15 août 2008
RDC : Enquête contre des casques bleus indiens
Des soldats indiens pourraient être impliqués dans des cas d'abus sexuels alors qu'ils servaient dans la mission de maintien de la paix en République démocratique du Congo. Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit « profondément troublé » par le rapport d'enquête, conduite par ses services, qui tendrait à prouver des cas d'exploitation sexuelle durant plusieurs années. L'Inde, de son côté, prend les choses très au sérieux et a ouvert une enquête.
Les accusations formulées par les enquêteurs des Nations unies sont prises très au sérieux par le ministère de la Défense, en Inde. Des officiers supérieurs de l'armée ont été chargé de conduire l'enquête visant des soldats indiens ayant participé à la mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc).
Les casques bleus sont en effet accusés d'avoir commis des abus sexuels, pendant plusieurs années, sur une centaine de personnes, parfois sur des mineurs. La plupart des soldats de la paix sont depuis revenus en Inde ou servent dans d'autres pays.
New Delhi promet de punir les responsables
En mai dernier, le commandant adjoint de l'armée s'était rendu au Congo pour procéder à un premier examen des allégations. Depuis, l'Inde a ouvert une enquête supervisée par un autre cacique de l'armée dans le Nord-Kivu.
New Delhi a par ailleurs assuré que cette enquête serait menée dans des délais raisonnables, et que les suspects, s'ils sont reconnus coupables, seront sévèrement punis. L'Inde tient même à prendre des sanctions exemplaires, car au-delà du préjudice supposé, le géant asiatique est, sur le plan diplomatique, en plein rapprochement avec la plupart des pays Africains, dont le Congo-Kinshasa.
Les expulsions de Congolais s'accélèrent avant les élections angolaises
La vague d'expulsions brutales de Congolais en situation irrégulière en Angola s'accélère, avec plus de 70.000 refoulés en deux mois, à l'approche des élections législatives angolaises du 5 septembre.
"Près de 72.000 Congolais expulsés ont été enregistrés en juin et juillet", a déclaré jeudi à l'AFP le porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), Christophe Illemassene.
Dès 2003, les autorités angolaises avaient annoncé qu'elles expulseraient les étrangers en situation irrégulière dans la perspective de l'organisation des élections, afin d'éviter que de non-Angolais participent aux scrutins. Il s'agira des premières législatives en Angola depuis la fin d'une guerre civile de 27 ans.
"De décembre 2003 à juillet 2007 environ 140.000 Congolais ont été expulsés par vagues successives", indique le dernier rapport de OCHA publié fin juillet.
"Environ 150.000 personnes de plus pourraient être concernées", prévient OCHA dans son rapport. Le Bureau de l'ONU dit craindre une "accélération des expulsions au fur et à mesure que les élections approchent" en Angola.
Les expulsés entrent en RDC par différents points dans toutes les provinces frontalières: Bandundu (sud-ouest), Bas-congo (ouest), Kasaï-occidental et Kasaï-oriental (centre), Katanga (sud-est).
Ils sont dépouillés de leurs biens et dans un état d'extrême vulnérabilité, selon les organisations non gouvernementales (ONG) sur place.
Le chef de la mission de l'ONU en RDC (Monuc), Alan Doss, s'était déjà dit, fin juin, "préoccupé face à de nombreux rapports sur des violences, notamment sexuelles", infligées à ces expulsés par les forces de sécurité angolaises.
Au Kasaï occidental, plus de 500 femmes (sur un total de 6.263 expulsés du 31 mai au 16 juin) ont déposé plainte pour des violences sexuelles.
Dans la province voisine du Bandundu, le docteur Philémon Sikulisimwa, coordonnateur d'une mission inter-agences, avait affirmé à l'AFP qu'outre les cas de viols, "plus de 2.500 personnes" s'étaient plaintes de "sévices corporels " au cours de fouilles par les policiers angolais jusque dans leurs partie génitales. Ces fouilles visent la recherche d'éventuels diamants que les refoulés peuvent cacher.
