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Le procès Botethi se poursuit. La confrontation d’hier mardi 5 août, entre d’une part Mwewa et Kady, et de l’autre, Kimbuta-Mwewa, n’a pas totalement levé le pan de voile sur le mystère qui plane sur le meurtre de Daniel Botethi, vice-président de la Assemblée régionale de la ville de Kinshasa. Deux faits importants à retenir ; les excuses présentées par le prévenu Mwewa à l’endroit du gouverneur Kimbuta alors qu’il l’avait cité comme commanditaire de cet assassinat, et l’attitude de Kady niant tout lien avec le reste de la bande qui pourtant le reconnaît. Le brouillard demeure.

L’hypothèse selon laquelle André Kimbuta Yango serait le commanditaire de l’agression qui a coûté la vie à Daniel Botethi Loleke, vice-président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa s’éloigne. C’est le premier constat à faire à l’issue de l’audience d’hier mardi à la Cour militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema qui s’est déroulée au Camp Kokolo.

Il s’est agi d’une audience de confrontation, remise à deux reprises à la suite de l’indisposition du prévenu Patrick Mwewa. En effet, dans ses déclarations précédentes, il s’était permis de citer le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango, comme commanditaire de l’attaque de la nuit du 5 au 6 juillet 2008 ayant entraîné la mort de Daniel Botethi. Bien plus, il avait souligné qu’un de ses collègues, du nom de Kady, également arrêté, servait de lien entre lui et le gouverneur Kimbuta. Et qu’en cas de confrontation, il ferait encore d’autres déclarations spectaculaires.

A l’audience d’hier mardi 5 août, cette version n’a pas été confirmée. Si Mwewa soutient que Kady entretenait le lien entre Kimbuta et lui, Kady a tout nié et tout rejeté en bloc. Devant cette situation, le prévenu Mwewa, avec l’autorisation de la Cour, a présenté ses excuses au gouverneur pour l’avoir cité, l’avoir calomnié en faisant remarquer que c’est Kady qui est à la base de ses affirmations. Puisqu’il nie tout, il ne voyait pas comment soutenir ses propos. Ses excuses ont été acceptées par le gouverneur de la ville Kinshasa qui lui a accordé son pardon.

Face à cette tournure des choses, la Cour a demandé au gouverneur de se retirer mais de rester à la disposition de la Cour qui peut l’inviter à tout moment si les circonstances exigent une nouvelle comparution. En attendant, le gouverneur de la ville de Kinshasa peut se considérer comme libre.

KADY : LE PROCES SE JOUE AUTOUR DE LUI

Désormais, tout le procès se joue autour de Kady, lequel demeure la pièce maîtresse, jusqu’ à preuve du contraire. Au fait, ce qui a frappé l’assistance, c’est sa constance de tout nier. Il ne reconnaît personne et n’a pas participé à ce meurtre. Mais par contre, tout le reste de la bande le reconnaît et que chacun d’eux a communiqué le même numéro du portable qui serait celui de Kady. Même à ce stade, Kady continue à nier et affirme ne pas disposer d’appareil portable.

Stratégie pour faire durer le procès afin qu’il profite du bénéfice du doute ? C’est à la Cour de répondre à cette interrogation en usant de toute sa dextérité pour que la confrontation et les pièces à conviction confondent les uns et les autres.

DES LEÇONS A TIRER

Il n’empêche qu’il y a toujours des leçons à tirer dans ce genre de procès.

De prime à bord, il revient à la Cour de faire rapidement la lumière, surtout dans une matière répressive jugée en procédure de flagrance. Cela fait exactement un mois depuis que ce procès a débuté. Il est temps que l’on tende vers le verdict s’il s’avère que la procédure suivie arrive à terme et que les coupables, une fois reconnus, subissent la rigueur de la loi.

L’autre leçon à tirer, c’est de s’interroger pourquoi une haute personnalité politique a été citée dans ce meurtre comme commanditaire. Le problème fondamental ne réside pas dans le fait qu’il soit coupable ou pas. D’ailleurs, la justice s’en chargera dans un cas comme dans un autre.

Mais comment une si haute personnalité, admettons qu’elle soit innocente, ait été citée dans ce que certains appeleraient d’une cabale ? L’autre face de l’iceberg du procès Botethi réside dans cette interrogation. Il se pose réellement un problème de « la peur de l’autorité », entendue au sens large du terme. Qu’il y ait manipulation politique ou pas, on ne touche pas aussi facilement à la personnalité d’une « Haute autorité politique » comme s’il s’agissait d’un fait divers. Matière à réflexion.

Source:le potentiel/kinshasa