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VIGILANCE RDC

un lieu d'échange et de partage sur ce qui fait l'actualité en RDC. Nous souhaitons ainsi établir une passerelle entre les Congolais, les amis du Congo et tous ceux qui veulent oeuvrer pour influer sur la destination de la RDC.

03 novembre 2008

« Nkundabatware-Kagame-Diatezwa : des génocidaires aux portes du Kivu »

Des morts par millions (4 à 5 millions), des femmes violées, des déplacés et autres orphelins déambulent également par millions à travers la vaste province du Kivu. Depuis 1996, la République démocratique du Congo abrite sans doute, le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale. En effet, c’est dans la plus grande indifférence que le Rwanda de Paul Kagamé exécute sa macabre partition, notamment à travers son homme de paille, Laurent Nkundabatware. Pour certains, cette guerre n’est en rien différente des affrontements interethniques qui sont légions sur le continent africain. Tandis que pour d’autres, ce conflit est multidimensionnel, dans la mesure où à une vengeance ethnique (tutsi versus hutu) se superpose une campagne de pillage en règle des différentes ressources  dont regorge le sous-sol congolais par le Rwanda voisin. 

Pour mieux comprendre le machiavélisme de l’actuel Président du Rwanda, il convient de remonter à un moment fondateur : 1994. Le déclenchement du massacre à grande échelle consécutif à l’assassinat du Président Juvenal Habyarimana (hutu),   par les éléments de la milice tutsi FPR (Front Patriotique Rwandais) que dirigeait à l’époque le général Kagame.  Le massacre des milliers des tutsis et autres hutus modérés, servira de marche pieds à Kagame pour accéder au pouvoir et imposer une dictature tutsi à la tête du Rwanda.  Rongée par la culpabilité d’avoir assisté quasi-passivement aux massacres à grande échelle, la communauté internationale est aujourd’hui meurtrie et quasi-impuissante face à la surenchère victimaire qu’exerce sur elle, un Kagame qui ne manque pas d’agiter le spectre 1994. Choyé par deux administrations américaines successives (Bill Clinton et Walker Bush), le Rwanda de Kagame et l’Ouganda de Museveni, ont su profiter et tirer profit du changement d’alliance opéré par les grandes puissances au cœur de l’Afrique. C’est ainsi que les troupes rwandaises bénéficieront d’un entrainement dispensé par les forces spéciales américaines. Auréolés par ce nouveau statut, ces deux pays se livreront d’abord à l’exploitation des sous-sols congolais d’abord directement pendant la guerre d’occupation puis, aujourd’hui par les mouvements de rébellions interposées, qu’ils équipent et entretiennent. Ainsi, ce qui se joue aujourd’hui à l’est de la République démocratique du Congo, n’est ni plus ni moins qu’une accélération d’un vaste plan d’annexion d’un pan entier des terres Rd-congolaises ourdi par le Rwanda.

A l’heure où certains brebis égarés tels que Basile Omar Diatezwa à Bruxelles, François Gachaba, Mashagiro collaborent et adhèrent « au parti de l’étranger », ils s‘agit pour les vrais patriotes que nous sommes de rester vigilants et de bouter « l’envahisseur » hors de nos frontières. Tout comme il devient impérieux d’apporter l’appui et le support logistique nécessaire dont ont besoin aujourd’hui nos vaillants FARDC, qui se montrent héroïques et ce, au péril de leur vie.

Françoise MPINDI

                                                                               francoisempindi@yahoo.fr

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Proposition de sortie de guerre

Assembl_e_nationaleLes députés congolais ont, pour la première fois, élaboré un "Plan de sortie de crise à l'est de la République démocratique du Congo" qui présente plusieurs élements audacieux au regard de ce qui se disait jusqu'ici à Kinshasa de la guerre au Kivu. Nous vous en présentons, ci-dessous, le texte intégral. Davantage de détails dans La Libre de ce lundi.

INTRODUCTION

Au regard des événements que vivent nos populations de l’Est du pays présentement, on peut dire, d’une part que l’histoire se répète, et d’autre part, qu’il s’agit là , du dernier obstacle d’un long processus qui est parti de Victoria Falls en date du 08 août 1998, en passant par les accords de Lusaka, de Pretoria, de Luanda et de Sun City jusqu’à la tenue des élections.

