29 août 2008
RDC: une société britannique a indirectement aidé au financement de rebelles
LONDRES, 28 août 2008 - La société minière britannique Afrimex a indirectement aidé au financement de la rébellion en République démocratique du Congo (RDC) en ne respectant pas les règles internationales du commerce de minerais, a indiqué jeudi une agence gouvernementale britannique.
"Des soldats rebelles ont soutiré de l'argent de la chaîne d'approvisionnement de la société, facilitant ainsi le financement de leur campagne", a indiqué le Point de contact national britannique (PCN), l'organe gouvernemental chargé d'étudier les plaintes déposées au titre des Principes directeurs de l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) à l'intention des entreprises multinationales.
"Nous sommes déterminés à encourager les normes éthiques les plus exigeantes et les sociétés opérant dans des zones de conlit devraient prendre toutes les mesures nécessaires afin de les respecter", a indiqué le secrétaire d'Etat britannique au Commerce, Gareth Thomas, cité dans un communiqué.
L'enquête du PCN avait été lancée à la suite d'une plainte déposée en 2007 par Global Witness, une organisation britannique qui se fixe pour but de "mettre un terme aux liens entre ressources naturelles et conflits armés".
Global Witness accusait Afrimex d'avoir "versé de l'argent au Rassemblement congolais pour la démocratie-Goma (RCD-Goma), un groupe rebelle qui contrôlait la zone et perpétrait de graves atteintes aux droits de l'Homme".
Global Witness affirmait également que la société aurait "acheté des minerais produits dans des conditions extrêmement dures avec notamment une main-d'oeuvre forcée et infantile".
"Nous relevons avec satisfaction la décision importante du gouvernement concernant ce dossier", a déclaré Patrick Alley, directeur de Global Witness. PCN enjoint Afrimex à prendre des mesures "crédibles" pour veiller à ce que les forces militaires ne puissent pas extorquer de l'argent tout au long de la chaîne d'approvisionnement et exiger un engagement envers l'adoption de mesures adaptées pour s'assurer que les minerais ne proviennent pas de mines où travaille une main-d'oeuvre forcée et infantile.
Les recommandations du PCN ne sont pas contraignantes mais les membres de l'OCDE se sont engagés à les respecter.
Kinshasa : La Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK), qui procède au recouvrement forcé de la vente des vignettes 20
La Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK), qui procède au recouvrement forcé de la vente des vignettes 2005 et 2006, a déjà réalisé 800 millions de Francs congolais mis à la disposition du Trésor urbain. C’est ce que fait savoir le directeur de la gestion des impôts provinciaux et locaux à la DGRK, Georges Ndjoli, cité par l’Agence congolaise de presse. Le gouvernent provincial en disposera selon les priorités de son programme d’action, a-t-il ajouté. Avant de noter que la taxe spéciale de circulation routière est censée contribuer à l’entretien du réseau routier. Le directeur de la gestion des impôts provinciaux et locaux a assuré, en outre, aux propriétaires des véhicules exonérés après l’exercice 2005-2006 que la campagne de recouvrement forcé ne les concerne pas. Il a, par ailleurs, souligné que cette campagne s’effectue sous deux volets, à savoir l’application des pénalités et la saisie des documents de bord valant la mise en demeure pour les récalcitrants avec un délai de quatre jours, précise l’ACP. Laquelle rappelle la DGRK vise à contraindre les propriétaires des automobiles à l’achat des vignettes 2005 et 2006. Et qu’elle travaille en collaboration avec la Société nationale d’assurances (Sonas) qui contrôle l’assurance automobile ainsi que la police de circulation routière (PCR) pour le service de mise en demeure dans les deux fourrières de la capitale.
RDC : Les résultats définitifs de la première enquête démographique disponibles
La RDC dispose désormais d’une masse importante des données statistiques récentes, fiables et utiles à la planification du développement du pays. Ces données qui reflètent les conditions de vie de la population congolaise résultent de la toute première enquête démographique et de santé (EDS-RDC) réalisée en 2007. En vue d’une meilleure appropriation et une large diffusion de ces données, un séminaire national de restitution des résultats de l’enquête se tient du 27 au 29 août au centre Catholique Nganda.
