tribunal, le capitaine Patty Sangwa, de connaître le meurtrier du député, le prévenu s’est contenté de dire ceci : « Je ne sais pas. J’ai déjà tout dit. Je suis mal à l’aise, du fait que mon épouse ait été enlevée. Aussi, je ne bénéficie pas de soins médicaux adéquats ». Ici, le président lui fait comprendre que le cas de sa femme, de même que celui de ses soins médicaux, relèvent de la compétence du ministère public.

Mais quelle était la provenance des armes ? Là, le prévenu dit ne rien connaître. Pendant qu’aux audiences précédentes, il avait soutenu que c’est le premier sergent Inoki Lesene qui en était le fournisseur. Quant au but de leur mission, il dit cette fois n’avoir pas été mis au parfum. Il reconnaît seulement que c’est une mission du gouverneur. A propos du montant de 1.200 dollars de prime dont il a été gratifié, Patrick dit qu’il n’a pas été en contact avec les hommes du gouverneur. Cet argent lui était remis par son copain Kady. Ensuite, ce dernier est reparti en voiture avec les émissaires du gouverneur.

Pourtant, lui rappelle un juge, vous aviez réclamé à être confronté au gouverneur. Ici, le prévenu déclare que le nom du gouverneur lui a été communiqué par les autres membres de la bande. Un des juges lui demande : « Vous reconnaissez avoir touché 1.200 dollars. Vous a-t-on remis un si gros montant pour aller simplement piller, ou pour autre chose ? ». Là encore, Patrick Mwewa soutient que seul Kady sait pourquoi il lui avait remis cette somme. « Et la nuit du crime, comment vous qui faisiez l’éclaireur en contrebas, êtes-vous vite remonté là où l’on tirait, en entendant le crépitement des armes ?». A cette question, le prévenu a dit que c’était pour se mettre à couvert. Non convaincu, l’un des juges, militaire comme lui, lui a fait voir qu’on se met à couvert pour s’éloigner du champ des coups de feu, mais non en se dirigeant du côté d’où proviennent les tirs.

Insaisissable Patrick. La SIM de son téléphone n’a pas été retrouvée chez lui, mais son téléphone – prétendu volé - et cette SIM ont été découvertes chez son copain de la Garde républicaine affecté à l’aéroport de N’Djili. Et lorsque les juges lui demandent de leur indiquer les noms de deux hommes du gouverneur dont il avait parlé, et dont les noms se trouvent sur la carte SIM. Le prévenu annonce que comme il ne sait pas s’y prendre, c’est son camarade Kady qui avait introduit ces noms à sa place.

Il faudrait noter qu’au cours de cette audience, l’organe de la loi a remis au tribunal, non seulement le relevé des appels de feu le député Botethi, mais aussi ceux des autres personnes concernées par ce dossier. Ceci, grâce aux données fournies par les compagnies de téléphonie cellulaire. Mais la vérification de toutes ces pièces ne sera faite qu’au cours de prochaines audiences.

Source:le Potentiel/kinshasa

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23 juillet 2008

Procès Botheti : André Kimbuta à la barre lundi

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Le tribunal a instruit, mardi, le greffier d’appeler à l’audience publique prochaine: le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, le président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa, Nsingi Mbemba, le ministre provincial de la sécurité, Godard Motema, l’opérateur gérant la communication de la police, le superviseur qui affecte les policiers de garde et d’autres condamnés cités par le ministère public.

L'audience de mardi était consacrée à l'instruction des préventions de meurtre. A savoir qui a tiré sur Boteti Boteti et pourquoi ? A cet effet, le prévenu Patrick Mwewa a subi un interrogatoire du ministère public, de la partie civile et de la défense. Le prévenu a avoué ne pas savoir exactement qui a tiré sur Daniel Botethi. Mais, il pense que les coups de feu pouvaient provenir de l'un des assaillants qui était muni d'une arme à feu. Il cite entre autres Kadi, Fidèle et deux autres complices.

Compte tenu des éléments recueillis lundi après sa descente sur le lieu du crime, le tribunal de garnison de Ngaliema, siégeant en matière répressive au camp Kokolo, a jugé d’examiner, infraction par infraction, les charges retenues contre les prévenus. Il s’agit de la prévention de meurtre, l’association des malfaiteurs et de dissipation des munitions. L'heure est à présent à l’instruction de la prévention des meurtres.

