08 novembre 2008
Pierre PEAN : relaxé

Pierre Péan était poursuivi par SOS Racisme pour « diffamation raciale » et « discrimination raciste » à cause de quatre pages de son livre Noires fureurs, blancs menteurs (Ed. Fayard), publié fin 2005, sur le génocide rwandais. SOS Racisme avait déposé plainte en octobre 2006, reprochant à Pierre Péan d'avoir écrit que les Tutsis avaient « recours au mensonge et à la dissimulation » ou étaient des « professionnels de la manipulation ». L’éditeur Claude Durand a également été relaxé. L'avocat de l'association SOS Racisme, Maître Léon Lef Forster, a immédiatement annoncé qu'il ferait appel du jugement.
Pierre Péan, 70 ans, qui s’était présenté comme un des parrains de SOS Racisme, était poursuivi pour quatre pages de son volumineux livre contenant, selon l’accusation, des citations assimilées à de la provocation et à de la discrimination raciale. Outre l’association, le ministère public avait, lui aussi, décidé de poursuivre l’auteur et l’éditeur de Noires fureurs, blancs menteurs. Le tribunal a estimé que la formulation « culture du mensonge et de la dissimulation », aussi brutale qu’elle puisse apparaître, spécialement pour les victimes d’un génocide, « ne peut être considérée comme l’imputation d’un fait précis visant à jeter le discrédit sur l’ensemble des Tutsis ».
Les magistrats ont souligné que Pierre Péan n’a jamais nié « la réalité du génocide » qui en 1994 a fait, selon l’ONU, 800 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie du Rwanda, « même si la formulation qu’il emploie peut légitimement heurter ceux qu’il vise ». Le tribunal a toutefois estimé que l’auteur « s’est naturellement exposé à la critique » et que « la seule considération pour les victimes du génocide aurait dû le conduire à davantage de précautions dans la formulation de ses propos ».
L’avocat de SOS Racisme a exprimé sa « grande tristesse » car, selon lui, « le tribunal a indiqué honnêtement que les propos (de l’auteur) étaient tout à fait déplacés mais a eu une lecture très modérée de ces propos ». Il a ainsi annoncé son intention de faire appel du verdict.
Massacre kivu : l'Ouganda accuse les rebelles de Nkundabatware
L'Ouganda a accusé les rebelles du général Laurent Nkunda, en RD Congo, de crimes contre l'humanité en castrant des hommes et en utilisant des civils comme boucliers humains. Stupéfait par les révélations des réfugiés congolais dans l'ouest de son pays, le ministre ougandais des Réfugiés et de la Préparation des Catastrophes, Tarsis Kabwegyere, a demandé à la communauté internationale, particulièrement à l'Union africaine (UA), de trouver rapidement une solution à la crise dans l'est de la RD Congo.
"Les rebelles commettent toutes sortes d'atrocités contre les civils. Ils castrent les hommes, utilisent les civils comme boucliers contre les attaques des forces gouvernementales et commettent des massacres gratuits", a affirmé le ministre ougandais, cité dans un communiqué. "Le responsable de l'ONU à Goma m'a déclaré qu'il y a des preuves que des garçons sont castrés", a ajouté M. Kabwegyere.
Par ailleurs, les réfugiées congolaises accusent les Ougandais vivant le long de la frontière de les harceler sexuellement. Des combats ont opposé il y a quelques jours dans le nord-est de la RD Congo, des rebelles du général Nkunda à l'armée nationale.
Depuis l'éclatement du conflit il y deux semaines, le HCR a accueilli un millier de réfugiés dans les camps situés à plus de 150 km de la frontière avec l'Ouganda.
