Quand les troupes congolaises avancent sans grands obstacles dans le camp du CNDP, les autres ennemis de la paix choisissent ce moment pour occuper les positions déjà conquises par les FARDC pour imposer leur loi. Ils veulent ainsi distraire les forces républicaines, afin de les poignarder dans les dos. Alertées par cette nouvelle crise, l'armée nationale refuse de reculer. Elle tient à coincer les forces négatives au mur.

L'attitude des Maï-Maï étonnent plus d'une personne aujourd'hui. Car, ces rebelles ont toujours soutenu qu'ils appuyaient les soldats congolais dans leur combat contre les éléments du CNDP. La MONUC et l'état-major congolais ont toujours condamné l'attitude ambiguë des Maï-Maï, précisant qu'aucun groupe armé ne peut prétendre appuyer l'armée nationale quel qu'en soit le prétexte.

La vigilance onusienne et gouvernementale a payé, ces groupes viennent de montrer à la face du monde qu'ils étaient en réalité les ennemis de la paix.

Les différents rapports que détient la mission onusienne démontrent que les groupes Maï-Maï sont en train d'occuper les positions abandonnées par les FARDC, à cause de leur déploiement sur le territoire de Rutshuru. Avec l'avancement des troupes congolaises vers les lignes de front, les autres milices essaient de réoccuper les positions conquises par l'armée loyaliste.

Au début de la semaine passée, la situation était très tendue autour de Sake, les troupes congolaises avaient lancé des combats contre le fief du CNDP, à partir de leur quartier général de cette localité.

Pour ce, l'armée nationale a utilisé des véhicules blindés, des hélicoptères, des lance-roquettes dans le camp adverse, souligne la mission onusienne en RDC.

Les accrochages ont continué dans les localités de Nyanzale, Tongo, Bambo sans recours aux armements lourds. Le CNDP avait de son côté multiplié les appels pour des nouvelles négociations, mais le gouvernement congolais a décliné l'offre tant que le CNDP refuse le cadre négocié et accepté par tous pour le dialogue.

Depuis 48 heures, les deux forces en présence respectent le cessez-le-feu, et se conforment ainsi partiellement au plan de désengagement, constate la MONUC. " Il y a eu des preuves des retraits partiels, mais également de positionnement des troupes avec intentions défensives ou offensives ", a déclaré le porte-parole militaire de la MONUC au cours du point de presse hebdomadaire. Jusque là, le CNDP n'a toujours pas donné sa position par rapport au plan de désengagement proposé par la mission onusienne.

Et pourtant ce document sera défendu devant le Conseil de sécurité, afin d'aider le gouvernement central à rétablir la paix dans l'Est du pays.

 

Les adieux du général Babacar Gaye

Après deux mandat à la tête de la force de la MONUC, le général sénégalais Babacar Gaye est venu faire ses adieux aux fidèles du point de presse hebdomadaire.

La cérémonie d'adieux annoncée avec pompe, n'a pas été à la hauteur des attentes des chevaliers de la plume. Toutes les questions préparées n'ont pas été posées, à cause d'un agenda trop chargé du commandant sénégalais ce mercredi. Il a eu juste le temps d'encourager les journalistes à " bien faire leur travail " avant de quitter la salle Alpha. Néanmoins, quelques professionnels les plus téméraires ont su lui arracher une interview de cinq minutes.

Aucun commentaire sur son mandat ni sur son successeur de nationalité espagnole. Le règne du Sénégal à ce poste a-t-il pris fin ou le pays de Amos Namangongi va retrouver de nouveau son fauteuil après l'Espagne ?

L'avenir nous en dira un peu plus. Est-il que Babacar Gaye laisse la RDC dans un tourment sécuritaire sans précédent, mais il aurait eu le mérite de prendre une part active à toutes les négociations, jalons d'un retour à la paix durable. Il s'est dit " optimiste et plein d'espoir " quant à l'avenir de la RDC.