Cseille_des_Ministres

Le Mouvement social pour le renouveau, MSR, a décidé de suspendre sa participation au sein de l’Alliance de la majorité présidentielle, AMP. Raison avancée : l’octroi au PPRD du poste de secrétaire exécutif à l’AMP-province Orientale, alors que ce poste devrait revenir au MSR. Ce parti qui demeure un des alliés importants du PPRD dans l’ AMP dénonce le clientélisme et les injustices.

Au fait, ce n’est pas la première fois que le MSR lève le ton au sein de l’AMP pour se faire mieux entendre. Aux lendemains du dernier remaniement de l’équipe gouvernementale, remaniement qui avait particulièrement touché le président national de ce parti, alors ministre d’Etat en charge des Infrastructures et Travaux publics, le MSR s’était senti lésé au regard de son poids politique à l’AMP. En effet, le MSR dispose de 34 députés au sein de l’Assemblée nationale. Ce deuxième revers risque de bousculer ses ambitions politiques.

Fait reconnu tacitement par Koyagialo, secrétaire exécutif de l’AMP en séjour justement à Kisangani : «Ce n’est pas exclu dans la gestion des ambitions, qu’il y ait par-ci par-là des observations et des réserves. C’est le cas du MSR. Au premier niveau, la désignation était en faveur du MSR. Mais lorsque l’on regarde la pondération réelle de chaque parti représentatif de l’AMP en province Orientale, c’est le PPRD qui pèse le plus en terme d’élus au niveau de l’Assemblée provinciale ». Voilà une déclaration qui pourrait susciter d’autres commentaires.

Au Mouvement pour la libération du Congo, MLC, la dernière mesure de restructuration ne fait pas l’unanimité. Des « gros poissons » de ce parti ont été écartés pour des raisons propres à ce parti. C’est le cas de l’honorable Delly Sessanga.

L’on se rappellera qu’il y a de cela quelque temps, le député Sessanga avait évoqué la nécessité d’un débat interne au MLC. Cette déclaration avait suscité des commentaires en sens divers, lui pretant des intentions de vouloir «introduire un courant réformateur » au sein du parti. Qu’il ne se retrouve pas dans la dernière mise en place, voilà qui contribue à alimenter des commentaires pour autant qu’avec l’arrestation du président national, Jean-Pierre Bemba, le MLC est à recherche d’un « leader » en attendant sa libération.

Comment expliquer cette « mise à l’écart » d’une des têtes couronnées du MLC qui préside d’ailleurs l’une des plus importantes commissions à l’Assemblée nationale? A en croire certaines indiscrétions, Sessanga subirait certainement le même sort que Yves Kisombe, et que la dernière restructuration ne consistait qu’à mettre les points sur les « i » pour éviter toute interprétation erronée dans les prochains jours. Cela a-t-il été fait avec le consentement du président national, Jean-Pierre Bemba ? A cette interrogation, un des membres influents du MLC a eu cette réponse à la question de savoir s’il n’existait pas une lutte d’influence entre José Makila et François Mamba: « Jean-Pierre Bemba est joignable. Retenez-le ». C’est tout dire.

Au niveau du PALU, le cas Mayobo n’a pas encore totalement connu son épilogue. On continue à murmurer tant qu’il occupe le poste actuel à la Primature. Ce qui se traduirait par un refus catégorique du patriarche Gizenga à ne pas appliquer les instructions des instances dirigeantes du parti.

REMANIEMENT, ELECTIONS LOCALES ET 2011

L’on ne serait pas complet si l’on ne mentionnait pas la situation au sein de l’UDPS. Ce parti prépare son congrès projeté en janvier 2009. Mais d’ici là, tout peut arriver pour autant que c’est en ordre dispersé que ce parti, qui n’ a pas pris part aux élections, tente de faire son « come back » dans les institutions nationales et provinciales lors des élections de 2011. D’un côté, il y a le camp Mubake et Massamba, de l’autre Beltchika. Ils se tirent sans cesse des flèches. Jusque-là, le président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi n’a pas mis fin à la récréation. Attitude préjudiciable pour ce parti qui a déjà perdu plusieurs de ses « belles plumes ».

Autant de remous ainsi ramassés   à même de fragiliser n’importe quel  parti ou plate-forme politique.

Toutes ces bousculades ont quasiment les mêmes origines. Dans un premier temps, il s’agit du remaniement qui est imminent.

D’ailleurs, dans notre dernière livraison, Le Potentiel s’y est étendu longuement. Et si les choses donnent l’impression de prendre un peu plus de temps, c’est à cause justement de toutes ces bousculades au sein des partis politiques.

Il y a d’un côté toutes ces revendications sur base des accords signés entre différents partenaires dans l’AMP, et de l’autre des ambitions individuelles. Pour contourner cet handicap, il nous revient que l’on aurait préféré des contacts individuels avant de saisir le parti ou la plate-forme.

D’autre part, dans cette volonté de s’entourer des personnes compétentes toutes couleurs politiques confondues, des personnalités politiques de l’Opposition, des indépendants auraient été consultés. Ce qui restreint les ambitions des uns et des autres pour expliquer cette bousculade.

Mais l’on songe déjà aux élections locales prévues en 2009. A ce niveau également, les ambitions de chaque parti politique s’affirment parce qu’au-delà des élections locales, il y a les prochaines élections générales de 2011.

A dire vrai, l’heure est aux calculs politiques, au positionnement et au repositionnement. Rien de surprenant qu’on enregistre ici et là des réactions liées aux ambitions politiques de chaque parti au regard de toutes ces échéances politiques. Le plus dur maintenant consiste à gérer toutes ces ambitions, à voir comment toutes ces plates-formes, à savoir l’AMP et l’Union pour la Nation, UN, sauront résister à toutes ces vagues politiques.

Source /Le Potentiel/kinshasa