Après avoir reçu les relevés d’appel entrant et sortant des cartes sims des téléphones des prévenus et après l’interrogatoire auquel le prevenu Patrick Mwewa a été soumis, le tribunal a instruit le greffier, sur demande du ministère public, de la partie civile et de la défense, d’appeler à l’audience publique prochaine : le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, le président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa, Nsing Mbemba, le ministre provincial de la sécurité, l’opérateur gérant la communication par Motorola de la police, le superviseur qui affecte le policier de garde et d’autres condamnés cités par le ministère public.

Toutes ces personnes pourront donc comparaître à l’audience publique prévue le lundi prochain au camp Kokolo. Il leur sera posé des questions uniquement relatives à la prévention de meurtre en instruction

Toujours dans cette affaire, un groupe de députés nationaux de l’opposition exigent la comparution du gouverneur de la ville André Kimbuta. Ils l’ont déclaré au cours d’un point de presse tenu mardi après-midi à Kinshasa. Ces députés se disent inquiets de l’évolution de ce procès et ils pensent qu’il y a manipulation. A en croire le député Lisanga Bonganga, l’opposition est prête à déposer des pièces qui démontrent l’implication du gouverneur dans cette affaire.

La même source ajoute que, parmi les pièces auxquelles il fait allusion, il y a des documents dans lesquels le gouverneur, s'adressant au ministre de l'Intérieur, lui demandait de mener des investigations, afin de procéder à la neutralisation de certains membres de l'opposition supposés troubler la paix dans la capitale.

source/okapi/Kinshasa

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Affaire Botheti : la Sim de Mwewa fait peur

lJustice

Le procès de l’assassinat du député provincial Daniel Boteti progresse au fil des audiences et de l’instruction de cette affaire devant le Tribunal militaire de garnison de Ngaliema. Cette évolution positive vers l’éclatement de la vérité judiciaire a notamment été marquée par deux faits majeurs. A l’audience de vendredi dernier, c’était d’abord le nom d’un commanditaire qui a été dévoilé à la surprise générale. L’autre fait majeur, c’était une des pièces-maitresses annoncée par Patrick Mwewa, un élément essentiel à même d’éclairer le tribunal sur la véracité de certaines de ses déclarations faites à l’audience. Il s’agit de la Sim de ce présumé assassin du vice-président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa.
En effet, une partie de la vérité se trouve sur la Sim de son téléphone, gardée par sa concubine au camp Tshatshi. Cette révélation, après celle concernant le commanditaire présumé du crime, a été prise au sérieux par le tribunal, et particulièrement par l’auditeur militaire qui s’est coupé en quatre pour retrouver la fameuse Sim du prévenu, devenue à ce stade de l’instruction du dossier l’un des éléments essentiels de l’enquête. Les recherches menées au camp Tshatshi puis à Ndjili, comme il faudrait le relever, ont donné des résultats positifs et cela a été annoncé à l’audience d’hier par l’officier du ministère public.
A la suite de cette découverte, l’auditeur militaire dont on connaît le souci constant de collecter les pièces à conviction, va certainement procéder au relevé de toutes les communications téléphoniques enregistrées par la Sim du prévenu. Il procédera en outre, à l’identification de tous les correspondants de Mwewa.
Voilà pourquoi il mettra à contribution, les sociétés de télécommunications implantées en RDC, et sur base de la réquisition du parquet militaire, faire parler la Sim. Avec les informations qui en sortiront, on reconstituera le relevé d’appels reçus et émis.
Cette partie des investigations pourra permettre d’identifier les individus qui étaient en communication avec le « commando », via le prévenu Mwewa.
En attendant, le tribunal militaire s’est déporté hier dans l’après-midi sur le lieu du crime pour reconstituer les circonstances exactes de l’assassinat du député provincial Daniel Boteti, et s’assurer de la véracité ou non des déclarations faites à l’audience, aussi bien par le prévenu Mwewa que le garde du corps, le brigadier Kankonde wa Kankonde.