Dans un cas comme dans l’autre, il y n’a pas lieu d’être pessimiste ou défaitiste. Les problèmes du Nord-Kivu ne sont guère plus compliqués que ceux connus en son temps à Boende, Lisala, Kabinda et Kabalo, lorsqu’il s’est agit d’appliquer le Plan de désengagement de Kampala et les sous-plans de Harare. Comme par le passé, ce problème peut également se dénouer par la voie du dialogue politique et diplomatique.

C’est ainsi qu’à l’issue sa séance plénière de ce mercredi 29 octobre 2008, consacrée exclusivement à la crise à l’Est, l’Assemblée Nationale vient d’adopter le présent plan de sortie de crise.

A. LE PLAN PROPREMENT DIT

I. Plan humanitaire d’urgence

La situation sur le terrain s’est beaucoup dégradée ces derniers jours conduisant à une véritable catastrophe humanitaire. Celle-ci nécessite une mobilisation générale tant au niveau national qu’international.

Les statistiques disponibles indiquent qu’au moins 50 enfants meurent chaque jour qui passe dans les camps des déplacés, sans compter les personnes adultes notamment les vieillards et les femmes enceintes, qui succombent parce que n’ayant pas reçu les premiers soins médicaux élémentaires. D’autres personnes surtout des enfants meurent par manque de nourriture d’eau potable.

Ce tableau devient davantage apocalyptique quand nous recevons des informations faisant état de l’attaque des camps où étaient regroupés les déplacés de guerre, donc des personnes civiles sans défense, qui sont actuellement dispersées dans la brousse et la forêt, à la merci de toutes sortes des maladies, des bêtes sauvages, des intempéries et donc exposés à des violences et souffrances inimaginables. C’est un génocide qui ne dit pas son nom.

Nous ne le dirons jamais assez : dans le Nord-Kivu, il y a près de 2.000.000 de déplacés de guerre qui sont sans assistance en ce moment. C’est 5 fois la situation au Darfour !

Dans ce contexte, nous nous posons la question de savoir combien faudra-t-il de déplacés, de morts, bref combien de sinistrés faudra-t-il pour attirer l’attention de la Communauté Internationale sur le drame qui se vit aujourd’hui dans le Nord-Kivu, dans l’Ituri, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé ?

L’urgence d’un plan humanitaire de grande envergure s’impose maintenant plus que jamais.

II. Le plan proprement dit de sortie de crise

Rappel des positions du Gouvernement et du CNDP

Position du CNDP: négociations directes avec le Gouvernement en dehors du programme AMANI et en dehors du pays.

Position du Gouvernement de la RDC: le CNDP doit sans condition appliquer les résolutions de la Conférence de Goma assorties d’un acte d’engagement auquel il a librement souscrit ;le programme AMANI reste le seul cadre de discussion et de résolution de conflit dans le Nord-Kivu ;pas de négociations politiques directes entre le Gouvernement et le CNDP ;le CNDP doit adopter le plan de désengagement et s’y conformer scrupuleusement.

Positions des compromis

Ici, l’objectif est d’amener les deux camps vers une position médiane pour qu’il n’y est ni vainqueur ni vaincu. Cette position exige donc, de part et d’autre, des concessions.

Concessions des parties

Concession du CNDP :Revenir dans le programme AMANI ;Adopter le plan de désengagement.

Concession du Gouvernement :D’une part, accepter le dialogue militaire et politique avec le CNDP et d’autre part, accepter le dialogue diplomatique avec le Rwanda.

III. Dialogue militaire

Discussion entre les commandants des opérations FARDC et CNDP en présence de la MONUC en vue :d’obtenir le cessez-le-feu ;d’étudier toutes les modalités pour rendre le désengagement effectif ;de mettre en place des mécanismes conjoints de vérification.

NB : En s’inspirant de l’expérience du plan de désengagement de Kampala, il faudrait maintenir le dialogue militaire permanent en vue d’éviter tout malentendu. Pour ce faire, il sera mise en place une Commission Militaire Mixte (CMM) qui sera dirigée par la MONUC et deux Commandants des Opérations des FARDC et du CNDP.