Lubumbashi : SOTRAFER
C’est depuis septembre 2008 que les mitrailles en fer sont traitées sur place à Lubumbashi. L'entreprise Sotrafer les transforme en fer à béton et produit entre 50 et 100 ferrons par jour. Les épaves et autres carcasses de véhicules qui encombraient les places publiques et avenues ne sont plus visibles. Ce qui met fin à l'importation des fers à béton à Lubumbashi
Sotrafer était, depuis juillet 2005, dans sa phase de montage et installation des machines. La production du fer à béton, toutes dimensions, est intervenue en septembre 2008. L’un des fournisseurs de Sotrafer, Jacques Akilimali, explique le mode d’achat de produit par cette entreprise : « Je fournis à Sotrafer toutes sortes de mitrailles que je ramasse par ci par là ; des morceaux de fer que je trouve dans des voitures et des engins. Même des mitrailles abandonnées dans des usines déjà déclassées. Sotrafer nous achète les mitrailles à 75 USD la tonne. »
Dieudonné Kisimba Selemani, chef du personnel de l’entreprise, explique le procédé de production du fer à béton : « La 1ère opération consiste à fondre la mitraille pour obtenir le lingot de fer. La 2e consiste à chauffer les lingots de fer dans le four à huile pour obtenir la mise en forme. Et la 3e passe par le laminage. Là, on transforme le lingot de fer en fer à béton. »
Avec un investissement de 15 millions de USD et une production journalière variant entre 50 et 100 tonnes de ferrons par jour, Sotrafer vend la tonne de fer à béton à 1 400 USD. Elle emploie un personnel de plus de 300 travailleurs.
L'armée congolaise reprend le contrôle d'une localité de l'est
L'armée gouvernementale congolaise a repris le contrôle de la localité de Nyanzale, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), dont s'étaient emparés jeudi les rebelles de Laurent Nkunda, a-t-on appris de vendredi de source onusienne.
Les rebelles du CDNP (Congrès national pour la défense du peuple) avaient pris jeudi matin la localité de Nyanzale, à 80 km au nord-ouest de Goma, qui abritait l'état-major d'une brigade de l'armée congolaise. Ils avaient également capturé la localité voisine de Kikuku, à 9 km plus au nord.
"Il y a eu une contre-offensive des FARDC (Forces armées de la RDC) hier après-midi. Ils ont repris le centre de Nyanzale, repoussant le CNDP dans les collines entourant la localité", a indiqué à l'AFP le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole militaire de la Mission des Nations unies en RDC.
"La situation est calme aujourd'hui mais reste tendue, il n'y a pas de combat", a précisé le lieutenant-colonel Dietrich.
Les rebelles se sont également redéployé au sud de Kikuku, dont une partie semble être repassée sous contrôle de l'armée gouvernementale, a-t-il ajouté.
Nyanzale et Kikuku sont est situées sur le front nord-ouest des territoires sous le contrôle des rebelles de Laurent Nkunda, et sur l'axe principale de pénétration vers la ville de Kanyabayonga (120 km au nord de Goma), importante agglomération qui verrouille toute la partie nord de la province du Nord-Kivu.
"Nous avions envoyé nos blindés (hier après-midi) pour bloquer les routes et empêcher le CNDP d'avancer. On a négocié avec eux (le CNDP) d'arrêter l'offensive et nous avons eu également des contacts avec l'armée (loyaliste) sur place pour ne plus se battre", a-t-il ajouté.
"Nyanzale est important pour les FARDC car il y a un QG de la brigade intégrée. Leur retour à Nyanzale centre est important pour leur moral", selon ce porte-parole.
Interrogé par l'AFP depuis Kinshasa, le porte-parole de la rébellion, Bertrand Bisimwa, a déclaré "ne pas pouvoir confirmer cette information".
La Monuc dispose d'une base avancée aux environs de Nyanzale, autour de laquelle de nombreux déplacés ont trouvé refuge depuis le début de ces combats.
Kinshasa : les ponts menacés d’écroulement
Les ponts jetés sur les rivières serpentant la capitale congolaise ne sont pas entretenus. A l’instar des artères qui les traversent.
