Il fallait s’y attendre. Les premières pluies de la saison qui sont tombées dans la nuit du mardi 30 septembre à mercredi 1e octobre 2008 et qui se sont poursuivies dans la nuit du mercredi 1e au jeudi 2 octobre 2008, se sont montrées destructrices. Même si l’on n’a pas déploré de pertes en vies humaines, plusieurs routes sont menacées de coupure et des inondations sont enregistrées. Les effets de ces premières pluies sont une alerte qui laisse présager le danger qui peut arriver dans suite.

Des routes qui se coupent, les murs qui s’écroulent, les inondations qui détruisent et emportent des biens…c’est le lot de malheurs qui ont accompagné les premières pluies qui se sont abattues les deux derniers jours sur la capitale congolaise. Ces dégâts enregistrés ça et là, n’ont pas été une surprise pour les Kinois habitués à vivre ce genre de spectacles à la tombée de chaque pluie. Mais qui, de toute évidence, peuvent être évités. Les chantiers ouverts ça et là, dont certains sont à l’état d’abandon, avec leurs trous creusés par des engins, constituent en eux même une menaces sérieuse pour la voirie.

Dès la tombée de premières pluies, les routes de la capitale subissent déjà le coup. Les usagers de la route se rappellent encore de la fameuse « libulu Manzengele » sur l’avenue de l’Université (une crevasse qui avait coupé l’avenue de l’Université en deux ). Ce trou qui était à la base de difficultés de transport sur l’axe rond-point Ngaba vers d’autres destinations, était la conséquence des eaux de pluies qui stagnaient à cet endroit. Afin de faciliter le trafic sur le tronçon, ce trou était remblayé avec des moellons.

Après ces premières pluies, les eaux y stagnent encore. C’est le début d’un « libulu Manzengele » bis. Sur la même avenue, à la hauteur de la station service près du rond-point Ezo, des lacs se sont formés à la suite de ces pluies qui ont trouvé l’endroit favorable, grâce aux nids-de-poule.

Un tronçon du boulevard Sendwe vers l’avenue Kasa-Vubu, dans la commune de Kalamu, était immergé par les eaux de la rivière Kalamu en furie au point que les échoppes environnantes et les vendeurs de légumes n’ont pas su vaquer à leurs occupations jusque vers 16 heures, le mercredi 1er octobre 2008. L’accès aux magasins et au petit marché était rendu impossible. Contraints par les circonstances, les passants se faisaient transporter par les passeurs moyennant 100 Fc. Des jeunes ont saisi cette occasion pour faire louer des bottes à 100 Fc pour traverser le tronçon inondé.

Dans la commune de N’Djili, la voie qui mène vers le quartier «N’Djili/Brasserie » à partir de la station service Shell, n’a pas été épargnée par les pluies. On y a dénombré plusieurs flaques d’eau qui obligent les conducteurs de véhicules à effectuer des détours pour atteindre la destination.

Dans la commune de Lemba, le tronçon compris entre le rond point Super Lemba et les installations de la Foire internationale de Kinshasa (Fikin) est parsemé des nids-de poule remplis d’eau, encore visible jusque dans la soirée d’hier 2 octobre.

Dans la commune de Ngaliema à Binza/UPN, près de la station-service, un lac artificiel oblige les conducteurs à dévier en effectuant de grandes manœuvres. Dans la même commune, sur l’avenue Mama Yemo (quartier Munganga), la pluie a détruit une partie de la chaussée en pleine réhabilitation alors que les travaux tendaient vers la fin.

Sur la route des Poids lourds, à Limete, le spectacle est désolant sur le tronçon compris entre le SEP/Congo et Uzam. Les prochaines pluies pourront aggraver, si on y prend garde, l’état de cette voie déjà entamé.

A noter que le gouvernement avait ouvert « des chantiers » pour réhabiliter les routes. Mais certains, constate-t-on, les travaux avancent à pas de tortue, ou pas du tout. Dans d’autres, les travaux sont à l’arrêt.

Les dégâts enregistrés à la tombée de ces pluies inquiètent les observateurs et laissent planer le doute sur l’achèvement des travaux dans le délai. Face à ce tableau peu reluisant, les prochains jours s’annoncent donc dramatiques dans la capitale, à moins d’un sursaut d’orgueil de la part des politiques congolais.

En clair, les discours des gouvernants congolais en rapport avec la voirie urbaine sont loin de se traduire en actes. Car les nids-de-poule se multiplient à Kinshasa et pourront devenir, bientôt, des « mabulu Manzengele ». Un observateur a fait un constat amer : « Pour reconstruire la République démocratique du Congo, nous avons besoin des actes et non des discours politiques qui n’ont pas d’effet. Cela pour éviter le spectacle désolant des nids-de poule qui jonchent les rues de Kinshasa. Lesquels sont à l’origine des perturbations du transport en commun.