Le ministre du Plan, M. Olivier Kamitatu, a procédé à l’ouverture du séminaire national de restitution des résultats de l’enquête démographique et de santé (EDS) réalisée en 2007 en RDC. Pour le ministre du Plan, cette enquête s’inscrit dans le cadre des efforts de conduire le pays vers un avenir meilleur. « L’EDS vient de combler un déficit d’information qui rendait hasardeuse la gestion du pays », a-t-il souligné.
Aussi, a-t-il fait savoir, les résultats sont disponibles et contenus dans un rapport d’environ 500 pages livrant ainsi des informations fiables suffisamment désagrégées sur les facteurs démographiques, sanitaires, socio-économiques et écologiques susceptibles d’influencer la situation sanitaire et démographiques du pays.
Olivier Kamitatu a souligné que près de 2 millions de dollars américains et un nombre important de ressources humaines ont été mobilisés pour sa réalisation. D’où la nécessite de s’appropriées et utiliser ses résultats à bon escient dans toute démarche visant le développement du pays. Voilà qui justifie, selon le ministre, la tenue du séminaire du centre de Nganda. Ainsi, estime-t-il, ce séminaire constitue une opportunité d’examiner tous les résultats, exhortant les participants à identifier les sujets ou thèmes qui n’ont pas été suffisamment exploités et nécessiteraient des analyses approfondies ou des études supplémentaires. «Je vous invite également à penser d’ores et déjà à traduire les données de l’EDS en politique, programmes et projets à mettre en œuvre », a-t-il insisté.
Auparavant, le coordonnateur national de l’EDC-RDC, le professeur Bernard Lututala Mumpasi, a rappelé que l’EDS s’inscrit dans le cadre du programme mondial des Enquêtes démographiques géré par Macro international. Initié en 1984, il a, à ces jours, permis la réalisation de plus de 200 enquêtes nationales dans 80 pays à travers le monde. Et, en réalisant cette enquête, a poursuivi le prof Lututala, la RDC vient d’inscrire son nom sur cette longue liste.
Il a fait savoir qu’avec cette enquête, il est maintenant possible de comparer la situation de la RDC à celle d’autres pays, en particulier, ceux d’Afrique subsaharienne.
Il espère que cette masse importante de données va servir effectivement au développement et à la lutte contre la pauvreté, mais cela doit commencer par la diffusion pour que les populations congolaises se regardent comme dans un miroir, et sachent ce qu’elles font. « C’est en effet cela le développement : savoir ce que l’on est, pour définir, planifier et programmer ce que l’on veut devenir demain », a-t-il conclu. Avant de demanderl’organisation dans les délais habituels d’un deuxième EDS pour bien dégager les tendances, et aplanir les interrogations qui planent sur certains résultats.
L’USAID ayant été à la base de la mise en œuvre effective du projet en RDC, son directeur, pour sa part, s’est félicité de la réalisation de l’EDS dans un contexte de conflit qui prévaut au pays. Pour lui, l’enquête est comme un tableau de bord important qui permettra désormais à la RDC de mesurer l’efficacité des interventions des partenaires au développement sur base des repères connues et comparables. Il a émis le souhait de voir le rapport de l’EDS largement diffusé et utilisé pour la prise de décisions éclairées afin d’assurer un développement harmonieux de la RDC au bénéfice de la population.
Source : le Potentiel/kinshasa
Katanga : affrontements entre Kasaïens et Katangais à Kolwezi
Selon la radio RFI captée hier matin à Kinshasa, des affrontements entre Kasaïens et Katangais ont eu lieu le mercredi 27 août 2008 à Luilu, une des cités de la ville de Kolwezi, au Katanga. Selon la source, cette explosion de violence aura couvé pendant de longs mois avec le retour remarqué de plusieurs Kasaiens sur la terre katangaise qu’ils avaient quittée lors des événements politiques de 1992. Un retour mal vu et qui fâche surtout les Katangais ayant occupés sans droit, ni titre des maisons abandonnées autrefois par les Kasaiens. Les retours signalés en masse ces temps derniers sont motivés par l’intensification des activités d’exploitation artisanale des produits miniers. Lors des accrochages signalés, deux entrepôts de stockage des minerais appartenant aux Kasaïens ont été pillés. Des bagarres ont fait des blessés et deux personnes disparues. La source ne précise pas à quelle communauté elles appartiennent. Craignant pour leur vie dans cette insécurité déclarée, plus de trois cents Kasaïens, désignés comme étant des « récidivistes » par les radicaux katangais, auraient trouvés refuge auprès de la Mission des nations unies au Congo, Monuc/Kolwezi.