A cette déplorable situation vient s’ajouter la furie des eaux de pluie qui rongent certains pylônes. Ces ponts sont ainsi menacés d’écroulement.
Beaucoup de dégâts s’observent après les dernières pluies qui se sont abattues sur la ville de Kinshasa. Dans le lot, on peut constater la détérioration de certains ponts, qui desservent régulièrement la population kinoise. Il s’agit du pont Lunda Bululu, communément appelé pont Makelele dans la commune de Bandalungwa, du pont Kiyimbi et du pont Matete dans la commune de Matete ainsi que celui jeté sur la rivière N’Djili. Si ces ponts s’effondrent, on risque d’éprouver encore plus de difficultés pour circuler. La population tire la sonnette d’alarme. Radiookapi.net a fait le tour de la ville.
Quand on circule sur le pont Lunda Bululu, on remarque des trous et fissures par endroits. Et en dessous du pont, on se rend compte que le niveau du sable augmente de plus en plus. Les riverains s’expriment : «Le débordement de la rivière Makelele risque, à la longue, de poser problème. Plus la rivière déborde, plus le sable s’entasse en dessous de ce pont, et c’est très dangereux», dit un habitant de Bandalungwa.
Pour le pont Kiyimbi, dans la commune de Matete, il risque de s’écrouler si rien n’est fait. Une ligne menace de couper ce pont en deux. A certains endroits, des caillasses qui soutiennent la fondation de ce pont ont été emportées par les eaux. Et pourtant, ce pont dessert les habitants de Matete et le reste. «Il y a beaucoup de trous, surtout là où on a jeté des déchets ménagers», fait remarquer un habitant de Matete.
Quant au pont N’Djili, il est menacé d’écroulement surtout sur sa rive gauche. «Si vous regardez bien ce pont de N’Djili, vous remarquerez qu’il est menacé par des érosions», commente un autre habitant de la même commune.
Pour rappel, le pont jeté sur la rivière Binza au niveau de Kinsuka-Pompage dans la commune de Ngaliema a failli s’effondrer lors de la pluie qui s’est abattu à Kinshasa le dimanche 2 novembre 2008. Il ne reste qu’une passerelle servant de passage aux véhicules, dont trois ont été emportés pour se retrouver au fleuve Congo. On a même déploré mort d’hommes.
Contacté, le directeur provincial de l’Office des voiries et drainage (OVD) parle de construction anarchique des maisons situées le long de ce pont. Comme solution, il propose de consolider ces ponts et de construire des caniveaux pour drainer les eaux de pluie.
Mais certains riverains attribuent plutôt ces dégâts au fait que les travaux de réhabilitation sont souvent mal faits ou jamais achevés. Il revient donc aux autorités de veiller à ces deux détails importants.
SADC / réunion spéciale RDC
Les discussions diplomatiques ont plus d’une fois montré leurs limites. La dissuasion militaire reste alors la seule issue.
Le sommet de Nairobi s’ouvre aujourd’hui vendredi. Initiative de l’Union africaine, le sommet de Nairobi se propose de mettre autour d’une table le président rwandais Paul Kagame et le congolais Joseph Kabila. Si ce sommet a pour entre autre but de briser la glace entre les deux pays, il n’est pas le premier engagement de la communauté internationale en présence des dirigeants des deux pays. De même on peut signaler que les deux pays ont eu l’occasion de fumer le calumet de la paix notamment après la signature de l’Accord de Pretoria qui avait été consacré par une poignée de main historique entre Joseph Kabila et Paul Kagame. Malheureusement, on a l’impression que les deux pays ne s’étaient jamais rencontrés, parce qu’on est aujourd’hui retourné à la case départ.
