Le Palais du peuple a connu hier mercredi 1er octobre une ambiance inhabituelle à l'occasion de la présence inattendue dans cet hémicycle du chef de l'Etat Joseph Kabila. Contrairement à ses habitudes, le Président de la République a provisoirement déménagé du Palais de la nation pour élire domicile dans la bâtisse chinoise où il a travaillé durant toute la journée.

Aussitôt après son arrivée dans la matinée, il a reçu le président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe et celui du Sénat Léon Kengo wa Dondo avec qui il s'est entretenu pendant longtemps.

A l'issue de leurs entretiens, le n°1 de la chambre basse du parlement a laissé entendre à nos confrères de la presse présidentielle que le chef de l'Etat est venu les rencontrer pour avoir, à travers eux, les nouvelles du Congo profond. " Le Président de la République veut connaître ce que les populations vivent réellement sur le terrain ", a-t-il déclaré. Pour Kamerhe, cela est tombé bien à propos parce que les deux chambres viennent d'apprêter les rapports des vacances parlementaires des députés et des sénateurs. Ce qui leur a permis de dresser à l'intention de leur distingué hôte le tableau de la situation que connaissent les populations de l'arrière-pays.

Il estime que le parlement et le gouvernement doivent travailler la main dans la main pour le bien-être du peuple congolais, tout en soulignant cependant que chaque institution doit assumer ses prérogatives constitutionnelles.

Concernant l'actualité de l'heure caractérisée par la démission du 1er ministre Antoine Gizenga, Vital Kamerhe s'est limité à saluer l'acte de cette personnalité. Il a reconnu que durant son mandat à la tête du gouvernement, le leader du Palu a permis au pays de maintenir les efforts de l'assainissement du cadre macro-économique qu'il a trouvés lors de sa prise des fonctions.

Cette présence de Joseph Kabila a suscité plusieurs commentaires dans les couloirs du Palais du peuple. En ce moment où toute l'actualité politique est focalisée sur la nomination d'un Premier ministre, certains ont vu dans ce déplacement une sorte de retraite que le Président de la République s'est donnée pour se soustraire aux sollicitations dont il est souvent l'objet au Palais de la nation.

Ici, il sied de souligner qu'après ses entretiens avec le président de deux chambres du parlement, Joseph Kabila s'est enfermé dans le salon orange du Palais du peuple où il n'a pas eu d'autres contacts, hormis ceux avec les membres de son cabinet qui l'ont accompagné dans son déplacement. Parmi eux, il y a eu le dircab Raymond Tshibanda, la dircaba Mayuma Kasende, le conseiller principal du collège politique et diplomatique Marcellin Chiambo.

Pour revenir à la désignation du formateur du gouvernement, d'autres sources contactées au Palais du peuple estiment que le n°1 de la Rdc est venu mettre la dernière main sur la composition du gouvernement dont la publication est attendue dans les prochaines heures.

Quoiqu'il en soit Kabila n'a plus de choix. Il sait que le temps qui lui reste est précieux. Il n'a donc pas à tergiverser parce que plus les jours et les semaines passent, plus les interrogations se multiplient sur son action. Il faut qu'il attrape le taureau par les cornes et aille au plus pressé.

Au pouvoir depuis plus de 7 ans si l'on doit prendre en compte les années de la transition, le chef de l'Etat doit avoir une idée plus ou moins précise des acteurs politiques congolais, leurs qualités ainsi que leurs limites. Il sait que face à la situation délétère que traverse le pays, il lui faut un Premier ministre vertébré, un homme de poigne, capable de restaurer la discipline dans la maison. Car, il faut reconnaître qu'il existe une sorte de laisser-aller qui favorise l'impunité et l'émergence d'une caste d'intouchables. Pour mettre fin à cette bouillabaisse, seule une personnalité ayant un charisme éprouvé peut s'en sortir. Au niveau où il se trouve, Joseph Kabila est à mesure de dénicher cet oiseau rare. Il y va de la bonne poursuite de son mandat. Si le changement de cadre de travail qu'il s'est imposé hier l'a aidé à se concentrer sur la question, cela est une bonne chose pour les Congolais.