assassinsCe fut donc une farce à la... R-dCogolaise! Une blague comme celles que l’on connaît, que l’on vit matin, midi et soir dans les rues de Kinshasa. La R-dC serait-elle donc une farce? On attendait une explication - une confrontation - entre Kady Munungu, Patrick Mwewa - l’un des membres de la bande qui vivait une cabale médicale - et le gouverneur André Kimbuta Yango cité commanditaire. Rien de tout cela n’a eu lieu ce mardi 5 août devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa Ngaliema qui se tenait en chambre foraine au Camp Kokolo.

Au contraire, des excuses publiques, demandées et obtenues sur le conseil de ses avocats et une prière: qu’une loi votée par le Parlement protège les Autorités, afin qu’elles ne puissent plus jamais être traînées dans la boue.

LA D’OU VIENT LE MAL.
Il faudrait surtout une loi votée au Parlement qui interdise les musiciens de «chanter» les Autorités. Car tout vient de là... Et des Autorités qui se comportent surtout en hommes d’Etat. Quand on fait irruption dans des boîtes de nuit ou sur des terrasses de Matongé où la bière locale déifiée coule à flots, tout devient possible!

Finalement, le martyre de Daniel Bokeli Botethi dit «Dadou», intervenu la nuit du mariage sur les hauteurs de la ville haute de Binza, n’a donc jamais eu lieu. Ou que ceux qui sont aujourd’hui à la barre ne sont pas ceux que l’on devrait avoir. L’instruction a donc été mal menée... Pauvre R-dC!

Après avoir été traîné dans la boue, après avoir passé des nuits éprouvantes, après avoir dépensé autant d’argent pour sa défense - et payé des pages dans des tabloïds - le maire de Kinshasa peut donc regagner sa maison. Et méditer sur quelle mouche a bien pu piquer ce Patrick Mwewa pour «dénoncer» le Citoyen n°1 de la ville.

Tout est donc trouble. Kimbuta ne connaît ni Kady, ni Mwewa, ni d’Adam, ni d’Eve. Et Kady, lui non plus, ne connaît Patrick Mwewa, ni d’Adam, ni d’Eve. Pourtant Mwewa le connaît - tout comme le reste de la bande - chacun d’eux a communiqué le même numéro du Gsm de Kady. Mais celui-ci dit n’avoir ni n° de Gsm, ni Gsm! Qu’est-ce qui unit donc les deux ou trois hommes?

Mwewa persiste et signe: «C’est bien lui Kady. C’est lui qui m’a révélé le nom du commanditaire. Ma prime de 1.200 dollrs m’avait était remise par lui. Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2008, il faisait partie de la bande, qui avait tendu l’embuscade au député décédé». Kady lui, vrai pro du crime, est resté comme une tombe devant toutes les questions des juges et des parties au procès.

«Je ne connais ni les tenants, ni les aboutissants de cette histoire. Quant à celui qui se fait appeler Patrick, je viens de le vois ici, aujourd’hui à l’audience».

Alors, les juges et les parties de jeter l’éponge. Mwewa: «Puisque ce Kady qui m’avait cité le nom du commanditaire et ce Kady aujourd’hui explique ne rien connaître, ni ne pas me connaître, moi son ami, alors, je ne vois plus quoi dire. J’ai cité le nom du gouverneur pour rien. J’ai cité le nom d’un innocent. Je lui demande pardon».

Kimbuta de citer Jean-Paul II: «Sur son lit d’hôpital, il avait accordé le pardon à son assassin en prison. J’accepte donc le pardon du prévenu Patrick. En même temps, je demande à la justice de faire son travail. Que toute la vérité jaillisse, pour que la mémoire du Député Botethi soit honorée».

Retour donc à la case départ...

La partie civile était loin de désarmer. Qu’en sait le gouverneur au sujet de ce meurtre? Qu’a-t-il entrepris dans le cadre de ses attributions? «J’ai reçu à 3h 00’ du matin l’appel téléphonique du général Oleko.

Le matin, j’ai convoqué une réunion du Conseil provincial de sécurité».

Qui a donc dérouté le Député Botethi de sa route, prétextant qu’on tirait dans le périmètre de Saint Luc, où rien ne s’état passé cette nuit-là. Réponse: «Je ne peux répondre à la place du défunt».

Un avocat revient à la charge: «Botethi est mort. Quatre jours auparavant, il s’est adressé à vous. Ce que vous vous êtes dit est-il loin du mobile du crime du vice-président de l’Assemblée provinciale?». «Le 16 juin, l’Honorable Botethi et un autre député étaient mes invités, à la maison, pour mon anniversaire».

L’avocat explique qu’il y a confusion, qu’il s’agit du 1er juillet. Réponse du gouverneur: «A cette date-là, je n’ai pas partagé un dîner avec Botethi. Qui était venu rendre visite à mon épouse, qui est sa tante».

Comment étaient leurs rapports? Bon, estime André Kimbuta Yango. Les problèmes de l’Assemblée provinciale pouvaient-ils avoir eu un effet sur le gouverneur? Celui-ci de s’interroger: «Le gouvernement provincial et l’Assemblée provinciale sont deux institutions différentes. Comment pouvais-je savoir qu’il y avait des problèmes à l’Assemblée provinciale?»

Belle réponse. Kimbuta n’a donc jamais rien su de ce qui se passait à l’Assemblée provinciale. Le gouverneur était-il invité au mariage sur les hauteurs de Binza auquel a assisté le Député avant de venir trouver la mort? Oui, mais Kimbuta a quitté la fête bien avant Botethi. Il avait à répondre à une autre fête de mariage au GHK.

A-t-il fait venir auprès de la mère du défunt, Nelly Kiwewa, une délégation des Bambala conduite par un certain Christophe Kilumu, demander pardon? Le gouverneur a tout nié, disant ne rien savoir de cette nouvelle histoire.

Mais une lettre existe qui demanderait aux services de neutraliser des députés du MLC, suite à l’arrestation de Jean-Pierre Bemba par la Cour Pénale Internationale. Lettre versée au dossier.

Source : le Soft/Kinshasa