Le tribunal édifié sur le rôle des assassins

Le coin des avenues Haute tension et Plantain, au quartier Ma Campagne, a abrité hier les travaux du Tribunal militaire de garnison de Ngaliema, consacrés essentiellement à la reconstitution des faits. Deux prévenus principaux ont été amenés sur le terrain pour qu’ils décrivent chacun, toute la scène du crime tel qu’elle s’est déroulée dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 juillet 2008.
Devant une foule nombreuse constituée par les avocats des parties, des journalistes, des militaires, des policiers et des badauds, le tribunal a d’abord invité Patrick à décrire ce qu’il avait vécu cette nuit-là.
Mwewa a retracé leur itinéraire qui a commencé par le camp bataillon mobile de Kintambo. C’est là qu’ils ont fumé du chanvre et bu le lotoko, l’alcool indigène. Ensuite, ils se sont dirigés, dira t-il, au camp Luano, à la cache des tenues et armes de guerre, avant de se déporter sur le lieu des faits.
Les voilà au fameux virage de tous les coups, le croisement de deux avenues Haute tension et Plantain, situé en face d’une station HT/MT de la Snel. Un endroit stratégique qui offre une vue panoramique sur les véhicules grimpant la colline. C’est l’observatoire de la bande et le secteur de prédilection des braquages.
Mwewa s’est d’abord situé au croisement des avenues Nguma et Haute tension où il a dit qu’il faisait le guet.
Plusieurs véhicules passaient sur l’avenue Nguma et c’est quand il apercevra la Mercedes de Daniel Boteti emprunter l’avenue Haute tension, qu’il ira alerter la bande.
Là-dessus, le prévenu avait donné diverses versions qui ne concordent pas. Pourtant, au camp Kokolo, il soutenait qu’il est demeuré à son poste d’observation. Surpris par des coups de feu, il est alors monté pour s’enquérir de cette fusillade. Dans ces circonstances, Mwewa a attrapé une balle dans l’abdomen sans savoir qui a tiré.
Hier, il a livré quelques assurances selon lesquelles ce sont ses acolytes qui lui ont reproché d’être paniquard et avaient tiré sur lui.
Mais l’organe de la loi et les avocats de parties civiles se sont réjouis du fait que Mwewa a pu donner la position occupée par ses compagnons d’armes et leurs acolytes. Selon lui, ils s’étaient postés à la clôture du grillage de la station HT/MT de la Snel. Position que les experts de la police scientifique de la DRGSS ont relevé dans leur croquis du lieu et qui indique l’orientation de la trajectoire des balles qui ont touché Daniel Boteti.
Appelé à se situer par rapport à la scène du crime, le garde du corps se trouvait d’abord dans la voiture. Le brigadier Kankonde wa Kankonde a répliqué aux tirs des assaillants, avant de s’échapper à la portière gauche, voie qu’avait empruntée Daniel Boteti. S’étant mis à couvert et rampant vers un mur de clôture où il voulait aller se réfugier, le policier ne voyait toujours pas son « protégé ». De sa cachette provisoire, il a aperçu une ombre bouger et a tiré dans cette direction. Les cris de « Ah nakufi » seraient les propos de Mwewa.

Le colonel Van responsable de la police scientifique est formel

Dans son rapport, la police scientifique a établi avant tout la description des lieux. Les experts ont situé et photographié tous les indices du crime. Débris de pare-brise, douilles, traces de sang, impacts de balles sur la voiture et les murs, ainsi que les orifices d’entrée et de sortie de la balle meurtrière. Tous ces éléments ont été analysés et on a donné à chaque pièce à conviction son rôle dans l’assassinat de Daniel Boteti, au point que scientifiquement toute la scène a été reconstituée.
Le colonel Van, responsable de la police scientifique a alors commenté brièvement l’interprétation de tous ces éléments et la scène du crime qui s’en dégage.
Les avocats des parties ont alors posé une série des questions sur les rapports de l’expert en balistique, quant à savoir les caractéristiques de la balle meurtrière qui a tué Boteti et celles qui ont atteint Mwewa. De quelles armes provenaient-elles ?
Pour ce spécialiste, plusieurs armes tirent des balles de calibre 9 millimètres. Il est donc difficile de l’établir à ce stade, a indiqué ce lieutenant qui traîne 35 ans de carrière militaire dont 25 ans au service de la balistique. Selon lui, les anciennes munitions laissaient des traces visibles permettant de déterminer l’orifice d’entrée et celui de sortie des balles.
A l’issue de cette séance de reconstitution des faits, l’auditeur militaire a donné une première conclusion.
A l’en croire, tout est désormais clair quant à la participation de Mwewa à la commission de l’assassinat de la victime. Pour lui, c’est lui qui a tué Daniel Boteti comme la reconstitution des faits vient de le démontrer.

