assassins

Le regretté vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Daniel Botethi Loleke, a-t-il été victime d’un signe indien ? Non, rétorque son père, le général Botethi des FARDC. Analysant les circonstances du meurtre de son fils, ce dernier s’accroche à la thèse de l’assassinat. Selon lui, il y a un commanditaire. C’est Me Nyangue – un des avocats de la partie civile - qui l’a annoncé au tribunal lors de l’audience consacrée à la reconstitution des faits.

Les avis restent encore partagés sur le mobile réel du meurtre du député Daniel Botethi. Le vendredi 8 août 2008, à l’occasion de la descente sur le lieu du crime, le garde du corps Kankonde wa Kankonde a eu chaud. Une avalanche de questions est tombée sur lui. Aussi bien du côté des avocats de la partie civile, que de celui de la défense. Révélant au tribunal la pensée du père du défunt, Me Nyangue a dit ceci au tribunal : « Le général Botethi qui s’est concerté avec moi ce matin est convaincu que son fils a été l’objet d’un assassinat. Il voit très mal que son fils, enfant de militaire, un garçon grandi dans une caserne et habitué à voir tonner les armes de guerre, puisse quitter sa voiture à découvert, sans prendre aucune précaution. Jusqu’à se faire loger une balle dans la bouche, en restant debout ».

A ce sujet, les avocats de la famille ont déclaré que, selon eux, les assaillants ont extirpé le jeune député de sa voiture. Ensuite, ils l’ont traîné à quinze mètres sur la pelouse. Là, ils l’ont jugé, la sentence est tombée et ils l’ont condamné. Le moment venu, ils lui ont intimé l’ordre d’ouvrir la bouche. Ensuite, l’un d’eux a appuyé sur la gâchette à bout portant. La preuve, ont soutenu ces avocats, en est que le pauvre s’est retrouvé avec une plaie à la jambe et le pantalon déchiré. Ce qui démontre qu’il a subi des sévices avant d’être abattu.

C’est ainsi qu’après avoir demandé à Kankonde d’esquisser le mouvement de ramping qu’il avait effectué cette nuit-là en sortant de la voiture, ils se sont étonnés d’entendre que le garde du corps a pu atteindre sa cachette sans essuyer aucun tir de la part des assaillants. Or, les assaillants quadrillaient tout le rayon, et venaient d’abattre son chef juste du côté où il se dirigeait. Et il est parti à reculons, du théâtre des événements jusqu’à l’avenue Nguma, sans être inquiété. A moins qu’il ait été de mèche avec les malfaiteurs.

D’où cette question de Me Nyangue : « Pourquoi a-t-il laissé son chef abattu ? ». Réponse de Kankonde : «Les balles crépitaient de partout ». Deuxième question : « Pourquoi s’être dirigé vers le mur ? ». Réponse : « J’ai pris cette direction par intuition ». Autre question de la partie civile : « C’est lui qui devait protéger le député Botethi. En quittant la voiture, cherchait-il à se couvrir pour protéger son chef ou se protéger lui-même ? ». Réponse du garde du corps : « Je voulais protéger mon chef. Mais comme je ne l’ai pas vu, je me suis protégé ». Après ce jeu de questions-réponses, la partie civile a fait cette observation : « Kankonde est sorti à découvert. Pourquoi les autres n’ont-ils pas tiré sur lui ? A moins qu’il soit de leurs ». Encore une question : « Que lui a dit le chef avant de sortir ? ». Réponse de Kankonde : « Je ne me suis pas aperçu de sa sortie, tout allait vite ». Observation du tribunal : « Vous souvenez-vous avoir dit que le chef vous avait demandé de vous présenter ? ». Réponse : « Oui, mais je n’ai pas pu présenter ma carte à cause du premier coup de feu ».

A l’intention du colonel Van de la police scientifique, la partie civile a voulu connaître le genre d’arme qui a servi à tuer le député. Réponse du colonel : «Toutes les trois douilles provenaient d’une arme de marque FA ». Ces balles ont-elles été tirées par un seul individu, ou par plusieurs personnes ? Et puis, c’était par coup ou en rafale ? Ici, le colonel Van a déclaré que c’était difficile à déterminer.

Source : le Potentiel/kinshasa