Cela n’est nullement une occasion de se décourager. Les deux pays étant condamnés de vivre ensemble, ils sont également condamnés à se parler, même après s’être tiraillés. Cependant, les tiraillements entre les deux pays ne cesseront réellement que lorsque entre les deux, il y aura une capacité de dissuasion. Si le Rwanda s’évertue aujourd’hui à déstabiliser la Rdc, c’est parce qu’il profite de sa faiblesse militaire à la suite du réajustement politique qui a pris beaucoup de temps au point de déstabiliser tous les secteurs de la vie nationale. L’armée est un des secteurs qui a payé le prix élevé de l’attentisme politique. La solution en attendant que la Rdc se fasse une santé militaire, c’est la solidarité sous-régionale.
Aujourd’hui, la Rdc compte sur la solidarité de la Sadc. C’est à ce point de vue que le sommet qui s’ouvre dimanche en Afrique du Sud sera de tous les enjeux. Selon l’agence Chine nouvelle, les chefs d’Etats et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se réuniront ce dimanche en Afrique du Sud. Au menu de cette rencontre, rapporte la même source, ce sera des discussions sur la situation politique en République démocratique du Congo (RDC). Ce sommet extraordinaire qui sera présidé par le Président par intérim sud-africain et le Président de la SADC, Kgalema Motlanthe, sera tenu au Centre de convention de Sandton à Johannesburg, a annoncé mercredi le ministre sud-africain des Affaires étrangères Nkosazana Dlamini-Zuma.
« L’agenda du sommet extraordinaire comprend une discussion de l’actuelle situation politique en République démocratique du Congo ainsi que la présentation des rapports sur les efforts de facilitation en cours au Zimbabwe », a déclaré Dlamini-Zuma. Rappelons qu’il n’y a que quelques jours, la Sadc s’est réunie dans la capitale de Swaziland. Le problème congolais était à l’ordre du jour. Cependant, entre ce sommet et celui de dimanche prochain, il y a eu beaucoup d’eaux sous le pont. La situation à Goma et dans ses environs s’est empirée. Des enjeux politiques et militaires se sont clairement dessinés. Il y a eu entre temps une grande mobilisation de la communauté internationale notamment avec le déplacement du Secrétaire général adjoint chargé du maintien de la paix, du ministre français des Affaires étrangères, du chef de la diplomatie britannique sans oublier le commissaire européen Louis Michel.
Dans la foulée, beaucoup de propositions de solutions ont été faites. Parmi celles-ci, celle de l’envoi des forces autres que celles qui opèrent aujourd’hui à l’Est du pays. La pensée est allée droit aux forces de la Sadc. Cette idée a mis en émoi certains milieux qui se comportent en lobbies du Rwanda en Rdc. Ainsi un Sénateur congolais a-t-il fait comprendre que telles forces n’auraient pour but que d’envenimer la situation. Surtout, a-t-il fait comprendre, pas question de l’odeur de la France dans ces initiatives, parce que, estime-t-il, ce pays ayant rompu ses relations avec le Rwanda, il ne pourra être le bienvenu.
De quel droit le Rwanda peut-il dicter à tout le monde sa volonté ? De quel droit seul les intérêts de Kigali doivent-ils guider le comportement de tout le monde ? Nous osons croire que le sommet de la Sadc doit se pencher très sérieusement sur cette question. S’il est vrai qu’il ne peut être question pour la Sadc de faire l’avocat du diable, il est clairement démontré que dans le cas de la Rdc, on ne peut rien lui reprocher. Car, ce pays s’est fait le modèle des réformes politiques. Il a écouté tous les conseils de la communauté internationale jusqu’à organiser les élections.
Personne, surtout pas des organisations comme la Sadc qui ont accompagné ce pays dans ce processus, ne peut accepter que l’on puisse ramener ce pays à la case départ en détruisant les efforts de plusieurs sacrifices. On s’attend à ce que la Sadc se prononce sur la demande du déploiement des forces angolaises ou/et d’autres. Bien entendu, la Sadc devra également peser de son poids pour que la mission de la Monuc change. Au contraire, on aura beau envoyer les meilleures armées du monde au Kivu, mais si la mission leur confiée c’est de compter les déplacés et les cadavres, on n’aura aucun résultat.
