assassins

Une seule évidence ressort de la disparition tragique du député provincial Daniel Botethi Loleke : c’est l’appel radio sur Motorola qui l’a poussé à changer d’itinéraire. Pour la partie civile, c’est donc cette communication de la police qui a causé sa mort. En vue d’élucider ce point, plusieurs témoins, en majorité éléments de la police, se sont succédé à la barre à l’audience du mardi 12 août 2008. Il y a eu aussi Mme le bourgmestre de Ngaliema et l’opérateur de la SNEL commis à la station Haute Tension. But poursuivi par les avocats de la famille Botethi : découvrir si cet appel décelait un piège.

Si le vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa n’avait pas changé d’itinéraire dans cette fatidique nuit du 5 au 6 juillet 2008, sûrement qu’il ne serait pas tombé dans l’embuscade tendue par les assaillants. C’est pourquoi, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a eu à entendre neuf témoins à l’audience d’hier mardi 12 août. Responsables à différents niveaux, ils ont eu à s’expliquer sur ce qui s’est passé cette nuit-là.

La première à être entendue a été Mme Inoma Nsengi Fatuma, bourgmestre intérimaire de la commune de Ngaliema. Cette dernière a dit avoir été informée du meurtre à 4h00’’ du matin par le commandant du commissariat de Ngaliema. Quant aux tirs de balles du quartier St Luc, elle n’en a jamais été au courant. Ceci, du fait qu’elle ne possède pas une radio de communication Motorola. Ici, Me Nyango s’est dit étonné. Car pour lui, c’est cette communication qui a désaxé l’honorable Botethi.

Pour sa part, l’inspecteur adjoint Mbunga Bin Kadjemba, commissaire de Ngaliema, a informé le tribunal qu’il avait entendu l’appel sur les tirs à hauteur de Haute Tension depuis le camp Lufungula où il purgeait une punition.

Quant à l’opérateur du commissariat de Ngaliema, il a affirmé avoir capté le message sur les tirs de St Luc et Mont Fleury vers 2h00’’ du matin. Aussitôt, il a envoyé ses « enfants » dans ce rayon. Mais comme ils étaient à pied, ils ont trouvé que tout était calme. Et ce message provenait du camp Lufungula. A propos des messages reçus cette nuit-là, il a affirmé n’avoir reçu que celui des tirs de St Luc. Mais rien sur celui du meurtre qui a été répercuté à 4h00’’.

Passé à son tour à la barre, le commandant du sous-commissariat de l’Ecole a déclaré que n’étant pas de service cette nuit-là, c’est l’officier d’ordonnance qui avait marqué dans le cahier de permanence avoir entendu deux coups de balles du côté du Palais de marbre. De son côté, le commissaire adjoint du sous-commissariat « Point Chaud » a dit avoir entendu deux coups de balles vers 2h00’’du matin, du côté de la brousse du Cercle hippique. Mais il n’a pu avertir personne. Car, son Motorola était déchargé.

En toute sincérité, le brigadier Landu, commis à la garde de la station SNEL/Haute Tention, a avoué au tribunal que pendant que tout cela se déroulait à quelques mètres de lui, il dormait dans le bureau. Il n’en est sorti que vers 6h00’’. C’est pourquoi, le ministère public l’a inculpé sur place de la prévention d’abandon de poste. Malgré toutes ces dépositions, la partie civile Botethi a conclu que le flou persistait toujours.

Il faudrait noter qu’à la fin de l’audience, le tribunal a eu à entendre le taximan Ngoma Mambueni Appolinaire. C’est-à-dire la dernière victime de Kady Munungu. En effet, c’est grâce à lui que Kady a été arrêté. Mais comme toujours, Kady a dit ne pas connaître cet homme, ni l’histoire qu’il était en train de raconter.

Source : le Potentiel/kinshasa