26 septembre 2008
Allocution de Gizenga
MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE ADRESSE AU PEUPLE CONGOLAIS,
Le 25 septembre 2008.
Congolaises,
Congolais,
Chers compatriotes,
Depuis plus de vingt mois, j’ai été à la tête du Gouvernement de notre pays grâce à la sollicitation de son Excellence Monsieur le Président de la République, Joseph KABILA KABANGE, et après investiture par l’Assemblée Nationale du Parlement de la République Démocratique du congo.
Cette élévation a été un grand honneur pour ma modeste personne qui, après avoir contribué dans la lutte pour l’indépendance de ce pays et de son peuple en 1959 et 1960, avait été évincée du pouvoir par les Forces hostiles à notre Nation.
J’exerçais alors les fonctions de Vice-Premier Ministre du Gouvernement dirigé par l’immortel Patrice Emery LUMUMBA. Grâce à vous, par vos suffrages et par la volonté du Président de la République, Chef de l’Etat, je suis revenu, 45 ans après dans la gestion des affaires nationales au poste de Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la République. Ce retour fut essentiellement dicté par notre volonté de travailler avec le Président de la République pour empêcher la facture Est-Ouest de notre pays, pour promouvoir la paix, renforcer l’unité nationale et instaurer la bonne gouvernance dans un élan de redressement politique, économique et social de la nation.
La tâche est immense car le fossé de la régression, dans lequel était tombé notre pays, est très profond. Toutefois, on peut aujourd’hui affirmer que le pays commence à reprendre le bon cap et à connaître une vraie dynamique de redressement et de refondation. Il faut tenir bon et avancer avec détermination. Cependant, pour tout homme, même si l’esprit peut encore être sain et alerte, le corps physique a ses limites dont il convient de tenir compte.
C’est pourquoi, après près d’un demi siècle de lutte pour la cause nationale et plus de six cents jours d’exercice des fonctions de Premier Ministre, Chef du Gouvernement, J’ai décidé en ce jour de présenter ma démission de ce poste auprès du Président de la République, Chef de l’Etat.
J’ai déposé la lettre y afférente ce jour à 10 heures. Nous aurons la réponse du Président de la République lorsqu’il lui plaira de nous la faire savoir.
Avant de terminer, je voudrais exprimer toute ma gratitude à Son Excellence Monsieur le Président de la République pour la confiance qu’il a bien voulu placer en ma personne.
Je remercie aussi, le Parlement pour la courtoisie qu’il m’a témoignée sans cesse.
Je suis également reconnaissant envers le pouvoir judiciaire de notre pays pour l’estime qu’il m’a porté, notamment par la visite de courtoisie que m’a rendue le Premier Président de la Cour Suprême de Justice.
Je dis infiniment merci à vous tous, Congolaises et Congolais, qui m’avez entouré de tant de compréhension et d’affection traduite par la gentille appellation de « Patriarche ».
Enfin, je formule les vœux les meilleurs de progrès et de succès à toutes les Institutions de notre pays et je réitère ma profonde conviction que, dans la paix, l’unité, la concorde nationale, le travail, la justice et la bonne gouvernance, le Congo, notre cher pays, ne pourra aller que de l’avant et construire toute sa grandeur.
La lutte continue et le peuple vaincra !
Vive la Patrie,
Vive le Peuple congolais souverain et uni,
Vive la Démocratie.
Je vous remercie.
Fait à Kinshasa, le 25 septembre 2008
ANTOINE GIZENGA.
Le patriarche Gizenga : yandi ve ou yandi kaka ?
Donné partant depuis plusieurs mois, le Premier Ministre de l’après transition vient de rendre le tablier sonnant ainsi par la même occasion, la fin de l’équipe Gizenga II. En pareille circonstance, il appartient au Président de la République d’apprécier, puis d’accepter ou de refuser la démission du Premier Ministre. En ce qui concerne, le doyen Gizenga, il nous paraît peu probable que le Président de la République n’abonde pas dans le même sens que Gizenga, tant ce dernier paraissait meurtri par le poids de l’âge et une santé de plus en plus fragile.