Source: le Phare/Kinshasa

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22 juillet 2008

La primature accuse : 1,3 milliard de USD détournés en RDC

image_thumbnail_1320L’audit a porté sur 3 régies financières, à savoir, la DGI, la DGRAD et l’Ofida, et sur 6 entreprises: l’Onatra, l’OCC, la Regideso, la SNEL, la Sonas et la RVA.

Le ministre près le 1er ministre vient de rendre cette information publique au cours d'un point de presse tenue à Kinshasa ce mardi. Le constat de ce détournement a été fait par la Commission interministérielle d'éthique et de bonne gouvernance . Selon Godefroid Mayobo, le gouvernement entend mener des actions en justice contre les personnes physiques et morales auteurs de ce détournement :« L’établissement de présomption de culpabilité, tant administrative que pénale, de la part de certains cadres de ces structures et de certaines personnes morales. Ainsi, à ce jour, la ministre du Portefeuille et le ministre des Finances ont fait ouvrir des actions disciplinaires ou formulé des demandes de remboursement des sommes indûment perçues. Ces mesures concernent 53 personnes »

De son côté, a poursuivi le ministre près le premier ministre, le ministre de la Justice a transmis au parquet général pour instruction et inculpation le cas échéant les dossiers de 17 personnes physiques et de 10 personnes morales.

Le ministre près le premier ministre a présenté le bilan d’une année de travail de deux commissions interministérielles visant à rétablir l’Etat dans ses droits. Il s’agit de la commission d’audit et de bonne gouvernance, et de la commission de récupération des immeubles et terrains de l’Etat.

Par ailleurs, en ce qui concerne la récupération des immeubles de l’Etat, Godefroid Mayobo a évoqué 153 dossiers concernant les immeubles et 94 terrains dans le domaine privé de l’Etat, pour la ville de Kinshasa. 48 autres dossiers sur les immeubles de l'Etat concernent la ville de Bukavu, et 159, la ville de Lubumbashi. Pour l'instant, précise Godéfroid Mayobo, 47 dossiers sont déjà finalisés et en instance d'être présentés au Conseil des ministres et une quarantaine de dossiers dans le domaine public, de l’Etat bien entendu. Les deux commissions poursuivent leur travail, a précisé Godefroid Mayobo, ministre près le 1er ministre

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Lisbonne : les biens de Jean-Pierre Bemba saisis à la demande de la CPI

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Les autorités portugaises ont saisi les biens de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba au Portugal à la demande du la Cour pénale internationale (CPI) qui le poursuit pour des atrocités commises par ses troupes en Centrafrique, a annoncé mardi le Parquet

« A la demande de la Cour pénale internationale, les biens connus de
Jean-Pierre Bemba ont été saisis en juin », a déclaré à l'AFP la porte-parole
du Procureur général, Ana Lima, sans plus de précisions.
Selon l'hebdomadaire portugais Sol, la justice a saisi la villa de M. Bemba
dans le sud du Portugal, estimée à 2,5 millions d'euros, deux voitures haut de
gamme, un yacht et un avion Boeing, ainsi que divers documents.
Tous ses comptes bancaires au Portugal, dont l'un était crédité de 1,75
million d'euros, ont par ailleurs été gelés, selon Sol.
Le président du MLC et chef de l'opposition congolaise, qui vivait depuis un an en exil entre la Belgique et le Portugal, a été arrêté fin mai à Bruxelles sur la base d'un mandat du procureur de la CPI.
Accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre pour des atrocités commises par ses troupes en 2002 et 2003 en Centrafrique, il a comparu pour la première au fois devant le tribunal de La Haye le 4 juillet.

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Assassinat de Botethi : les secrets se trouvent sur la carte SIM au camp Tshatshi

Justice

L’affaire de l’assassinat de Daniel Boteti, vice-président de l’Assemblée provinciale ville de Kinshasa, devant le tribunal militaire de garnison de Ngaliema, a pris depuis jeudi dernier, une nouvelle tournure avec le pavé du prévenu Mwewa, qui a cité André Kimbuta, gouverneur de la ville de Kinshasa, comme étant l’un des commanditaires.
Une demande des avocats de la défense, acceptée par le tribunal, a enjoint le ministère public de procéder au prélèvement de tous les appels téléphoniques émis par le gouverneur de la ville, ainsi que ceux des recharges des unités pour tous ses appareils cellulaires. Voilà une fenêtre ouverte sur la vie professionnelle et privée de l’autorité urbaine et la place automatiquement dans le collimateur de la justice militaire, avec l’éventualité de la voir comparaître prochainement et physiquement devant les juges.