La Sadc se trouve devant sa responsabilité devant l’histoire. Beaucoup de choses ont changé au sein de cette communauté à tel point que l’on ne peut pas s’attendre aux divergences de 1998. A l’époque, les pays de la Sadc n’avaient pas parlé d’une seule voix. Aujourd’hui, il est question de défendre un Etat souverain avec un gouvernement légitime. La Sadc doit faire comprendre à l’Ua, à L’Ue et à toute la communauté internationale qu’il est bon de condamner les auteurs du coup d’Etat en Mauritanie et exiger un retour à la légalité, mais, il serait incompréhensible de manifester une moindre compréhension aux visées d’un individu qui, sans mandat se dit investi de la mission divine de diriger le Congo en commençant par chasser du pouvoir un régime issu des urnes.
Kinshasa/Brazzaville : reprise du trafic fluvial
Le grand bac « Matadi » de l’Office national des transports (ONATRA), retiré lundi du trafic entre Kinshasa et Brazzaville pour non paiement des taxes dues à la Régie des voies fluviales (RVF), a été remis mercredi à flot à la grande satisfaction des voyageurs, a constaté l’ACP.
Interrogés à cet effet, des responsables de l’ONATRA ont indiqué sous le couvert de l’anonymat, que le litige a été réglé. « Les arriérés de paiement de ces taxes étaient évalués à 3,4 millions de francs congolais », ont-ils affirmé. Le bac Matadi de l’ONATRA (RDC) exploite conjointement le trafic entre Kinshasa et Brazzaville, avec le bac de l’ATC (Congo/Brazzaville), de capacité réduite ainsi qu’avec des petits canots rapides pour les VIP.
D’une capacité d’une trentaine de voitures et d’une dizaine de gros véhicules, le bac « Matadi » peut transporter en une rotation près de mille personnes accompagnées de leurs colis. Il est le plus stable de toutes les unités fluviales affectées au pool Malebo.
Kivu : ou la mauvaise foi évidente de Kagame
Le sommet de Nairobi réunit ce vendredi les chefs d'Etat de la République Démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda. Son but : trouver une solution au conflit qui sévit actuellement à l'Est du Congo. Seulement voilà, la rencontre présentée comme une avancée politique risque fort, en réalité, de n'être qu'un coup d'épée dans les eaux diplomatiques. Car le cœur du problème ne sera pas réglé.
Officiellement, la motivation des rebelles tutsis est de pourchasser les génocidaires hutus, réfugiés depuis 1994 au Congo dans le nord-Kivu. Mais la guérilla qui déchire la RDC n'est pas uniquement le déplacement sur le terrain congolais du conflit inter-ethnique entre tutsis et hutus. Ni même le seul fruit d'une discorde entre les chefs d'Etat du Congo et du Rwanda. C'est une guerre larvée qui dure depuis des décennies pour dominer la province du Kivu.
Cette région regorge de richesses minières comme l'or et le coltan. Le coltan dont on se sert pour fabriquer les téléphones portables. Et depuis l'envolée de la téléphonie mobile, il est au centre de toutes les convoitises. Aujourd'hui, les rebelles tutsis, l'armée congolaise, ainsi que des milices essayent de contrôler ces mines. Ce commerce qui représente des sommes considérables transite par le Rwanda pour finir dans les mains d'entreprises occidentales.
Pour Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères, si le chef d'Etat du Rwanda Paul Kagamé tient tellement à jeter l'opprobre sur la France (il accuse l'armée française d'avoir participé au génocide des Tutsis en 1994), c'est justement pour éviter que la communauté internationale ne mette son nez dans les vraies raisons qui motivent aujourd'hui les rebelles tutsis, le Rwanda, et les industriels occidentaux : non pas une revanche politique, mais une conquête économique.
