Kabila_drapeauLe président congolais Joseph Kabila a affirmé jeudi que le Rwanda n'était "pas innocent" dans la reprise des combats au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), entre l'armée et la rébellion de Laurent Nkunda.

"Le Rwanda n'est pas loin des événements qui se passent actuellement au Nord-Kivu, il n'est pas innocent non plus", a déclaré au cours d'un point de presse M. Kabila, à l'issue d'un séjour de travail de six jours à Goma, la capitale de cette province.

Les combats entre l'armée congolaise (FARDC) et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ont repris le 28 août dans les collines du Nord-Kivu, frontalier du Rwanda, en violation du cessez-le-feu consécutif à l'accord de paix de Goma (janvier 2008), signé par le gouvernement, le CNDP et une vingtaine de groupes armés locaux.

"Les autres pays limitrophes (de RDC): l'Ouganda, le Burundi, la Tanzanie sont bien avec nous. Nous avons déjà suivi plusieurs mécanismes pour rétablir la coopération avec le Rwanda, mais ça n'a pas encore bien marché", a déploré M. Kabila, qui s'exprimait en kiswahili, langue en usage dans l'est de la RDC.

Les détracteurs du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda l'accusent régulièrement d'être instrumentalisé par Kigali.

Le CNDP ne participe plus depuis plusieurs mois au Programme Amani mis en place pour faire appliquer l'accord de paix de Goma.

M. Kabila lui a demandé de "rentrer sans condition dans le processus de paix que nous avons tous signé à Goma".

"Il n'y a pas un autre moyen que ça", a-t-il insisté, rappelant l'adoption par son gouvernement d'un plan de désengagement des forces présenté mercredi à Goma par le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en RDC, Alan Doss.

"Nous venons d'adopter le plan de désengagement qui sera fait étape par étape, phase par phase", a-t-il souligné.

Mais le CNDP conditionne l'adoption de ce plan à des négociations directes avec Kinshasa dans un pays neutre, et a proposé qu'elles aient lieu à Addis Abeba, siège de l'Union africaine (UA).

Le plan adopté prévoit notamment l'éloignement réciproque des belligérants de leurs positions respectives avant la reprise des hostilités le 28 août. La mise en oeuvre de ce plan, prévu dans l'accord de Goma, doit permettre l'interposition des Casques bleus et de la police congolaise.

M. Kabila a enfin réaffirmé son engagement à rétablir la paix "par toutes les voies possibles" dans le Nord-Kivu, où la reprise des hostilités a déjà provoqué le déplacement de plus de 100.000 civils.

Le président congolais est rentré jeudi soir à Kinshasa, a constaté un correspondant de l'AFP.