SADC_logoLes discussions diplomatiques ont plus d’une fois montré leurs limites. La dissuasion militaire reste alors la seule issue.

Le sommet de Nairobi s’ouvre aujourd’hui vendredi. Initiative de l’Union africaine, le sommet de Nairobi se propose de mettre autour d’une table le président rwandais Paul Kagame et le congolais Joseph Kabila. Si ce sommet a pour entre autre but de briser la glace entre les deux pays, il n’est pas le premier engagement de la communauté internationale en présence des dirigeants des deux pays. De même on peut signaler que les deux pays ont eu l’occasion de fumer le calumet de la paix notamment après la signature de l’Accord de Pretoria qui avait été consacré par une poignée de main historique entre Joseph Kabila et Paul Kagame. Malheureusement, on a l’impression que les deux pays ne s’étaient jamais rencontrés, parce qu’on est aujourd’hui retourné à la case départ.

Cela n’est nullement une occasion de se décourager. Les deux pays étant condamnés de vivre ensemble, ils sont également condamnés à se parler, même après s’être tiraillés. Cependant, les tiraillements entre les deux pays ne cesseront réellement que lorsque entre les deux, il y aura une capacité de dissuasion. Si le Rwanda s’évertue aujourd’hui à déstabiliser la Rdc, c’est parce qu’il profite de sa faiblesse militaire à la suite du réajustement politique qui a pris beaucoup de temps au point de déstabiliser tous les secteurs de la vie nationale. L’armée est un des secteurs qui a payé le prix élevé de l’attentisme politique. La solution en attendant que la Rdc se fasse une santé militaire, c’est la solidarité sous-régionale.

Aujourd’hui, la Rdc compte sur la solidarité de la Sadc. C’est à ce point de vue que le sommet qui s’ouvre dimanche en Afrique du Sud sera de tous les enjeux. Selon l’agence Chine nouvelle, les chefs d’Etats et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se réuniront ce dimanche en Afrique du Sud. Au menu de cette rencontre, rapporte la même source, ce sera des discussions sur la situation politique en République démocratique du Congo (RDC). Ce sommet extraordinaire qui sera présidé par le Président par intérim sud-africain et le Président de la SADC, Kgalema Motlanthe, sera tenu au Centre de convention de Sandton à Johannesburg, a annoncé mercredi le ministre sud-africain des Affaires étrangères Nkosazana Dlamini-Zuma.

« L’agenda du sommet extraordinaire comprend une discussion de l’actuelle situation politique en République démocratique du Congo ainsi que la présentation des rapports sur les efforts de facilitation en cours au Zimbabwe », a déclaré Dlamini-Zuma. Rappelons qu’il n’y a que quelques jours, la Sadc s’est réunie dans la capitale de Swaziland. Le problème congolais était à l’ordre du jour. Cependant, entre ce sommet et celui de dimanche prochain, il y a eu beaucoup d’eaux sous le pont. La situation à Goma et dans ses environs s’est empirée. Des enjeux politiques et militaires se sont clairement dessinés. Il y a eu entre temps une grande mobilisation de la communauté internationale notamment avec le déplacement du Secrétaire général adjoint chargé du maintien de la paix, du ministre français des Affaires étrangères, du chef de la diplomatie britannique sans oublier le commissaire européen Louis Michel.

Dans la foulée, beaucoup de propositions de solutions ont été faites. Parmi celles-ci, celle de l’envoi des forces autres que celles qui opèrent aujourd’hui à l’Est du pays. La pensée est allée droit aux forces de la Sadc. Cette idée a mis en émoi certains milieux qui se comportent en lobbies du Rwanda en Rdc. Ainsi un Sénateur congolais a-t-il fait comprendre que telles forces n’auraient pour but que d’envenimer la situation. Surtout, a-t-il fait comprendre, pas question de l’odeur de la France dans ces initiatives, parce que, estime-t-il, ce pays ayant rompu ses relations avec le Rwanda, il ne pourra être le bienvenu.

De quel droit le Rwanda peut-il dicter à tout le monde sa volonté ? De quel droit seul les intérêts de Kigali doivent-ils guider le comportement de tout le monde ? Nous osons croire que le sommet de la Sadc doit se pencher très sérieusement sur cette question. S’il est vrai qu’il ne peut être question pour la Sadc de faire l’avocat du diable, il est clairement démontré que dans le cas de la Rdc, on ne peut rien lui reprocher. Car, ce pays s’est fait le modèle des réformes politiques. Il a écouté tous les conseils de la communauté internationale jusqu’à organiser les élections.

Personne, surtout pas des organisations comme la Sadc qui ont accompagné ce pays dans ce processus, ne peut accepter que l’on puisse ramener ce pays à la case départ en détruisant les efforts de plusieurs sacrifices. On s’attend à ce que la Sadc se prononce sur la demande du déploiement des forces angolaises ou/et d’autres. Bien entendu, la Sadc devra également peser de son poids pour que la mission de la Monuc change. Au contraire, on aura beau envoyer les meilleures armées du monde au Kivu, mais si la mission leur confiée c’est de compter les déplacés et les cadavres, on n’aura aucun résultat.

La Sadc se trouve devant sa responsabilité devant l’histoire. Beaucoup de choses ont changé au sein de cette communauté à tel point que l’on ne peut pas s’attendre aux divergences de 1998. A l’époque, les pays de la Sadc n’avaient pas parlé d’une seule voix. Aujourd’hui, il est question de défendre un Etat souverain avec un gouvernement légitime. La Sadc doit faire comprendre à l’Ua, à L’Ue et à toute la communauté internationale qu’il est bon de condamner les auteurs du coup d’Etat en Mauritanie et exiger un retour à la légalité, mais, il serait incompréhensible de manifester une moindre compréhension aux visées d’un individu qui, sans mandat se dit investi de la mission divine de diriger le Congo en commençant par chasser du pouvoir un régime issu des urnes.