Cette formule a l’avantage d’être à la fois efficace et pragmatique et de ramener le problème dans un cadre strictement militaire et sortir ainsi du programme AMANI, qui est devenu trop bureaucratique. Elle offre aussi plus de garanties aux parties en conflit.

En clair, cette commission militaire mixte qui sera issue de ce dialogue militaire, va élaborer un calendrier réaliste et auquel toutes les parties vont s’engager de se soumettre.

IV. Dialogue politique

Examen du cahier des charges du CNDP ; Le lieu sera déterminé en fonction des contraintes du moment et à défaut de se tenir en RDC, ce dialogue peut se tenir à Addis-Abeba, siège de l’Union Africaine ou à Dar-Es-Salaam, capitale du pays qui a la présidence de l’Union Africaine pour l’exercice en cours ;Outre le Gouvernement et le CNDP, ces pourparlers connaitront la participation des délégués des groupes armés de différents axes ainsi que les représentants des communautés de base et de la société civile ;Un compromis politique sera adopté et signé par les participants sous l’égide du Président de la République Démocratique du Congo, du Président en exercice de l’Union Africaine, du Président de la Commission de l’Union Africaine et des représentants des Nations Unies et de l’Union Européenne ;Un Comité préparatoire mixte sera mis sur pieds pour préparer et élaborer les termes de référence de ce dialogue.

V. Dialogue diplomatique

Evaluation du processus de Nairobi ;Lancement de la CEPGL avec la désignation de trois représentants de la RDC conformément à la résolution de la Conférence de Goma ;Déclencher le processus de normalisation des relations diplomatiques avec le Rwanda suivant les étapes ci-après :Restitution symbolique de l’immeuble de l’Ambassade du Rwanda situé sur l’avenue de la Justice actuellement squatté ;Rencontre de deux Ministres des Affaires Etrangères qui devra se solder par une simple déclaration d’intention de normalisation des relations diplomatiques ;Rencontre quadripartite en présence des délégués des Etats Unis et de l’Union Européenne entre la RDC-Rwanda-Nations Unies-Union Africaine pour étudier les mécanismes de renforcement du Plan de Nairobi concrétisé par l’opération Kimia ;Rencontre préparatoire du mini-Sommet des chefs d’Etat de la RDC et du Rwanda par les Ministres des Affaires Etrangères ;Mini-Sommet sous l’égide de l’Union Africaine ou du Secrétaire Général des Nations Unies des Présidents de la RDC et du Rwanda ;A l’issue de ce Sommet, dans une déclaration solennelle un programme de reprise des relations diplomatiques devra être rendu public.

Déploiement d’une force d’intervention de type Artémis

Pour garantir la réussite au dialogue militaire, politique et diplomatique. A ce sujet, il faudra une forte implication de la Communauté Internationale avec les Nations-Unies en tête, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la SADC et les Etats-Unis.

Nous pensons que l’adoption d’une résolution du Conseil de Sécurité instituant une force spéciale de type Artémis à l’Est pourra constituer une dissuasion aux troupes réfractaires dans les Provinces du Nord-Kivu et du Sud Kivu en particulier, et dans la Région des Grands Lacs en général.

VI. Du développement et de l’économie

Pour maximiser les chances d’aboutissement de ce plan, il convient de s’attaquer directement à la pauvreté qui est aussi à la base de la violence dans la Sous Région. C’est ainsi que, concomitamment aux volets militaire, politique et diplomatique, il convient d’entamer rapidement des projets de développement pour absorber la main d’œuvre qui sera disponible du fait de la démobilisation.

A ce sujet, la Conférence de Goma avait élaboré un Plan d’Urgence de Développement qui prenait en compte la nécessité d’asseoir une économie saine et entièrement sous le contrôle de l’Etat.

Relance de la CEPGL

Dans le même ordre d’idées, dans le souci de consolider la paix et la stabilité dans la Région des Grands Lacs, il y aura également lieu de relancer les projets économiques d’intérêts communs.

Il s’agit notamment de projets tels que :La BDGEL ;L’exploitation du gaz méthane (SOCIGAZ) ;La construction de la Ruzizi III; Les routes et les TELECOMS.

Des mesures de contrôle d’exploitation illicite et de commercialisation du coltan, de la cassitérite et de l’or.