Arrivé troisième à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle de Juillet 2006, le patriarche Gizenga avait scellé un accord politique avec la plate-forme soutenant la candidature du Président Kabila. Ce dernier, une fois élu, le nomma Premier Ministre d’un premier gouvernement pléthorique. « un gouvernement de remerciement » comme le qualifieront certains observateurs de la vie politique congolaise. Au-delà des polémiques politiciennes, Gizenga a su traverser le temps, notamment en se construisant une image d’homme politique intègre, confirmé par son surnom affectueux « yandi ve » preuve de son intransigeance.
En dépit de ses qualités humaines et personnelles indéniables, son bilan à la tête de deux équipes gouvernementales, reste mitigé. En effet, rare sont les occasions où l’on a vu le Premier Ministre communier ou compatir avec les congolaises et les congolais de la capitale et encore moins de l’intérieur. il y a eu les nombreux morts causés par l’aventure hasardeuse de la milice de Jean-Pierre Bemba contre l’armée nationale de la RDC, le crash de l’Antonov russe sur Kingasani ya suka, le crash Hewabora à Goma…….les événements de l’Est n’ont pas réussi non plus à sortir le Premier Ministre de sa léthargie. Cependant, il convient de mettre à son profit, l’allocation d’une bourse de 30$ aux étudiants en fin de cycle des universités publiques à travers toute l’étendue nationale. Tout comme, il convient de lui imputer, l’instauration du SMIG congolais quoique pas encore appliqué correctement.
Fatigué par une vie qui n’a pas été un long fragile, Gizenga rend le tablier sans avoir pu mener jusqu’au bout les nombreux chantiers tous autant prioritaire les uns que les autres : la réforme de la fonction publique, la lutte contre la corruption, la restauration de la sécurité……….En dépit de ce bilan, en demie teinte, nous saluons et rendons hommage, à un grand serviteur de l’état doublé d’un patriotisme avéré.
25 septembre 2008
RDC : Antoine Gizenga démissionne
Le Premier ministre congolais, Antoine Gizenga a remis ce matin sa lettre de démission au président de la République. Dans une déclaration diffusée dans la journée sur la chaîne publique, la Radiodiffusion et télévision nationale du Congo, Antoine Gizenga dit attendre la réponse du chef de l Etat
« On peut aujourd’hui affirmer que, le pays commence à reprendre le bon cap et à connaître une vraie dynamique de redressement et de refondation. Il faut tenir bon et avancer avec détermination. Cependant, pour tout homme, même si l’esprit peut encore être sain et alerte, le corps physique a ses limites dont il convient de tenir compte. C’est pourquoi, après près d’un demi siècle de lutte pour la cause nationale, et plus de 600 jours d’exercice de fonction de Premier ministre, chef du gouvernement, j’ai décidé en ce jour, de présenter ma démission de ce poste auprès du Président de la République, chef de l’Etat. J’ai déposé la lettre y afférente ce jour, à 10h. Nous aurons la réponse du Président de la République lorsqu’il lui plaira de nous la faire savoir. »
24 septembre 2008
Nord-Kivu : nouveaux combats depuis ce mercredi matin
D’après Bertrand Bisimwa, porte-parole du CNDP, d’autres combats se déroulent à Mweso, dans le territoire de Masisi, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Goma. Là aussi, selon la même source, ce sont les FARDC, appuyées par les FDLR et le Pareco, qui ont lancé l’assaut contre leurs positions.
Si une accalmie est observée depuis quelques heures sur le front de Rugari, les combats se poursuivent encore sur celui de Mweso, a signalé le cadre du CNDP. Bertrand Bisimwa indique avoir saisi la la Monuc pour qu’elle se déploie sur les lignes de front afin d’établir les responsabilités dans ces nouveaux combats. Hormis Rugari et Mweso, la Mission des Nations Unies pour sa part signale d’autres affrontements dans les locaalités de Nyanzale et de Bambo.
