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Donné partant depuis plusieurs mois, le Premier Ministre de l’après transition vient de rendre le tablier sonnant ainsi par la même occasion, la fin de l’équipe  Gizenga II. En pareille circonstance, il appartient au Président de la République d’apprécier, puis d’accepter  ou de refuser la démission du Premier Ministre. En ce qui concerne, le doyen Gizenga, il nous paraît peu probable que le Président de la République n’abonde pas dans le même sens que Gizenga, tant ce dernier paraissait meurtri par le poids de l’âge et une santé de plus en plus fragile.

Arrivé troisième à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle de Juillet 2006, le patriarche Gizenga avait scellé un accord politique avec la plate-forme soutenant la candidature du Président Kabila. Ce dernier, une fois élu, le nomma Premier Ministre d’un premier gouvernement pléthorique. « un gouvernement de remerciement » comme le qualifieront certains observateurs de la vie politique congolaise. Au-delà des polémiques politiciennes, Gizenga a su traverser le temps, notamment en se construisant une image d’homme politique intègre, confirmé par son surnom affectueux « yandi ve » preuve de son intransigeance.

En dépit de ses qualités humaines et personnelles indéniables, son bilan à la tête de deux équipes gouvernementales, reste mitigé. En effet, rare sont les occasions où l’on a vu le Premier Ministre communier ou compatir avec les congolaises et les congolais de la capitale et encore moins de l’intérieur. il y a eu les nombreux morts causés par l’aventure hasardeuse de la milice de Jean-Pierre Bemba contre l’armée nationale de la RDC, le crash de l’Antonov russe sur Kingasani ya suka, le crash Hewabora à Goma…….les événements de l’Est n’ont pas réussi non plus à sortir le Premier Ministre de sa léthargie. Cependant, il convient de mettre à son profit, l’allocation d’une bourse de 30$ aux étudiants en fin de cycle des universités publiques à travers toute l’étendue nationale. Tout comme, il convient de lui imputer, l’instauration du SMIG congolais quoique pas encore appliqué correctement.

Fatigué par une vie qui n’a pas été un long fragile, Gizenga rend le tablier sans avoir pu mener jusqu’au bout les nombreux chantiers tous autant prioritaire les uns que les autres : la réforme de la fonction publique, la lutte contre la corruption, la restauration de la sécurité……….En dépit de ce bilan, en demie teinte, nous saluons et rendons hommage, à un grand serviteur de l’état doublé d’un patriotisme avéré.