La France a-t-elle suggéré que l'Angola envoie en RDC des éléments armés pour porter secours au pouvoir de M. Kabila, ainsi que

Alors que les Européens ont décidé de ne pas envoyer de troupes en République démocratique du Congo (RDC), préférant s'en remettre à la force de l'ONU présente sur le terrain, l'Elysée a relancé au début de cette crise ses contacts avec l'Angola. Un pays qui était intervenu militairement dans les années 1990 au Congo, et avec lequel Nicolas Sarkozy s'est employé à nouer cette année une relation de coopération. Paris a par ailleurs exprimé un "soutien total" au président congolais Joseph Kabila.
La France a-t-elle suggéré que l'Angola envoie en RDC des éléments armés pour porter secours au pouvoir de M. Kabila, ainsi que ce dernier en a formulé le souhait ? "Les Angolais ont dit qu'ils étaient prêts à le faire, mais ce n'est pas à nous de les encourager. Si les Nations unies le demandent, pourquoi pas ?", commentait, voici quelques jours, un responsable diplomatique français. Depuis les années 1990, "l'Angola est un acteur vigilant auprès de Kinshasa", ajoutait-il.
POSITION DÉLICATE
Lors de la guerre de 1998-2002, l'Angola avait dépêché des troupes en RDC, où étaient également impliqués le Rwanda et l'Ouganda. La guerre se régionalisait, dans un scénario que beaucoup redoutent aujourd'hui. Alors que les combats ont repris, des informations, difficiles à vérifier, font actuellement état de la présence sur le terrain de soldats venus d'Angola. Le pouvoir angolais n'a pas fait de commentaire à ce sujet.
Alors que les rebelles congolais tutsis étaient aux portes de la ville de Goma, M. Sarkozy avait téléphoné le 31 octobre au président angolais, Eduardo Dos Santos, pour évoquer la situation en RDC. Ils ont, selon un communiqué de l'Elysée "partagé la même analyse de la crise" et "apporté un plein soutien politique et diplomatique" à M. Kabila. Lors de sa visite en Angola en mai, M. Sarkozy avait rendu hommage au rôle joué par l'Angola en RDC par le passé.
La crise en RDC place la France, pays exerçant la présidence de l'Union européenne, dans une position délicate. Tout en mobilisant sa diplomatie, et en accroissant son aide humanitaire, Paris ne peut pas se permettre d'envoyer des troupes dans la région, constatent de nombreux diplomates et experts. Les capacités de médiation françaises seraient en outre relatives. Cela tient à la "connotation pro-Kabila et anti-Kagamé (président rwandais)" que "porte la France", dit un diplomate, en allusion notamment aux accusations portées contre Paris à propos de son rôle lors du génocide rwandais de 1994.
C'est pour contourner ce problème d'image et de positionnement que, lors de sa récente tournée dans ces régions d'Afrique, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, était accompagné de son homologue britannique, David Miliband. Le Royaume-Uni a tissé avec le Rwanda une relation étroite depuis le génocide.
Face aux faiblesses conjuguées de la mission de l'ONU en RDC (Monuc) et de l'armée congolaise, l'Elysée semble ouvert à l'idée que l'Angola puisse peser dans l'équation militaire. Bernard Kouchner semble beaucoup moins convaincu. Son entourage met en garde contre l'entrée en jeu de forces "qui compliqueraient la situation", ajoutant que "moins on régionalise, mieux ce sera".
Source : Le Monde/Paris
le sommet de Nairobi exige un cessez-le-feu immédiat
Le sommet international sur le conflit dans l'Est de la RDC a exigé vendredi à Nairobi "un cessez-le-feu immédiat" des groupes armés dans le Kivu et l'ouverture d'un corridor humanitaire face à une crise qui menace l'Afrique des Grands Lacs d'une nouvelle tragédie humaine.