Washington condamne la reprise des combats
Les États-Unis condamnent la reprise de la lutte armée en République démocratique du Congo et demandent à toutes les parties de cesser immédiatement les hostilités, d'accepter le plan de désengagement proposé par la Mission des Nations unies au Congo et de réaffirmer leur participation pleine et entière au processus d'Amani. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, Robert Wood, porte-parole adjoint du Département d’Etat, indique que « les combats de ces derniers jours ont fait des centaines de morts et provoqué l'exode de milliers de civils innocents pris entre deux feux. Ces affrontements ont également détourné l'attention des efforts déployés en vue de régler la question des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, FDLR, objectif clé de la stabilité de la partie orientale de la République démocratique du Congo et de l'ensemble de la région. »
RDC : livraison de 53000 passeports
Le ministère des affaires étrangères vient de réceptionner un lot de 53.000 passeports après plus de six mois de carence. Cette livraison de l’hôtel de monnaie représente le solde des 100.000 passeports commandés et payés par le trésor public en juin 2007 auprès de cette institution
La RDC veut développer son aura transfrontalière sur le plan diplomatique. Elle passe, à cet effet, des passeports ordinaires lisibles à la main aux passeports semi-biométriques. Les conditions d’octroi de ces nouveaux documents restent les mêmes. La précision est du secrétaire général au ministère des Affaires étrangères.
Le ministère congolais des Affaires étrangères a présenté au public, hier
mercredi 24 septembre, le spécimen du passeport semi-biométrique (passeport
ordinaire lisible à la machine). Cadre choisi : le salon rouge de ce même
ministère.
Au cours d’un point de presse animé, hier mercredi à Kinshasa,
le secrétaire général en charge des Affaires étrangères, l’ambassadeur Bertin
Kanunu Leyan’Simbi M’Fumu, a déclaré : « Les nouveaux passeports lisibles à la
machine seront bientôt délivrés au public. Ils seront, ensuite, transmis à
toutes les missions diplomatiques accréditées en RDC et à tous les postes
diplomatiques et consulaires de la RDC à l’étranger». «Si la personnalisation
d’anciens passeports ordinaires s’est faite à la main, les actuels passeports
ordinaires requièrent une technicité spéciale et une technologie nouvelle»,
a-t-il ajouté.
Avant de recommander, pour ces passeports semi biométriques, la création d’un centre de personnalisation qui comportera un certain nombre des locaux servant aux différents besoins ci-après : le dépôt des formulaires, le contrôle de leur conformité, leur saisie, l’impression et le laminage des passeports, le contrôle de la conformité des passeports laminés, leur emballage ainsi que leur distribution à travers le monde.
Ces passeports déjà laminés ne seront, selon l’ambassadeur Kanunu, délivrés qu’à Kinshasa et déposés dans des ambassades de la RDC à l’extérieur, pour des compatriotes de l’étranger. Ce qui exigera encore un local facilitant le retrait de ces nouveaux documents pour les Congolais vivant à Kinshasa et ceux de l’étranger.
CONDITIONS D’OCTROI RESTENT LES MEMES
Pour ce qui est des conditions d’octroi de nouveaux passeports ordinaires lisibles à la machine, M. Kanunu a fait savoir qu’elles restent les mêmes comme pour les anciens passeports ordinaires lisibles à la main.
En vue de différencier les nouveaux passeports d’anciens, le secrétaire général a eu à y dégager quelques traits différentiels. On peut notamment remarquer que les anciens portent l’image du drapelet de l’ancienne République du Zaïre. Tandis que les nouveaux portent celle du drapelet de la RDC.
Ces nouveaux passeports s’inscrivent dans le cadre des dispositions des articles 2 et 3 du Décret présidentiel n°04/091 du 16 octobre 2004 qui stipulent : « la gestion des stocks des passeports diplomatiques, de service et ordinaires relève de la compétence exclusive du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Les passeports diplomatiques et de service sont délivrés uniquement par l’Administration centrale de ce ministère ».
En application de ces différents textes juridiques, le ministère avait passé commande à la Banque centrale du Congo, au mois de juillet 2007, de 100.000 passeports ordinaires à personnalisation à la main. De cette commande, la Banque centrale n’a livré que 47.000 passeports. Devant cette situation, l’ambassadeur Kanunu a décidé d’arrêter l’enregistrement de nouvelles demandes qui ont atteint le nombre de 23.075. Sur ces entrefaites, le gouvernement congolais a accéléré le paiement de la commande faite à la firme française « OBERTHUR TECHNOLOGIES », tout en demandant à la Banque centrale du Congo de livrer au ministère des Affaires étrangères, le solde de 53.000 passeports ordinaires sur les 100.000 qui avaient été commandés et intégralement payés.
