Justice

Contestant les charges mises à leur charge, le prévenu Vungu et consorts rejettent non seulement la responsabilité du meurtre du journaliste Bapuwa Mwamba mais aussi dénoncent le fait que toutes les dépositions avant le procès ont été faites sous la torture. Pour sa part, dans une déposition faite à la cour, le neveu de feu le journaliste a reconnu que c’est cette même équipe qui avait commis un vol dans leur domicile de Matete quelques mois avant l’assassinat de son oncle.

La cour militaire de Kinshasa, Matete, siégeant au degré d’appel, en matière répressive, a poursuivi le mardi 19 août 2008 l’instruction du dossier sous le RPA 053/08. Celui-ci oppose le ministère public et la partie civile Bapuwa Mwamba au prévenu Vungu Manace et consorts. En effet, il est reproché aux prévenus de s’être constitués en association de malfaiteurs, de vol à main armée ainsi que d’avoir assassiné, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2006, le journaliste Bapuwa Mwamba.

Interrogés après visualisation de la bande vidéo tournée lors de leur audition au niveau des services spéciaux, dans laquelle ils avouent avoir commis le crime, les prévenus ont soutenu que c’est sous la torture qu’ils ont été contraints à reconnaître les faits. Les OPJ leurs avaient dicté tout ce qu’ils devaient dire.

Sur cette bande magnétique, un des coprévenus avoue que c’est Vungu Manace qui avait tiré sur le journaliste. Cela n’était pas fait intentionnellement. C’est par erreur qu’il avait appuyé sur la gâchette au moment où il se disputait l’arme avec le journaliste.

Selon les prévenus, ils ont été contraints par les OPJ à avouer les faits non commis afin de leur permettre de bénéficier du bonus de cinq mille dollars américains mis en jeu par l’autorité. « C’est une surprise pour nous de voir qu’il y avait une caméra cachée dans la salle où nous étions interrogés », ont déclaré les prévenus.

CE SONT LES MEMES INDIVIDUS

Invité sur demande du Aconseil de la partie civile pour confirmer si il reconnaissait les prévenus, le neveu du feu Bapuwa Mwamba, Bapuwa Tshimanga, a déclaré devant la cour qu’il avait vu ces prévenus dans la nuit du 8 mars 2006. Ces derniers avaient fait irruption dans leur domicile, avec des armes mais en tenue civile. Ils avaient emporté une somme de huit cent cinquante dollars américains, des téléphones portables ainsi qu’un poste de radio.

Et de poursuivre : « suite à une incompréhension entre Vungu Manassé et sa bande, il a eu la vie sauve ». Car Manassé, qui l’avait fait ligoter voulait à tout prix l’abattre. Pour lui, laisser Tshimanga en vie serrait une imprudence étant donné qu’ils les avaient déjà identifiés.

A la question de savoir comment a-t-il reconnu les prévenus qui étaient arrêtés après l’assassinat de son oncle, Bapuwa Tshimanga a confirmé qu’en juillet 2006, il n’était pas chez son oncle. Mais, lorsqu’il a été invité pour une interrogation au niveau des services spéciaux, il a vite reconnu l’équipe de Vungu parmi tant d’autres détenus… Ce sont les mêmes individus qui ont opéré en mars 2006. Cependant, a-t-il soutenu, parmi ceux qui avaient commis le vol à main armée chez son oncle en mars, un d’entre eux n’était pas au rendez-vous.

Après cette déposition du renseignant Bapuwa Tshimanga, la cour militaire a procédé au renvoi de la cause à la quinzaine pour réquisition, plaidoirie ainsi que les conclusions de toutes les parties.