On ne peut que déplorer le soir de vendredi 18 juillet, la coupure d’électricité à la base de l’interruption des émissions de la plupart des chaînes de télévision ayant promis de larges extraits sur les audiences. Fait insolite et inédit, dans un paquet de 45 chaînes, 32 n’émettaient plus à Kinshasa et ses environs. Sur les chaînes encore opérationnelles, les images étaient brouillées, sauf sur celles proposant la musique, le cinéma et la prédication.
On espère toutefois que de tels incidents ne vont pas se répéter à l’avenir pour ne pas priver le public des développements ultérieurs de cette affaire.

Des secrets sur la carte SIM au camp Tshatshi

A l’audience du 18 juillet, le prévenu Patrick
Mwewa et le garde du corps de Daniel Boteti, le brigadier Kankonde wa Kankonde, ont subi tour à tour un feu nourri de questions aussi bien de l’organe de la loi que des avocats de la défense. En possession de toutes ses facultés mentales, Patrick Mwewa, l’un des présumés assassins du vice-président de l’Assemblée provinciale, s’est montré serein et cohérent. A la demande du Tribunal militaire relative à l’identité du ou des commanditaires, il a sollicité cinq minutes de réflexion. Ce qui a été fait. Sept minutes plus tard, le président l’a invité à livrer les éléments dont il disposait. Eclatant en sanglots, il a réitéré son vœu d’être sécurisé, car il allait dévoiler le nom d’un membre du gouvernement, une grande autorité.
« Qui est-ce au juste ? », lui a demandé le président qui commençait à s’impatienter. Après un court moment de silence, Mwewa a lâché que c’était le gouverneur de la ville, André Kimbuta. Cette fonction et ce nom ont suscité une forte agitation au sein de l’assistance ainsi que chez les juges et les avocats des deux parties. Cette révélation bouleversante a été aussitôt actée par le greffier.
Sur insistance du tribunal et par souci de précision, le prévenu Mwewa a répété par deux fois que c’était le gouverneur de la ville. «Parles-tu du vice-gouverneur ou du gouverneur de la ville ? », a voulu s’enquérir le juge. Mwewa a soutenu qu’il ne se trompait pas, avant d’ajouter que c’est son ami Kadi, un autre malfaiteur en fuite, qui assurait la liaison entre leur bande et l’autorité urbaine.
« L’as-tu personnellement vu ou es-tu entré un jour en contact avec lui ? » A cette question, le prévenu a déclaré qu’il ne l’avait vu ni rencontré aucune fois. Patrick Mwewa a signalé qu’à sa demande d’une telle rencontre, Kadi avait promis que cela se ferait le moment venu.
« Combien les présumés assassins avaient-ils perçu pour ce coup ? ». Sans ambages, il a parlé de la somme de 1.200 dollars, qu’il a reçu à Mikonga, en compagnie de cinq de ses compères, qui ont bénéficié chacun de la même somme. « C’est Kadi qui a procédé au partage », a-t-il révélé, évitant de donner plus de détails sur le « shida » ( crime). Selon Mwewa, Kadi s’est limité à les assurer que de plus amples informations sur le coup leur seraient communiquées ultérieurement.
« Qu’as-tu effectué comme dépenses ? », s’est enquis le président. Le prévenu a raconté qu’il avait dépensé 300 dollars et qu’il lui restait 900 dollars, qui auraient été arrachés par des policiers chargés de l’arrêter.
Il a affirmé d’autre part que si la « Sim » de son téléphone était retrouvée, le tribunal aurait plus de détails sur ses allégations. Cette « Sim » se trouverait dans sa chambre à coucher, au Camp Tshatshi.