22 septembre 2008
Intenses combats au Kivu
De nouveaux combats, à l’arme lourde ont eu lieu samedi, entre le CNDP et les FARDC, sur les collines surplombant
Sake, localité située à une vingtaine de kilomètres de Goma, au Nord-Kivu. Selon
un communiqué de la Monuc, le
feu a été ouvert par les FARDC et d’intenses combats s’en sont suivis,
provoquant des nouveaux déplacements des populations en provenance de Sake vers
Goma
Kabila et Leterme se rencontreront-ils cette semaine à New York ?
Le président Joseph Kabila et le Premier ministre belge Yves Leterme se rencontreront-ils cette semaine à New York ? Quand aura lieu cette rencontre ? Cette rencontre aura-t-elle lieu. Ces questions sont sur toutes les lèvres des Congolais et des Belges, alors que perdure la crise diplomatique ayant refroidi les relations bilatérales entre la Belgique et la RDC et que des occasions de rencontre s'offrent de plus en plus.
La rencontre entre le chef de l'Etat congolais Joseph Kabila et le Premier ministre belge Yves Leterme aura bel et bien lieu. La grande question reste de savoir quand et où. A ce jour, la tenue de l'Assemblée générale de l'Onu, qui se tient à New York, reste l'occasion propice sur laquelle se fondent tous les espoirs de ceux qui tiennent à cette rencontre. A ce jour rien ne certifie qu'elle aura lieu en marge de l'Assemblée générale de l'Onu à laquelle Joseph Kabila prendra part cette semaine.
Depuis le refroidissement des relations belgo congolaises à la suite des déclarations de Karel de Gucht sur la gestion des autorités congolaises, déclarations jugées peu courtoises par la partie congolaise, les deux pays tentent par tous les moyens de réchauffer ces rapports. Malheureusement, toutes ces démarches demeurent peu fructueuses à ce jour. Belges et Congolais estiment que quatre mois c'est trop et qu'il faut, par conséquent, mettre fin à la situation de " chiens de faïence " adoptée par les deux parties. Du côté belge, l'on veut rentabiliser la tenue de l'Assemblée générale de l'Onu pour engager des pourparlers de normalisation, tant souhaitée par le Premier ministre belge Yves Leterme et certains Congolais. Ce qui est loin d'être possible. Entre temps, Kinshasa songe à "revisiter" toute la coopération bilatérale.
Selon certaines sources généralement bien informées, citées par La Libre Belgique, aucune rencontre n'est à ce jour confirmée la semaine prochaine à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, entre le Premier ministre belge Yves Leterme et le président congolais Joseph Kabila. "Nous n'avons rien entendu, on ne peut confirmer qu'il y aura une rencontre", a indiqué l'entourage d'Yves Leterme, qui séjournera à New York de mardi 23 matin à jeudi 25 septembre soir.
Cependant, à en croire une source proche du président Kabila, citée par La Libre Belgique, la rencontre Kabila-Leterme à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies cette semaine reste d'actualité. "Une rencontre (Kabila-Leterme) à New York est prévue. Le terrain a été bien préparé", a-t-on assuré de source diplomatique congolaise. Et un proche du président Kabila a souligné que cette rencontre avait été "demandée par la Belgique". Les Congolais, plus modérés, sont favorables à une normalisation des relations bilatérales entre les deux pays, tout en admettant que l'"on ne peut pas faire comme s'il ne s'était rien passé".
Pour le Premier ministre belge, tout est possible et "disponible" pour une telle rencontre, destinée à tenter de normaliser les relations entre la Belgique et la République démocratique du Congo, son ancienne colonie, plongées dans une profonde crise diplomatique depuis le mois de mai dernier.
La crise est consécutive aux propos tenus en mai par le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, au terme d'une visite officielle qu'il avait effectuée à Kinshasa et en provinces. La réplique musclée du président congolais, Joseph Kabila, ne s'était pas fait attendre. Pour montrer sa profonde désapprobation à l'endroit de Karel de Gucht, qui n'était pas à son premier " forfait ", le gouvernement congolais avait décidé le 23 mai de rappeler en consultation son ambassadeur en Belgique, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga, de fermer son consulat à Anvers et de demander à la Belgique de faire de même pour ses consulats à Lubumbashi au Katanga et à Bukavu au Sud-Kivu.
Le chef de la diplomatie belge avait provoqué la colère des dirigeants congolais en affirmant le 18 mai que la Belgique, octroyant tous domaines confondus "environ 200 millions d'euros" par an à la RDC, avait "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui s'y passe.
