jkabila_barbe_cravateLe Chef de l’Etat est resté ferme. Joseph Kabila dit au CNDP de rentrer dans le Programme Amani. Il n’y a aucune autre voie. Sinon, un plan existe pour forcer Nkunda à l’accepter. Sur RFI Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a souhaité vivement voir la Monuc mettre le doigt dans l’engrenage militaire avec le CNDP.

De son côté, Nkunda conditionne le désengagement à des négociations directes à Addis-Abeba. Les positions sont donc tranchées.

Kinshasa n’a pas réfléchi deux fois pour rejeter toutes les propositions du chef rebelle Laurent Nkunda, faites pour ramener la paix au Nord et Sud-Kivu. Nkunda exigeait les négociations directes avec le Gouvernement dans un pays neutre. Le CNDP préfère la ville d’Addis-Abeba, capitale d’Ethiopie, parce que, lit-on, c’est le siège de l’Union Africaine. Kinshasa réserve une fin de non-recevoir à ce mouvement politico-militaire. Déjà le mercredi 17 septembre, le ministre des Affaires Etrangères, Mbusa Nyamwisi, réagissait que le problème posé par le CNDP devait être traité par la Commission Paix et Sécurité du Programme Amani. Plus radical, Mbusa fulminait qu’il n’est pas question de négocier avec le CNDP car ce n’est pas un Etat. “ Nous sommes un Gouvernement ”, râlait-il.

Par Amani, il faut comprendre le programme institué par les participants à la Conférence de Goma sur la paix, la stabilité et le développement au Kivu. Le Programme Amani a vu le jour, en janvier 2008, avec la bénédiction de la Monuc et de la Communauté internationale. Réaction contre réaction, un nkundiste du nom de Bertrand Bisimwa mettait les vociférations de Mbusa Nyamwisi dans la corbeille de l’orgueil.

Mais voici que le Chef de l’Etat qui poursuit son séjour entamé depuis 6 jours à Goma vient appuyer la position de son ministre des Affaires Etrangères. Joseph Kabila a tenu un point de presse ce jeudi 18 septembre. Point de presse au cours duquel il a précisé que “ le Programme Amani, selon les accords du 23 janvier 2008, est le seul cadre de dialogue pour la paix et tous les signataires de ces accords doivent les respecter textuellement ”. Kabila ajoute : “ Plus question de continuer à faire des scénarios de jeu de guerre qui font souffrir la population en faisant des milliers de déplacés ”.

Interrogé sur les objectifs concrets de sa visite prolongée à Goma, le Président Kabila a dit qu’il est là pour “ encourager nos populations à ce moment difficile où les affrontements ont repris, alors qu’on espérait déjà trouver la solution ”. Il progresse : “ De deux, c’est pour voir comment faire retourner la paix plus attendue par les populations du Nord et Sud-Kivu. Et nous sommes déterminés à trouver cette paix à n’importe quel prix ”.

Le Coordonnateur du Programme Amani, l’abbé Apollinaire Malumalu, est sur la même ligne. C’est une question de légalité, dit-il, ajoutant que le Programme Amani reste le seul cadre pour accompagner les actes d’engagement et le seul cadre de suivi de la Conférence de Goma. “ Ce n’est pas question d’aimer ou de ne pas aimer ”.

La guerre continue

Pendant que la diplomatie traîne à reprendre ses droits sur la poudre, les hostilités se poursuivent dans le Masisi et le Rutshuru. C’est le sauve-qui-peut. Lorsque l’on analyse les positions des uns et des autres, on comprend tout de suite que le retour à la paix n’est pas pour demain. Le CNDP, visiblement, n’a pas l’intention d’arrêter la guerre si ses revendications ne sont pas rencontrées. A moins que, en face du mouvement politico-militaire, se dressent des hommes et des femmes prêts à se battre. Même dans ce cas, on n’aura pas fini avec le calvaire de la population du Nord et Sud-Kivu.