2008_10_28T112121Z_01_APAE49R0VJP00_RTROPTP_2_OFRWR_RDC_VIOLENCES_20081028Les casques bleus de l'ONU s'opposeront par la force à toute tentative d'incursion des rebelles dans la ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé mercredi le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Alain Le Roy.

"En cas de volonté des groupes armés de s'introduire dans Goma, instruction est donnée de tirer", a assuré le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, lors d'une conférence de presse à Goma, menacée par les rebelles de Laurent Nkunda.

"Si des groupes armés, quels qu'ils soient, cherchent à rentrer dans Goma, les règles d'engagement de nos troupes et le chapitre 7 des Nations unies sont suffisamment clairs", a-t-il expliqué.

M. Le Roy a rappelé que des renforts de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) étaient arrivés à Goma, où étaient stationnés il y a quelques jours un millier de casques bleus. Mais il a refusé d'en préciser le nombre.

Les rebelles de Laurent Nkunda sont positionnés depuis une semaine à une quinzaine de kilomètres de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, après avoir infligé une lourde défaite à l'armée congolaise.

En juin 2004, les hommes de Laurent Nkunda s'étaient emparé brièvement de la ville de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu (est), où étaient stationnés de nombreux casques bleus.

M. Le Roy a également insisté sur les efforts diplomatiques en cours, annonçant la présence du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon au sommet international de chefs d'Etat sur la crise au Nord-Kivu, vendredi à Nairobi.

"La première protection de Goma, elle est politique. Ce sont toutes les pressions politiques que nous faisons de tous les côtés pour que Goma continue à être gouvernée par ses autorités démocratiquement élues", a-t-il estimé, avant de s'envoler pour Kinshasa où il devait rencontrer dans la soirée le président congolais Joseph Kabila.

S'agissant d'un éventuel renfort de la Monuc, M. Le Roy a indiqué qu'il appuierait "la semaine prochaine" devant le Conseil de sécurité de l'ONU la demande formulée début octobre par le chef de la mission, Alan Doss, d'au moins deux bataillons supplémentaires, soit environ 1.600 hommes.

La Monuc, déployée depuis 2001, est la plus importante force de maintien de la paix de l'ONU de la planète, avec quelque 17.000 soldats, répartis sur un pays aussi grand que l'Europe occidentale.

Le responsable de l'ONU a par ailleurs souligné la difficile situation de la Monuc, qui au terme de l'offensive éclair de Laurent Nkunda, s'est retrouvée seule devant Goma face aux rebelles, les troupes de l'armée régulière ayant fui plus à l'ouest.

"Le fait que les FARDC (Forces armées de RDC) soient revenues maintenant autour de Goma est un point positif. Nous sommes prêts de nouveau à les assister sur les groupes rebelles, le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple de Laurent Nkunda) évidemment, mais aussi les FDLR (rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda). Il est parfaitement clair que les deux actions doivent être menées parallèlement", a-t-il ajouté.

"Nous demandons évidemment au CNDP de revenir à ses positions initiales avant les incidents du mois d'août et surtout ceux d'octobre, il y a quelques jours. Et nous demandons aux autorités congolaises, comme elles s'y sont engagées (...), à tout faire pour réduire l'influence des FDLR", a-t-il dit.

La RDC accuse régulièrement le Rwanda voisin de soutenir et d'armer le CNDP. Kigali a toujours catégoriquement démenti cette accusation et reproché à son voisin de ne pas désarmer les FDLR, dont certains ont participé au génocide de 1994 au Rwanda.