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Le mandat des casques bleus en République démocratique du Congo (RDC) prévoit d'"interdire à des forces armées d'entrer dans Goma", capitale de la province du Nord-Kivu (est), menacée par les rebelles, a affirmé lundi à Goma un haut responsable onusien, Alain Le Roy.

"Il est clair que le mandat de la force, c'est d'interdire à des forces armées de rentrer dans Goma", a déclaré à la presse le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, en faisant référence aux groupes armés.

Il répondait à la question d'un journaliste, à son arrivée à Goma, en compagnie du chef de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), Alan Doss. "Notre mandat est d'assister les FARDC (Forces armées de RDC) pour protéger les civils", a ajouté M. Le Roy.

"C'est notre mandat de protéger les civils dans Goma. Nous avons déjà commencé, nous continuons à renforcer notre action dans Goma pour protéger les civils. Je ne peux jamais dire que c'est une garantie à 100%, mais en tout cas, nous ferons le maximum pour protéger les civils dans Goma", a-t-il assuré.

Depuis mercredi, au terme d'une offensive éclair contre l'armée congolaise en déroute, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle congolais Laurent Nkunda s'est positionné à une quinzaine de kilomètres de Goma, avant de décréter un "cessez-le-feu unilatéral".

Renforcer encore l'action de la Monuc

"Nous venons voir avec le représentant spécial Alan Doss comment nous pouvons renforcer encore l'action de la Monuc, particulièrement dans le Nord-Kivu, dans lequel évidemment la violence a atteint un niveau inacceptable et dans lequel la crise humanitaire est forte", a poursuivi le secrétaire général adjoint.

Il a assuré travailler "sur un renforcement des forces qui implique un redéploiement pour mettre (les) forces là où elles sont le plus utiles, là où la crise est la plus forte en ce moment".

"Nous avons 5.500 troupes déjà dans le Nord-Kivu. Mais il y a plusieurs fronts sur lesquels nous devons laisser des forces. On sait très bien qu'on doit être aussi dans le Sud-Kivu (est), en Ituri (nord-est), combattre la LRA (Armée de résistance du seigneur, rébellion ougandaise) dans le nord", a-t-il relevé.

"Ca fait au moins quatre endroits" en RDC, pays "dont la surface est de l'ordre de celle de l'Europe occidentale", a fait valoir M. Le Roy. La Monuc est la plus importante mission de paix de l'ONU sur la planète, avec quelque 17.000 soldats.

Les combats entre rebelles et armée congolaise, qui ont repris le 28 août dans le Nord-Kivu en violation d'un cessez-le-feu conclu en janvier, constituent une nouvelle poussée de violence dans l'est de l'ex-Zaïre, qui n'a connu que peu de répit depuis le milieu des années 1990.

Selon le Bureau de coordination de l'aide humanitaire des Nations unies (Ocha), environ 250.000 personnes, anciens déplacés ou nouveaux déplacés, ont été directement touchées par le conflit, depuis la reprise des combats fin août.