La plupart des Congolais pénètrent en Angola dans l'espoir de s'enrichir dans l'exploitation artisanale du diamant.
Les autorités congolaises sont souvent accusées de mollesse et d'indifférence face à ce problème. Il n'existe aucune structure d'accueil du côté congolais.
"Les émigrés congolais sont traqués comme des lapins en Angola alors que curieusement l'inverse est rare", s'exclame ainsi un quotidien congolais pourtant pro-gouvernemental, "L'Avenir".
Le directeur du cabinet du ministre de l'Intérieur s'est défendu en expliquant à l'AFP qu'il était "difficile de les regrouper car la plupart d'entre eux sont hébergés dans des familles d'accueils".
"Nous tenons actuellement des réunions avec des organismes internationaux afin de prendre des dispositions face à l'aflux des expulsés", a ajouté Smith Kabengele selon qui ces "retournés" reviennent vite en Angola.
"Ils sont expulsés et après quelques mois, ils retournent en Angola", explique-t-il.
Beaucoup d'expulsés ont affirmé à Catholic relief services (CRS), une ONG catholique d'aide au développement, qu'ils retournent parce qu'ils peuvent s'enrichir rapidement. "Là-bas, on peut se réveiller pauvre et finir la journée très riche", ont-ils déclaré.
D'autres traversent la frontière car ils ont été chassés de chez eux. Ainsi, les habitants de Kahemba, dans le Bandundu, se sont retrouvés sans terre après un conflit frontalier en juillet 2007 entre les deux pays.
Plus d'un million de Congolais séjournent en Angola, selon le ministère congolais de l'Intérieur.
Le maire de Lubumbashi suspendu de ses fonctions pour violation de la Constitution
Le maire de la ville de Lubumbashi, M. Floribert Kaseba Makunko, est suspendu de ses fonctions à titre préventif afin d’être traduit en justice pour violation de la Constitution, a appris l'agence de presse APA des sources bien informées.
Cette décision est prise par le général Major Denis Kalume Numbi, ministre d’Etat de l’Intérieur du gouvernement central de la RDC qui vient par ailleurs d’annuler les arrêtés urbains 16 et 17 du maire de Lubumbashi portant réglementation des mouvements de la population nationale et étrangère en ce qui concerne l’entrée et le séjour dans cette deuxième métropole de la RDC.
L’arrêté du ministre d’Etat de l’Intérieur qui fait suite aux recommandations de l’Assemblée nationale, indique que les mouvements de la population nationale relèvent de la compétence de son ministère et celui des étrangers est régi par une ordonnance-loi sur la police des étrangers.
Par ces arrêtés, le maire de la ville de Lubumbashi a violé la Constitution de la RDC qui stipule que « tout Congolais a le droit de s’installer dans les villes, cités, villages, localités de son choix sur l’ensemble du territoire national ». En ce qui concerne le mouvement de la population étrangère, sa décision ne relève pas de sa compétence, précise-t-on de bonne source.
Au mois de mai dernier, le maire de Lubumbashi avait signé deux arrêtés urbains aux termes desquels toute personne qui arrive dans la ville de Lubumbashi devait se présenter trois jours après au bureau d’état civil de la commune de résidence temporaire pour y retirer une attestation de séjour pour les nationaux et une carte de séjour pour les étrangers.
Le renouvellement de ces documents valables pour une durée d’un mois, était soumis à d’autres conditions notamment justifier le motif du séjour, présenter les moyens de subsistance par la famille d’accueil.
Ces mesures, indique-t-on, à l’Hôtel de ville, visent à contrôler le mouvement de la population nationale et étrangère dans la ville de Lubumbashi, à la suite d’un afflux de la population attirée par le boom économique consécutif à l’exploitation minière. Cette situation est à la base de la présence nombreuse des enfants de rue et de l’insécurité dans ville.
Une « femme », non autrement identifiée, a été citée à l’audience du Tribunal de garnison militaire de Kinshasa/Ngaliema siégean
Une « femme », non autrement identifiée, a été citée à l’audience du Tribunal de garnison militaire de Kinshasa/Ngaliema siégeant, hier jeudi 14 août au camp Kokolo, en matière de flagrance sur le meurtre du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Daniel Botethi. Celui-ci a été abattu au quartier MaCampagne dans la nuit du 5 au 6 juillet 2008.