Puisqu’il est établi que les ex-FAR Interahamwe et tous les groupes armés s’approvisionnent entre autres à partir de l’exploitation illicite de la cassitérite, du coltan et de l’or, des mesures de contrôle et de certification de ces matières s’imposent. Il faudra le que la Communauté internationale établisse des antennes de surveillance dans les aéroports d’évacuation en RDC et de transit au Rwanda, au Burundi, en Ouganda et au Kenya. Ceci n’est pas une innovation car le Conseil de Sécurité avait pris en son temps une mesure analogue contre les diamants du sang de Sierra Leone pour couper l’approvisionnement aux rebelles du RUF.

La Fédération des Entreprises du Congo et les organisations patronales des pays de transit ci-évoqués, devront s’impliquer dans la réussite de cette mesure en sensibilisant leurs affiliés sur les méfaits de ce commerce illicite des matières précieuses du sang sous peine de s’exposer à des poursuites et des sanctions graves. La plupart de ces pays de transit ne sont pas producteurs de ces matières précieuses. Or la Communauté Internationale, avec une complaisance déconcertante, prend en compte les statistiques d’importation de ces pays.

Des grands travaux devront aussi être effectués dans l’Ituri, dans les Haut et Bas-Uélé pour résorber tous les démobilisés actuellement en errance.

VII. De la réforme de l’armée Nationale

Le plan de paix appliqué va ainsi permettre à l’Etat de s’occuper sérieusement de la montée en flèche d’une armée professionnelle, dissuasive et capable de protéger les personnes vivant sur le territoire congolais et leurs biens.

Cette profonde réforme de l’Armée devra privilégier le recrutement des jeunes soldats suivant les critères d’aptitude physique, de civisme et de patriotisme.

Il sera fait aussi appel aux officiers formés dans des grandes écoles militaires aujourd’hui sans affectation qui ont œuvré au sein de l’armée nationale à l’époque du Zaïre, communément appelés ex-FAZ.

La paix, sinon le répit qui intervient ainsi est précieux pour le travail en profondeur de la réforme de l’armée.

Fait à Kinshasa, le 29 octobre 2008

Vital KAMERHE

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Nkunda installe son administration à Rutshuru

carte_kIVULes rebelles du CNDP de Laurent Nkunda ont mis en place une administration, le samedi 1er novembre à Rutshuru. Un signe qui prouve à suffisance la création de la République des Grands Lacs à l’Est de la RDC avec le soutien du Rwanda.

Depuis le 28 août 2008, d’intenses combats entre les troupes loyalistes et les éléments du CNDP ont repris sur différents fronts dans la province du Nord-Kivu. Conséquence : des milliers de personnes se sont retrouvées dans la rue. Cela, sans compter le calvaire qu’elles vivent au quotidien.

Pas plus tard qu’il y a quelques jours, les rebelles du CNDP ont pris le contrôle du territoire de Rutshuru et ont contraint l’armée régulière à se replier sur Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Le week-end dernier, un calme précaire a été observé à Rutshuru. Toujours est-il que les magasins, les boutiques…, étaient fermés et les rues presque désertes, rapporte l’Agence Reuters.

Les éléments du CNDP ont dirigé une cérémonie dans le stade de la ville. Motif : célébrer l’occupation du territoire de Rutshuru par le mouvement politico-militaire de Laurent Nkunda. Certains d’entre eux arboraient des bandes de munitions autour du torse, ainsi que des fusils d’assaut AK-47 ou des lance-roquettes. Quelques habitants de Rutshuru avaient fait le déplacement et observaient la scène d’un oeil inquiet, révèle la source.

Le conseiller du CNDP pour les Affaires étrangères, Oscar Balinda, a assuré à Reuters que les rebelles contrôlaient le secteur et demandaient à tous les réfugiés de rentrer chez eux. Avant d’assurer que son groupe, qui affirme protéger la minorité tutsi de la RDC des attaques de Hutu rwandais et de l’armée congolaise, avait invité les associations humanitaires à venir à Rutshuru afin d’aider les habitants.

Interrogé au sujet de cette occupation, un habitant de la contrée a déclaré : « Nous sommes mécontents de ces gens. Ils veulent prendre le pouvoir et détruire notre démocratie. Que feront-ils pour nous? ». Et d’ajouter : « Ici, les gens sont captifs, on les force à faire des choses », en faisant référence au rassemblement du stade.

