FARDC

Une situation de tension règne en République démocratique du Congo. Cette situation contraste avec tous les espoirs suscités par la mise en place des institutions issues des élections jugées par tous comme démocratiques, libres et transparentes comme on n’a pas l’habitude d’en avoir en Afrique. Ces élections étaient voulues comme gage de l’éligibilité de la Rdc. Personne ne s’attendait qu’après l’enjeu démocratique, on exige des dirigeants congolais autre chose à part la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme. A ce jour, personne ne peut accuser ce pays de la mauvaise gouvernance. Les indicateurs macroéconomiques sont là pour le démontrer. Pour la première fois, ce pays a fait des réserves dans la gestion budgétaire. Et c’est dans ces réserves qu’on avait puisé les fonds qui ont permis la mise en place de Amani. C’est aussi pour la première fois que dans ce pays, c’est la Banque centrale qui est redevable au gouvernement. C’est la preuve qu’on a mis fin au financement monétaire.

En ce qui concerne la défense des droits de l’homme, des cas connus et dénoncés actuellement sont liés à la situation de guerre et sont les faits des groupes armés. Il peut y avoir des cas isolés de brimades et autres que l’on peut mettre sur le compte de la violation des droits de l’homme. Il s’agit d’actes qui ne relèvent pas de la politique du gouvernement congolais. Cela est tellement vrai que dans les milieux qui se veulent critiques vis-à-vis du gouvernement, on ne sait pas où placer ces critiques. Dans un mimétisme nostalgique de la deuxième République, on entend des gens parler, pince-sans-rire, de la « dictature naissante du régime Kabila. Lorsqu’on écoute ces critiques de plus près, on se rend compte que le tort de Joseph Kabila c’est d’avoir imposé la voie des élections. Ainsi, ceux qui l’attendaient sur le chemin des négociations et à qui il a opposé un non catégorique, pour eux donc, Kabila est un dictateur. Si c’est cela la dictature, alors c’est une bonne dictature.

Il est vrai que Joseph Kabila a tenu à ce que le pays sorte du régime de combines politiciennes. Il s’est investi pour qu’il y ait des élections. Mais, en tant que Chef de l’Etat, il n’a fait que respecter la volonté du peuple congolais. Il a mis en application les objectifs de la transition négociée en Afrique du Sud. L’un des objectifs majeurs de cette transition était l’organisation des élections. Avant l’organisation de ces élections, il fallait un partage équitable et équilibré du pouvoir. La raison c’était que chaque composante puisse participer à la gestion de la transition et donc à celle des élections. Cela s’était traduit à travers la composition de la Commission électorale indépendante (Cei). En tant que institution d’appui à la démocratie, cette commission était présidée par un membre de la société civile secondé par des vice-présidents issus des composantes politiques. En quoi donc consiste la fameuse dictature de Joseph Kabila ?

Normalement, on devrait se moquer de ces mensonges. Mais comment le faire lorsque certaines puissances s’y appuient pour agiter le front national. Non contentes d’agiter le Congo du dedans, ces puissances ont remis en marche la carte des voisins mécontents prêts à en découdre avec le Congo, sans jamais dire la raison pour laquelle la paix au Congo serait un handicap à leur développement. Il est remarquable aujourd’hui que beaucoup de voisins du Congo disent à qui veut les entendre ne pas être contents du Congo. L’Ouganda de Museveni est plus clair et plus direct en disant que toutes les guerres qu’ils ont menées au Congo avaient des motivations économiques. Et que cette fois encore, ils sont prêts à récidiver pour des mêmes raisons. Qu’est-ce que veulent ces voisins ? Que la Rdc leur laisse une partie de son territoire ou qu’elle les laisse exploiter les ressources naturelles de ce pays sans contre partie ?