Revisitation de toute la coopération
La source rapporte que depuis lors, Yves Leterme s'est entretenu à plusieurs reprises par téléphone avec son homologue congolais, Antoine Gizenga et qu'il n'a jamais pu entrer en contact direct avec le président Kabila. Le Premier ministre belge avait précisé le 12 juin qu'il ne ferait plus d'efforts pour entrer en contact avec le président congolais, laissant largement ouverte la porte de contact. "S'il veut me toucher, il sait où me toucher", avait-il dit à la Chambre, tout en souhaitant la réouverture des consulats dans un délai raisonnable.
Depuis lors, les présidents de la Chambre et du Sénat, Herman Van Rompuy et Armand De Decker, qui avaient assisté le 30 juin à la célébration du 48ème anniversaire de l'indépendance de la RDC, ont eu un entretien "franc et amical" avec le président Kabila à Kananga, au Kasaï occidental, où le chef de l'Etat congolais s'était déplacé avec toute son équipe gouvernementale. Mais la réunion du "comité des partenaires" - une rencontre a priori technique devant déterminer l'affectation de 82 millions d'euros d'aide bilatérale et initialement fixée au 26 juin, n'a jamais eu lieu.
Mais dans l'entre temps, les Congolais ont décidé de revisiter toute la coopération avec l'ancien colonisateur. Le conseil des ministres congolais a en effet décidé de réexaminer l'ampleur réelle de la coopération belgo-congolaise. La Belgique et la RDC ont conclu en mars 2007 un Programme indicatif de coopération (PIC) d'un montant total de 195 millions d'euros sur trois ans (2007 à 2009), mais dont la tranche 2008 est gelée par la crise que traversent les relations entre Bruxelles et Kinshasa depuis quatre mois.
Lors d'un point de presse, le ministre congolais du Plan, Olivier Kamitatu a annoncé les couleurs. Désireux "d'assurer un nouveau cadre de coopération qui réponde avant toute chose aux besoins de la population congolaise", le gouvernement de Kinshasa a commencé à scruter la coopération bilatérale avec ses partenaires traditionnels, en vue d'une plus grande efficacité, a expliqué M. Kamitatu lors d'un point de presse à Kinshasa. "La requalification du Programme indicatif de coopération (PIC) s'avère incontournable".
La déclaration d'Olivier Kamitatu a été accueillie favorablement par son collègue belge du ministère de la Coopération au développement, Charles Michel. Au cours d'une conférence de presse, il a déclaré que le ministre Olivier Kamitatu " met en évidence la volonté de renforcer l'efficacité de l'aide et plus particulièrement de celle fournie par la Belgique. Je considère que c'est une réponse positive (à mes propositions de renforcer cette efficacité). Il n'y a pas de polémique", a-t-il assuré, saluant au passage la volonté d'appropriation de son destin ainsi manifesté par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC).
Fils de Louis Michel, commissaire européen au développement et à l'Aide humanitaire,
Charles Michel a également souhaité un "apaisement" dans les relations belgo-congolaises et une rencontre la semaine prochaine à New York entre le président Joseph Kabila et le Premier ministre Yves Leterme. Il a, une nouvelle fois, appelé à la tenue rapide d'une réunion du comité des partenaires pour définir les priorités futures de la coopération entre les deux pays.
Congolais et Belges souhaitent ardemment que les relations bilatérales de leurs pays se normalisent le plus vite possible.
Guerre du Kivu : semaine décisive
Les prochains jours seront déterminants pour la guerre au Kivu. La Monuc a appelé à un cessez-le-feu immédiat devant l’intensification des combats qui mettent une réelle pression sur la ville de Goma. Les FARDC, par l’entremise du ministre de la Défense, ont accepté le cessez-le feu. Restait le CNDP qui ne s’était pas encore officiellement prononcé pendant qu’il mettait tout le poids militaire en vue de prendre le contrôle de Sake.
Il doit se tenir une importante réunion ce lundi à Goma, avec la participation de toutes les parties impliquées dans le Programme Amani. L’objectif est d’accélérer la mise en oeuvre du dernier Plan de désengagement des troupes.
Mais au moment où se préparait cette rencontre, les combats avaient doublé d’intensité avec la détérioration de la situation sur le terrain. Sake, localité située à 20 kilomètres de Goma, était déjà à la portée des éléments de Nkunda. Face à cette situation, la Monuc a appelé toutes les parties, principalement les FARDC et le CNDP-Nkunda, à un cessez-le feu immédiat.
