Justice

Que des surprises dans le procès sur le meurtre du député Daniel Botethi ! Habile archer, le ministère public a tiré sa dernière flèche le mardi 19 août 2008 : « Voilà Fidèle ! ». Réagissant, les avocats de la défense ont dit que l’organe de la loi venait de monter un énième scénario. Selon eux, l’homme présenté au tribunal était plutôt le laveur de voitures Ilunga Mbayo. Fidèle est une pièce maîtresse dans ce dossier. Ceci, du fait que Patrick Mwewa soutient que c’est ce membre de la bande qui a tiré sur lui. Mais l’organe de la loi est convaincu du contraire.

Mardi 19 août, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema aurait dû terminer l’instruction sur l’affaire qui oppose le ministère public et les parties civiles aux meurtriers présumés du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Mais le ministère public a bouleversé tout l’agenda. Contre toute attente, le capitaine Limbaya a présenté un inconnu à l’audience. Selon lui, c’était là Fidèle, le fugitif dont Patrick Mwewa a tant parlé.

Du coup, les avocats de la défense se sont levés d’un bloc. Ils ont dit au tribunal que le ministère public venait encore de monter un scénario. Ce qui a mis ce dernier dans tous ses états. Furieux, l’organe de la loi s’est mis à tonner d’une voix grave : « Dire que l’organe de la loi monte des scénarios ! C’est grave. Pendant qu’on emmenait Fidèle, les autres prévenus ont regardé. Quand on a présenté Ilunga Mbayo, les autres se sont retenus de sourire. Patrick a fait une collaboration que nous avons appréciée. Il a regardé ce monsieur qui est devant vous. L’aveu des prévenus a permis au tribunal d’avancer. Et nous avons fait notre devoir, nous l’avons présenté ».

Commise d’office pour assister le nouveau prévenu, Me Lisette Mbiye a réagi en ces termes : « Le ministère public n’a pas suffisamment d’éléments en ce qui concerne Ilunga Mbayo. Votre tribunal est saisi par quel moyen ? ». Ici, le capitaine Limbaya a précisé que c’est toujours la procédure de flagrance, et que le prévenu est toujours poursuivi pour la prévention de meurtre et l’entreprise criminelle. Là, Me Lisette Mbiye a rétorqué comme suit : « Votre tribunal n’a pas encore mis la main sur Fidèle, qu’il relâche Ilunga Mbayo ».

Coordonnateur du collectif de la défense, Me Kasiama s’est levé pour faire remarquer ceci au tribunal : « Permettez-moi d’exprimer mon indignation. Votre ministère est égal à la vigilance, à la sérénité. C’est à vous de voir s’il y a eu des injures. A entendre le ministère public interpréter la loi sur le barreau, j’ai peur. Devrions-nous aussi porter des tenues militaires et l’arme à la hanche comme lui, pour plaider ? ». Quant à Me Théodore Mukendi, il a trouvé que l’intervention du ministère public semblait porter gravement atteinte aux droits de la défense. Car, non seulement il s’était permis d’extraire Patrick Mwewa de la prison pour l’amener au camp PM, mais en plus, il n’a pas pris les déclarations de ce dernier par écrit.

A propos de Mlle Sarah Seliki qui aurait dénoncé toute la bande, y compris le vrai-faux Fidèle, Ngoy Kasongo « Moto ya Katanga » a dit ne pas la connaître. « Que cette Sarah vienne témoigner ici », a demandé le prévenu Ngoy au tribunal. De son côté, la partie civile a appuyé cette démarche. Pour sa part, Patrick Mwewa a déclaré ne pas connaître l’homme qui lui était présenté. Il a donné cette précision : « Je ne connais pas celui-ci. L’autre Fidèle est de teint clair. Mais c’était en contradiction avec Inoki qui a dit ceci : « Celui-ci n’est pas Fidèle. Fidèle est gros, et il a un teint sombre ».

Quant au prévenu controversé, il a dit au tribunal que né sous le « Recours à l’authenticité », il n’a jamais eu de nom judéo-chrétien. Il s’appelle tout simplement Ilunga Mbayo. En outre, bien que né et grandi dans des camps militaires, il n’a jamais été soldat. Concernant les autres prévenus, il ne connaissait personne parmi eux. Pour le moment, il exerce le métier de laveur de voitures dans la commune de Kasa-Vubu.

Source : le Potentiel/kinshasa