Affaire Botethi : Le garde du corps accusé d’homicide involontaire
Sans se départir de sa ligne d’attaque, la défense a joué sa partition. Pour elle, c’est le garde du corps qui, en raison de son inexpérience dans le métier des armes, a tiré sur son chef, le député Daniel Botethi. Aujourd’hui vendredi, comme au jeu de ping-pong, c’est le tour des répliques du Ministère public et de la partie civile.
« Le garde du corps Kankonde croit voir l’ombre de l’adversaire, il atteint son propre chef », a déclaré Me Kasiama à l’audience d’hier jeudi 28 août consacrée aux plaidoiries des avocats des prévenus. Le président du Collectif de la défense a donc plaidé « non coupable » au nom de ses clients. Principalement Patrick Mwewa, que le Ministère public a désigné mercredi comme étant le « meurtrier » de Daniel Botethi, vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
Contre lui et ses six complices, l’organe de la loi a requis la peine de mort pour « association de malfaiteurs, meurtre, participation au meurtre et vente d’effets militaires ».
A tour de rôle, les avocats de la défense ont donc remis en cause le réquisitoire « vide de preuves matérielles » du Ministère public contre les lieutenants Mungongo et Kalonji poursuivis pour « fourniture d’armes et de tenues militaires » ayant permis aux prévenus Kady Munungu, Patrick Mwewa, Fidèle Ilunga Mbayo et Inoki Lesene de « tuer » le député Botethi.
Dans cette véritable passe d’armes entre les parties en cause, l’opinion publique attend de suivre avec beaucoup d’intérêt, ce vendredi, les répliques du Ministère public et de la partie civile. Avant le jugement qui interviendra à la date que fixera le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema. _________________ ______________________
Face au réquisitoire, les prévenus plaident non coupables
Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a du pain sur la planche. Les prévenus lui présentés par le ministère public avaient-ils formé une association de malfaiteurs pour attenter à la vie du député provincial Daniel Botethi Loleke ? « Plaidons non coupables », cette phrase est sortie de toutes les bouches des avocats de la défense, y compris ceux de la République démocratique du Congo ; civilement responsable.
Premier à prendre la parole : Me Kasiama, président du collectif des avocats de la défense. Selon lui, ce ne sont pas les prévenus Kady Munungu, Patrick Mwewa, Ilunga Mbayo, Inoki Lesene, Ngoy Kasongo « alias Moto ya Katanga », Mungongo et Kalonji wa Kalonji qui son à la base du décès du vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Mais bien le garde du corps Kankonde wa Kankonde.
Avant de répliquer aux cartons rouges que le Ministère public a distribués à ses clients, Me Kasiama a présenté ainsi ses sympathies au président Patty Sangwa : « Votre tribunal siège dans des conditions précaires sous des tentes, comme si nous étions en temps de guerre. Quelle que soit l’issue de ce procès, que le Christ soit glorifié ».
Au cours de cette audience, Me Kasiama a fait l’oraison funèbre du défunt député à sa manière : « Daniel, tu as commis l’erreur de ne pas choisir Jésus-Christ comme ton protecteur. Tu as choisi la protection des hommes. Ton meurtre est le fruit de l’amateurisme d’un tireur maladroit. L’accusation, dans son argumentaire, a voulu énerver la vérité, en vain. Dans quelle corbeille le Ministère public a-t-il ramassé ces cartons rouges ? Nous plaidons non coupables, à cause de l’absence de preuves, du doute, du manque d’aveux et de motivation ».
