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Les populations du Nord-Kivu continuen à payer un lourd tribut avec la reprise des combats entre les Fardc et le CNDP de Laurent Nkunda. Au cours de la journée d'hier mercredi 8 octobre, des combats à l'arme lourde ont opposé les deux forces en présence dans le territoire de Rutshuru. Des combats intenses ont eu lieu dans la région couvrant les localités de Rugari, Rumangabo et Ntamugenga, à environ une cinquantaine de kilomètres du Nord-Est de Goma.

Selon la Monuc, les éléments du CNDP ont investi les localités de Rumangabo et Ntumugenga vers le poste frontière de Bunangana dans le territoire de Rutshuru. Dans la soirée, la situation y est redevenue calme. Des éléments des Fardc se seront repliés dans la ville de Rutshuru en provenance de Rumangabo.

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RDC, Alan Doss a exprimé son inquiétude de voir la RDC de nouveau embrasée par la guerre au début de la semaine à la tribune du conseil de sécurité à New York (Etats-Unis).

Nous entrons dans une phase potentiellement très dangereuse, les tensions montent et nous ne voulons pas voir la RDC plonger de nouveau dans la guerre ", a clamé le numéro un de la Monuc qui fait allusion à la reprise des affrontements armés dans la partie Est du pays à savoir, au Nord-Kivu et dans le district de l'Ituri (Province orientale).

Contexte dangereux

En fait, Alan Dosss présentait aux membres du conseil de sécurité le plan de désengagement des bandes armées tel qu'approuvé par les autorités congolaises dans le cadre du programme Amani. Dans son exposé, il a jugé très préoccupante la situation militaire au Nord-Kivu, en mettant en exergue les tensions ethniques qui augmentent. Un contexte très dangereux.

Par rapport à cette nouvelle donne sur le terrain, le représentant du secrétaire général des Nations Unies en RDC a fait un plaidoyer pour un renforcement des forces de la Monuc par des troupes additionnelles. Il a clairement étayé ses propos en indiquant que les capacités de la mission onusienne en RDC à contenir la situation dans la Province orientale et dans le district de l'Ituri étaient limitées en raison des préoccupations émanant du Nord-Kivu. " Il y a des limites à ce que nous pouvons faire. Nous ne pouvons pas être partout à la fois ", a-t-il soutenu.

Cependant, il a souligné la nécessité de reconfigurer les ressources actuelles de la Monuc en fonction du contexte du moment afin de mettre en œuvre le plan de désengagement. C'est à la lumière de ce qui précède que Alan Doss a lancé un appel aux membres du Conseil de sécurité pour obtenir des troupes additionnelles et des équipes spécialisées dans le but justement d'adapter les forces de la Monuc aux défis actuels, en même temps d'anticiper par rapport aux événements.

Néanmoins, dans le cadre de la pacification de la partie Est de la RDC, le patron de la Monuc a mentionné quelques avancées significatives au Sud-Kivu. Hier mercredi 8 octobre au point de presse hebdomadaire de la mission onusienne, son porte-parole ad intérim, Michel Bonnardeaux, a indiqué que le département d'état des Etats Unis soutient cette proposition de renforcement de la capacité de la Monuc par l'ajout des troupes additionnelles.

Par ailleurs, il a noté que cette nouvelle capacité à acquérir par la Monuc a deux volets. D'abord, la reconfiguration des troupes, et ensuite, des troupes additionnelles pour faire face aux recrudescences des bandes armées, à répondre aux urgences avec une capacité à se déployer rapidement sur les zones de tension.

Rumangabo, localité importante

Michel Bonnardeaux est confiant que le conseil de sécurité va donner une suite favorable à cette demande. Mais, le porte-parole de la Monuc n'a pas donné le nombre des troupes additionnelles. Il a laissé la latitude au Conseil de sécurité qui doit étudier ce dossier en détail.

Toujours par rapport à la situation militaire au Nord-Kivu, les combats à l'arme lourde ont éclaté entre les Fardc et les CNDP hier mercredi 8 octobre matin dans les localités de Nkokwe, Rugari, Bukima, Kabaya et Ngungu. D'autres affrontements ont été signalés aux environs du centre de brassage de Rumangabo et à Ntamugenga, à quelques encablures de Bunagana.

A Rutshuru, des combats violents opposent les Fardc aux CNDP. Le porte-parole du mouvement rebelle, Bertrand Bisiwa accuse les forces loyalistes d'utiliser des mortiers à longue portée pour pilonner depuis l'aube, simultanément leurs positions à Nkokwe, Rugari, Ngungu, Kabaya et Bukina.

Les localités de Nkokwe et Bukina violées, constituaient la zone tampon entre les Fardc et les CNDP. Rugari était contrôlée par les deux belligérants. Tandis que Kabaya était entre les mains de l'armée regulière.

A en croire le CNDP, leurs combattants ont repoussé les Fardc de toute cette région jusqu'à Rumangabo, soit à plus ou moins 50 kilomètres de Goma. Aux dernières nouvelles, les éléments du CNDP ont récupéré Rumangabo. Une localité importante, un centre de brassage.

Comme on peut l'imaginer, dans cette situation ce sont les populations civiles qui paient le pot cassé. Elles sont obligés malgré elles, d'abandonner tout et de fuir pour aller s'abriter ailleurs, après la chute de Rumangabo.