Karel_de_Gutch

Dans une édition en ligne de La Libre Belgique, sous la plume de An.H, il est fait étalage d’un procès sensible, susceptible d’éclabousser le ministre des Affaires étrangères belge, M. Karel De Gucht. Un procès dont Mme De Gucht, la juge de police Mireille Schreurs, se trouve au cœur des débats.

Le parquet général de Gand a ouvert une enquête sur un présumé délit d’initié commis par Mme De Gucht. Le ministre s’expliquera jeudi au Parlement. Reynders s’interroge: De Gucht pourra-t-il se défendre tout en restant ministre?

Des palais des maharadjahs à celui de la Nation, le thermomètre va forcément chuter. Le retour d’Inde du ministre Open VLD des Affaires étrangères, Karel de Gucht (et de madame), où il accompagnait le Roi en visite d’Etat, s’annonce chahuté. On l’attend de pied ferme, au Parlement, pour l’entendre s’expliquer à propos des actions Fortis vendues par son épouse quelques heures avant la vente du groupe bancaire et l’effondrement de son cours en Bourse.

EN CONNAISSANCE DE CAUSE?

Le quotidien «De Tijd» annonçait samedi que le parquet de Gand avait ouvert une enquête sur un délit d’initié présumé commis par la femme du ministre des Affaires étrangères. Après la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) - le surveillant de la Finance -, c’est donc le parquet qui enquête pour savoir si l’épouse de M.De Gucht, la juge de police Mireille Schreurs, a revendu, en connaissance de cause, un paquet de 2 000 actions Fortis le 3octobre dernier, à l’agence de Berlare, quelques heures avant que le gouvernement annonce le démantèlement de la banque.

Le parquet général de Gand (l’intéressée étant magistrate, il y a «privilège de juridiction») ne comptait pas ouvrir d’enquête sur base d’informations révélées dans la presse. Il attendait une plainte éventuelle de la CBFA. Le Vlaams Belang a brûlé la politesse au surveillant de la Finance. Le ministère public s’est donc saisi de la plainte du VB et a ouvert une enquête.

Depuis l’Inde, Karel De Gucht, qui répète n’avoir rien à se reprocher, a fait savoir qu’il réservait ses commentaires sur les suites judiciaires de l’«affaire» pour le Parlement.

«LA PIRE DES CHOSES»

Quoi qu’il en soit, l’affaire prend un tour de plus en plus politique, provoquant (au minimum) un malaise jusqu’au sein du gouvernement. Sur le plateau du «7ème Jour» (RTBF), le vice-Premier MR, Didier Reynders, n’a pas mis de gants: «Il incombe à Karel De Gucht d’apprécier lui-même la situation mais il faut éviter que l’incertitude se prolonge». Le président du MR s’est montré très clair et même musclé: «Il y a une appréciation que Karel De Gucht doit porter lui-même: si les enquêtes se prolongent, a-t-il la capacité de mener de front sa défense en justice et l’exercice de ses fonctions?» La pire des choses serait que l’on reste longtemps dans l’incertitude, ajoute-t-il.

La participation de M.De Gucht à la décision du gouvernement, même s’il détient des actions Fortis, ne pose aucun problème, selon M.Reynders. «Autre chose est l’utilisation de l’information dont on dispose pour en tirer des conclusions: vendre ou acheter des actions».

Le ministre des Finances a rappelé qu’il avait tout de suite demandé à la Commission Bancaire, Financière et des Assurances d’ouvrir une enquête et que le parquet avait décidé d’en faire de même. «C’est la seule réponse que nous pouvions donner».

PS PLUS «SOFT»

Par comparaison, Elio Di Rupo, président du PS, interrogé dimanche dans «La Dernière Heure», se montrait presque «soft».

«Je n’ai pas l’habitude de m’attaquer aux personnes. Toute la vérité doit être faite sur cette affaire mais il faut que cela se fasse dans la sérénité. La CBFA doit faire son enquête et nous verrons après», a-t-il indiqué. Quand les conclusions seront rendues, il appartiendra à M.De Gucht de se prononcer. «Si j’apprends que Karel De Gucht a utilisé sa fonction de ministre pour que sa femme ou qui que ce soit d’autre y trouve un quelconque avantage, il devra prendre ses responsabilités, ce sera un minimum», a souligné M.Di Rupo.

LA LIBRE BELGIQUE/LP