Matadi_Port

Le cercle des partenaires de l’Office des Douanes et Accises (Ofida) vient encore une fois de s’élargir. Le dernier partenaire en date s’appelle Custons and Tax Consultancy (CTC), une entreprise de droit américain spécialisé dans le domaine de la douane pour l’assistance technique. C’est le numéro un de CTC, Christopher Outhwaite, qui a représenté son entreprise à cette cérémonie de présentation officielle. Il était accompagné de 4 de ses principaux collaborateurs dont le directeur financier. La présentation du nouveau partenaire est intervenue, hier lundi 11 août, à l’issue d’une réunion d’information que l’Administrateur délégué général de l’Ofida a présidée au siège de son entreprise.

             

Les membres du comité de gestion et cadres de l’Ofida, les responsables des entreprises impliquées dans le processus de dédouanement dont l’Office congolais de contrôle (Occ), la Fédération des entreprises congolaises (Fec), les anciens partenaires de l’Ofida et autres personnalités ont pris part à cette réunion dite d’information. Dans son mot, l’Adg Rugwiza a tenu à préciser que c’est sur recommandation faite par le ministre des Finances à l’Ofida, l’Occ et Bivac que cette réunion a eu lieu. Avant de procéder à la présentation du nouveau partenaire avec lequel le gouvernement a signé des accords pour le renforcement des capacités de la douane dont l’objectif est entre autres d’augmenter les recettes douanières et accisiennes. Cet accord basé sur l’assistance technique entre dans le cadre de la réforme et de la modernisation de la douane congolaise qui est le fruit des négociations. Au terme de cet accord, quatre missions sont confiées à l’entreprise CTC parmi lesquelles créer une assistance moderne et efficace répondant aux normes en matière de douane, conseiller judicieusement l’Etat sur la réforme du système douanier. Il faut noter que le dit contrat contient 25 articles répartis en 5 chapitres. Obligations Conformément aux us et coutumes universels en matière de signature de contrat, chaque partie a des droits et obligations à observer. A ce sujet, le partenaire CTC s’engage à mettre en place une équipe d’experts expérimentés et chevronnés en matière de la réforme et modernisation du système douanier national. Il devra également transmettre à l’Ofida pour information la liste de tous les experts contractants, examiner attentivement les marchandises à exporter et importer, diligenter un audit post-dédouanement, etc. Quant à l’Etat, signataire dudit contrat, il doit accepter les recommandations du consultant et les mettre en application. Le gouvernement congolais devra aussi instruire l’Ofida, l’Occ et Bivac d’apporter au consultant et à ses experts une collaboration étroite et franche en vue de la réussite de la mission leur confiée. Tout comme reconnaître à CTC le pouvoir de contrôler les marchandises à l’importation et exportation, etc. CTC : 11 ans d’expérience en Afrique Pour sa part, le responsable de CTC a indiqué qu’il s’agit d’un partenariat entre son entreprise et l’Etat congolais, à travers l’Ofida. Avant d’indiquer : « Nous sommes venus aider l’Ofida à moderniser son système et non le remplacer dans ce qu’il fait ». Pour ce faire, le CTC travaillera avec quelques 63 consultants venus de partout à travers le monde pour la réalisation de sa mission. C’est ici qu’il a annoncé avoir œuvré plus de 11 ans en Afrique dans le domaine de la douane. Toujours dans le cadre de la réalisation de la mission lui confiée par le gouvernement, le CTC se rendra dans toutes les agences douanières de la République démocratique du Congo, après l’étape de Kinshasa. Matadi, Lubumbashi, Kasumbalesa, Goma…comptent dans le programme de modernisation de la douane sous la houlette de CTC, a-t-on indiqué. L’objectif visé n’est autre que la modernisation du système douanier congolais afin qu’il réponde au standing international. Les anciens partenaires inquiets ! Après les allocutions de l’Adg de l’Ofida et du représentant de CTC, la parole a été accordée à l’assistance parmi laquelle se trouvaient des anciens partenaires, la Fec et autres syndicalistes pour qu’ils expriment leurs préoccupations en rapport avec le nouveau partenariat conclu entre l’Ofida et le CTC. C’est ainsi que le représentant de l’ACAD s’est déclaré inquiet sur le fait que le présent risque de mettre en mal les « intérêts » des douaniers qui, au cas où ils ne trouveraient pas leurs comptes, pourraient être tentés de jouer aux manœuvres dilatoires pour manifester leur mécontentement. Pour minimiser cette appréhension, M. Christopher a signalé que l’augmentation des recettes va de pair avec l’amélioration des conditions de travail. Le responsable de CTC a saisi l’occasion pour annoncer que partout où il est passé, les recettes douanières ont été multipliées par dix. Comme cela a été le cas en Angola et au Mozambique. De son côté, le représentant de la Fec a voulu savoir en quoi consiste l’assistance technique que le CTC doit apporter ? D’où viendra le financement ? N’y aura pas de télescopage avec Bivac ? Quel serait le coût supplémentaire pour l’opérateur économique ? D’autres questions ont été également posées à Deo Rugwiza et Christopher Outhwaite, dont celle du Sud-africain Mumba, le représentant de African Union Financial Service (AUFS) qui voit dans le nouveau contrat le risque de casser tous les anciens partenaires. Pour rappel, l’AUFS est une firme de droit sud-africain qui s’occupe de l’installation des scanneurs et d’équipements de surveillance ainsi que des télécommunications à l’Office des douanes et accises. Elle totalise déjà trois ans d’existence. Le ministre des Finances pour éclairer l’opinion A la plupart des préoccupations posées, l’Adg de l’Ofida a dit ne pas détenir la lumière suffisante. Avant de demander à leurs auteurs de les réserver au ministre des Finances qui tiendra prochainement une conférence de presse pour éclairer l’opinion sur tous ces contrats conclus dans le but non seulement de renforcer les capacités de l’Ofida, mais également de moderniser tout le système de la douane congolaise. Le rendez-vous est donc pris avec Athanase Matenda pour préciser dans quelles limites chaque partenaire oeuvrera et démontrer à même temps qu’il n’y aura pas de télescopage dans le fonctionnement.