Braquages de Shabani Nonda et d’autres victimes
L’organe de la loi, soucieux de découvrir la vraie personnalité du prévenu, et ses liens avec ses compères, a obtenu du tribunal militaire, de procéder samedi dernier, au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, à la confrontation entre Mwewa et ses consorts arrêtés précédemment et tous les criminels impliqués dans les braquages du footballeur congolais Shabani Nonda, des députés nationaux Onusumba et Matadi Nenga, du colonel Kasangana, secrétaire général à la Défense chargé des Anciens combattants, des journalistes Sévérin Bamanisa, de Zacharie Bababaswe, de la maman de la star JP Mpiana et de tant d’autres victimes.
Le parquet militaire avait ouvert à ce sujet un autre numéro RMP à charge des prévenus, a indiqué l’organe de la loi, avant d’inviter les avocats à assister aux confrontations dans ces autres affaires qui suivent la procédure ordinaire. Qu’ont apporté toutes ces confrontations ? Une somme d’informations sur le lourd passé criminel, leurs différents antécédents carcéraux et la confirmation de l’existence d’une association des malfaiteurs tentaculaire, opérant par groupes ou sous-groupes, une bande organisée hiérarchisée et qui traîne à son actif, plusieurs crimes endémiques à Kinshasa.

Un garde du corps agité

Le brigadier Kankonde wa Kankonde, appelé vendredi à la barre, a paru fort agité. C’était sa première fois de comparaître devant un tribunal militaire et dans une affaire criminelle. Déclinant son passé, il a parlé de son incorporation au sein de la police, lors de l’intégration des éléments des Forces d’autodéfense populaires et de sa formation pendant une année, au camp Lufungula, à Kinshasa.
Il a déclaré avoir appris la théorie sur le maniement de deux armes Fa et GP, mais jamais fait la pratique dans un champ de tirs. Ces graves lacunes dans le recrutement, la formation et le choix des policiers ont été relevées par les avocats des parties civiles.
L’homme a donné plusieurs versions des faits survenus dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 juillet. Première version : à la vue des assaillants, les uns en tenue militaire, un en tenue civile, son «patron » lui avait demandé de se présenter. Alors qu’il se dirigeait vers eux, des assaillants ont ouvert le feu sur la Mercedes Benz sans sommation. Pour sa part, il a répliqué immédiatement.
Seconde version : Kankonde wa Kankonde a affirmé que dans la voiture climatisée et aux vitres relevées, les bandits avaient lancé « telema » et aussitôt ouvert le feu. Il dit avoir riposté sur le champ en tirant sur celui qui s’est posté à l’aile avant droit sans le toucher.
Daniel Boteti est alors sorti par la portière gauche pour aller se réfugier dans les herbes. Le garde du corps qui a perdu les traces de son « protégé », s’est mis à couvert en tirant sur une ombre qui gesticulait près d’un mur de clôture. Atteinte par une balle, cette ombre s’exclamera : « Obomi ngayi ».
Interrogé, Patrick Mwewa dit pour sa part qu’il avait plutôt crié : « Ah ! Nakufi ! ». Selon le croquis du lieu, la police scientifique a fixé la présence de la victime Boteti loin de sa voiture et dans les herbes, non loin du mur de clôture d’une parcelle des environs.
Vu ces incohérences à chaque audience, le tribunal se demande quelle version retenir. Pour faire avancer les choses, les avocats de la défense ont exigé le rapport médico-légal sur l’opération subie par Patrick Mwewa, celui de l’expert en balistique sur les douilles prélevées sur les corps de Boteti et Mwewa, et celui de la situation sécuritaire dans le secteur entre 21 et 2 h du matin.
En tout état de cause, Mwewa et Kankonde devraient éclairer le tribunal sur leurs mouvements et gestes, lors de la reconstitution des faits sur le lieu. L’audience reprend ce lundi.

Source : le Phare/Kinshasa

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21 juillet 2008

1,8 milliard USD de la FAO en faveur de la RDC

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Une bonne nouvelle pour la République démocratique du Congo. En effet, dans le cadre de la lutte contre la flambée des prix des denrées alimentaires, la FAO a décidé de lui apporter un important appui financier.

L’on se rappellera que lors du dernier sommet de la FAO qui s’est tenue à Rome sur la crise alimentaire, la délégation de la République démocratique du Congo, conduite par le ministre d’Etat à l’Agriculture, Mobutu Nzanga, avait présenté « un Plan d’Action », élaboré par le ministère de l’Agriculture et approuvé par le Gouvernement.

Ce « Plan d’Action », qualifié de « concret » dans les milieux de la FAO, avec un budget de 1.855.000.000 USD pour 2008, a été approuvé par l’organisation internationale. Elle s’est engagée à mobiliser les fonds nécessaires. Le mérite revient donc au ministre d’Etat à l’Agriculture qui a défendu valablement ce projet lors du sommet de la FAO.

