MuzitoA peine nommé, Muzito sous la menace d'une motion de défiance !

Après le temps mort observé du côté de l'Assemblée nationale où on avait presque pas assisté à la tenue des plénières depuis la rentrée parlementaire du 15 septembre, temps mort surtout dû à l'attente de la nomination d'un nouveau Premier ministre en remplacement d'Antoine Gizenga, la Chambre basse du parlement a tenu hier mardi 14 octobre dans la salle des congrès du palais du peuple, sa toute première plénière après la nomination par Joseph Kabila du nouveau locataire à la primature, en la personne d'Adolphe Muzito.

Aussi, signalons que cette plénière présidée par Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale, a été marquée par un fait important à savoir, la déclaration politique faite par les députés nationaux originaires des trois provinces de l'Est de la RDC actuellement touchées par rébellion menée par Laurent Nkunda Mihigo. Il s'agit des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu ainsi que celle de la province Orientale.

Dans la déclaration qu'ils ont rendu publique à l'issue d'une réunion de concertation qu'ils ont tenue à huis clos dans la salle de spectacles du Palais du peuple quelques heures avant l'ouverture de la plénière, ces députés de l'Est ont dit avoir suivi avec attention, le message de Joseph Kabila adressé à la nation la semaine passée, quelques heures avant que ne soit rendu publique le nom du nouveau Premier ministre.

Dans ce message, les députés disent avoir retenu plus particulièrement l'une des cinq priorités du gouvernement citées par Joseph Kabila, à savoir la solution à la guerre qui affecte les trois provinces ci-haut citées.

En outre, ils ont dit avoir constaté en la personne du nouveau chef de ce gouvernement, qui n'est autre qu'Adolphe Muzito issu du Palu, que son profil ne répond pas au contexte du moment ; faisant ainsi allusion à la guerre de l'Est. Par conséquent, eu égard à cette situation, a prévenu l'honorable Idambitwo Bakaato qui lisait la déclaration au nom des autres députés nationaux de ces provinces, ces derniers ont indiqué qu'ils se resservent le droit d'user de leurs prérogatives constitutionnelles.

Ce qui veut tout simplement dire que ces députés sont déjà prêts à amorcer une démarché tendant à obtenir la démission d'Adolphe Muzito ; c'est-à-dire une motion de défiance à l'encontre du tout nouveau Premier ministre qui visiblement, ne bénéficient pas déjà de la confiance, son seulement des députés des trois provinces de l'Est, mais également d'autres députés de l'Amp qui avaient souhaité à ce que le Premier ministre soit issu de leur plate-forme et non du Palu.

N'est-ce pas très tôt ?

De l'avis de certains observateurs, les élus des provinces de l'Est risquent d'aller trop vite en besogne en voulant déjà obtenir de sitôt le départ de Muzito qui, estiment-t-ils doit encore disposer du temps de travailler.

Certains parmi ces observateurs qualifient même la démarche de ces députés de préjugés dans la mesure où, estime-t-on, le remplaçant de Gizenga peut aussi disposer des atouts en rapport avec ses nouvelles fonctions, (atouts) susceptibles de surprendre ses détracteurs.

Par ailleurs, s'agissant des chances à donner à la démarche de ces députés anti Muzito, si jamais cette démarche venait à être amorcée, certains analystes ont donné à une telle démarche plus de quatre-vingt pour cent (80 %) de réussite.

Ces chances estiment ces analystes, reposent sur le fait que le choix porté sur Muzito par Joseph Kabila, qui a tenu au respect des accords signés avec le Palu, n'a pas du tout été approuvé par une grande majorité au sein de la famille politique présidentielle où on attendait que le président recoure à la constitution (qui prime sur les accords politiques) pour nommer un Premier ministre au sein de la majorité AMP. D'ailleurs, au cours d'une conférence de presse qu'il a tenu à la fin de la semaine passée, le député national Evariste Boshab, secrétaire général du parti présidentiel, PPRD a vivement exprimé le vœu de voir le président de la République nommer le Premier ministre au sein de la majorité. Ce qui, malheureusement pour les membres de l'Amp n'a pas été fait.

Voilà pourquoi ces analystes estiment que les députés de la majorité pourraient profiter de l'occasion à travers la démarche de leurs collègues de l'est qui sont estimés à ± 140 à l'Assemblée nationale pour obtenir, dans une motion de défiance qu'ils peuvent soutenir, la démission d'A. Muzito. Wait and see.