Les forces congolaises faisaient mouvement samedi en direction des lignes de front rebelles au nord de Goma (Nord-Kivu), dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où les combats ont repris de plus belle vendredi, l'armée de Kinshasa recevant les renforts de l'Angola.

Samedi matin, l'armée congolaise est entrée dans le no man's land situé à un kilomètre au nord de Kibati, où personne ne patrouillait depuis le cessez-le-feu unilatéral décrété il y a dix jours par les rebelles de Laurent Nkunda, arrivés aux portes de Goma.

Plus au nord, Médecins Sans Frontières (MSF) faisait état vendredi de combats dans les secteurs de Rutshuru et Kiwanja.

Kibati, à dix kilomètres au nord de Goma, avait reçu la semaine dernière un afflux de plus de 50.000 réfugiés. Avec la moitié de ses maisons vides, la bourgade semblait samedi quasiment désertée, alors que des dizaines de milliers de personnes s'entassaient dans un camp de réfugiés dans le secteur, et que des groupes de rebelles se regroupaient un peu au nord des forces gouvernementales.

Des milliers d'autres avaient repris la route samedi, dont certains errent depuis des semaines, fuyant les combats. D'après les travailleurs humanitaires, ces immenses mouvements de population risquent de réveiller des épidémies de choléra et de diarrhées graves, qui pouvaient être gardées sous contrôle dans les camps de réfugiés.

Plus de 250.000 personnes sont sur les routes depuis la nouvelle offensive des forces de Nkunda fin août. Les rebelles tutsis se sont depuis emparés de vastes régions de l'est de la RDC, l'armée congolaise battant en retraite.

Plus près de Goma, des centaines d'autres soldats surveillaient samedi la route, dont des hommes parlant portugais et coiffés de bérets avec des pin's ayant la forme de l'Angola. Vendredi, l'émissaire de l'ONU pour la RDC Alan Doss disait n'avoir pas de confirmation directe indépendante de la présidence de soldats angolais.

Selon la porte-parole de l'ONU Sylvie van den Wildenberg, il pourrait s'agir de soldats congolais ayant passé de longues années d'exil en Angola.

Char_FARDCKinshasa a demandé l'aide de l'Angola le 29 octobre, alors que les rebelles avançaient sur Goma. Mais l'intervention des troupes angolaises sur sa frontière pourrait être vue comme une provocation par Kigali.

D'après Alan Doss, de nouveaux pillages menés par les forces gouvernementales ont encore eu lieu dans la nuit à Goma.

Vendredi, le président de RDC Joseph Kabila et son homologue rwandais Paul Kagame se sont vus pour un rarissime tête-à-tête de cinq minutes à Nairobi (Kenya), a fait savoir le porte-parole de Kabila, Kudura Kasongo. Les autorités congolaises accusent le gouvernement rwandais de soutenir Nkunda.

Par ailleurs, trois journalistes étrangers dont on était sans nouvelles dans les combats, ont refait surface à Goma vendredi, et un journaliste congolais qu'on pensait mort, abattu par les hommes de Nkunda, a fait savoir samedi via les ondes de Radio Okapi qu'il avait pu fuir et survivre, ainsi que sa famille, à l'attaque de sa maison par les rebelles.