Dans sa déclaration finale, le sommet - auquel participaient les présidents de République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, et du Rwanda, Paul Kagame - a appelé tous les "groupes armés et milices" à respecter un "cessez-le-feu immédiat" et décidé "la mise en place d'un corridor humanitaire (...) pour permettre d'apporter une réponse (...) à la tragédie humanitaire".
Le sommet a par ailleurs exigé la mise en oeuvre "immédiate" des accords existants sur le désarmement des groupes armés.
Le respect des conclusions de la réunion dépendaient cependant du bon vouloir des groupes armés du Kivu, absents du sommet de Nairobi. Et la rébellion de Laurent Nkunda, principale menace pour la sécurité de la zone, a confirmé sa position des derniers jours en jugeant que la réunion avait été "un autre sommet pour rien".
"Ce sommet prend des mesures avec retard", a ainsi ironisé le porte-parole des rebelles Bertrand Bisimwa.
"Nous avons déjà décrété un cessez-le-feu (unilatéral le 29 octobre) et on a déjà décidé la création de couloirs humanitaires (le 30 octobre). J'espère que ce message était destiné au gouvernement", a-t-il encore dit à l'AFP.
Le conflit dans le Nord-Kivu menace désormais l'Afrique des Grands Lacs d'un nouveau désastre humanitaire, a averti lors des débats le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, soulignant qu'il "ne (pouvait) y avoir de solution militaire" malgré les combats en cours.
La crise "pourrait s'étendre à la sous-région" des Grands Lacs africains, a déclaré M. Ban, ajoutant: "la communauté internationale ne peut autoriser cela".
M. Ban a également pris la défense de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), accusée vendredi par Kinshasa d'inaction lors de "tueries" perpétrées selon le président Joseph Kabila dans le Nord-Kivu (est) par les rebelles.
Il a estimé "que la capacité de la Monuc (était) arrivée à sa limite, malgré les efforts actuels de reconfigurer ses forces qui sont engagées face à des groupes armés dans tout l'est de la RDC".
Le sommet lui a demandé "de renforcer le mandat" de la Monuc et "de fournir des ressources appropriées".
Par ailleurs, une équipe de la force onusienne s'est rendue à Kiwanja (80 km au nord de la capitale du Nord-Kivu, Goma) pour "vérifier les informations sur les massacres", selon l'ONU.
Jeudi, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch avait affirmé que les rebelles congolais et des miliciens pro-gouvernementaux avaient "délibérément" tué des civils à Kiwanja, faisant état d'au moins 20 morts et évoquant des "crimes de guerre".
"C'est uniquement au niveau politique, ici, dans votre région, que des solutions durables peuvent être trouvées", a lancé Ban Ki-moon aux chefs d'Etat africains.
MM. Kabila et Kagame n'ont pas eu d'entretien en tête à tête à Nairobi, ont indiqué des participants.
Sur le terrain, de nouveaux combats à l'arme lourde ont éclaté vendredi entre l'armée et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda à Kibati, à 15 km au nord de Goma, selon le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich.
Des discussions étaient en cours entre la Monuc et l'armée pour faire cesser ces affrontements, a-t-il précisé.
Ces combats ont provoqué la fuite d'un camp de déplacés de milliers de civils terrorisés, a constaté un journaliste de l'AFP.
L'armée a également repris Nyanzale, à 80 km au nord-ouest de Goma, dont s'étaient emparés jeudi les rebelles.
"La récente offensive du CNDP a radicalement aggravé la situation, elle conduit à de sévères conséquences humanitaires et a précipité une fois de plus l'est de la RDC dans une phase de crise", a déploré M. Ban. "Nous devons laisser le cycle de violence derrière nous".
"La décennie passée, plus de cinq millions de Congolais ont perdu la vie à cause de la guerre, de la faim, de maladies et des déplacements de populations. Cela a été une des pires tragédies humaines de notre époque", a-t-il rappelé solennellement.
