carte_kIVULes rebelles du CNDP de Laurent Nkunda ont mis en place une administration, le samedi 1er novembre à Rutshuru. Un signe qui prouve à suffisance la création de la République des Grands Lacs à l’Est de la RDC avec le soutien du Rwanda.

Depuis le 28 août 2008, d’intenses combats entre les troupes loyalistes et les éléments du CNDP ont repris sur différents fronts dans la province du Nord-Kivu. Conséquence : des milliers de personnes se sont retrouvées dans la rue. Cela, sans compter le calvaire qu’elles vivent au quotidien.

Pas plus tard qu’il y a quelques jours, les rebelles du CNDP ont pris le contrôle du territoire de Rutshuru et ont contraint l’armée régulière à se replier sur Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Le week-end dernier, un calme précaire a été observé à Rutshuru. Toujours est-il que les magasins, les boutiques…, étaient fermés et les rues presque désertes, rapporte l’Agence Reuters.

Les éléments du CNDP ont dirigé une cérémonie dans le stade de la ville. Motif : célébrer l’occupation du territoire de Rutshuru par le mouvement politico-militaire de Laurent Nkunda. Certains d’entre eux arboraient des bandes de munitions autour du torse, ainsi que des fusils d’assaut AK-47 ou des lance-roquettes. Quelques habitants de Rutshuru avaient fait le déplacement et observaient la scène d’un oeil inquiet, révèle la source.

Le conseiller du CNDP pour les Affaires étrangères, Oscar Balinda, a assuré à Reuters que les rebelles contrôlaient le secteur et demandaient à tous les réfugiés de rentrer chez eux. Avant d’assurer que son groupe, qui affirme protéger la minorité tutsi de la RDC des attaques de Hutu rwandais et de l’armée congolaise, avait invité les associations humanitaires à venir à Rutshuru afin d’aider les habitants.

Interrogé au sujet de cette occupation, un habitant de la contrée a déclaré : « Nous sommes mécontents de ces gens. Ils veulent prendre le pouvoir et détruire notre démocratie. Que feront-ils pour nous? ». Et d’ajouter : « Ici, les gens sont captifs, on les force à faire des choses », en faisant référence au rassemblement du stade.

Mobilisation générale

Qu’est-ce qui se cache derrière le schéma du CNDP ? L’opinion doit savoir que Nkunda n’a pas l’envie de descendre à Kinshasa. Bien au contraire, lui et le Rwanda sont utilisés par le monde anglo-saxon pour arriver à contrôler la partie orientale de la RDC. Laquelle partie sera baptisée sous le nom de la « République des Grands Lacs ». Une façon pour l’initiateur de ce schéma de contrôler les matières premières que regorge cette partie du territoire national.

Déjà en 1997, un romancier britannique du nom de John Le Carré a publié aux éditions le Seuil, un roman révélateur intitulé : « Le chant de la mission ». En utilisant un nom fictif de Philippe, John Le Carré écrit : « Ce n’est pas la première fois qu’ils se penchent sur le Congo oriental, et qu’est-ce qu’ils y voient ? L’anarchie comme résultat probable de prochaines élections, les Chinois qui grattent à la porte pour rafler toutes les matières premières. Alors, que faire ? Les Congolais n’aiment pas les Américains, et c’est réciproque. De leur côté, les Rwandais méprisent les Congolais, ils sont disciplinés et efficaces. Alors, le plan des Américains, c’est de consolider la présence économique et commerciale du Rwanda au Congo oriental jusqu’à la rendre incontournable. Ce qu’ils veulent concrètement, c’est une annexion en douceur, et ils comptent sur un coup de main de la CIA (Page 214)».

En dépit de tous les ballets diplomatiques à l’Est de la RDC, il sied de noter qu’il s’agit clairement de la poudre jetée aux yeux des Congolais. Car le plan est déjà mis en application pour détacher cette partie du Congo. De toute façon, la diplomatie va continuer son bonhomme de chemin.

Quant au Rwanda et Nkunda, ils vont profiter d’une quelconque provocation de la part de la RDC pour prendre le contrôle de Goma, Bukavu et aller jusqu’en Ituri. Objectif : contrôler les mines et le pétrole de cette zone.

Entre-temps, on signale la présence des militaires rwandais dans le territoire de Masisi.

L’opinion s’étonne de voir que chaque fois que l’on cherche à mobiliser le peuple congolais pour manifester sa colère contre la guerre à l’Est, certaines autorités s’opposent. La question que l’on se pose est celle de savoir s’il s’agit d’une complicité ou d’une ignorance ?

Source : Le Potentiel/Kinshasa