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L’affaire de l’assassinat de l’honorable Daniel Botethi vient de connaître un nouveau rebondissement. La piste des commanditaires intéresse particulièrement la partie civile et l’organe de la loi. Laissée en jachère à la suite du pardon de Mwewa au gouverneur de la ville, cette piste sera bientôt débroussaillée, sarclée et engraissée. Les avocats de la famille Botethi croyent qu’elle garde bien des choses qui pourraient édifier le tribunal dans la recherche de la vérité sur la mort de l’ancien vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, APK.

En effet, à l’audience d’hier, à la faveur des observations demandées aux parties par le tribunal militaire de garnison de Ngaliema sur la marche du procès Botethi, les avocats de la partie civile Botethi ont sollicité que soit davantage explorée la piste Mwewa. C’est cette piste qui a focalisé tous les regards vers le commanditaire désigné par lui, à savoir le gouverneur de la ville de Kinshasa. Pour Me Nyango, plusieurs éléments justifient leur intérêt soudain pour cette piste. Il y a d’abord, les aveux de Mwewa sur la composition de sa bande, et de ses activités criminelles. Ensuite, les revirements et les reniements des prévenus n’ont pas ébranlé l’intime conviction des juges, ni celle des autres parties au procès. Enfin, il a déploré le fait qu’on n’ait pas creusé davantage cette piste à cause des dénégations de Kadi Munung. Voilà pourquoi il a exhorté le tribunal à recueillir les relevés d’appels du gouverneur André Kimbuta et du président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Roger Nsingi. Ce dernier avait parlé, lors de sa comparution à une des audiences, des tumultes enregistrés au sein de cet organe législatif de la capitale. Me Nyango a relevé à ce sujet, la tension vive qui a prévalu à l’Assemblée provinciale avant la mort de Botethi. Des relevés d’appels téléphoniques de Kimbuta et Nsingi exigés En faisant dernièrement des recoupements des appels téléphoniques des prévenus, à la demande du tribunal militaire, le résumé récapitulatif montre deux numéros non identifiés qui appelaient souvent la bande. Et les avocats de Botethi de se demander si ces appels ne provenaient pas des intermédiaires ou de Fidèle, Mujos et Maseba? A l’époque, bien que la partie civile l’avait réclamé, les Sims du gouverneur et de Roger Nsingi n’avaient pas été revisitées. Négligence ou simple oubli, cette fouille n’avait pas été exercée dans les numéros d’appel de ces deux autorités urbaines. Aujourd’hui, le débat est relancé. Il faut donc fouiner dans ces Sims et en extraire toute connexion avec les membres de la bande ou avec les fameux intermédiaires. Dans sa foi d’avocat, Me Nyango continue à considérer que le gouverneur est suspect, parce que cité par Patrick Mwewa qui avait soutenu avoir perçu 1.300 dollars pour commettre l’odieux assassinat. A sa demande, le président du tribunal militaire a retenu que les investigations devaient couvrir la période allant du 1er juin au 10 juillet 2008. A la question du ministère public de savoir si ces numéros suspects étaient encore opérationnels, l’avocat-conseil de la famille Botethi a indiqué qu’ils sont fermés, et d’ajouter que c’est peut être à dessein. Voilà pourquoi les recherches sont nécessaires pour découvrir les raisons de leur fermeture et quels autres numéros d’appels étaient en connexion au cours de la période sous examen. Pour en avoir le cœur net, le capitaine Patty Sangwa a exigé la comparution du chargé des réquisitions de la société Zain. Enfin, trahi par sa copine, le fugitif Fidèle arrêté par la police A l’audience d’hier, l’une des pièces rares tant recherchées était exhibée devant les juges. Il s’agit du prévenu Fidèle, un des membres de la bande à Patrick Mwewa et Kady. Disciple de Kadi, le fameux Fidèle ne connaît rien. Il s’est présenté comme nettoyeur des véhicules. Mais le ministère public se référant à la plainte de Mme Sarah Siliki, objet des menaces de mort de la part de la bande à Kadi, croit que c’est lui Fidèle. Il a sollicité la comparution de la dame pour faire des révélations accablantes sur ce prévenu qui ne répondait qu’avec des expressions militaires. Il prétend être fils de militaire et avait vécu au quartier O.U.A. bloc 62. Patrick Mwewa a pour sa part, reconnu qu’il habitait le camp Tshatshi au bloc 77. A l’aide de quelques questions posées à Ilunga Mbayo que l’on présente comme Fidèle, le président du tribunal militaire a réalisé que ce prévenu cachait beaucoup de choses et qu’il en connaissait beaucoup sur ses compères. Pour plus de lumière sur la vraie identité de Fidèle, face à ses dénégations, toutes les parties ont convenu de faire venir Mme Sarah Siliki à la prochaine audience qui interviendra vendredi. Des biens saisis sur le corps de Daniel Botethi L’opinion a été scandalisée de constater que lors de la vérification et de l’examen des objets saisis et soumis au tribunal, figuraient le costume, la chemise, les chaussures, les chaussettes et la cravate de Daniel Botethi. Effets vestimentaires trouvés sur son corps et tous maculés de son sang. Il en est de même de ses deux portables cellulaires de marque Nokia, la carte rose de sa Mercedes Elegance, les clefs de contact de cette berline, ses 17.000 Fc et quelques bonbons. Le p.v. de saisie des habits renseignait que la saisie a été opérée le 6 juillet 2008 à 5 heures du matin et entre les mains de son garde du corps, Kankonde wa Kankonde, au camp Lufungula. Interrogé, ce dernier a reconnu qu’on lui a fait signer ce procès-verbal sans voir les effets. Cette réponse a révolté le ministère public qui a aussitôt demandé le niveau d’études du brigadier et s’il savait lire et écrire. Il dira qu’il avait terminé la 5 ème des humanités et savait lire et écrire. Pourtant, pour le commandant du district de la Lukunga, le corps de Botethi était encore sur le lieu du crime jusque vers 7 H. Et les avocats de la défense de faire observer que selon cette logique, Botethi était déshabillé et transféré en tenue d’Adam à la morgue. Ce p.v. a dévoilé son caractère illégal et irrégulier. La défense a demandé en conséquence que cette pièce, ainsi que les autres non conformes à la procédure soient écartées du débat. Les avocats de la partie civile ont alors sollicité la restitution à la famille de certains biens appartenant au député provincial Daniel Botethi. Car, aujourd’hui la Mercedes est dépourvu de sa batterie, des clignotants et d’autres accessoires pendant qu’elle est encore sous la disposition de la police.

source : le Phare/Kinshasa