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S'adressant aux sept dirigeants africains réunis en sommet extraordinaire à Nairobi, le diplomate sud-coréen les a invités à user de leur influence pour contraindre le général rebelle Laurent Nkunda à mettre un terme à ses offensives dans l'est du pays et à lui couper tout soutien.

"Cette crise pourrait faire sombrer toute la sous-région", a déclaré Ban. "Ce n'est qu'au niveau politique, ici dans la région, que des solutions durables pourront être trouvées. Il ne peut y avoir de solution militaire à cette crise."

La précarité de la situation a été mise en relief vendredi par l'annonce de nouveaux combats entre les rebelles tutsis et les troupes congolaises qui ont forcé des milliers de civils à fuir un camp de réfugiés à Kibati, au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu frontalière du Rwanda.

Laurent Nkunda réclame un dialogue direct avec le président congolais, Joseph Kabila, que ce dernier refuse. "Il ne s'agit que d'un sommet régional. Cela n'aura aucune influence sur nos exigences", a déclaré le chef rebelle par téléphone à Reuters de son QG de l'est de la RDC.

L'une des questions clés que les dirigeants doivent résoudre est celle de la présence dans cette région de rebelles hutus rwandais du FDLR ayant pris part au génocide de 1994, que Laurent Nkunda combat au nom de la protection des Tutsis.

CONTEXTE ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE

Au cours des quatre dernières années, plusieurs accords de trêve et de désarmement des milices ont été conclus sans se traduire concrètement sur le terrain.

"Il est temps que les accords sur le désarmement, la démobilisation et le rapatriement ou la relocalisation du FDLR soient appliqués à la lettre", a déclaré le président tanzanien Jakaya Kikwete, président en exercice de l'Union africaine.

Le Rwanda dément soutenir les rebelles de Nkunda et accuse en retour le gouvernement de Kinshasa d'appuyer les rebelles hutus. Ban Ki-moon, qui s'est entretenu séparément avec Joseph Kabila et son homologue rwandais Paul Kagamé, s'est dit encouragé par la franchise des échanges de points de vue.

Les deux présidents se sont ensuite brièvement rencontrés. Le secrétaire général de l'Onu les a exhortés à poursuivre ce dialogue.

Ban Ki-moon souhaite un "arrêt immédiat des hostilités et à un repli des forces vers les positions qu'elles occupaient avant la reprise des combats le 28 août".

Il a également demandé au Conseil de sécurité de voter l'envoi de 3.000 casques bleus supplémentaires au sein de la Monuc, la mission des Nations unies au Congo qui dispose de 17.000 hommes pour maintenir la paix dans un territoire vaste comme l'Europe occidentale.

Aux Nations unies, Edmond Mulet, secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix, a déclaré à son retour du Congo qu'il était vital que le Conseil de sécurité réagisse sans délai à cette demande de renforts formulée le 3 octobre devant le Conseil par Alan Doss, chef de la Monuc.

Louis Michel, commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire qui se trouve à Nairobi, a estimé qu'il fallait trouver les moyens de faire cesser l'exploitation par les groupes armés des vastes ressources minérales de la région.

L'est de la RDC est notamment riche en coltan, un minerai recherché qui sert dans la fabrication des téléphones portables.

"Il faut replacer le problème dans un contexte économique et politique", a déclaré Louis Michel.

En attendant, les organisations humanitaires tirent la sonnette d'alarme, évaluant à 250.000 le nombre de réfugiés au Nord-Kivu depuis les plus récents combats, qui s'ajoutent aux 8000 personnes déplacées lors des précédents affrontements.