La réponse des FARDC, par l’entremise du ministre de la Défense, Chikez Diem, est connue. Il appelle à un cessez-le-feu pour permettre la mise en application de ce plan de désengagement. Mais le CNDP n’avait pas encore répondu, relevant qu’il ne peut y avoir de « désengagement sans cessez-le-feu ». Une façon de jeter la pierre aux FARDC qui n’auraient pas respecté le cessez-le-feu. En plus, fort de son avantage militaire sur le terrain, le CNDP continue à exiger des négociations directes avec le gouvernement, dans un pays neutre, et sous les auspices de l’Union africaine. D’où le choix d’Addis Abeba pour abriter cette rencontre.
NEGOCIATIONS SUR PLUSIEURS FRONTS
S’il faut se permettre d’interpréter les propos du président de la République que « tous les moyens seront mis en œuvre pour ramener la paix au Kivu », on peut être tenté d’affirmer que le dialogue n’est pas exclu. La première possibilité est donc le Programme Amani qui bénéficie du soutien de tous les groupes armés qui ont signé l’Acte d’engagement de Goma. Ce cadre est une belle opportunité pour soutenir ce dialogue et aborder toutes les questions, même celles qui fâchent. Aussi, la facilitation internationale qui a été responsabilisée à ce sujet, devra mettre les bouchées doubles dans le but de ramener toutes les parties à cette table de concertations afin de parler à coeur ouvert de manière à combler les insuffisances constatées en vue d’alléger les souffrances des populations de cette province.
Mais il faudra exploiter d’autres fronts diplomatiques pour converger vers le même résultat. C’est-à-dire, une paix durable. Aussi, dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, la convocation d’une réunion d’urgence de cette organisation dans le cade du Pacte de sécurité, de stabilité et de développement de la région de grands Lacs s’impose. Elle permettra de nouer et de consolider ce dialogue entre les pays membres de manière à gérer ce conflit. Cadre qui réunit, outre la République démocratique du Congo, le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, le Kenya, l’Angola, la Zambie, la Tanzanie, la République du Congo, la République centrafricaine et le Soudan.
Cependant, des négociations directes entre le Rwanda et la République démocratique du Congo offriraient de réelles opportunités de paix de manière à éviter de faux-fuyants. Il est vrai que la dernière interview du président rwandais, Paul Kagame, a mis le feu aux poudres. Mais la grandeur politique de la RDC dans sa volonté inébranlable de ramener la paix dans cette région sera appréciée à travers sa capacité d’aborder les problèmes en face. Sans détours. Dans cet élan de la recherche d’une solution durable.
Par ailleurs, cette guerre étant une « guerre économique », surtout avec l’entrée en « force de la Chine » dans des plates bandes des pays occidentaux, il revient aux dirigeants de la RDC de mieux évaluer cette situation dans toutes ses dimensions. A ce niveau, il importe de s’appuyer sur ce réflexe et cette finesse diplomatiques de dialoguer, disons en aparté. Mieux, de tirer les bénéfices d’une diplomatie discrète.
UN MOMENT DETERMINANT
Quoique l’on dise, la guerre au Kivu est entrée dans un tournant déterminant. L’on s’attend à ce que toutes les parties jouent désormais franc jeu dans le but bien précis de ramener une fois pour toutes la paix en Rdc. C’est maintenant ou jamais de savoir si le Programme Amani vaut toujours la peine. Pour autant que la Communauté internationale y croit encore, autant alors qu’elle s’investisse totalement dans le Plan de désengagement afin qu’il connaisse un succès.
L’on attend également la même attitude du côté du gouvernement avec cette conviction de mieux assumer ses hautes responsabilités politiques afin de ne pas rater le rendez-vous de l’histoire. Et dans le cas d’espèce, donner un sens au processus politique en cours, déjà émaillé par l’organisation des élections en vue d’asseoir l’autorité de l’Etat, de préserver l’intégrité territoriale, de renforcer la cohésion nationale de manière à protéger toutes les populations congolaises.