« Il y a aussi le nom d’une femme dans tous les relevés », a révélé le Ministère public, se référant aux communications répertoriées sur les SIM des prévenus signalant les appels téléphoniques qu’ils ont échangés entre eux. Mais, il n’a pas dévoilé l’identité de la « femme ».
Cet élément nouveau renfonce davantage le mystère observé autour d’un meurtre qui, d’une audience à l’autre, prend les allures d’un assassinat « commandité », selon les avocats de la partie civile. Rejetant au second plan le rapport pourtant capital de l’expert de la Police nationale congolaise, qui affirme que Daniel Botethi a été tué par la bande à Kady Munungu.
Son nom étant apparu à plusieurs reprises dans les communications téléphoniques des prévenus. Quel rôle la « femme » révélée dans les SIM a-t-elle pu jouer dans la tragédie du samedi 5 au dimanche 6 juillet 2008 ?
« Est-ce une femme commune ? », s’est interrogé à haute voix le Ministère public. « En quoi ce numéro est-il suspect ? », a alors voulu savoir le président du tribunal, visiblement curieux.
« Elle doit être une amie commune. Nous ne parlons pas d’une suspicion, mais nous demandons que le Tribunal vérifie », a rétorqué l’Organe de la loi, sans révéler le fond de sa pensée.
Dans ses différentes déclarations, à aucun moment le prévenu Patrick Mwewa a fait allusion à une femme impliquée dans leur opération funeste. Etait-ce par oubli ou omission volontaire ?
Et lorsque le Ministère public demande au Tribunal de « vérifier », cela ne laisserait-il pas sous-entendre que cette « femme » pourrait être le « lien » ou le « maillon » manquant du puzzle susceptible d’orienter les enquêtes vers le fameux « commanditaire » vers lequel s’orientent les accusations du père de Daniel Botethi ?
Il n’est donc pas exclu que le Tribunal de garnison militaire de Kinshasa/Ngaliema s’intéresse à cette nouvelle piste visiblement « chaude ».
Quant au type d’arme d’où est partie la balle qui a tué le vice-président de l’Assemblée provinciale, il est apparu hier jeudi quelques contradictions dans les rapports de la police scientifique et de l’expert en balistique. Dont le premier porte sur la position dans laquelle se trouvait la victime au moment du tir fatal.
Ensuite, l’expert en balistique a contredit le Ministère public qui avait assuré, lors d’une précédente audience, que Botethi était mort d’une balle tirée par une « arme FA ». Selon lui, il n’existerait « pas d’arme FA ». Qui dit vrai ?
C’est pour éclairer la religion des juges que l’expert en balistique de la Police nationale congolaise a été appelé, à l’audience d’hier jeudi au Tribunal de garnison militaire de Kinshasa/Ngaliema, pour présenter son rapport. Dès lors que ses déclarations sont mises en doute, le procès pourrait tirer en longueur. Surtout avec l’élément de cette « femme mystérieuse ».
La prévention de meurtre clôturée avec l’expert en balistique
Procès Botethi. Hier jeudi 14 août, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a terminé l’instruction sur la prévention de meurtre. Et c’est l’expert en balistique, le capitaine Louis Kalamba de la base logistique centrale qui a fait son rapport. Ceci, pour expliquer comment le regretté vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa a été tué.
Selon cet expert, dès que la première balle a été tirée, l’honorable Botethi est sorti de la voiture pour fuir le danger. Mais arrivé au bout de la chaussée, il a trébuché dans le caniveau. Entre-temps, les assaillants – qui au départ s’étaient tous positionnés du côté du conducteur – s’étaient déjà repliés dans la pelouse derrière la voiture, pour échapper à la puissance de feu du garde du corps.