VOIES DE COMMUNICATION ET OR BLANC : LES PRIORITES

Mais quels sont les objectifs de ce « Plan d’Action » ? Il nous revient qu’il vise d’abord à relancer la culture vivrière pour parvenir à l’autosuffisance alimentaire. Ensuite, à donner un coup de pouce à la culture d’exportation autour des produits ci-après : le cacao, le caoutchouc, le café.

Toutefois, de concert avec la FAO, le Directeur général de cette institution a approuvé le projet TCP/DRC/3201(E) pour un montant de 500.000 USD. L’objectif est d’augmenter rapidement la fourniture d’intrants aux petits agriculteurs en vue d’améliorer la production des denrées alimentaires.

Ainsi, dans un premier temps, l’option de la culture du riz a été retenue pour approvisionner la ville de Kinshasa. Le riz, «or blanc », est la denrée alimentaire la plus importée en République démocratique du Congo avec une plus forte demande à Kinshasa où la flambée des prix est enregistrée en raison de la surpopulation. Ajouter à cela l’augmentation du prix du pétrole qui influe sur le transport des produits.

Les résultats attendus sont notamment le développement des capacités de 10.000 ménages bénéficiaires, l’emblavement de 2.500 hectares de riz de bas-fond dans l’hinterland de la Ville de Kinshasa. Notamment au niveau des marais du Pool Malebo dans les communes de Limete, Masina et N’sele pour une production de 6.250 tonnes de Paddy, soit 3.750 tonnes de riz blanc.

Comme on le souligne dans les couloirs de la FAO, ce projet a pour but de fournir urgemment les intrants agricoles aux petits exploitants et d’atténuer l’impact de la flambée des prix sur les groupes vulnérables en zones urbaines et dans la périphérie des cités urbaines par la stimulation de la production dans les zones urbaines et périurbaines.

Dans les milieux proches du gouvernement, l’objectif prioritaire est de relancer la production nationale en s’appuyant sur les grandes lignes du programme agricole. Aussi, cet appui de la FAO permettra-t-il la réhabilitation des voies de communication et de desserte agricole afin d’amener les produits vers les grands centres de consommation.

LA BALLE DANS LE CAMP CONGOLAIS

Cet appui de la FAO est effectivement une première en faveur de la République démocratique du Congo. Aussi, le plus difficile consiste à bien le gérer pour donner une nouvelle impulsion à l’agriculture. Car, il est important de souligner que toutes les grandes nations du monde doivent leur prospérité au bon comportement de leur agriculture qui est le soubassement de toute économie.

Pour ne parler que du riz qui est devenu « l’or blanc », de nombreux pays producteurs ont pris des mesures strictes pour freiner leurs exportations. C’est le cas de la Malaisie, de la Thaïlande, du Vietnam, pour ne citer que ces grands producteurs. La Chine de son côté, pour continuer à assurer la sécurité alimentaire à sa population, a décidé d’étendre la culture du riz en Afrique, une bonne partie de la récolte sera transférée en Chine pour constituer des réserves.

Si le programme agricole est bien suivi, et que les fonds sont bien affectés, les zones de production du riz, Bumba dans la province de l’ Equateur, Kindu au Maniema et le grand Kivu sont à même d’améliorer leur production et satisfaire la demande nationale. On peut saluer l’initiative du ministre d’Etat à l’Agriculture qui a commencé à sillonner toutes les provinces pour insister sur l’importance de l’Agriculture.

La balle se trouve donc dans le camp du gouvernement en vue d’accompagner la disponibilité de la FAO, au-delà des autres partenaires extérieurs ; dans le but de protéger les populations contre les effets néfastes de la crise alimentaire.

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Kinshasa : point sur la réhabilitation de l'av de la libération (ex-24 novembre)

le défi est de taille pour les 286 employés et les 19 stagiaires de l'IBTP, qui travaillent sur ce chantier d'une importance cruciale pour l'amélioration de la circulation dans la ville-province de Kinshasa.

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La semaine sur Vigilance RDC

Chers blogonautes,

Nous consacrons ce second numéro de notre focus consacré à l’actualité de la semaine du 14/20 juillet 08, à la visite du Président Joseph Kabila à Paris.

Attendu depuis plusieurs mois à Paris, Kabila a enfin décidé d’honorer l’invitation de son homologue français Sarkozy, dans le cadre d’une visite officielle de 48 heures, du 16 au 17 juillet.