Bien sûr que le CNDP est tenu à s’inscrire dans la même logique de paix pour éviter d’être taxé de « pion » manipulé pour des intérêts étrangers. Il aura ainsi marqué son appartenance à cette grande famille congolaise en se dépouillant du kalachnikov pour ne pas être des éternels va-t-en guerre. Les négociations, même directes, n’auront de signification profonde que si les volontés de tous les Congolais, et non sélectives, sont respectées. C’est-à-dire, vivre et appartenir à un Etat souverain, un et indivisible. Le moment est venu pour que toutes les institutions nationales s’impliquent dans la résolution de cette crise. Allusion faite à l’Assemblé nationale et au Sénat de passer en premières lignes.
Les semaines prochaines s’annoncent décisives.
Source : le Potentiel/kinshasa
20 septembre 2008
RDC/RWANDA : Kabila et Kagamé à couteaux tirés
Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, accuse son homologue rwandais de soutenir la rébellion qui ensanglante l’est de son pays. Paul Kagamé s’en défend et taxe les accusations du président congolais de « fausses allégations ».
Depuis fin août dernier, les combats ont repris à l’est de la RDC, où l’armée gouvernementale affronte des groupes rebelles, dont le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle Tutsi congolais Laurent Nkunda constitue la faction la plus active. Jeudi, en déplacement dans la région, Joseph Kabila a accusé le Rwanda d’être impliqué dans la reprise des hostilités. Le Rwanda a tout de suite démenti cette accusation qu’il juge faux et regrettable. La reprise des combats porte un coup dur au processus de paix en cours, et provoque des déplacements massifs de populations. L’Onu de son côté déplore le pillage des centres de santé par les belligérants.
Passe d’armes diplomatique entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Jeudi, Joseph Kabila a accusé le Rwanda d’être impliqué dans la reprise de la guerre à l’est de la RDC. « Le Rwanda n’est pas loin des événements qui se passent actuellement au Nord Kivu, il n’est pas innocent non plus », a déclaré, jeudi, Joseph Kabila au cours d’un point de presse à Goma la capitale de cette province dans laquelle il effectuait un séjour de travail de six jours. « Les autres pays limitrophes, l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie sont bien avec nous. Nous avons déjà suivi plusieurs mécanismes pour rétablir la coopération avec le Rwanda, mais ça n’a pas encore bien marché », avait ajouté le président de la RDC.
Des accusations immédiatement démenti par le Rwanda. « Le Rwanda n’a jamais apporté son soutien au mouvement rebelle du général Nkunda », a soutenu jeudi dans la soirée Rosemary Museminali, la ministre rwandaise des affaires étrangères, qualifiant au passage les accusations de M. Kabila de « fausses allégations ».
De fait, les combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), l’armée régulière, et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle Tutsi congolais Laurent Nkunda ont repris le 28 août dernier dans les collines de la province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda. Une transgression du cessez-le feu consécutif à l’accord de paix signé le 28 janvier à Goma (RDC), entre le gouvernement congolais, le CNDP et une vingtaine de groupes armés locaux.
Les combats ont repris au Nord-Kivu
Pour les détracteurs de Laurent Nkunda, celui-ci est instrumentalisé par Kigali. M. Kunda n’a pas commenté cette accusation contestée par le Rwanda. Son mouvement, le CNDP, s’est retiré depuis plusieurs mois du programme baptisé Amani mis en place pour faire appliquer l’accord de paix de Goma. Cet accord prévoyait l’éloignement réciproque des belligérants de leurs positions respectives pour permettre l’interposition des casques bleus de l’Onu et de la police congolaise.
Fidèle à ce processus, Joseph Kabila demande depuis au CNDP de rentrer sans condition dans les négociations de paix. Mais Laurent Nkunda ne l’entend pas de cette oreille. S’appuyant visiblement sur la combativité de son mouvement sur le terrain militaire – le CNDP a notamment repris aux FARDC les localités de Ngungu, dans le Nord-Kivu, et celle de Nundi dans le Sud-Kivu- le chef rebelle a déclaré avoir définitivement quitté le processus de paix. Il exige désormais d’avoir des négociations directes avec Kinshasa, dans un pays neutre. Elles pourraient, selon lui, se tenir à Addis Abeba la capitale éthiopienne, siège de l’Union africaine.