Comme il était étalé face contre terre après sa chute, ces malfaiteurs – qui se trouvaient à deux mètres de lui - lui ont tiré une balle à l’avant-bras droit. Terrassé par la douleur, le député a dû se retourner dans la position dorsale. C’est ainsi que l’un des assaillants a pu lui loger deux balles, dont la première s’est encastrée dans la tempe gauche et la deuxième est ressortie du côté de l’oreille droite. A la question de savoir pourquoi les deux balles ne sont-elles pas allées du même côté ? Le capitaine Kalamba a dit qu’à cause du choc subi, la victime a dû bouger. C’est cela qui justifie les deux trajectoires divergentes.
A ce sujet, la partie civile a voulu comprendre comment pour cette arme à longue portée, une balle tirée à bout portant est restée dans le corps. L’expert a justifié cela par le fait que cette balle était déjà défectueuse, elle avait des failles dues peut-être à sa mauvaise conservation. Mais comment le député qui était tombé la tête vers le mur et pieds du côté de sa voiture a-t-il été retrouvé en position inverse ? Là encore, l’expert a expliqué que cela est normal pour quelqu’un qui meurt dans ces conditions. Il a certainement tournoyé sur place avant de rendre l’âme. Combien de temps tout cela a-t-il duré ? L’expert en balistique a dit que tout s’est passé en trois minutes.
Mais ce rapport a été contesté, aussi bien par les avocats de la partie civile que par ceux de la défense. Ils ont trouvé qu’il était en pleine contradiction avec celui fait par le colonel Van de la police scientifique. Ceci, du fait que la police scientifique avait démontré que le député Botethi a été atteint en courant. C’est-à-dire en position debout.
Aussi, Me Papy Niango de la partie civile a soutenu que les assaillants avaient tiré trois balles sur le pare-brise du côté du garde du corps Kankonde. « Mais pourquoi Kankonde n’a-t-il pas été atteint ? Mystère ! ». Ainsi s’est écrié cet avocat. Mais appelés à donner leur point de vue, le capitaine expert et le colonel Van ont expliqué au tribunal que les trois balles avaient bel et bien été tirées de l’intérieur par le garde du corps. Selon le capitaine Kalamba, des balles tirées à cette portée de l’extérieur auraient dû laisser des impacts en traversant la voiture. Mais la partie civile n’en a pas été convaincue pour autant.
De leur côté, les avocats de la défense ont d’abord retenu contre l’expert Kalamba le défaut de prestation de serment. Ce qui, selon eux, rend nul tout le travail de l’expert. Et Me Théodore Mukendi de demander : « Pourquoi le tribunal s’obstine-t-il à soutenir un travail fait dans l’illégalité ? ».
Au cours de cette même journée, le tribunal a abordé la prévention d’association de malfaiteurs. C’est ainsi que grâce aux relevés d’appels téléphoniques fournis par la société de communication ZAIN (ex-Celtel), il a été établi que les membres de cette bande étaient en communication au mois de juin. Par contre, le ministère public a fait voir que Kady Munungu n’a été en communication téléphonique avec quiconque dans la nuit du meurtre, soit celle du 5 au 6 juillet. Ce qui veut dire que les déclarations faites à ce sujet par Patrick Mwewa sont fausses. Pour sa part, le capitaine président Patty Sangwa s’est étonné de voir une communication du prévenu Ngoy Kasongo « Moto ya Katanga » à la date du 7 juillet. Or, ce dernier était déjà arrêté dans l’après-midi du 6 juillet.
Dans tous ces relevés téléphoniques, le ministère public a dit qu’il y a aussi le nom d’une femme citée par la partie civile. « Est-ce une femme commune ? », a interrogé l’organe de la loi. « En quoi ce numéro est-il suspect ? », a demandé à son tour le président du tribunal. Et là, le ministère public de conclure : « Elle doit être une amie commune. Nous ne parlons pas d’une suspicion. Mais que le tribunal vérifie… ».
