carte_kIVULa présence des éléments de l’Armée rwandaise sur les fronts l’Est de la RDC n’est plus un secret. Un pan de voile vient d’être levé par un conseiller du président Paul Kagame. Joseph Mutaboba n’exclut pas la participation d'anciens soldats rwandais démobilisés aux combats actuels dans l'Est de la République démocratique du Congo en soutien aux éléments du CNDP. Ce n’est pas moins un aveu.

Les preuves apportées par la RDC, lors de la perte suivie de la reprise momentanée de la base de Bunangana, n’ont pas convaincu les sceptiques. A l’époque, le commandement opérationnel des FARDC avait brandi quelques éléments constitutifs de la présence des présumés militaires rwandais sur le terrain des affrontements. Des billets de francs rwandais, des uniformes de militaires ayant appartenu au contingent rwandais dépêché au Darfour, sous la bannière de l’ONU, des notes sur l’utilisation de matériel militaire, ... Les accusations portées par le gouvernement congolais au Conseil de sécurité de l’ONU ne l’ont pas amené à condamner le Rwanda, ni même à reconnaître sa présence sur le théâtre des opérations.

Pendant ce temps, un conseiller de Paul Kagame entrevoit plutôt la possibilité de la présence des éléments démobilisés de l’Armée rwandaise à l’Est de la RDC. Joseph Mutaboba n’exclut pas la participation d'anciens soldats rwandais démobilisés aux combats actuels dans l'Est de la République démocratique du Congo en soutien aux éléments du CNDP. L’évocation de cette éventualité par un officiel démontre, si besoin en était encore, que les éléments rwandais prennent bel et bien part aux affrontements dans l’Est de la RDC.

Subtil, Joseph Mutaboba relativise : «supposer est une chose, avoir une intuition en est une autre, mais apporter une preuve reste la clé». Il ne manque pas d’afficher son cynisme en laissant entendre que «s'il y a des soldats rwandais démobilisés au Congo, il est de la responsabilité, et de la seule responsabilité, du Congo de dire que ces soldats ont été arrêtés pour avoir franchi illégalement la frontière... et de nous avertir».

Personne d’objectif au sein de la communauté internationale ne peut avaler cette couleuvre. Car, démobilisés ou actifs, les militaires rwandais en divagation sur le territoire congolais n’ont pas moins servi sous le drapeau de leur pays. Ils ont pu traverser allègrement la frontière commune, entièrement contrôlée par l’Armée rwandaise, pour prêter main forte à Laurent Nkunda.

En plus de l’obligation faite à la RDC de traquer les FDLR, une autre vient de s’ajouter, celle de rechercher et de se saisir des démobilisés rwandais, déversés dans les rangs de la rébellion nkundiste.

L’évolution du discours rwandais se justifie par les pressions exercées notamment lors du dernier sommet de Nairobi. L’aveu à peine voilé du conseiller de Paul Kagame, permettrait d’assurer le retour, at home, des éléments de l’Armée régulière du Rwanda, évoluant sous la casquette de démobilisés. Toutefois, il appartiendra aux FARDC et à la Monuc de les identifier et de se saisir d’eux.

Les intentions révélées

Contraint à sortir du bois, Joseph Mutaboba révèle finalement les intentions réelles de son pays. «Les FARDC sont avec les FDLR, donc si les forces armées de la RDC nous attaquent, nous devrons répondre de manière très énergique», a-t-il déclaré à nos confrères de Reuters. Et que, pour les combattre, la RDC servirait de terrain d’affrontement.

Kigali reproche aux « partenaires de ne pas être vraiment intéressés à désarmer les rebelles des FDLR et à les renvoyer chez eux». Selon lui, les « partenaires » possèderaient la clé pour parvenir à une solution mais qu’ils ne voudraient pas tourner la clé dans la bonne direction.

Cette rengaine revient constamment. Le Rwanda est déjà intervenu à deux reprises en RDC afin de pourchasser des rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui avaient participé au génocide de quelque 800.000 Tutsi et Hutu modérés en 1994. Gare à la répétition de l’histoire. Encadré :

Le président rwandais rend visite à Rose Kabuye dans une prison à Francfort

Le président rwandais Paul Kagame a rendu visite mardi dans une prison de Francfort, en Allemagne, à sa directrice du protocole, Rose Kabuye, arrêtée dimanche en vertu d'un mandat d'arrêt émis par la France, a annoncé à Kigali Radio Rwanda (gouvernementale). « Le président a constaté qu'elle (Rose Kabuye) se porte bien et qu'elle est psychologiquement prête à faire face à cette injustice », a rapporté Radio Rwanda. Mme Kabuye, 47 ans, a été arrêtée sur la base d'un mandat d'arrêt émis par la France, qui la soupçonne d'avoir participé avec d'autres proches du président Kagame à l'attentat contre l'avion du président hutu rwandais Juvénal Habyarimana, élément déclencheur du génocide de 1994. Arrêtée dimanche à son arrivée à l'aéroport de Francfort (ouest), où elle venait préparer une visite "privée" de M. Kagame selon Berlin, elle a été placée sous écrou extraditionnel à la prison pour femmes de Francfort. Mardi, Mme Kabuye a confirmé sa disposition à être extradée vers la France, ce qui pourrait avoir lieu en fin de semaine, a déclaré à l'AFP une procureure allemande.

Toute la vérité

Pourquoi Rose Kabuye, qui se savait faire l’objet d’un mandat d’arrêt de la part d’un juge français, et qui avait déjà été inquiétée en Allemagne a-t-elle effectué le voyage de Francfort ? Selon des sources, elle devait négocier la libération de Tribert Ayabatwa. Le personnage est détenteur de plusieurs passeports notamment congolais, rwandais, ougandais, … Arrêté à Londres pour fraude, Rose Kabuye devrait obtenir sa relaxation pour des raisons non connues.

Source : le Potentiel/Kinshasa