La reprise des combats à l’est du Congo a entraîné un vaste mouvement des populations civiles. Selon l’ONU, près de 100 000 personnes auraient ainsi été contraintes de se déplacer. L’ONU accuse également les différents belligérants de dévaster les centres de santé. « Nous devons déplorer des pillages systématiques de toutes les structures de santé dans les zones de combat. Ces pillages sont commis par toutes les forces en présence, sans exception », a déploré Nestor Yombo Djema, un porte-parole du bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU. Selon lui, l’absence de soins médicaux et l’indisponibilité des médicaments compliqueraient d’avantage la situation humanitaire.
RDC /RWANDA : Kabila versus Nkundabatware
Le Chef de l’Etat est resté ferme. Joseph Kabila dit au CNDP de rentrer dans le Programme Amani. Il n’y a aucune autre voie. Sinon, un plan existe pour forcer Nkunda à l’accepter. Sur RFI Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a souhaité vivement voir la Monuc mettre le doigt dans l’engrenage militaire avec le CNDP.
De son côté, Nkunda conditionne le désengagement à des négociations directes à Addis-Abeba. Les positions sont donc tranchées.
Kinshasa n’a pas réfléchi deux fois pour rejeter toutes les propositions du chef rebelle Laurent Nkunda, faites pour ramener la paix au Nord et Sud-Kivu. Nkunda exigeait les négociations directes avec le Gouvernement dans un pays neutre. Le CNDP préfère la ville d’Addis-Abeba, capitale d’Ethiopie, parce que, lit-on, c’est le siège de l’Union Africaine. Kinshasa réserve une fin de non-recevoir à ce mouvement politico-militaire. Déjà le mercredi 17 septembre, le ministre des Affaires Etrangères, Mbusa Nyamwisi, réagissait que le problème posé par le CNDP devait être traité par la Commission Paix et Sécurité du Programme Amani. Plus radical, Mbusa fulminait qu’il n’est pas question de négocier avec le CNDP car ce n’est pas un Etat. “ Nous sommes un Gouvernement ”, râlait-il.
Par Amani, il faut comprendre le programme institué par les participants à la Conférence de Goma sur la paix, la stabilité et le développement au Kivu. Le Programme Amani a vu le jour, en janvier 2008, avec la bénédiction de la Monuc et de la Communauté internationale. Réaction contre réaction, un nkundiste du nom de Bertrand Bisimwa mettait les vociférations de Mbusa Nyamwisi dans la corbeille de l’orgueil.
Mais voici que le Chef de l’Etat qui poursuit son séjour entamé depuis 6 jours à Goma vient appuyer la position de son ministre des Affaires Etrangères. Joseph Kabila a tenu un point de presse ce jeudi 18 septembre. Point de presse au cours duquel il a précisé que “ le Programme Amani, selon les accords du 23 janvier 2008, est le seul cadre de dialogue pour la paix et tous les signataires de ces accords doivent les respecter textuellement ”. Kabila ajoute : “ Plus question de continuer à faire des scénarios de jeu de guerre qui font souffrir la population en faisant des milliers de déplacés ”.
Interrogé sur les objectifs concrets de sa visite prolongée à Goma, le Président Kabila a dit qu’il est là pour “ encourager nos populations à ce moment difficile où les affrontements ont repris, alors qu’on espérait déjà trouver la solution ”. Il progresse : “ De deux, c’est pour voir comment faire retourner la paix plus attendue par les populations du Nord et Sud-Kivu. Et nous sommes déterminés à trouver cette paix à n’importe quel prix ”.
Le Coordonnateur du Programme Amani, l’abbé Apollinaire Malumalu, est sur la même ligne. C’est une question de légalité, dit-il, ajoutant que le Programme Amani reste le seul cadre pour accompagner les actes d’engagement et le seul cadre de suivi de la Conférence de Goma. “ Ce n’est pas question d’aimer ou de ne pas aimer ”.
La guerre continue
Pendant que la diplomatie traîne à reprendre ses droits sur la poudre, les hostilités se poursuivent dans le Masisi et le Rutshuru. C’est le sauve-qui-peut. Lorsque l’on analyse les positions des uns et des autres, on comprend tout de suite que le retour à la paix n’est pas pour demain. Le CNDP, visiblement, n’a pas l’intention d’arrêter la guerre si ses revendications ne sont pas rencontrées. A moins que, en face du mouvement politico-militaire, se dressent des hommes et des femmes prêts à se battre. Même dans ce cas, on n’aura pas fini avec le calvaire de la population du Nord et Sud-Kivu.