source : le Potentiel/kinshasa
Pendant que la famille Botethi pleure encore son fils, les prévenus Patrick Mwewa et Kady Munungu semblent narguer la justice. C
Pendant que la famille Botethi pleure encore son fils, les prévenus Patrick Mwewa et Kady Munungu semblent narguer la justice. C’est pourquoi, la partie civile Kankonde a fait appel au témoin Ngoma Mambueni Apollinaire. Taximan de son état, cet homme relate sa mauvaise rencontre avec la bande à Kady Munungu. Drôle de coïncidence pour son cas : le mode opérationnel des malfaiteurs est identique à celui utilisé dans l’embuscade tendue au vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
A propos du procès qui oppose le ministère public et les parties civiles aux meurtriers présumés du député Daniel Botethi Loleke, la dernière partie de l’audience du mardi 12 août a été consacrée à la déposition du témoin Ngoma Mambueni Appollinaire. Ce dernier a été invité par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema sur demande de la parie civile Kankonde. Ceci, pour balayer l’argument selon lequel le garde du corps aurait tiré sur son chef ; ou encore qu’il serait de mèche avec les malfaiteurs.
Appelé à la barre, le chauffeur Ngoma a narré comment il a failli passer de la vie à trépas dans la nuit d’un certain samedi.
Et cela, deux semaines après le meurtre du député Botethi. Prié d’identifier les prévenus, celui-ci a seulement reconnu le 1er sergent Kady Munungu, déserteur de la Garde républicaine. Mais celui-ci est resté de marbre, sans manifester aucun état d’âme. Racontant son histoire, le chauffeur Ngoma a dit au tribunal qu’un certain samedi aux environs de 23h00’’, il avait stationné sa voiture dans un coin de Binza-Delvaux, à la station Elf. A 01h00’’, son client Joël est venu le tirer de son somme. Il a donc démarré son taxi pour aller le déposer du côté de la route de Matadi.
Mais arrivé au niveau de l’avenue Masikita, il a remarqué qu’un amas de pierres obstruait la voie sur l’avenue Haut-Congo. Trois individus ont surgi de l’herbe. Ils étaient en civil, mais avec des pardessus militaires. Pendant ce temps, son client ivre à mort, dormait comme un loir.
« Animé par le réflexe de survie, j’ai dévié à gauche. Et j’ai filé tout droit jusqu’au commissariat de police », a dit le témoin Ngoma. Mais là, après avoir écouté son histoire, les agents de l’ordre ont eu la frousse. Pas tous bien sûr, car trois d’entre eux, conscients de leur devoir, ont accepté de risquer leur vie. Ces policiers courageux se sont donc embarqués au bord du taxi pour rejoindre le lieu de l’embuscade.
Pour tromper la vigilance des assaillants, le chauffeur a fait le contour pour reprendre le même itinéraire. Entre-temps, deux des policiers embarqués roupillaient déjà en cours de route. « Arrivé sur place, j’ai stoppé devant la barrière despierres. Et Kady est apparu de mon côté, deux autres assaillants sont passés derrière. Et malgré mes petites bousculades en ce dangereux instant, les trois policiers dormaient. Et sans crier gare, Kady tire. Réveillé en sursaut par ce coup de feu, l’adjudant à ma droite riposte, et sa balle atteint Kady. Leur chef touché, les deux autres malfaiteurs prennent fuite », ainsi a raconté ce témoin.
Poursuivant son récit, il a dit qu’ils sont allés ensuite chercher du renfort. Kady s’était déjà déplacé. Ils ont découvert ses traces grâce à un homme qu’il venait de menacer pour lui indiquer un centre hospitalier. Kady était en train de nettoyer sa blessure dans un ruisseau. Son arme FA était jetée plus loin.
Au camp, il a dit ceci au colonel Kanyama : « C’est moi Kady, le chef de bande. Si vous me laissez mourir, vous ne saurez jamais la vérité. Car en ce moment, Patrick Mwewa est en train de calomnier les autorités pour rien ». Mais comme toujours, appelé à réagir, Kady a répondu au tribunal en ces termes : «Je ne connais pas cet homme. Il est influencé pour venir faire un faux témoigne contre moi».
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source : le Potentiel/kinshasa


