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Le président Joseph Kabila et le Premier ministre belge Yves Leterme se rencontreront-ils cette semaine à New York ? Quand aura lieu cette rencontre ? Cette rencontre aura-t-elle lieu. Ces questions sont sur toutes les lèvres des Congolais et des Belges, alors que perdure la crise diplomatique ayant refroidi les relations bilatérales entre la Belgique et la RDC et que des occasions de rencontre s'offrent de plus en plus.

La rencontre entre le chef de l'Etat congolais Joseph Kabila et le Premier ministre belge Yves Leterme aura bel et bien lieu. La grande question reste de savoir quand et où. A ce jour, la tenue de l'Assemblée générale de l'Onu, qui se tient à New York, reste l'occasion propice sur laquelle se fondent tous les espoirs de ceux qui tiennent à cette rencontre. A ce jour rien ne certifie qu'elle aura lieu en marge de l'Assemblée générale de l'Onu à laquelle Joseph Kabila prendra part cette semaine.

Depuis le refroidissement des relations belgo congolaises à la suite des déclarations de Karel de Gucht sur la gestion des autorités congolaises, déclarations jugées peu courtoises par la partie congolaise, les deux pays tentent par tous les moyens de réchauffer ces rapports. Malheureusement, toutes ces démarches demeurent peu fructueuses à ce jour. Belges et Congolais estiment que quatre mois c'est trop et qu'il faut, par conséquent, mettre fin à la situation de " chiens de faïence " adoptée par les deux parties. Du côté belge, l'on veut rentabiliser la tenue de l'Assemblée générale de l'Onu pour engager des pourparlers de normalisation, tant souhaitée par le Premier ministre belge Yves Leterme et certains Congolais. Ce qui est loin d'être possible. Entre temps, Kinshasa songe à "revisiter" toute la coopération bilatérale.

Selon certaines sources généralement bien informées, citées par La Libre Belgique, aucune rencontre n'est à ce jour confirmée la semaine prochaine à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, entre le Premier ministre belge Yves Leterme et le président congolais Joseph Kabila. "Nous n'avons rien entendu, on ne peut confirmer qu'il y aura une rencontre", a indiqué l'entourage d'Yves Leterme, qui séjournera à New York de mardi 23 matin à jeudi 25 septembre soir.

Cependant, à en croire une source proche du président Kabila, citée par La Libre Belgique, la rencontre Kabila-Leterme à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies cette semaine reste d'actualité. "Une rencontre (Kabila-Leterme) à New York est prévue. Le terrain a été bien préparé", a-t-on assuré de source diplomatique congolaise. Et un proche du président Kabila a souligné que cette rencontre avait été "demandée par la Belgique". Les Congolais, plus modérés, sont favorables à une normalisation des relations bilatérales entre les deux pays, tout en admettant que l'"on ne peut pas faire comme s'il ne s'était rien passé".

Pour le Premier ministre belge, tout est possible et "disponible" pour une telle rencontre, destinée à tenter de normaliser les relations entre la Belgique et la République démocratique du Congo, son ancienne colonie, plongées dans une profonde crise diplomatique depuis le mois de mai dernier.

La crise est consécutive aux propos tenus en mai par le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, au terme d'une visite officielle qu'il avait effectuée à Kinshasa et en provinces. La réplique musclée du président congolais, Joseph Kabila, ne s'était pas fait attendre. Pour montrer sa profonde désapprobation à l'endroit de Karel de Gucht, qui n'était pas à son premier " forfait ", le gouvernement congolais avait décidé le 23 mai de rappeler en consultation son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, de fermer son consulat à Anvers et de demander à la Belgique de faire de même pour ses consulats à Lubumbashi au Katanga et à Bukavu au Sud-Kivu.

Le chef de la diplomatie belge avait provoqué la colère des dirigeants congolais en affirmant le 18 mai que la Belgique, octroyant tous domaines confondus "environ 200 millions d'euros" par an à la RDC, avait "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui s'y passe.

 

Revisitation de toute la coopération

La source rapporte que depuis lors, Yves Leterme s'est entretenu à plusieurs reprises par téléphone avec son homologue congolais, Antoine Gizenga et qu'il n'a jamais pu entrer en contact direct avec le président Kabila. Le Premier ministre belge avait précisé le 12 juin qu'il ne ferait plus d'efforts pour entrer en contact avec le président congolais, laissant largement ouverte la porte de contact. "S'il veut me toucher, il sait où me toucher", avait-il dit à la Chambre, tout en souhaitant la réouverture des consulats dans un délai raisonnable.

Depuis lors, les présidents de la Chambre et du Sénat, Herman Van Rompuy et Armand De Decker, qui avaient assisté le 30 juin à la célébration du 48ème anniversaire de l'indépendance de la RDC, ont eu un entretien "franc et amical" avec le président Kabila à Kananga, au Kasaï occidental, où le chef de l'Etat congolais s'était déplacé avec toute son équipe gouvernementale. Mais la réunion du "comité des partenaires" - une rencontre a priori technique devant déterminer l'affectation de 82 millions d'euros d'aide bilatérale et initialement fixée au 26 juin, n'a jamais eu lieu.

Mais dans l'entre temps, les Congolais ont décidé de revisiter toute la coopération avec l'ancien colonisateur. Le conseil des ministres congolais a en effet décidé de réexaminer l'ampleur réelle de la coopération belgo-congolaise. La Belgique et la RDC ont conclu en mars 2007 un Programme indicatif de coopération (PIC) d'un montant total de 195 millions d'euros sur trois ans (2007 à 2009), mais dont la tranche 2008 est gelée par la crise que traversent les relations entre Bruxelles et Kinshasa depuis quatre mois.

Lors d'un point de presse, le ministre congolais du Plan, Olivier Kamitatu a annoncé les couleurs. Désireux "d'assurer un nouveau cadre de coopération qui réponde avant toute chose aux besoins de la population congolaise", le gouvernement de Kinshasa a commencé à scruter la coopération bilatérale avec ses partenaires traditionnels, en vue d'une plus grande efficacité, a expliqué M. Kamitatu lors d'un point de presse à Kinshasa. "La requalification du Programme indicatif de coopération (PIC) s'avère incontournable".

La déclaration d'Olivier Kamitatu a été accueillie favorablement par son collègue belge du ministère de la Coopération au développement, Charles Michel. Au cours d'une conférence de presse, il a déclaré que le ministre Olivier Kamitatu " met en évidence la volonté de renforcer l'efficacité de l'aide et plus particulièrement de celle fournie par la Belgique. Je considère que c'est une réponse positive (à mes propositions de renforcer cette efficacité). Il n'y a pas de polémique", a-t-il assuré, saluant au passage la volonté d'appropriation de son destin ainsi manifesté par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC).

Fils de Louis Michel, commissaire européen au développement et à l'Aide humanitaire,

Charles Michel a également souhaité un "apaisement" dans les relations belgo-congolaises et une rencontre la semaine prochaine à New York entre le président Joseph Kabila et le Premier ministre Yves Leterme. Il a, une nouvelle fois, appelé à la tenue rapide d'une réunion du comité des partenaires pour définir les priorités futures de la coopération entre les deux pays.

Congolais et Belges souhaitent ardemment que les relations bilatérales de leurs pays se normalisent le plus vite possible.