Cruciale, cette visite l’était à plus d’un titre. Il s’agissait d’une part, pour le président congolais de confirmer le réchauffement de l’axe Paris/Kinshasa et d’autre part, sur un plan plus symbolique, de confirmer sa légitimité notamment par rapport aux forces éparpillées de l’opposition.

         En dépit de l’assurance obtenue auprès du président Sarkozy, de la contribution française pour l’organisation des prochaines élections locales en RDC, les retombées de cette visite officielle demeurent bien maigres. Rappelons tout de même que cette visite s’est déroulée avec en toile de fond, la brouille diplomatique belgo-congolaise et l’affaire des contrats chinois. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy n’a pas pu s’empêcher de glisser une allusion acidulée, en réponse à la requête du président Kabila sur la dette congolaise. Le rendez-vous avec le patronat français, s’est soldé sur un lit de promesses.

La principale retombée est peut-être à lire sur le plan plus congolais-congolo. En effet, en dépit des intimidations et autres menaces proférées par les mouvements se revendiquant de l’opposition radicale, aucun incident n'a été déploré tout au long du séjour du président congolais en France.

Excellente semaine

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20 juillet 2008

Procès Botethi : le MLC condamne l'utilisation d'une institution publique dans une cause personnelle

image_thumbnail_1312Le Mouvement de libération du Congo a réagi à la citation du gouverneur de la ville de Kinshasa par l’un des prévenus comme commanditaire du meurtre de Daniel Botethi. Dans un communiqué rendu public samedi, le MLC prend acte de l’aveu fait par ce prévenu et demande à la justice d’approfondir les investigations pour la manifestation de la vérité. Le MLC condamne aussi l'utilisation d'une institution publique pour la défense d'une cause personnelle.

Jean Lucien Busa, cadre du MLC, revient sur les grandes lignes de ce communiqué : « Que le procès soit le plus équitable possible pour que la vérité, qui commence à se manifester, puisse se manifester davantage. Que Monsieur Kimbuta, cité par l’un des assaillants, soit convoqué au niveau du tribunal afin de répondre de ses actes. »

Selon Jean Lucien Busa, en dénonçant l’utilisation d’une institution publique dans la défense d’une cause personnelle, le MLC fait allusion « au fait que le gouverneur utilise les moyens de l’Etat, sa position institutionnelle, pour pouvoir causer l’insécurité en RDC, en cherchant à satisfaire ses intérêts personnels. »

Jean Lucien Busa nie toutefois affirmer que le gouverneur soit coupable : « Je n’ai pas dit que le gouverneur était condamné. Tout prévenu est présumé innocent. Nous voudrions simplement que le gouverneur quitte sa peau de gouverneur pour avoir la peau du prévenu, et donc, qu’il subisse la rigueur de la loi, tout simplement. »

Quelle procédure en cas de citation d’un dirigeant dans un procès pour assassinat ?

radiookapi.net a posé la question à un juge au Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe et porte-parole de l’intersyndicale des magistrats, Syncremac et Justice Indépendante.

Thomas Otshudi déclare que dans une procédure de flagrance, comme c’est le cas du procès Botethi, la personne citée comme commanditaire doit être déférée immédiatement devant le juge. Selon lui, bien qu’i soit de la souveraineté des juges d’apprécier l’aveu, cela n’exclut pas la comparution de la personne citée par le prévenu : « Tous les juristes le savent. L’aveu peut-être, à certain égard, un mode de preuve. Mais, la psychologie judiciaire nous enseigne que l’aveu ne peut pas être considéré comme un mode de preuve décisif. Mais, dans le cas d’espèce, j’estime qu’il revient aux juges d’apprécier souverainement la sincérité d’un aveu. Il doit puiser dans la profondeur de sa conscience, dans son intime conviction. Au delà de tout doute raisonnable, le juge doit être amené à dire que cet aveu peut, dans cette espèce là, constituer un moyen de preuves probant. [Dans le cas du procès Botethi], le juge est entrain d’instruire des faits pénaux. Le juge pénal est actif. Nous ne sommes pas dans une instance civile où le juge est passif. Dans son rôle actif, dès lors que l’auteur présumé matériel des faits dit que ces faits ont été inspirés par X personne, quoi de plus normal que cette personne soit déférée immédiatement. Et je rappelle que nous sommes dans une procédure de flagrance. »

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