FARDC

Les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ont repris tôt lundi matin. Après une nuit d'accalmie, depuis les collines de Mulimbi, sur les hauteurs de Tongo, à une soixantaine de kilomètres au Nord-Ouest de Goma que des armes crépitaient, rapportent des sources onusiennes.

Des échanges de tirs ont opposé les FARDC aux CNDP dimanche sur la ligne de front de Kabiza pendant une heure toujours, dans la même région.

Selon une information reprise par radiookapi.net ce lundi, les positions de l'armée régulière aux alentours de Tongo ont été attaquées ce lundi vers 4 heures du matin par le CNDP. Selon la source, le CNDP a attaqué avec l'objectif de prendre le contrôle de toute la région de Tongo.

Les FARDC qualifient d'intentionnelle l'attaque du CNDP et elles estiment qu'elle a été planifiée quelques jours auparavant. De son côté, le CNDP avance que c'est pour riposter à une avancée des FARDC vers ses positions à Mulimbi.

Le porte-parole du CNDP signale que c'est depuis 9 heures que de violents combats à l'arme lourde se sont étendus jusqu'à Tongo centre. Bertrand Bisimwa affirme que le CNDP s'est levé avec l'objectif de reprendre, dès lundi les localités de Kabiso, Butare et Tongo qui étaient sous son contrôle il y a environ 3 semaines avant d'être conquises par l'armée régulière.

Pendant ce temps, un lieutenant, un adjudant et un caporal du CNDP se sont rendus le même lundi aux FARDC à Bweremana, à 50 kilomètres au Sud de Goma, dans le Masisi. Selon la radio onusienne Okapi, le responsable des FARDC sur place précise que les 3 ex rebelles étaient basés dans la région de Ngungu. " Ils se sont rendus avec leurs armes et se disent prêts à servir dans les rangs de l'armée congolaise. Dans les heures qui viennent, ils seront acheminés à Goma " indique la même source. Mais quel crédit peut-on accorder à de tels éléments. Ne joueront-ils pas demain la carte du CNDP ? Difficile de répondre avec certitude.

La CNDP recrute par force

Le CNDP procède au recrutement forcé dans le Masisi, indique la Mission des Nations unies qui dit en être convaincue. Jean-Paul Dietrich, le porte-parole de la Monuc affirme que la Mission onusienne a surpris des éléments du CNDP avec 13 personnes recrutées de force samedi dernier.

" Samedi, la Monuc a reçu des informations de multiples sources selon lesquelles le CNDP serait en train d'entreprendre de nouveaux recrutements dans les localités de Kungu, Kitshanga et Mushake ", déplore le porte-parole militaire de la Monuc qui condamne ces actes et rappelle que tout nouveau recrutement viole le cessez-le-feu.

" Après que l'on a appris la triste réalité, nous avons immédiatement dépêché une patrouille pour clarification. Nous avons, effectivement identifié à Osafa, un bâtiment suspect. Alors qu'on l'inspectait, un élément du CNDP en est sorti et a instantanément tiré en direction des caques bleus. On a été ainsi obligé de répliquer. Un combattant CNDP a été blessé. C'est alors que l'on a trouvé 13 personnes capturées dans le cadre de ce recrutement forcé. On les a libérés ", raconte le porte-parole de la Monuc.

La Mission des Nations unies a informé le CNDP de suspendre toute activité dans la zone de séparation. Selon la Monuc, le CNDP a vidé le lieu. La Monuc a renforcé les patrouilles pour voir si d'autres écarts peuvent encore être constaté