Mobilisation générale

Qu’est-ce qui se cache derrière le schéma du CNDP ? L’opinion doit savoir que Nkunda n’a pas l’envie de descendre à Kinshasa. Bien au contraire, lui et le Rwanda sont utilisés par le monde anglo-saxon pour arriver à contrôler la partie orientale de la RDC. Laquelle partie sera baptisée sous le nom de la « République des Grands Lacs ». Une façon pour l’initiateur de ce schéma de contrôler les matières premières que regorge cette partie du territoire national.

Déjà en 1997, un romancier britannique du nom de John Le Carré a publié aux éditions le Seuil, un roman révélateur intitulé : « Le chant de la mission ». En utilisant un nom fictif de Philippe, John Le Carré écrit : « Ce n’est pas la première fois qu’ils se penchent sur le Congo oriental, et qu’est-ce qu’ils y voient ? L’anarchie comme résultat probable de prochaines élections, les Chinois qui grattent à la porte pour rafler toutes les matières premières. Alors, que faire ? Les Congolais n’aiment pas les Américains, et c’est réciproque. De leur côté, les Rwandais méprisent les Congolais, ils sont disciplinés et efficaces. Alors, le plan des Américains, c’est de consolider la présence économique et commerciale du Rwanda au Congo oriental jusqu’à la rendre incontournable. Ce qu’ils veulent concrètement, c’est une annexion en douceur, et ils comptent sur un coup de main de la CIA (Page 214)».

En dépit de tous les ballets diplomatiques à l’Est de la RDC, il sied de noter qu’il s’agit clairement de la poudre jetée aux yeux des Congolais. Car le plan est déjà mis en application pour détacher cette partie du Congo. De toute façon, la diplomatie va continuer son bonhomme de chemin.

Quant au Rwanda et Nkunda, ils vont profiter d’une quelconque provocation de la part de la RDC pour prendre le contrôle de Goma, Bukavu et aller jusqu’en Ituri. Objectif : contrôler les mines et le pétrole de cette zone.

Entre-temps, on signale la présence des militaires rwandais dans le territoire de Masisi.

L’opinion s’étonne de voir que chaque fois que l’on cherche à mobiliser le peuple congolais pour manifester sa colère contre la guerre à l’Est, certaines autorités s’opposent. La question que l’on se pose est celle de savoir s’il s’agit d’une complicité ou d’une ignorance ?

Source : Le Potentiel/Kinshasa

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Guerre de l’Est : les tireurs des ficelles

carte_kIVU

A qui profite la guerre de l’Est ? Interrogation pertinente au moment où l’on se prépare à une nouvelle rencontre au sommet, au plan régional, à Nairobi pour ramener la paix en République démocratique du Congo. Si cette rencontre ne répond pas à cette interrogation, elle est vouée à l’échec. Ce serait continuer à tourner en rond et en dérision le peule congolais.

La Communauté internationale se penche à nouveau sur ce « grand malade » qu’est le Congo pour lui administrer une nouvelle thérapeutique. Attitude résultant de la troisième guerre qui sévit actuellement dans le pays avec une situation humanitaire catastrophique.

Initiative encourageante mais qui risque de n’apporter aucune solution durable tant que l’on n’ira pas au fond du problème. C’est-à-dire, s’appesantir sur les causes profondes de toutes ces guerres à répétition. En d’autres termes, dénicher les vrais commanditaires de ces crimes ainsi que les vrais bénéficiaires. D’où la nécessité de répondre à cette interrogation : A qui profite la guerre de l’Est ?

Eluder cette question au moment où le CNDP amorce le morcellement du territoire national sans qu’il soit condamné par la communauté internationale, consisterait à se moquer merveilleusement du peuple congolais. Ce serait exprimer du mépris envers la Nation congolaise pour mettre à exécution un plan machiavélique qui a pour finalité de consacrer l’inexistence de la Nation et de l’Etat congolais.