Le Rwanda évoque des accords non respectés. Kigali ne dit pas lesquels. Ce pays n’a jamais utilisé les mécanismes de coopération pour poser son problème. Il y a même des institutions internationales qu’il pouvait mettre à contribution. Il nous revient aujourd’hui qu’il y aurait également bégaiement dans les relations avec le Burundi. Inutile de chercher à savoir pourquoi. Car, la vraie raison n’est à chercher que dans les intentions de ceux qui veulent encercler le Congo avec des conflits afin de l’empêcher à mener à bout son processus de normalisation. Il nous revient que la mauvaise humeur d’un partenaire serait à la base de cet encerclement de la Rdc. La mayonnaise prend à l’intérieur. Au bout de tout se trouverait la coopération avec la Chine. Suivez mon regard. Ce qui est arrivé à Kahemba entre dans le cadre de cette préparation de l’image du chao. On fait l’esquisse de ce chao en attendant d’y mettre les couleurs. En d’autres termes on dirait qu’on est en train de planter le décor. Sinon, comment comprendre que les éléments de la police s’affrontent avec la population et que cette dernière s’empare des armes des agents de l’ordre ? La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est qu’un policier s’était permis de tirer une balle réelle dans la foulée de bagarreurs et a touché un habitant de la cité. La colère de la population était telle que la débandade était plutôt dans le camp de la police. Car, la population s’est emparée des armes et des munitions. Le reste n’a été que boule de neige. La tension est montée lorsque, en cours de route, les habitants de la cité ont voulu réquisitionner une jeep de la zone de santé de Kajiji en provenance de Kikwit. Le chauffeur qui a opposé un refus à cette demande, s’est vu tabassé sérieusement. La population venue s’enquérir de la situation a engagé une dispute avec les policiers. Ces derniers se sentant menacés, l’un d’entre eux a tiré sur le leader des jeunes dénommé Patcho qui fut grièvement blessé. Cet incident a engendré des pillages dans la cité. Le bureau de la police, les résidences de l’administrateur du territoire et du commandant de police territorial ont été saccagées. Le poste de la police n’a pas été épargné. Selon l’administrateur du territoire, le drapeau congolais a été brûlé et à la place les jeunes ont défilé la nuit avec le drapeau angolais. Si on ne lit pas ces signes de temps, on doit cesser d’être politicien. Car, on n’est pas politicien seulement pour se battre pour des postes au gouvernement.

Kahemba est une zone minière. Comme par hasard, on a vécu la même situation au Kasaï-Oriental. La pomme de discorde, c’est le conflit de compétence entre services de sécurité oeuvrant dans les trois mines d’exploitation artisanale de diamant. Les creuseurs se sont eux aussi armés pour protéger leurs intérêts. Ces éléments incontrôlés sèment la terreur à l’aide d’armes de guerre. Ils ont pris possession de trois mines dont celles situées dans les villages de Bena Kabindi et Bena Tshibaka dans le secteur de Sangu. Pour l’inspecteur provincial du Kasaï-Oriental, il faut une enquête et des mesures urgentes de sécurité afin d’éviter des conséquences fâcheuses dont les premières victimes seront les populations.

A Kinshasa on est distrait

Pendant ce temps, les politiciens distraits par la conquête de la primature devenue une question de vie ou de mort, se perdent en conjecture, en stratégies et en théories oiseuses, moyens qui devront bientôt être justifiées par la fin. Aujourd’hui on est dans la politique de « à chaque jour suffit sa peine ». Et astucieuse, une certaine opposition se délecte de cette distraction d’une certaine majorité. Plus grave, cette majorité est heureuse de trouver en cette opposition un allié. Hier, le Mlc estimait que la solution au problème de la Rdc, c’est la démission de Antoine Gizenga. Ce dernier a démissionné. Mais, lors de son meeting à la Fikin, à l’occasion des dix ans de son parti, François Mwamba a déclaré que la démission de Gizenga ne changera rien. On peut alors se poser la question de savoir pour quelle raison l’opposition voulait à tout prix le départ de Gizenga, si ce n’est pas pour semer la zizanie dans la majorité. On y est après la démission volontaire ( ?) de Antoine Gizenga ? Ce n’est par hasard que c’est pendant ce temps que le Mlc lance la campagne d’adhésion. On peut donc dire que dans la situation ainsi peinte, la majorité joue avec le feu. Il est temps qu’elle se ressaisisse et comprenne qu’il y a d’une part la gestion du pouvoir et de l’autre celle de l’opinion et l’encadrement politique. Les partis de la majorité sont absents. Peut-être que c’est encore à cause de la léthargie du gouvernement.