Selon cet avocat, depuis un mois et trois semaines que se déroule ce procès, l’accusation n’a pas pu démontrer une quelconque preuve de culpabilité. Et comme jurisprudence, Me Kasiama a évoqué le cas de la femme adultère de la Bible, blanchie par Jésus de Nazareth. Mettant en garde le tribunal sur une éventuelle erreur judiciaire, le président du collectif de la défense a déclaré que la charge de la preuve incombe au Ministère public. Selon lui, l’aveu doit être vérifié. Ceci, du fait que les aveux ont été à la base de plusieurs erreurs judiciaires. « Même libres, ils ne constituent pas une preuve de culpabilité », a argué cet avocat. Parlant de la motivation, Me Kasiama a allégué que si le ministère public s’était donné la peine de mener ses investigations pendant l’enquête pré-juridictionnelle, on ne serait pas dans cette procédure de flagrance.
Au nom de son collectif, l’avocat de la défense a donné cette version des faits : « Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2008, le garde du corps convainc son chef à prendre l’itinéraire de l’avenue Haute-Tension. Ce dernier obtempère et se retrouve face à une embuscade. En ce moment, le député trouve que son garde du corps était dangereux. Il lui demande de se présenter. Mais celui-ci se met à tirer. Les assaillants prennent le large. Le député n’a plus confiance en son garde du corps, il prend le large à son tour. Hébété, Kankonde sort de la voiture en tirant en emporte-pièce sur tout ce qui bouge. Il est resté seul sur le théâtre des opérations. Il croit voir l’ombre de l’adversaire. Il tire et atteint son propre chef ».
A son tour, Me Raoul Konga a abondé dans le même sens : « Nous croyons que la piste Kankonde est à exploiter dans tous ses contours ». Même chose pour Me Eva Kazadi. Selon lui, Kankonde doit être poursuivi pour homicide involontaire. Et c’était le même credo chez tous les avocats de la défense. Pour Me Théodore Mukendi, le garde du corps a eu une formation plus que sommaire, tout juste pour tenir une matraque. C’est ainsi qu’en position des armes de guerre, il s’est mis à faire le « Lucky Luck ». Il a effrayé son propre patron avant de tirer sur lui par inadvertance.
IT/ Pas des DI pour le MLC
Concernant la prévention d’association de malfaiteurs, tous les avocats ont été unanimes à soutenir que le Ministère public a été incapable d’en apporter les preuves. Pour la défense, les relevés des appels téléphoniques ne peuvent pas emporter la conviction des juges sur l’existence de cette association. Il en est de même pour la vente d’effets militaires. Ici, ces avocats ont dit au tribunal que l’accusation n’a pas été en mesure de présenter une quelconque armes ou tenue militaire saisie chez l’un des prévenus.
A propos des dommages et intérêts réclamés par les parties civiles, les avocats de la défense ont soutenu que le MLC n’en avait ni droit ni l’intérêt. Car c’est son président qui engage le parti. Et les modifications apportées aux statuts ne sont pas encore publiées au Journal Officiel. « En quoi le MLC a-t-il été préjudicié ? », ont demandé ces avocats.
Même chose pour la partie civile Kankonde, garde du corps du défunt député. Les avocats de la défense ont dit à son sujet que l’Etat congolais ne peut pas payer des dommages et intérêts à un policier qui a failli à son devoir. Car, chargé de protéger son chef, il s’est plutôt protégé lui-même. Sa défaillance a fragilisé les services de la République. « C’est inadmissible d’allouer six millions de dollars à un homme qui a tué l’homme qu’il devait protéger », a déclaré un des avocats.
Il faudrait noter qu’au cours de cette audience, même la République démocratique du Congo a plaidé non coupable. Elle était représentée par quatre avocats. Me Charlene Yanganzo de ce collectif a estimé que la République n’avait rien à payer au garde du corps Kankonde. Car, comme toute personne en armes, il a prêté serment de verser son sang pour le pays. Or, c’est l’homme qu’il devait protéger qui a versé le sang à sa place. Attaquant le MLC, Me Charlene n’a pas compris comment on devait payer des dommages et intérêts à un parti politique. Même pour la famille Botethi, l’avocate a trouvé quelque chose à redire. Selon elle, avec le meurtre du député Botethi, c’est la République qui a connu une perte incommensurable.
Source : le Potentiel/kinshasa