Sinon, comment expliquer que le Dialogue intercongolais, la période de transition avec la fameuse formule 1 + 4, l’organisation des élections, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, l’Accord de Washington, Tripartite plus 1, l’Accord de Nairobi, la Conférence de Goma n’aient pas pu ramener la paix en République démocratique du Congo ? Les Congolais seraient-ils incapables de comprendre le langage de la paix, de la sécurité et du développement ?

Aujourd’hui, l’on est à la case départ avec les mêmes acteurs, les mêmes financiers comme ce fut lors de la signature de l’Accord de Lusaka. Le Kivu, toujours à l’Est, est à feu et à sang et Rutshuru échappe au contrôle de Kinshasa. C’est qu’il y a anguille sous roche. Que l’on continue à tourner autour du pot en évitant d’aborder les vraies questions de fond.

L’EXISTENCE D’UN COMPLOT

Eviter d’aborder les questions de fond demeure une preuve irréfutable de l’existence d’un complot. Un vaste complot, comme déjà souligné dans l’une de nos dernières livraisons, qui soit à la fois interne et externe.

Interne, de par l’existence des « Faucons » congolais. Les va-t-en guerre qui ont toujours adopté des positions radicales dans le but de soutenir une option militaire. Mais en réalité, ils visent les prébendes de cette guerre en s’enrichissant illicitement avec le sang des autres. Ces constructions insolentes que l’on observe dans la capitale et certains chefs-lieux de province constituent l’une des faces à découvert de l’iceberg. A en croire quelques rumeurs, la guerre coûterait mensuellement 8 millions de dollars à l’Etat congolais. Une somme à ne pas justifier puisque classée dans la rubrique des « efforts de guerre et dépenses de souveraineté ». Ces extrémistes, tant qu’ils exerceront une influence sur la prise de décisions à quelque niveau du sommet de l’Etat que ce soit, ne favoriseront jamais une attitude flexible pour un compromis politique. La guerre pour eux demeure un fonds de commerce à entretenir par tous les moyens.

La même catégorie de « Faucons » se retrouve également dans les pays voisins qui ont reçu « mandat » d’agresser la République démocratique du Congo, si pas les régimes en place. Ils doivent leur existence de par la continuité de cette guerre. Effectivement, les Interahamwe ont servi de prétexte pour pousser ces pays voisins sur le sentier de la guerre, oubliant qu’ils étaient en train d’exporter leur idéologie de violence interethnique dans les territoires voisins. Obnubilés par ce pouvoir de domination, d’étendre des territoires géographiques, ils ont opté de bâtir leur pyramide de pouvoir sur l’argent et le fusil. Raison pour laquelle ils se sont acharnés à se constituer des « solides économies de guerre » pour mieux entretenir leur pouvoir, alors que leurs fonds propres ne peuvent permettre ce genre d’aventure militariste.

Une nouvelle classe de dirigeants est en train d’émerger dans ces pays grâce aux trafics illicites des matières premières et des armes. Les mutations qui s’opèrent dans ces pays limitrophes sur le plan social ne sont nullement synonymes de « bonne gouvernance », mais bel et bien découlant du butin de la guerre.

Mais au-dessus de tous ces faucons tant en République démocratique du Congo que dans les pays voisins, les multinationales, jusqu’ici anglo-saxonnes, tirent les ficelles dans l’ombre. Elles passent pour les vraies commanditaires de toutes ces guerres tant elles organisent tout et pèsent de tout leurs poids financiers sur la politique étrangère de leurs pays. Ce sont elles qui donnent les gros moyens financiers à leurs gouvernements pour exécuter leur politique sociale et monétaire. La preuve la plus irréfutable est cette crise financière internationale qui vient de secouer sérieusement le monde occidental avec la désarticulation du système bancaire. Conscients de la fragilité de leurs régimes, les gouvernements occidentaux se sont solidarisés pour soutenir les banques privées. Du jamais vu dans un régime capitaliste, plutôt que de les sanctionner à cause de leur faillite.

Cette crise est bel et bien une lumière pour comprendre les causes cachées de la guerre à l’Est. Notamment au Kivu, région riche avec la province Orientale, à l’image de l’Afghanistan à cause de la mer Gaspienne pour son gaz, l’Irak avec son pétrole. La RDC recèle du pétrole, du diamant, du gaz, de l’or, du bois, du nobium, du coltan, etc.

Donc des multinationales qui ne reculent devant aucun sacrifice, sont sans état d’âme et disposent des « pions majeurs » au sein des gouvernements occidentaux, dans des institutions internationales pour servir leurs causes et leurs intérêts, orienter les grandes décisions au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies. La faiblesse des missions de paix de l’Onu tant en Angola, au Rwanda, en Bosnie Herzégovine, qu’en Somalie, et maintenant en République démocratique du Congo n’est point un fait au hasard. Ce sont des échecs voulus, programmés et qui profitent à tous ces commanditaires pour qu’ils prennent le contrôle des gouvernements et les richesses de leurs pays, érigent des « Etats nains » à travers le monde pour le même objectif.

LE DERNIER MOT AUX CONGOLAIS

L’heure est grave. La Nation congolaise est réellement en danger. Il appartient aux Congolais de mieux saisir ce complot et de l’éventrer. Nairobi I, II, III ou IV n’apporteront rien de positif si les Congolais ne se rendent pas compte que parmi les bénéficiaires de ce guerres, certains compatriotes en mal de gloire et cupides trahissent leur pays. Ce sont des traîtres, des complices, des loups dans la bergerie. Que des voisins ne cherchent qu’à affaiblir ce «géant » de l’Afrique dans cette lutte de leadership dans la région pour l’assujettir. Ils sont soutenus dans cette entreprise machiavélique par des multinationales qui ne voient que leurs intérêts économiques et financiers. Et que, par contre, des millions de morts qu’affiche déjà la RDC ne sont que des « faits divers » à leurs yeux.

Le problème fondamental pour restaurer la paix, la sécurité et le développement de la RDC et de la région des Grands Lacs, consiste à décourager tous ces vrais bénéficiaires de cette guerre de l’Est. C’est le combat permanent que doit livrer le peuple congolais qui ne peut plus se permettre ce « geste suicidaire » de se tromper de cibles. Il n’a pas de choix et doit poser le problème en ces termes s’il tient à la survie de son espèce dans cette planète, à l’existence de l’Etat et de la Nation Congo.

«Il faut que l’élite congolaise soit élargie à l’ensemble de la classe dirigeante. Depuis pratiquement 20 ans, la RDC n’a plus d’armée. Celle-ci a beaucoup plus de figurants portant des galons. Or l’armée, c’est la colonne vertébrale d’un pouvoir. Je vous ai parlé de ces puissances présentes en Afrique centrale, précisément au Congo. Je vous ai dit que l’Est du Congo est devenu une zone d’influence anglo-américano-sud-africaine. Le monde anglo-saxon qui gère ces pays-là a trouvé une porte d’entrée avec comme tête de pont le Rwanda et l’Ouganda. Il a armé le Rwanda et l’a poussé à attaquer le Congo. Dès la première invasion en 1997, on savait comment cela a été financé. Le Rwanda n’a pas un budget pour lancer une guerre au Congo. Au début, cette guerre était financée par ces puissances extérieures. Aujourd’hui, la guerre est financée par les produits de vente des ressources minières que le Rwanda exploite au Congo. La présence des Banyarwanda dans l’armée, des gens qui ont toujours le cordon ombilical avec le Rwanda fait que ce pays est toujours bien informé de tout ce qui se fait au Congo. Dans mon livre, je fais voir comment les armées de la région ont évolué au cours de ces dernières années. J’ai été dans ces pays-là, j’ai discuté avec les ambassadeurs dont certains me révélaient que l’armée de tel ou tel autre pays vient d’acquérir des chars de combats et autres auto-blindés. Mais avec quel argent ? Pour quel objectif ? Sachant très bien que l’agresseur se trouve en face d’un géant aux pieds d’argile – et la chute de Kisangani a été cette grande révélation. On avait compris qu’il n’y avait rien devant. Et jusqu’ici, il n’y a toujours rien. Tous les efforts consentis pour avoir une armée sont faits avec ou par le Rwanda ou annihilés par celui-ci. Ceux qui sont derrière ce pays sont aussi ceux qui devant les Congolais plaident pour le mixage afin de monter une armée congolaise. Depuis quand reconstruit-on une armée avec les anciens rebelles ? Nous sommes déjà mal partis de ce côté-là».

Source : Le Potentiel/Kinshasa

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